Voici une lettre publiée dans le dernier bulletin 2013 de l’ABPG que je partage complètement :

Éditorial

Des reculs, des contestations et des actions

Depuis 2010, les professeurs de SVT voient s’amplifier un recul, une grave détérioration des conditions d’enseignement, déterminés par la mise en œuvre des réformes successives.

La vague de contestation s’amplifie et elle correspond à des réactions profondes et pas du tout à un refus d’évolution d’un enseignement qui a toujours été et reste à la pointe tant du point de vue scientifique que didactique. Indépendamment de conditions difficiles d’enseignement, ces réactions sont dues au fait que les enseignants constatent la difficulté croissante pour atteindre les objectifs de formation et d’orientation des jeunes collégiens et lycéens, objectifs qui sont pourtant présentés comme valables et nécessaires par le ministère et les parents d’élèves.

Les horaires scientifiques ont diminué en lycée. Après le collège et les graves difficultés qui s’y amoncellent, ce sont les élèves et les professeurs de lycée qui subissent les graves conséquences de la réforme, qui cette année atteint l’ensemble du cursus avec la classe de terminale S et l’examen du baccalauréat.

En effet, après avoir dû les mettre en œuvre, les collègues constatent que les programmes sont beaucoup trop ambitieux et touffus pour pouvoir atteindre les objectifs fixés et évalués au baccalauréat. Cela est assez inadmissible et d’autant plus grave pour les lycéens en raison du manque d’horaire pour parvenir au développement des compétences demandées (en particulier « expérimentales »). Ce déficit horaire est une triste réalité depuis la seconde, avec une perte de 25% de l’horaire en seconde et première S.

Il y aura des conséquences pour notre pays et sa capacité à développer le secteur « recherche et développement » dans les domaines de la santé, des bio et géo technologies et du développement durable.

Il y a nécessité impérieuse d’allègements. Ce n’est pas avec des « ajustements » laxistes imposés aux jurys d’examen que l’on corrigera le manque de formation scientifique de nos élèves. L’APBG a toujours accompagné l’innovation pédagogique. Mais pour être efficace, il faut que les nouveautés soient correctement maîtrisées, aussi bien par les enseignants que par les élèves. Il faut du temps en amont. C’est pour cette raison que l’APBG s’élève contre la communication tardive des consignes définitives de passation de l’épreuve d’ECE. Préparer nos élèves à de nouvelles modalités d’examen en quelques semaines n’est guère raisonnable. Pourquoi ne pas les avoir reportées d’une année ?

Il y a une remise en cause, de fait, des travaux pratiques, en raison de la globalisation horaire et ses conséquences et de la répartition locale qui entraînent une remise en cause du cadre « national » de l’éducation.

Voilà pourquoi, depuis le début de l’année l’APBG agit auprès du ministre. Mais la rencontre avec le cabinet a été décevante.

Il est pourtant urgent que le ministère prenne en compte nos remarques et nos demandes :

– allègements et réécriture du programme de terminale S ;

– 2 thèmes en première ES/L, avec une rotation annuelle, sur le modèle des années antérieures ;

– rééquilibrage des sciences : rétablissement de l’horaire antérieur de première S (2 heures cours + 2 heures de TP), et un horaire de 1 heure cours + 1,5 heures de TP en seconde.

Chers collègues, soyez très nombreux à soutenir notre action, en manifestant votre réprobation contre les conditions actuelles d’enseignement, et en envoyant votre « lettre ouverte au ministre », pour un vrai développement des bio-géosciences.

Serge Lacassie

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