Goodbye teacher !

On ne vous oubliera jamais

« Adieu monsieur/madame le/la professeur(e), on ne vous oubliera jamais… » Qui ne connaît pas ce refrain ? Petits et grands l’ont un jour entonné en chœur pour saluer un maître ou une maîtresse, sinon un(e) collègue, qui, ayant servi la nation quarante et quelques années (voire plus dans certains cas), achève son service et part en RETRAITE.

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La RETRAITE, ce « graal »

Fraîchement promue, la jeune recrue se refuse à l’évoquer. Faire ses classes est déjà assez compliqué. Le petit gradé la prépare doucement, comme une lointaine évidence, un jour qui n’arrivera peut-être jamais. Petit-à-petit, cet horizon se dessine. Et très vite, le grand jour est arrivé. On peut compter les mois, puis les jours, et arrivent les heures. Vu de l’extérieur, NOT EASY de dire GOODBYE : la retraite apparaît comme un imbroglio administratif de comptage d’annuités, mot dont la définition reste encore et toujours obscure pour le novice. Le postulant à la retraite doit faire face à toutes les strates administratives possibles, jusqu’à ce qu’il arrive à prouver que « oui, il a bossé. »

La RETRAITE : l’ennui ?

En tant que jeune recrue (dont j’avoue faire partie encore), on voit partir les anciens avec nostalgie. On aime bien les taquiner à propos de leur grand âge, recevoir les conseils sages des « vieux. » Et puisqu’elle est si loin encore, la retraite, on l’imagine comme un « no man’s land » où l’hyperactivité laisse place à l’inactivité : charentaises, vieux peignoir et Derrick en fond sonore pour une sieste réussie (et après tout pourquoi pas !).

Et un jour, on fait la connaissance d’une future retraitée aussi « déjantée » que nous. Et cela, ça donne de l’espoir pour l’avenir.

La retraite : un AVANT et un APRÈS« Hommage à la retraitée moderne »

Avant, elle était notre collègue prof d’anglais. Depuis quelques jours, elle est retraitée de la fonction publique. Adieu piles de manuels offerts à chaque rentrée, fiches de paie avec un retard de trois mois, chocolats apportés par les élèves à même le mouchoir… Elle a vidé son casier et gonflé ses souvenirs.

Hyperactive, elle a épuisé BEAUCOUP d’établissements et au moins autant de maris. La retraite sera-t-elle pour autant le temps de la stabilité ? Elle a enseigné sur différents continents et voyagera encore… On l’imagine bien sur un bateau de croisière, sirotant nonchalamment un cocktail coloré au bras d’un beau marin. Faisant escale dans des lieux plus exotiques encore…. Mais aussi chez elle, vêtue d’un simple legging (Oh mon dieu ma chérie !!!) et d’une brassière pour s’occuper amoureusement des fleurs de son jardin, entre deux recettes au Thermomix.

Ses élèves l’ont connue sous trois noms différents. Plus de « madame » à présent, Nadine tout simplement. Enfin, eux connaissent son prénom depuis longtemps. Ses élèves vont lui manquer, oui, même si elle s’en défend. La larme ne fut pas facile à faire couler, en ce dernier jour, alors que ses élèves firent la haie d’honneur pour accompagner sa sortie, en l’ovationnant. Elle a pleuré pourtant.

Elle détestait l’odeur du poisson réchauffé au micro-ondes, en salle des profs. Elle finira par le regretter (on peut en tout cas espérer). Oui, tous ces petits détails de la vie en communauté vont lui manquer. Les « Qui a encore bourré la photocopieuse ? », « Mais d’où venait ce boucan au premier étage ? », « J’avais un yaourt dans le frigo !? », « Vous n’avez pas vu mon sac ? » (planqué par un collègue bien intentionné).

Nous en tout cas, notre retraitée, on ne l’oubliera pas ! POURQUOI ?

On entendait le pas rapide de ses talons à huit heures moins cinq qui résonnait en salle des profs. Et le « Ça a sonné ? » qui s’en suivait.

On constatait qu’elle s’était bien dépensée entre midi et deux le jeudi à la zumba. On la charriait un peu et elle faisait mine d’être vexée.

On se délectait de ses anecdotes familiales combien croustillantes (et parfois très longues) !

On « appréciait » sa playlist d’un autre temps jouée au pot de fin d’année. On était presque obligés…

De menus détails pour qui n’a jamais croisé la route de cette nouvelle retraitée mais autant de raisons pour lesquelles on la regrette déjà.

Alors, de la part d’une « jeune qui débute », une grosse pensée pour tous les collègues qui vivent à présent leur nouvelle vie loin de nos chères têtes blondes. Et pas d’inquiétude, c’est promis, on en prendra soin ! Et vous, prenez soin de vous !

Goodbye teachers ! Goodbye my Nadine 😉

Une chronique de Marine Vendrisse

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