Un résistant témoigne.
12 01 2011
M.Gottlieb ,résistant et déporté durant la Seconde Guerre Mondiale, intervient auprès des élèves du collège de l’Archet en racontant son histoire.
Durant son intervention, M.Gottlieb parle avec beaucoup d’émotions de sa vie pendant la Seconde Guerre Mondiale (1940-1945) et de sa reconstruction morale, suite à sa déportation dans plusieurs camps de concentrations.
Les élèves écoutaient ,avec beaucoup d’attention et de compassion, ce survivant de la Guerre. Voici quelques passages de sa vie:
Charles Gottlieb est né le 25 octobre 1925, à Nancy. Il est issu de parents Juifs Polonais, qui se sont installés à Nancy en 1920.
A partir de 1933, il va à l’école communale, et sa passion était de collectionner les billets de banques ( plus précisément, les Deutsht Mark ). Dès son plus jeune âge, il est victime du racisme des autres enfants, du à sa religion juive (on le traitait de «sale youpin»). Les enfants , étaient formés aux Jeunesses Hitlériennes, dès 5 ans.
En 1938, il entendit parler de la Nuit de Cristal, où les SS, sous l’ordre de Hitler, saccage les synagogues, et tue de nombreux juifs. Cette nuit là marque la montée du nazisme.
En 1939 , la guerre est déclarée , Charles et sa famille quittent donc Nancy pour La Palisse où la famille Besson les recueille. Les Besson leur prête leur maison au Girot dans la commune de Bilsoin. Pour gagner leur vie, Charles et son père vont travailler chez les paysans du coin, qui les paieront non pas en argent, mais en nourriture qui se raréfiait.
Lors de l’année 1942, le Général de Gaulle fait appel à la résistance. Gottlieb trouve donc un ami, Felix, pour rejoindre la résistance, malgré la peine de ses parents.
Il s’engage donc dans le maquis, avec 25 autres jeunes résistants. Lors d’une réunion, le chef du groupe de résistants leur explique qu’un parachutage aura lieu, et qu’à travers «radio Londres», on leur précisera la date de celui-ci avec un mot de passe. Par la suite, le groupe reçoit deux conteneurs remplis d’armes, d’argent, de vêtements et de nourriture.
Son rôle est de faire sauter les rails des voies ferrés, pour stopper les convois Allemands. A la suite d’une attaque allemande, il change de groupe résistant, et entre dans le UJRF ( Union de Juifs Résistants Français). Il va travailler dans une usine à fabriquer des obus, afin de les saboter.

Au début de l’année 44, il va à Lyon, avec un nouveau groupe: MOI ( Mouvement Ouvriers Immigrés).
Le 25 Juillet 1944, il est appelé à libérer des résistants arrêtés par les PPF (extrême droite de Vichy), sur la place Belcourt. Mais malheureusement, il est à son tour arrêté, et emmené à la Gestapo dirigée par Klaus Barbie, puis à la prison de Fort-Mont-Luc.
Le lendemain, il retourne à la Gestapo pour subir un interrogatoire, où il sera torturé. Les Allemands le frappe et lui font connaître le supplice de la baignoire.
Le 11 août 1944, les Allemands vident la prison. Ils emmènent les prisonniers à la gare de Lyon-Perrache pour être déportés . Charles Gottlieb , voyage non pas dans un
wagon à bestiaux, mais dans un wagon de voyageurs: «j’ai eu beaucoup de chance», nous confit-il.
C’est le 15 août, qu’il arrive au camp de concentration et d’extermination qu’est Auschwitz-Birkenau. Les premières paroles qu’il a entendu, viennent d’un prisonnier qui lui dit: «Vous voyez la porte d’entrée, et bien vous rentrez par là, mais vous sortirez comme ça», dit-il en montrant le four crématoire. Il fait partit, grâce au mensonge sur son âge et sur son métier, des personnes choisies pour travailler. Il est donc tondu, tatoué(193-189, en tant que résistant, puis B-9664 en tant que juif) , et vêtu d’une simple chemise.
Deux fois par jour, il y a l’appel, qui peut durer de 1h à 4h, dans le froid ( jusqu’à -25°C en hiver). En guise de nourriture, on lui sert une louche d’eau chaude avec des herbes dedans. Il part au travail en musique, joué par un orchestre dans le camp. Deux à trois fois par semaine, le contrôle des poux est effectué, pour ceux ayant trop de poux, ils sont dirigés dans un camion «spécial»; qui consiste à retourner le pot d’échappement dans le camion fermé hermétiquement , où les prisonniers mourront asphyxiés.
Un jour d’octobre 44, M.Gottlieb décrit sa nourriture comme «miraculeuse», du au lait, à la semoule, au sucre, et au miel, qui compose cette soupe. Cela est en faite justifié par la venue de Himmler et d’un représentant de la croix rouge.
En janvier 45, les Russes qui récupèrent peu à peu le territoire, s’approche du camp. Le 17, les prisonniers partent à pied, pour 3-4 jours de marche: «je me réchauffais durant cette marche, en m’urinant dans les mains», nous dit M.Gottlieb. Arrivée en mai, les prisonniers n’étaient plus nourris, et pesaient de 30 à 40 kg.
Angélique et Chloé 3°4
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A la veille de cette sortie, nous ne nous attendions pas à ce que nous allions vivre le lendemain pendant une journée.
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