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Dossier EDD : la croissance économique est-elle compatible avec le développement durable ?

La recherche de la croissance économique et celle d’un développement durable ne sont-elles pas incompatibles? Cette question est présente dans le projet de programme 2012 de Terminale, déjà sous-entendue dans le programme actuel et a fait l’objet de sujets au bac ES.

Le développement durable peut être ici appréhendé dans ces différentes dimensions. Ainsi les dimensions sociales et environnementales du développement durable rentrent-elles en contradiction avec l’objectif de croissance économique ?

Sommaire

  • I. Croissance économique et développement durable semblent inconciliables
    • A. La croissance économique compromet le développement durable
    • B. Le développement durable freine la croissance économique
  • II. Croissance économique et développement durable peuvent aller de pair
    • A. La croissance économique rend possible le développement durable
    • B. Le développement durable stimule la croissance économique

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I. Croissance économique et développement durable semblent inconciliables

A. La croissance économique compromet le DD

1. La croissance économique a un impact négatif sur l’environnement. L’accroissement de la production (et de la consommation) s’accompagne d’une plus forte consommation d’énergie, de l’épuisement des ressources naturelles, de davantage de déchets ménagers et industriels… Les pays les plus riches sont le plus souvent ceux qui ont l’empreinte écologique la plus élevée. Pour illustrer le fait que produire est un acte polluant, certains sites d’entreprise présentent leur impact environnemental (certes pour montrer les efforts faits pour le minimiser).

L’exemple d’Apple est intéressant, l’entreprise décompose les différents stades de la pollution durant la vie de ses produits: la fabrication, le transport, les installations telles que les bureaux, les centres de distribution, les points de vente, mais aussi l’utilisation par les consommateurs et le recyclage. Autre idée pour illustrer ces propos: trouver une vidéo d’entreprise et demander aux élèves les différents moments où une pollution peut s’exercer. Le site de Méo propose une vidéo succincte mais claire de la production de son café.

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2. L’accroissement des revenus se fait souvent au prix de l’accroissement des inégalités, ce qui compromet la dimension sociale du DD. Par exemple l’externalisation de la production dans les secteurs du textile ou des jouets dans les PED est l’occasion d’exploiter une main d’œuvre bon marché.

B. Le DD freine la croissance économique

1. Les taxes créées sous le principe « pollueur-payeur » viennent alourdir les coûts de production et rendent les entreprises moins compétitives que leurs homologues étrangères non soumises aux mêmes règlementations. C’est d’ailleurs l’argument que le Medef avait avancé pour argumenter contre le projet de la taxe carbone. Ainsi Laurence Parisot avait déclaré en mars 2010 suite à l’abandon du projet: « Nous sommes soulagés, notamment pour toute l’industrie qui n’aurait pas supporté ce nouveau handicap de compétitivité. » (source: Medef)

2. Pour les adeptes de la décroissance, la préservation de l’environnement passe par la fin du consumérisme et du productivisme.(voir notre article à ce sujet)

II. Pourtant croissance économique et DD peuvent aller de pair

A. La croissance économique rend possible le DD

1. D’un point de vue social, la hausse des revenus distribués (salaires) et des montants de prélèvements obligatoires à l’origine de la redistribution, générée par la croissance économique, permet de réduire les inégalités. L’exemple du commerce équitable nous montre aussi qu’une partie des revenus de l’activité de production peuvent être réinvestis dans des projets de développement, au service de la population et de l’environnement. Un article sur le commerce équitable est présent sur notre site.

2. La protection de l’environnement serait davantage la préoccupation des pays riches. Ce serait à partir d’un certain niveau de richesse, une fois les besoins primaires et secondaires assurés, que les populations seraient plus enclines à se préoccuper de l’environnement.

B. Le DD stimule la croissance économique

1. Concernant la dimension sociale du DD, des services de santé et d’éducation pour tous permettent d’améliorer le capital humain et ainsi la productivité.

