Merlines, 21 septembre 2008

Vincent OLIVIER, fondateur du WebPédagogique, a dit La presse anglophone se fait largement l’écho de l’intervention du Ministre sur le nécessaire apprentissage de l’anglais dans les écoles françaises. Un petit goût ironique du genre “Ah tout de même les froggies se rendent à l’évidence…”

Ci-après, le commentaire que j’ai posté sur son blog:

Tiens tiens, en effet, les froggies se réveillent ????
Bon, je veux bien le croire… “Tout vient à point à qui sait attendre”
;-) )
Ceci dit, depuis tout ce temps où nous faisons le constat que nous ne sommes pas très bons en langues, il faudrait peut-être passer à la vitesse supérieure !
En 1981, je me souviens avoir affiché en classe que nous étions avant dernier, juste devant le Portugal ! Depuis nous sommes quand même parvenus à reculer d’une place !
Et pourtant, que de mots depuis pour vanter les mérites des langues, la nécessité de s’y prendre autrement et puis… et puis l’introduction des langues dans le primaire : ça aurait dû être génial ! …

Bilan de l’opération ? Evaluation de ce dispositif ? Certains élèves arrivent avec un acquis, certes ! Tant mieux pour eux ! A nous à le prendre en compte, ce qui n’est pas toujours facile au demeurant étant donné l’hétérogénéité des élèves qui viennent d’écoles différentes ! Pour d’autres, hélas, c’est déjà la cata : ils se savent déjà « mauvais », au pire « moyen-moyen » …

Alors je ne peux m’empêcher de jeter un coup d’œil en arrière ! Flash-back ! Nostalgie ! De 1981 à 1991, très impliqué dans le bilinguisme précoce (voir la note en bas de l’article*)  j’avais créé une sorte de mini-school niveau maternel-primaire dans un village : on jouait en anglais, on faisait du sport en anglais, de la cuisine en anglais, des chansonnettes etc…
Certes, pas de grammaire, pas de contrôles et… pas de bilans chiffrés de ce travail : seulement les regards illuminés des gosses, les fous rires, “le bonheur d’apprendre…”, l’amour (non, non, je ne blague pas) de l’anglais !

Quand ils arrivaient ensuite dans notre petit collège, non que les résultats aient été fantastiques, non, mais ils étaient « demandeurs », ils avaient « envie », ils en voulaient « plus » !

Pour ce que je peux en juger aujourd’hui, sur l’aspect affectif, j’ai l’impression qu’on a tout faux! L’institutionnalisation dans le primaire a malheureusement cassé le rêve !!!

Alors, cette fois-ci,  je veux y croire : ça va marcher ! Le CECRL semble nous placer sur la bonne voie : on  arrête de vouloir parler comme des livres ! On va, excusez-moi du peu, « juste » parler anglais !
En fait, peu importe la méthode pourvu qu’à la question “Vous savez parler l’anglais ?”, on n’entende plus la réponse “Non, je l’ai appris à l’école !!!”

* Petite biblio sympa en guise de plaidoyer pour l’apprentissage précoce des langues.

  • Avant la maternelle tout est possible (Masaru Ibuka) – 1982
  • L’école plus N°67 : 1000 expériences novatrices – 1985
  • Pour l’éducation bilingue (Anna Lietti) – 1989
  • L’enfant bilingue (Elizabeth Deshays) – 1990

Ainsi que deux incontournables dans un domaine plus général

  • L’école qui décolle (Catherine Bédarida) – 1991
  • Le bonheur d’apprendre et comment on l’assassine (François De Closets) – 1996