Brevet 2010 – Corrigé – Français – Séries Techno et Pro

Voici le sujet du Brevet 2010 de français (Séries Techno et Pro).

Téléchargez ici le sujet complet du DNB 2010 série Techno et Pro

Première partie : Questions – Réécriture – Dictée 25 points

QUESTIONS (15 points)

I. « C’est drôle une cage d’escalier » 7,5 points

1. Dans cet extrait, deux étapes de la vie du narrateur sont évoquées. Lesquelles ?
L’enfance et l’adolescence sont les deux étapes de la vie du narrateur évoquées dans cet extrait.

2. Où le narrateur habite-t-il ?
Le narrateur habite en haut d’un immeuble de cinq étages.

3. «Il y a deux façons d’être dans cette cage : oiseau qui monte et oiseau qui descend.» (lignes 1-2)
a) Quelle image le narrateur emploie-t-il dans cette phrase ?
Dans cette phrase, le narrateur emploie l’image de l’oiseau, qui représente les gens qui montent et descendent les escaliers de l’immeuble.

b) Qui est désigné par l’ « oiseau » ? Pourquoi ?
Le mot « oiseau » désigne celui qui emprunte les escaliers.

4. « Par contre, la descente était le sas pour le dehors. » (lignes 5-6) Justifiez l’emploi du mot sas pour désigner la cage d’escalier.
La cage d’escalier est le sas entre l’extérieur (la rue, l’école) et l’intérieur de l’appartement du narrateur. Cette pièce est la dernière étape de la décompression de l’enfant qui sort de chez lui et descend les escaliers, impatient de se retrouver dehors. Elle est un entre-deux entre ces deux mondes.

5. a) Relevez dans les lignes 5 à 8 le champ lexical de la plongée.
« La descente », « le sas », « les paliers », « ma décompression ».
b) Quel sentiment cette « plongée » procure-t-elle au narrateur ? Justifiez votre réponse.
Cette plongée procure au narrateur un sentiment d’excitation, qui grandit au fur et à mesure qu’il descend. Son coeur se gonfle, les paliers défilent. Cette descente est pour lui une véritable évasion.

II. « Mon temps libre » 7,5 points

6. Pourquoi le narrateur parle-t-il de son adolescence comme d’une période « longue » et « sombre » ? (l.13)
Le narrateur parle ainsi de son adolescence car il s’agit d’une période d’ennui, durant laquelle il reste assis, seul, sur la soixante-quinzième marche de son immeuble, sans aucun ami. Son temps libre est marqué par l’attente et par la répétition : il étudie les va-et-vient incessants de ses voisins et des visiteurs.

7. Quel est le temps dominant dans le deuxième paragraphe ? Justifiez son emploi.
Le temps dominant dans le deuxième paragraphe est l’imparfait. En effet, le narrateur évoque son passé, le temps de son adolescence. De plus, les actions narrées sont routinières, répétitives.

8. Des lignes 8 à 12, quelles sensations le narrateur évoque-t-il en descendant les escaliers ? Justifiez votre réponse.
En descendant les escaliers, le narrateur éprouve des sensations liées à l’ouïe (« les bruits ») et à l’odorat (« odeurs », « plats mijotés », « chien mouillé », « javelle ») : il entend des sons et sent des odeurs qui sont caractéristiques de ses voisins, et qu’il finit par connaître par coeur.

9. « Ils étaient réglés comme des montres suisses. » (ligne 20) Expliquez le sens de cette phrase dans le texte.
Cette phrase signifie que les voisins du narrateur accomplissent toujours les mêmes tâches aux mêmes heures, suivant un emploi du temps bien réglé.

10. « Les murs frémissaient de la venue d’inconnus. » (ligne 23) Quels sont les deux sens possibles du verbe « frémir » dans cette phrase ? Justifiez votre réponse.
Le verbe « frémir » peut ici avoir deux sens :
•    les murs tremblent à cause de l « onde sismique » provoquée par le claquement de la porte d’entrée de l’immeuble.
•    les murs tremblent de peur lorsque des inconnus pénètrent dans la cage d’escalier, car leur venue brise la routine de l’immeuble.

