Corrigé brevet 2005 (autobiographie) - Français 1re partie - Réécriture - série générale

Voici une suggestion de correction du DNB, diplôme national du brevet 2005, en français, pour la série générale, pour la réécriture (première partie du sujet).

Le texte :

Moi, j’avais l’idéal1 logé dans un coin de ma cervelle, et il ne me fallait que quelques jours d’entière liberté pour le faire éclore. Je le portais dans la rue, les pieds sur le verglas, les épaules couvertes de neige, les mains dans mes poches, l’estomac un peu creux quelquefois, mais la tête d’autant plus remplie de songes, de mélodies, de couleurs, de formes, de rayons et de fantômes. Je n’étais plus une dame, je n’étais pas non plus un monsieur. On me poussait sur le trottoir comme une chose qui pouvait gêner les passants affairés. Cela m’était bien égal, à moi qui n’avais aucune affaire. On ne me connaissait pas, on ne me regardait pas, on ne me reprenait pas ; j’étais un atome perdu dans cette immense foule. Personne ne disait comme à la Châtre : “Voilà madame Aurore qui passe ; elle a toujours le même chapeau et le même robe” ; ni comme à Nohant : “Voilà not’dame qui poste2 sur son grand chevau ; faut qu’elle soit dérangée d’esprit pour poster comme ça.” A Paris, on ne pensait rien de moi, on ne me voyait pas. Je n’avais aucun besoin de me presser pour éviter des paroles banales ; je pouvais faire tout un roman d’une barrière3 à l’autre, sans rencontrer personne qui me dît : “A quoi diable pensez-vous ?”Cela valait mieux qu’une cellule4, et j’aurais pu dire avec René, mais avec autant de satisfation qu’il l’avait dit avec tristesse, que je me promenais dans le désert des hommes5.

George Sand, Histoire de ma vie, IV, 14.

Notes :
1. idéal : ici, ce dont on rêve, ce qu’elle rêve de faire
2. poster : aller rapidement à cheval
3. barrières : portes aux différentes entrées de la ville de Paris
4. cellule : chambre très simple d’un moine dans un monastère
5. désert des hommes : expression de René, roman de Chateaubriand (1802)

Première partie : Réécriture (5 points)

“Cela m’était bien égal, à moi qui n’avais aucune affaire. On ne me connaissait pas, on ne me regardait pas, on ne me reprenait pas. ” Réécrire ce passage au conditionnel passé (temps employé dans la forme “j’aurais pu…” ligne 15), en employant la première personne du pluriel à la place de la première personne du singulier.

Conseil pour la réécriture :
Deux transformations sont à opérer : le temps et la personne.

Corrigé de la réécriture :
“Cela nous aurait été bien égal, à nous qui n’aurions eu aucune affaire. On ne nous aurait pas connu(e)s, on ne nous aurait pas regardé(e)s, on ne nous aurait pas repris(es).”

Eléments pour un corrigé



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