EXODUS Lundi 12/5 à 14h35 France 3
Voici 60 ans naissait l’Etat d’Israël (voir article sur le blog de Mme Martin), France 3 choisit donc de diffuser ce chef d’oeuvre hollywoodien d’après l’oeuvre de Léon Uris
Voici la critique parue dans Télérama N°3043
Film d’Otto Preminger (Exodus, USA, 1960). Scénario : Dalton Trumbo, d’après Leon Uris. Image : Sam Leavitt. Musique : Ernest Gold. 195 mn. VF. Avec Paul Newman : Ari Ben Canaan. Eva Marie Saint : Kitty Fremont. Ralph Richardson : Sutherland. Peter Lawford : le major Caldwell.
Quand la MGM acquiert les droits du roman de Leon Uris, Otto Preminger sait déjà que, pour ménager ses intérêts dans les pays arabes, elle ne l’adaptera jamais. Alors, producteur indépendant, Preminger les rachète, sans grande difficulté, et permet au blacklisté (touché par la chasse aux sorcières et le Maccarthysme) Dalton Trumbo de réécrire sous son vrai nom. A l’arrivée, une fresque de plus de trois heures et demie qui, à travers le destin de quelques personnages symboles, conte la création de l’Etat d’Israël.
L’histoire débute à Chypre en avril 1947, dans un camp de Juifs en partance pour la Palestine et bloqués par les Anglais en attendant la décision de l’ONU. Elle s’achève avec l’enterrement, côte à côte, d’un jeune Arabe libéral et d’une adolescente juive non violente alors que la partition de la Palestine est officiellement annoncée.
Entre ces deux moments, l’humaniste Preminger, soucieux d’objectivité, n’oublie aucun aspect de cette tragique naissance : l’embarquement précipité sur l’Exodus, les actions terroristes de l’Irgoun (explosion de l’hôtel King David), l’intransigeance des pays arabes… A la lumière de quarante ans de conflit, cette impressionnante superproduction prend une tragique dimension. Et la lucidité des propos tenus par Paul Newman, officier de la Haganah, organisation pacifique juive, prend l’âcre odeur de l’amertume devant tant d’espoirs anéantis par l’intolérance triomphante.
Jeudi sur Planète à 20h45, Nous étions l’Exodus, un documentaire français inédit de Jean-Michel Vecchiet.
Aucun des personnages du film n’ayant réellement existé, voici une mise au point historique de l’épopée de l’Exodus
Le fonctionnaire de l’ONU Emil Sandstroem (en bas, avec le chapeau blanc) regarde des soldats britanniques évacuer des réfugiés juifs de l’ »Exodus 1947. » Les passagers furent renvoyés en Europe. Haïfa, Palestine, le 20 juillet 1947.
C’était un bateau de passagers côtier battant pavillon américain, très ancien et ayant beaucoup navigué, qui avait été inauguré en 1928. Baptisé à l’origine « President Warfield », il avait navigué dans la baie de Chesapeake entre Baltimore et Norfolk pendant plus d’une décennie. Remis à la Grande-Bretagne dans un lot de navires à faible tirant d’eau, dans le cadre d’un accord de prêt-bail, le « President Warfield » fut plus tard utilisé lors du débarquement en Normandie. Après la Seconde Guerre mondiale, il fut renvoyé dans les eaux américaines. Ce bateau était cependant destiné à prendre part à un événement qui lui assura une place dans l’Histoire, symbolisant la lutte pour une immigration sans restriction en Palestine.
Vendu à l’origine comme ferraille pour un peu plus de 8 000 dollars, ce bateau fut acheté par la Hagana . Les combattants de la Hagana réussirent à mettre le bateau à quai en Europe afin de transporter des Juifs qui cherchaient à immigrer illégalement en Palestine. Le sort des passagers de ce bateau attira l’attention du monde entier. En juillet 1947, le « President Warfield » quitta le port de Sète, en France, à destination de la Palestine, avec à son bord plus de 4 500 hommes, femmes et enfants juifs, tous des personnes déplacées, et des survivants de la Shoah. Avant même que le navire (qui avait alors été rebaptisé « Exodus 1947″) ne puisse atteindre la Palestine, il fut encerclé par les destroyers britanniques. Une lutte s’ensuivit, pendant laquelle un membre d’équipage et deux passagers juifs trouvèrent la mort. Des dizaines de personnes furent blessées, notamment par balles.
Voulant faire de l’ »Exodus 1947″ un exemple, les Anglais transférèrent les passagers dans trois bâtiments de transport de la marine qui retournèrent en Europe. Les navires accostèrent tout d’abord à Toulon, en France, où ordre fut donné aux passagers de débarquer. Les autorités françaises refusèrent de les faire débarquer de force. Lorsque les passagers, dont de nombreux orphelins, protestèrent en entamant une grève de la faim, les Britanniques furent obligés de les renvoyer à Hambourg, dans la zone d’occupation britannique de l’Allemagne. L’opinion publique mondiale cria au scandale, et les autorités britanniques ordonnèrent alors aux passagers de débarquer ; ils furent débarqués du bateau par la force. Les Juifs furent ensuite transférés dans des camps de personnes déplacées en Allemagne.
Lorsqu’elles prirent connaissance de ces événements, les personnes déplacées qui étaient dans des camps dans toute l’Europe protestèrent vigoureusement et déclenchèrent des grèves de la faim. Des manifestations importantes eurent lieu des deux côtés de l’Atlantique. Les autorités Britanniques furent mises dans l’embarras ; le voyage de l’Exodus joua un rôle majeur dans le revirement diplomatique de sympathie envers les réfugiés et dans la reconnaissance de l’Etat d’Israël en 1948.
[source : http://www.ushmm.org]




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