Une meilleure répartition des richesses accroitrait la consommation (et donc stimulerait la production) du fait des propensions marginales à consommer plus fortes chez les bas revenus. Ainsi la Chine commence à compter aujourd’hui sur sa consommation intérieure pour continuer à doper sa croissance économique. On peut lire sur le site de l’Ambassade de la République Populaire de Chine en France que « la Chine s’efforcera d’établir un mécanisme à long terme afin d’accroître la consommation intérieure pour les cinq années à venir, a indiqué Zhang Ping, directeur de la Commission nationale pour le Développement et la Réforme. Les  mesures pour encourager la consommation domestique comprennent la stimulation du marché de l’emploi, la promotion du processus d’urbanisation, le réajustement du système de distribution des revenus, le renforcement du réseau de sécurité sociale et l’optimisation de l’environnement de la consommation ».

2. Concernant la dimension environnementale du DD, la recherche d’économie d’énergie contribue à la réduction des coûts de production et rend l’entreprise plus compétitive. De plus, les contraintes visant à protéger l’environnement (taxes sur la pollution, lutte contre la raréfaction des matières premières et sources d’énergie utilisées) incitent les entreprises à innover. Or l’innovation est source de croissance économique et renforce la compétitivité des entreprises. Par exemple les transporteurs aériens cherchent des solutions pour s’adapter à la raréfaction et à la hausse du prix du pétrole telles que la conception d’avions fonctionnant à l’hydrogène ou aux biocarburants de deuxième génération. Vous trouverez plus d’informations à ce sujet dans un article du site Capital, Comment l’aérien se prépare à l’après pétrole.

Enfin l’environnement est un marché à part entière, en plein essor (ex: production et montage des panneaux photovoltaïques, succès des voitures hybrides, multiplication des gammes de produits bio…).

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Le fondateur du WebPédago

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2 Comments » for Dossier EDD : la croissance économique est-elle compatible avec le développement durable ?
  1. Bim dit :

    A mon sens, le corrigé manque fondamentalement la question, aussi complexe soit elle.

    D’abord, on ne saurait répondre sans s’interroger sur la notion de développement durable, d’horizon de temps et de croissance économique..Rien de très nouveau, et base de toute dissertation.

    Surtout, la clé du sujet me semble être la notion d’externalité, qui pourrait constituer un vrai 3eme paragraphe et/ou conclusion, abordé dans mes lointains souvenirs au lycée.

    L’externalité correspond à un coût de production supporté par la société (eg. Renover les facades des batiments à cause de la pollution), mais pas par le producteur (eg. Une rafinerie). En conséquence, il y a une imperfection de marche ou du droit (AC Pigou & R Coase) qui entraine une distorsion de l’optimum économique…On produit trop d’externalités négatives, pas assez de positives, par manque d’info. En résumé, le signal prix est faux.

    Il faut donc dans l’idéal économique internaliser les externalités pour obtenir un optimum de pollution (en fonction des préférences individuelles des acteurs). On peut aller plus loin en ce disant que croissance éco tend à modifier ces memes préférences (plus on est riche, plus on sera prêt à payer pour une année de vie en plus ou moins de perturbations environnementales, du fait de son pouvoir d’achat) et donc permet à l’optimum de pollution « social » de tendre vers l’optimum de pollution environnemental (ie. la capacité de la nature à absorer les rejets).

    Donc 1/ Internaliser les coûts externes permet d’aboutir à une croissance économique dans le cadre de la théorique tout en participant à une vision développement durable. 2/ La croissance ainsi générée sera – si accompagné des mesures pédagogiques et de redistributions appropriées – à meme d’enclancher un cercle vertueux pour aboutit à une vraie croissance durable ie avec un optimum de pollution social et environnementaux égaux.

    Tout cela est très théorique, mais permet de répondre à la question plus finement qu’avec un I : OUI, II : NON, conclusion ni oui ni non….

  2. Bimbamboum dit :

    Bonjour Bim, la question des externalités est intéréssante mais n’est pas au programme de terminale ES!
    de plus « Tout cela est très théorique, mais permet de répondre à la question plus finement qu’avec un I : OUI, II : NON, conclusion ni oui ni non…. », c’est EXACTEMENT ce qui est demandé en classes économiques, a savoir, un plan canonique très précis, en intro/1/A/B/transition/2/A/B/conlusion 1AB + 2AB, en nuancant les parties 1 et 2, il est donc normal, voir très commun, de se retrouver en classe éco avec des plans 1/OUI 2/MAIS, NON CAR, MAIS IL N’EST PAS SUFFISANT.
    Cdlt,

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