Bruno Tolentino: vaste œuvre poétique
16 11 2008Bruno Lúcio Carvalho Tolentino est né à Rio de Janeiro, le 12 novembre 1940. Le poète a vécu, depuis enfant, parmi les intellectuels brésiliens : Cecília Meireles, Manuel Bandeira, Carlos Drummond, João Cabral de Melo Neto, etc. En 1964, Tolentino a déménagé pour l’Europe, où il est resté pendant 30 ans. Il a été professeur des universités d’Oxford, d’Essex et de Bristol et le directeur du magazine Oxford Poetry Now, en 1973. À l’étranger, Tolentino a publié, pendant la décennie de 70, des œuvres en anglais, About the Hunt, et en français, Le Vrai Le Vain et Au Colloque des Monstres. En 1993, Tolentino est retourné au Brésil. Il publie en 1994, cette fois-ci en portugais, As Horas de Katharina (Les Heures de Katharina), la biographie, en vers, d’une sœur religieuse fictive. Dans la décennie de 90, l’auteur publie encore Os Deuses de Hoje (Les Dieux d’Aujourd’hui), Os Sapos de Ontem (Les crapauds d’Hier) et A Balada do Cárcere (La ballade de la Prison). Ces deux derniers livres ont une histoire intéressante. Os Sapos de Ontem, c’est un ensemble de poèmes satiriques, textes et articles originaires de la polémique intellectuelle de Bruno Tolentino contre les frères Haroldo et Augusto de Campos. A Balada do Cárcere à l’origine de l’expérience que Tolentino a vécu en 1987 dans la prison anglaise de Dartmoor, « L’île du Diable », quand il a été condamné, sous l’accusation de trafic de drogues. Mais, l’écrivain a été libéré 22 mois après et a obtenu des excuses du gouvernement britannique pour avoir été accusé injustement. « J’ai aimé et essayé de tirer le maximum d’avantages« , a déclaré le poète en parlant de son expérience. Pendant les dernières années de sa vie, Bruno Tolentino a publié, selon lui-même, ses chefs-d’œuvre : O Mundo como Idéia (2002) (Le Monde comme Idée) et A Imitação do Amanhecer (2006) (L’Imitation de l’Aube). Dans le premier, il a mis 40 ans pour l’écrire, l’auteur développe une poétique de ses doutes les plus intimes et une philosophie de la forme. Le second, celui-ci, il a mis 25 ans pour le terminer, c’est un livre formé par 538 sonnets alexandrins qui dramatise l’obsession de sa vie comme poète. Ces deux livres, plus celui intitulé As Horas de Katharina, ont donné à l’auteur trois Prix Jabuti – le plus traditionnel et important prix littéraire du Brésil aujourd’hui. Bruno Tolentino est mort le 27 juin 2007.
Extraits : Au Colloque des Monstres
VII. Au Sonnet
Ce n’est pas la peine
de pleurer ton sort,
le parfum des morts
remplissant la scène,
on retient l’haleine,
on reste dehors.
Ouvre-nous ta veine,
tout de même, encore
et encore agonise
pour qu’ils nous reviennent,
portés par la brise,
loin, loin des Sirènes,
le glaive en sa gaine,
la paix reconquise.
Wilson, étudiant FLE, français 7
wilson
Catégories : Littérature brésilienne
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