Un collège qui apprend

En partenariat avec la Journée de l’innovation

Le 29 mars dernier, nous étions présents à la Journée de l’innovation, qui s’est tenue à l’École militaire. Parmi tous les projets innovants présentés, certains ont particulièrement retenu notre attention, comme celui du collège Louis Timbal de Châteauponsac. Nous avons donc demandé à son principal, Fabrice Laurencier, de nous en dire plus sur son « collège qui apprend ».

louis-timbal

– Comment est née l’idée de ce projet ?

J’avais eu l’occasion d’assister à une formation donnée par une psychopédagogue, sur le fonctionnement du cerveau, aux enseignants de mon ancien établissement. J’avais trouvé cette intervention passionnante dans la mesure où elle ouvrait de très nombreux champs aux professeurs et notamment sur les différents profils d’apprenants. Cependant la mise en œuvre de la démarche à l’échelle de ce collège (plus de 650 élèves) soulevait des difficultés.

À mon arrivée au collège de Châteauponsac, dans un contexte très favorable de petits effectifs (160 élèves et 8 divisions), d’élèves agréables et d’équipe réduite (19 enseignants), j’ai pensé qu’il pouvait être intéressant d’envisager cette approche. Ce fut alors le début d’un enchaînement de formations convergeant vers l’objectif du développement de l’estime et de la confiance en soi d’une part et d’autre part d’une meilleure compréhension par les enseignants, les parents et surtout les élèves des différents modes d’apprentissage. Une façon de donner un autre fondement à la différenciation pédagogique et donnant à chacun un « mode d’emploi personnalisé ».

 

– Depuis combien de temps ce projet existe-t-il dans l’établissement ?


Le « lancement » date du printemps 2014, sans réelle certitude au début. Puis le projet s’est progressivement développé. Chaque formation de proximité des enseignants (estime de soi, yoga) a  entraîné de nouvelles applications et de nouvelles pistes. La « Rentrée positive » a amélioré l’accueil des élèves (accueillir d’abord des humains, avant de s’occuper de collégiens). Un travail sur le profil des élèves via le site « apprendreaapprendre.com » nous a permis d’associer les parents à notre démarche. Puis une réflexion sur le travail personnel s’en est suivie. La création d’un livret des professeurs dans un carnet de correspondance fait maison a justement complété l’information sur la démarche globale. Depuis cette rentrée, la Nouvelle étude est une autre étape de ce projet.

 

– Les élèves étaient-ils partants dès le début ?


Les élèves étaient curieux et intrigués, et tout à fait partants pour réaliser ces tests. Rapidement, le portrait réalisé sur leur profil de compréhension, d’identité et de motivation a trouvé une concrétisation pratique avec des méthodes de travail pour les auditifs, les visuels ou les kinesthésiques. L’application a permis aussi aux enseignants de connaître le portrait global des classes et donc d’adapter au mieux leur enseignement. Cette connaissance des portraits a été étendue à la Vie scolaire avec la Nouvelle étude. Dans ce dernier dispositif, le partenariat entre élèves joue au maximum et leur permet de faire leur devoirs au collège. 

– Quels résultats constatez-vous ?


Une solidarité s’est installée entre les élèves. La collaboration est devenue une force notamment pour les classes de 5e et de 6e qui ont bénéficié de l’expérimentation dans son format le plus abouti jusqu’à ce jour. Les enseignants les plus engagés sont désormais continuellement en recherche de solutions pour améliorer le dispositif (comme pour la Rentrée positive) et ceux qui étaient sur la réserve se montrent progressivement plus réceptifs. Le climat s’est encore amélioré et l’image du collège également. La reconnaissance de l’action sélectionnée dans le Top 30 a également attiré les médias et apporté un crédit inattendu. 

– Avez-vous encore des idées d’évolution ou d’amélioration ?


L’évolution importante serait la mise en place d’un regard croisé des enseignants comme cela a été présenté par le collège de Lessay (psychologie et neurosciences cognitives au service des apprentissages) lors des Journées de l’innovation. Un travail sur la temporalité (annualisation) peut également être une piste. 

– Quels conseils donneriez-vous à des enseignants ou chefs d’établissement qui voudraient se lancer dans un projet innovant ?


Plus que des conseils, se lancer dans une démarche innovante reste une richesse collective. Parfois, c’est une situation de crise, complexe ou difficile d’établissement, de public accueilli qui déclenche cette attitude chez les équipes car il n’y a finalement pas le choix. Dans certains cas, innover, inventer est la seule solution.
Mais il est aussi intéressant de profiter d’un contexte favorable pour se lancer.
L’unanimité de l’engagement de l’équipe pédagogique ne peut pas être un objectif a priori même dans une petite structure. L’existence d’un noyau dur de plusieurs professeurs reste évidemment fondamentale. Au final, tout le monde y gagne et d’abord les élèves.  Le conseil pédagogique est l’outil idéal de cet engagement… auquel le chef d’établissement doit donner de la conviction, de l’élan et des moyens. Enfin, beaucoup de choses existent déjà. Participer aux Journées de l’innovation est une formidable occasion de faire le plein d’idées et de motivations.

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