RÉÉCRITURE (5 points)

1. « La période la plus longue et la plus sombre de ma vie. Je sortais de l’immeuble deux fois par jour, comme mes parents, pour me rendre au collège. » (lignes 13-15)
Réécrivez ce passage à la troisième personne du singulier et faites toutes les transformations nécessaires.
La période la plus longue et la plus sombre de sa vie. Il sortait de l’immeuble deux fois par jour, comme ses parents, pour se rendre a collège.

2. « Rien de très exaltant ne m’attendait chez moi. Par contre, la descente était le sas pour le dehors. Dans ce sens, l’excitation grandissait au fur et à mesure de la dégringolade. Mon cœur se gonflait. Une évasion en colimaçon. Les paliers défilaient au rythme de ma
décompression. » (lignes 5 à 8) Réécrivez ce passage au présent de l’indicatif.
Rien de très exaltant ne m’attend chez moi. Par contre, la descente est le sas pour le dehors. Dans ce sens, l’excitation grandit au fur et à mesure de la dégringolade. Mon coeur se gonfle. Une évasion en colimaçon. Les paliers défilent au rythme de ma décompression.

DICTÉE FAUTIVE (5 points)

Dans ce texte, dix fautes ont été volontairement commises. Rayez les mots mal orthographiés et corrigez-les en utilisant la marge de droite.
« On s’interpelle au centre du colimasson. On fait monté et descendre des information. La tête en bas où la tête en l’air. Dans ses conditions, les débas ne dure pas. Celui de l’étage inférieur se trouve, de fait, en mauvaise place. Il se tort le coup plus qu’autre chose. « 

Correction : On s’interpelle au centre du colimaçon. On fait monter et descendre des informations. La tête en bas ou la tête en l’air. Dans ces conditions, les débats ne durent pas. Celui de l’étage inférieur se trouve, de fait, en mauvaise place. Il se tord le cou plus qu’autre chose.

Christophe LAFITTE, À trop tendre l’oreille, on n’entend plus nos rêves (2008).

Deuxième partie : Rédaction 15 points (Vous traiterez au choix l’un des deux sujets suivants).

1. Sujet d’imagination
Un jour, fidèle à son habitude et assis sur son palier, le narrateur entend vibrer la lourde porte d’entrée et aperçoit une main inconnue sur la rampe d’escalier. Imaginez la scène de rencontre en une vingtaine de lignes minimum.

Ce jour-là, il faisait très chaud. Je m’étais assis, comme d’habitude, sur la soixante-quinzième marche. Une odeur de viande en sauce montait dans la cage d’escalier. Soudain, brisant le silence feutré du lieu, la porte d’entrée tourna sur ses gonds en gémissant. Le vacarme qu’elle fit en se refermant couvrit les premiers pas du visiteur. Mais lorsque le claquement de ces derniers parvinrent enfin à mes oreilles, je fus incapable d’y reconnaître une démarche familière, une respiration connue. Je me penchai par-dessus la rampe pour apercevoir la main qui glissait doucement sur le bois. Malgré la distance qui m’en séparait encore, je pouvais voir les rides et les petites taches brunes qui en parsemaient la peau. Le pas était lourd mais décidé. Je ne sais pourquoi, mais cet inconnu m’intriguait plus qu’un autre. Plus il gravissait de marches, plus j’avais l’impression tenace qu’il venait pour moi. Cependant, il ne m’effrayait pas. Il ne s’est pas arrêté à l’étage du dessous. Il a continué à monter, vieil oiseau décidé, jusqu’à la soixante-quinzième marche, où je me tenais toujours assis, plus immobile que jamais. Il s’est retourné, a posé ses grandes mains fortes sur le dernier bout de rampe et s’est penché un peu pour regarder en bas. Puis il s’est approché de moi, et j’ai pu voir son visage. Ses cheveux grisonnants coiffés en arrière faisaient des petites boucles sur ses oreilles. Il avait  un visage long et maigre, avec un front haut et des yeux d’un gris presque transparent. Chacun de ses mouvements saturait l’air d’une odeur entêtante d’eau de Cologne. De son épaule pendait un sac de toile aux dimensions impressionnantes, qui semblait regorger de trésors mystérieux. Il y avait accroché une casserole en métal qui cliquetait légèrement lorsqu’il bougeait. Les deux yeux gris de cet étrange inconnu me fixaient à présent. Un sourire s’est dessiné sur son visage. Après quelques secondes de silence, il a lancé :
⁃     Bonjour, Christophe.
Je suis resté pétrifié. Comment pouvait-il connaître mon prénom ? Prenant mon courage à deux mains, je lui ai demandé :
⁃     Qui êtes-vous ? Et comment me savez-vous que je m’appelle Christophe ?
Il a rit doucement.
⁃     J’aurais du te connaître mieux que personne, mon petit, mais la vie m’a privé de ce plaisir. Je suis le capitaine Cook, pêcheur en haute mer. Lors d’une violente tempête, mon navire a coulé, livrant à la mer tout mon équipage. On m’a cru mort, mais j’ai survécu, grâce à un brave dauphin qui m’a sauvé en me laissant m’accrocher à son aileron dorsal et en m’emportant jusqu’à une île déserte, non loin des côtes norvégiennes. Aujourd’hui, je suis là, sain et sauf devant toi, mon petit-fils, et je suis fier de te demander de bien vouloir quitter cet immeuble sans âme pour m’accompagner dans un tour du monde !

