Merci !

À mes chères enseignantes

J’ai déjà eu l’occasion de raconter sur mon blog le cheminement qui m’a amenée à vouloir devenir enseignante et ce qu’a impliqué le processus de reconversion professionnelle.

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Mais je suis consciente que ma relation au métier de professeur a été avant tout forgée par celles et ceux qui ont eu la poisse de m’avoir comme élève. Aujourd’hui j’aimerais parler de deux enseignantes en particulier que je ne saurai jamais assez remercier pour ce qu’elles m’ont apporté en tant qu’élève et pour ce qu’elles m’inspirent encore aujourd’hui en tant que bébé-prof.

Merci Laurence !

Laurence était ma maitresse en CM2, et pour tout vous dire, au début de l’année, si je la trouvais très belle et que j’admirais ses jolies tenues, en vrai je l’aimais pas trop : je trouvais un peu casse-pieds qu’elle ne me laisse pas faire ce que je veux alors que j’avais des très bonnes notes, zut à la fin !

Mais avec Laurence, il n’y avait pas de « premier de la classe », il y avait des élèves et son objectif était très clair : nous faire progresser. Tous. Et j’avais beau accumuler les 20/20 dans toutes les matières (oui parce que « de mon temps » il y avait des notes aux contrôles), elle avait une idée assez claire des efforts qu’elle attendait de moi malgré tout. Et pour moi c’était nouveau, habituée que j’étais à vasouiller gentiment en classe dans mon rôle de bonne élève.

Ajoutez à ça une énergie qui semblait inépuisable, de l’humour et une bonne dose de projets et vous comprendrez comment tout d’un coup elle m’a sortie de la douce torpeur que je connaissais depuis le CP en tant qu’élève précoce.

Pour la première fois de ma scolarité, j’avais l’impression d’apprendre quelque chose à l’école mais aussi d’avoir ma place d’élève dans sa classe et d’avoir des efforts à produire comme les autres. Autant dire que nos relations se sont très vite améliorées et que j’ai adoré cette année passée dans sa classe. Sans aucun doute la plus belle de ma scolarité…

J’ai une montagne de souvenirs de cette année scolaire et tout particulièrement d’une classe-découverte qu’elle avait organisée sur la Côte d’Azur, des aventures que nous y avions vécues, des découvertes, et j’ai beau être une quiche intersidérale pour retenir les paroles des chansons, je me souviens encore au mot près de celles que nous y avions apprises.

Elle a aussi su être d’une juste empathie alors que je traversais un épisode familial douloureux, être présente, trouver des mots de soutien sans jamais verser dans quoi que ce soit qui ressemblerait à de la pitié, à de la commisération ou à de l’intrusion dans ma vie extra-scolaire.

Nous avons repris contact par la magie des réseaux il y a quelques années et j’ai été très émue (mais genre VRAIMENT très émue) de me rendre compte qu’elle se souvenait encore de moi un nombre indécent d’années plus tard et alors qu’elle avait eu entretemps quelques tombereaux d’élèves. En dehors de mon entourage très proche, elle a été la première informée de mon projet de passer le CRPE et par ses mots, toujours aussi personnels et attentifs des années après, elle m’a confortée dans ma décision.

Quand je réfléchis à l’enseignante que j’essaie tant bien que mal de devenir, je me dis que j’aimerais savoir comme elle développer des apprentissages chez tous mes élèves, leur donner envie de se dépasser, entretenir leur curiosité et leur goût de l’effort et trouver l’énergie de continuer à innover d’année en année.

Merci Martine !

Bon, évidemment, je ne l’ai jamais appelée par son prénom : au collège, elle était « Madame M. », mais maintenant que nous v’là collègues par la magie des concours enseignants je m’autorise cette pitite transgression.

Martine, c’était ma prof de français en 4e et en 3e et comment dire… c’est la seule fois au collège que je me suis investie dans une matière : je buvais littéralement ses cours tellement elle savait les rendre stimulants.

C’est avec elle que l’exercice d’écrire est devenu un jeu : dès qu’il y avait un travail d’écriture à préparer à la maison, quel qu’il soit, j’en faisais plusieurs versions et incapable de choisir celle que je rendrai finalement, je finissais par tirer au sort l’une d’elles.

La seule chose qui m’agaçait avec Martine c’était sa manie de nous faire écrire au stylo-plume : elle refusait de relever les travaux écrits au stylo-bille, nous expliquant que nos écrits méritaient que nous les mettions en valeur par une écriture et une présentation soignée.

Mais, pour la première fois, avec Martine, j’ai eu envie de m’appliquer parce qu’elle valorisait ce que nous écrivions : nous partagions en classe les sonnets qu’elle nous faisait écrire, les rédactions et les compositions écrites.

Martine, c’est aussi l’enseignante qui a su prendre le temps de me conseiller au moment des vœux pour les lycées, qui m’a recommandé un établissement de taille humaine dans lequel elle savait que je pourrais poursuivre ma scolarité dans de bonnes conditions, qui a pris le temps de m’écouter quand je me posais plein de questions pour le choix des options.

Je n’enseigne pas dans le second degré mais pourtant je garde précieusement dans un coin de ma tête l’engagement de Martine auprès de ses élèves, son désir évident de nous pousser toujours plus loin et de ne jamais nous complaire dans la facilité, son exigence alliée à sa capacité à instaurer en permanence un dialogue avec ses élèves.

 

 

…et le pire, vous savez quoi ? Je n’ai parlé ici que de Laurence et de Martine mais je me rends compte à quel point ma personnalité comme mon approche du métier de prof sont en grande partie le résultat de mon vécu d’élève.

J’aurais pu vous faire une galerie de ce qui m’a marqué chez tel enseignant ou de ce que j’ai appris avec telle autre mais au fond l’essentiel est là : je garde en moi une pitite partie de chacune des profs que j’ai eu, pour le meilleur comme pour le pire… et « tant pis » pour mes apprenants !

 

Une chronique de Sophie Pouille

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2 Comments

  1. DAVAL Jacques 3 mai 2017
  2. Marie Louise 27 avril 2017

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Vous n'êtes pas un bot hein ? *