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Chroniques Parisiennes – Blog de François Muller

LWP : Nous remarquons que vous possédez déjà votre site Internet. Comment vous est venue l’idée de créer en plus votre blog sur LeWebPédagogique ? Pourquoi avez-vous choisi LeWebPédagogique ?

C’est bien l’expérience déjà ancienne, voire historique, de l’internet qui m’a conduit au blog. Ce n’est pas un site mais bien des sites que j’anime depuis plus de dix ans à présent, dès le début de l’internet public, rendant visibles un travail de formalisation engagé depuis que le numérique fut accessible (le 1er PC et le 1er Mac par exemple, par tradition et histoire purement familiaile).

En bénéficiant de ce recul à la fois de visiteur mais aussi d’acteur de l’internet, j’ai progressivement sérié les usages: une fonction de capitalisation de savoirs et de connaissances au service d’une activité professionnelle, qui plus est dans le domaine de l’éducation et de la formation, une fonction de présentation de l’activité et des compétences, personnelle ou professionnelle, une fonction aussi de « mémoire » : en collaborant avec un grand « Sage » de l’Education, André de Peretti, 94 ans aujourd’hui, nous avons été frappés des phénomènes d’amnésie professionnelle de la profession, alors que tant d’expériences, réussies ou non, ont pu se dérouler; comment jugerions-nous un médecin qui doit réinventer son savoir à chaque visite ? Cette fonction « mémorielle » me semble capitale, et toute paradoxale, quand la valeur est souvent accordée au « nouveau » ou à l’innovation. On ne peut innover qu’en faisant l’inventaire ! Et de faire le ou les décalages nécessaires pour s’ajuster au mieux au besoin.

Le BLOG me paraît revêtir ce décalage; j’y trouve une nouvelle fonction, celle de l’actualisation et de l’expression personnalisée, moins formalisée, qui plus est, au sein d’un site inscrit dans le champ institutionnel. Toutes ces fonctions décrites se tiennent entre elles: le BLOG est intéressant en ce qu’il permet de revitaliser un fond toujours pertinent mais enfoui dans des milliers de pages; le blog seul ainsi me semble d’un usage limité et d’un intérêt similaire à celui d’un carnet personnel; pas plus, pas moins.
Alors pourquoi le « Web pédagogique » ? Plusieurs raisons; j’ai fait plusieurs tests avec d’autres prestataires qui n’ont pas forcément répondu à mon « cahier des charges »: sans pub, accessible sans technicité outrancière, personalisable à l’excès (des progrès à faire encore de ce côté), un bon référencement sur l’internet français notamment, et puis…. le titre générique « pédagogique » que nous ne pouvons renier évidemment.

LWP : Depuis la création de votre blog en 2007, un grand nombre de visiteurs a parcouru votre blog. Comment avez-vous fait pour attirer l’audience ?

Le BLOG est une « particule élémentaire » d’un système plus global de ressources en ligne en éducation et en formation, professionnelles ou plus personnelles, présentes depuis plus de 10 ans. Cet ancrage ancien et systémique crée un effet d’entrainement et « booste » les visites; je n’ai pas fait de campagne de pub particulière, simplement inscrit le fil RSS sur les autres pages des sites existants.

LWP : Cumulant plusieurs casquettes dans la vie, comment vous organisez-vous pour écrire régulièrement ?

L’expression n’est pas juste en termes de « casquettes »: j’exerce une activité de consultant en éducation et en formation au sein d’une académie, aux commandes d’une mission « innovation et expérimentation » à Paris, et présent dans le domaine de la formation d’enseignants, de formateurs et de cadres, formalisant les travaux en écrits divers et variés: littératures « grises » (rapports, analyses, évaluations, articles) et « blanches » tels que des ouvrages dont le « Manuel de survie à l’usage de l’enseignant », éd. L’Etudiant, qui a reçu le prix de l’académie française en 2005.

L’écriture est donc inscrite quasi-structurellement, sinon essentiellement, dans l’activité: elle me semble nécessaire pour rendre compte des travaux et permettre de contribuer à l’évolution, toujours modeste, de notre système éducatif.

Quant à s’organiser, devrais-je évoquer le teme d’ascèse, à la manière de Perrenoud ? En tout cas, c’est un travail régulier, quasi-quotidien et tout vespéral.

LWP : Avez-vous eu des « surprises » en bloguant ?

Des confirmations plutôt: d’abord le fait que l’interactivité et la participation « démocratique » sur l’internet est encore un chantier à investir. Sans doute parce que les contributions affichées ne s’inscrivent pas dans une polémique criarde que l’on peut trouver sur d’autres BLOGS évidemment plus médiatiques ou médiatisés et qui exercent le rôle de défouloir et d’amplification qui n’arrangent pas les choses. C’est tout à fait trompeur, au vu de l’immense majorité des collègues qui ne souscrivent pas à ces approches excessives.

Puis, le fait que les liens qui s’établissement, les ressources sollicitées sont cités, et réinvestis dans des domaines et par des acteurs parfois inattendus. (théâtre, professionnels de la santé, management etc…), géographiquement trés éloignés (Californie, Equateur…). Belle leçon de l’internet: vous mettez à disposition réflexions et travaux qui bénéficient d’une vie (meilleure ?) hors de votre projet propre. C’est trés encourageant, et d’une certaine manière trés rassurant pour nous qui dans l’Education vivons souvent sur des cloisonnements de toutes natures !

LWP : D’après votre expérience, quels sont les avantages du blog dans le domaine pédagogique ?

Ce sont des pratiques encore émergeantes dans le domaine pédagogique: des expériences que j’ai pu suivre sur les terrains, ce sont des équivalents intéressants et plus animés des journaux de classes (notamment de mer, de neige), mais de façon plus formative, des journaux jouant le rôle de « carnet de compétences  » dans le cadre de l’éducation à l’orientation, voire de portfolios. Le support permet une « incarnation », une personnalisation qui peut faciliter la communication et l’expression, pour peu que l’enseignant accepte de « lâcher » la bride des élèves.

Dans mon domaine propre, l’expression écrite et la mise en forme, la convergence des technologies (images, son, liens etc…), permettent assurément d’humaniser certains sites institutionnels… pour peu que l’Institution accepte de « lâcher » la bride des enseignants et des responsables.

Dans les deux cas de configuration, « lâcher la bride » ne signifie pas liberté absolue et déreglementation totale, mais au contraire reconnaissance de la responsabilité toute professionnelle de chaque niveau d’exercice. Responsabilité et autorisation dont le premier sens, vous le savez, est bien une « augmentation » (du latin : augeo) des possibilités créatrices.

Avec le BLOG, c’est bien une question de style de direction, oserais-je dire, de manangement, dont il est question, de positionner son propre curseur entre autorité du maitre et liberté des élèves.

Découvrez ici le blog de François Muller

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