2. Sujet de réflexion
Au collège, vous faites la connaissance d’un adolescent qui vous explique qu’il n’a aucune envie de sortir de son immeuble, sauf pour se rendre en cours. Vous décidez de lui écrire une lettre afin de le convaincre de sortir de son immeuble et de s’ouvrir aux autres. Votre lettre d’une vingtaine de lignes minimum exposera vos arguments.

Attention au respect des consignes!
– c’est une lettre, donc à présenter selon les règles qu’on vous a apprises.
– il s’agit d’une argumentation: il faut faire réfléchir le destinataire de la lettre.
– il faut trouver trois raisons différentes.

Paris, le 29 juin 2010,
Cher Paul,

Je suis très content d’avoir fait ta connaissance. Je regrette de ne pas avoir parlé avec toi plus tôt. Mais si nous nous sommes parlé si tard dans l’année, c’est parce que tu quittes le collège immédiatement après les cours. Impossible de discuter avec toi dans ces conditions. Tu vas trouver que je me mêle de ce qui ne me regarde pas, mais je trouve dommage de ne pas pouvoir te rencontrer en dehors du collège, surtout maintenant que les cours sont finis. Tu m’as dit que tu n’aimais pas sortir de chez toi. Tu ne sors que pour aller en cours. Au mieux, tu t’installes sur les marches de ton escalier, sur ton palier, pour regarder les gens qui passent. Tu dis que les gens du collège perdent leur temps à traîner, mais tu peux sortir sans pour autant faire comme ceux qui ont été exclus en mars dernier. L’extérieur n’est pas forcément dangereux, si tu choisis bien les endroits où tu veux te rendre. Si tu n’y vas pas, je ne vois pas comment tu peux savoir que tu préfères ton immeuble. Admettons que ton immeuble soit effectivement le plus bel endroit du monde, sache que tu le trouveras encore mieux après t’en être éloigné quelques heures! J’aime beaucoup rentrer à la maison après avoir été au sport. Sortir, c’est surtout l’occasion de faire de nouvelles rencontres. Je me suis fait beaucoup d’amis en dehors de l’école, et même à l’école. Tu n’apprécies pas les élèves de ta classe. Mais ils peuvent être très différents dans un autre contexte. Pour connaître une personne, il faut la fréquenter dans différentes circonstances. Paul, c’est enfin l’été! Comment peux-tu envisager de rester enfermé chez toi ou dans ta cage d’escalier! Le soleil brille, il fait jour tard! Figure-toi que nous en avons besoin pour notre santé ! Sais-tu que le manque d’exposition au soleil rend rachitique ?
Si je t’ai convaincu, retrouve-moi demain au jardin du Luxembourg, à partir de 14h : je vais jouer au tennis avec deux camarades, et il nous manque un joueur!
A bientôt.

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