Ralentissons le rythme !

Mémorisons tranquillement…

« Ils ne travaillent pas à la maison », phrase entendue 15 fois par jour voire plus en période de conseils de classe. Bien, c’est un fait… le constat est assez généralisé et ce quel que soit le contexte de l’établissement.

mémoriser
Alors que faire ? Résoudre le problème au sein de l’établissement semble être préférable. Je n’ai pas de solutions idéales mais j’expérimente depuis maintenant quelques temps la mémorisation en classe et les résultats se font sentir (moins de moyennes dignes de notes de patinage artistique, participation orale en hausse…).
Cela fait un an que j’hésite à écrire cet article car je culpabilisais. En effet, j’arrête parfois mes cours en annonçant : « Allez, temps de mémorisation. Quelques minutes seul puis à deux si vous le souhaitez pour vous faire réciter ». Je voyais bien les effets positifs mais n’assumais pas franchement de prendre sur le temps de cours pour faire ce que nous demandons bien souvent en travail maison. J’ai suivi en mai la formation en ligne « Apprendre à enseigner avec les sciences cognitives » et ai fortement déculpabilisé. En effet, les chercheurs insistaient sur la nécessité de faire apprendre en classe, des contenus restreints, de faire nous-même des propositions de fiches de révisions. Soulagement, c’est que je tentais de mettre en place tranquillement dans mon coin.

Alors concrètement, comment mettre en place une petite activité de mémorisation en classe ?

Étape 1 : Annoncer la mémorisation

Annoncer aux élèves en début d’année que des temps de mémorisation auront lieu en classe. Insister sur le fait qu’ils diminueront fortement leur dose de travail à effectuer à la maison.

Étape 2 : Le vocabulaire

J’apporte du vocabulaire (mais on peut tout à fait imaginer le faire avec des définitions d’histoire, de SVT…). Je stoppe le cours. Mémorisation !! Tout seul en silence ou en lisant à voix basse (ça rentre mieux).

Étape 3 : La restitution

C’est ici qu’il faut se montrer inventif pour obtenir la participation du plus grand nombre (et surtout de ceux qui ne travaillent pas à la maison, c’est eux notre cible !).

La classique mais peu motivante récitation :

Toute la classe se retourne vers le fond de la classe (pas de tableau à effacer et de cahier à fermer), et j’interroge. Généralement, la participation est bonne dans les petites classes mais faible en 3e.
Elle peut aussi se faire tout simplement entre eux par équipes de 2. Je suis ainsi certaine que tous les élèves vont prendre le temps de réciter, répéter…

Je joue sur la fierté : le défi

Qui sera notre champion ? Qui connaît 2 mots ? 3 mots ? 4 mots ? Etc. Assez efficace sur les garçons généralement. J’obtiens la participation des plus remuants.

Le challenge entre rangées, îlots… :

De loin le plus efficace en terme de participation et ce quel que soit le niveau. Je trace rapidement 3 colonnes au tableau avec le numéro de rangées et pose des questions, des devinettes etc. Une bonne réponse vaut un point.

Le challenge chronométré :

Plusieurs classes le même jour ? Je crée rapidement un petit mot croisé en ligne la veille et le projette. Lecture de la définition , les élèves répondent. À la fin le logiciel me donne le temps nécessaire à la réalisation de l’activité et l’objectif des classes est d’améliorer le record.

La partie de rigolade : le mime

Très adapté aux cours de langues, un ou deux élèves mimes assurent une restitution ludique. Mime des activités de loisirs, des douleurs, des professions… Tout est envisageable. Depuis peu, j’envoie plusieurs élèves mimer en même temps en l’associant au « challenge rangée » ce qui permet d’estomper les éventuelles timidités. La première rangée à exprimer en langue étrangère la situation marque le point.

Le lexique est en tête ? Il ne reste plus qu’à « reprendre » le cours sérieusement avant de réactiver le tout au cours suivant. Ces activités ne prennent que peu de temps mais m’en font gagner énormément. En effet, plus je pratique ces activités, meilleur est le taux de restitution aux cours suivants, ce qui permet de moins se répéter et d’amener à la compréhension du cours les moins motivés ou à l’aise d’entre eux. Avez-vous d’autres idées à partager ?

Une chronique de Valentine Marie

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One Response

  1. VerteMaison 12 juin 2017

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Vous n'êtes pas un bot hein ? *