Pourquoi j’en ai après les profs du secondaire ?

 

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Non, évidemment, je n’ai rien contre eux, ces parvenus du système, cette caste d’enseignants qui se croient sortis de la cuisse de Jupiter mais, foncièrement, ne font que bénéficier des apports didactiques et pédagogiques consciencieusement construits par les seuls et vrais enseignants, j’ai bien entendu nommé les professeurs des écoles.

Non, vraiment, promis, je n’ai rien contre eux.

Mais et d’une, et je ne dis pas ça méchamment, ils sont quand même un peu limités, non ? Parce que bon, merde quoi, les gars ils sont tellement pas doués qu’ils doivent se concentrer sur une (UNE !!!) matière !

Juste une. Tranquilles. Peinards.

Alors je veux bien, hein, qu’il faille s’adapter aux capacités intellectuelles de chacun, qu’il faille comment qu’on dit déjà ? Ah oui : DIFFÉRENCIER.

Donc soit, différencions et adaptons-nous à leurs capacités. D’accord. Mais bon sang, je ne sais pas mais ça ne choque personne qu’il y ait

  • d’un côté des professeurs des écoles capables d’enseigner 9 matières : français, mathématiques, langue vivante, histoire-géo, éducation musicale, histoire des arts, éducation morale et civique, EPS et arts plastiques. Bref de démontrer des capacités d’enseignement polyvalent, de créer du sens aux apprentissages en co-construisant les savoirs et les compétences tout en… Oups, pardon, à ce rythme-là, je vais finir publiée aux Cahiers pédagogiques. Revenons-en à nos moutons, mais vous voyez l’idée ?
  • et de l’autre, ouakatépé tranquillou bilou, des professeurs-que-d-une-seule-matière. Des mono-professeurs quoi. Des mono-tâches…

De là à dire que ce sont « des tâches», il n’y a qu’un pas que je ne franchirai bien entendu pas, car le référentiel de compétences des métiers du professorat et de l’éducation me l’interdit.  

Et que je suis tellement bienveillante que j’accepte leur infériorité intellectuelle sans le moindre souci. C’est pas grave, il faut de tout pour faire un monde. Mais… UNE SEULE matière ?  Sérieusement ?  Et encore… quand on dit « matière »… certains se contentent de faire apprendre « Ich bin ein kartoffel » ou de faire jouer do mi sol sol sol do à la flûte en plastoque.

 

Et de deux, ces enseignants-mais-que-d’un-truc (donc, et je ne crois pas faire de raccourci éhonté, ces professeurs-clairement-moins-compétents) sont quand même outrageusement mieux rémunérés que les instits.

Logique ? Pas logique ? Juste ? Pas juste ?

Personnellement, c’est en toute objectivité – et c’est évidemment indépendamment de mon appartenance au corps de professeur des écoles – que je trouve que c’est se moquer du monde.

La seule explication acceptable à cette honteuse inégalité serait à la rigueur de considérer que, ce faisant, il s’agit de verser à des personnes moins aidées par la nature une sorte de rente de solidarité. Alors là évidemment, pas de souci : je m’incline (même si les 20 à 30 % d’écart de salaire ont du mal à passer…). Mais c’est vraiment parce qu’en tant qu’instit j’ai à cœur la solidarité et l’intérêt collectif, MOI.

 

Ce qui m’amène à mon troisième point : « Et gnagnagna je vois pas pourquoi j’aurais les 4e B le mardi de 14 h à 16 h alors que je pourrais finir ma journée à 11 h après les 3e A. », « Et houlalalaaaaa je suis au bout de ma vie je n’ai que 15 jours pour corriger un paquet de copies de 6e. », « Oh my god trop dure la vie, je dois surveiller le bac blanc et suis obligée d’être payée à bouquiner pendant 4 heures. »… autant de leitmotivs habituels chez les profs du secondaire qui très clairement se moquent quand même du monde parce que :

  1. ils sont toujours en grève (ou en formation syndicale…),
  2. ils arrêtent de travailler tout début juin (merci le brevet ! merci le bac !),
  3. ils ne travaillent que 18 heures (autant dire à mi-temps !) mais sont payés à temps plein. Comme un mi-temps thérapeutique (décidément je crois que les profs de lycées et collèges relèvent d’un dispositif social…),
  4. ils ne savent pas faire autre chose que du transmissif à l’ancienne, perchés sur leur estrade et le regard inquisiteur pendant que leurs élèves grattent des pages entières d’exercices photocopiés dans des manuels.

 

Voilà évidemment je ne veux pas généraliser hein, il y a sans doute des professeurs du secondaire qui sont très bien (j’en compte même dans mon entourage très proche) mais… on ne m’ôtera pas de l’idée qu’ils ne sont quand même pas complètement comme nous ces gens-là.

 

Une chronique de Sophie Pouille

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  1. Philippe Cremieu-Alcan 13 juillet 2017
  2. Ayleen & Kyban 8 juillet 2017
  3. Lou 6 juillet 2017
    • Ayleen & Kyban 8 juillet 2017
  4. Lou 6 juillet 2017
  5. SVillou 6 juillet 2017
  6. Sylvie 6 juillet 2017
  7. Sylvie 6 juillet 2017
    • Ayleen & Kyban 8 juillet 2017
  8. Chavasse-Fretaz 5 juillet 2017

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