Révolution scolaire
L’éducation est annoncée comme leur priorité par tous les candidats, mais aucune proposition n’est à la hauteur de cette promesse. Après quinze réformes en trente ans dont aucune ne restera dans l’histoire, il est clair que le mal est profond. L’Education nationale est incapable de remplir les missions croissantes qui lui sont confiées. Elle accueille tous les élèves, mais s’avère impuissante à réduire les inégalités sociales et peut-être même les aggrave-t-elle… Près d’un élève sur quatre est inapte à suivre l’enseignement du collège. Guère plus d’un sur quatre obtient un diplôme de l’enseignement supérieur. Nos résultats nous placent en fin de peloton des pays industrialisés.
De l’échec de l’école, il ne faut accuser ni les familles, ni les enseignants, pas même le système libéral ( qui ne semble pas pénaliser nos voisins). Notre système éducatif, bloc clos, centralisé, bureaucratique et replié sur lui-même, est rebelle à toute évaluation. Plus grave, il est incapable de se réformer. Continuer à multiplier les moyens ne sert à rien. L’Education nationale française emploie 1,3 million de personnes pour encadrer 13 millions d’élèves, le taux d’encadrement le plus élevé du monde. Elle est incapable de mettre en œuvre ces moyens. Là où ils sont nécessaire, on ne les a pas toujours. Des enseignants sont sans élèves quand des classes sont surchargées… Comme l’a fait remarquer la cour des Comptes . « Le nombre des élèves baisse, les moyens augmentent et les résultats stagnent. »
C’est la structure elle-même qui est dépassée. Comme toutes les vieilles machines, elle consomme de plus en plus et son rendement décroît avec l’âge. Notre système éducatif conserve une organisation et un fonctionnement conçu au XIXème siècle. Il est inadapté aux enjeux du XXIème siècle. Que faire ? Regardons avec modestie ce que font les autres pays qui réussissent mieux que nous. Toutes les évolutions vont dans le même sens : décentralisation du pilotage, autonomie des établissements, travail en équipe des enseignants, relations étroites avec les parents, personnalisation de l’enseignement, évaluation systématique du travail de tous.
C’est donc une refondation, une révolution qu’il faut imaginer sur des bases républicaines et laïques. A défaut, une privatisation rampante ne va-t-elle pas se mettre en place et gangrener les ruines du vieux système plus que centenaire ? A moins qu’il n’implose ? Cette nécessaire « révolution scolaire » est décrite dans mon livre paru sous ce titre aux Editions La Martinière (19€), disponible dans toutes les bonnes librairies. Vous y trouverez un état des lieux, sans illusion mais sans excessive noirceur, et aussi les idées qui nourrissent l’espoir et précisent l’avenir de nos enfants. Merci d’avance de vos commentaires.