Brevet 2010 – Sujets corrigés – Français

Voici le sujet du Brevet 2010 de français (Série Collège).

Téléchargez ici le sujet complet du DNB 2010 série collège

(Le sujet corrigé gratuit du Brevet 2010 de français Séries Technologique et Professionnelle est ici)

Le corrigé

Première partie : Questions – Réécriture – Dictée (25 points)

QUESTIONS (15 points)

I. Une famille à la plage

1. Les enfants sont comparés à de la viande que l’on cuisine : « cuire », « rôtir » (l. 1) « mijoter », « bain-marie » (l. 2), qui appartiennent au champ lexical de la cuisson des aliments.

2. Les deux enfants jouent sur la plage. Job et sa sœur s’amusent à creuser le sable : Job a « la pelle aux doigts » (l. 8). Les « flaques chaudes » (l. 2) dans lesquels les enfants « mijotent » désignent les plans d’eau qui apparaissent là où le sable a été creusé. Jeannine se trouve à l’intérieur de la « cuve de sable » (l. 19), « fouit comme un ratier » (l. 19).

3. a) Dans le premier paragraphe, la mère lit avec plaisir un livre, un « roman mystérieux » (l. 4) dont elle « s’enivre » (l. 3), sur la plage, à l’ombre d’un parasol.
b) Absorbée dans sa lecture, la mère ne surveille pas ses enfants, qu’elle « oublie délicieusement » (l. 3).

4. a) Le verbe « s’enivrer » a ici un sens figuré, puisqu’il ne désigne pas le fait de se mettre dans un état d’ivresse, mais le fait d’éprouver de l’exaltation. En effet, la mère ne s’enivre pas d’alcool, mais d’un livre « mystérieux » (l. 4) qui la plonge dans une vive émotion : elle a « les joues chaudes » (l. 4 et 5), les yeux « hallucinés » (l. 11).
b) « hallucinés » est le participe passé du verbe « halluciner », équivalent à un adjectif qualificatif (nature), et est une épithète détachée du groupe nominal « les yeux » (fonction).
c) Le participe passé « hallucinés » s’inscrit dans le même champ lexical que « s’enivrer » : celui des émotions fortes.

II. L’action :

1. Le dialogue entre la mère et son fils a du mal à s’engager : le fils doit répéter trois fois « maman » (l. 7 et 10) et il « attend » (l. 8). La mère met un temps à lever « enfin » les yeux (l. 11) et manifeste de l’irritation : « elle jette dans un petit aboiement excédé : quoi ? » (l. 11-13). Son impatience se manifeste dans cette façon de répondre à son fils.

2. a) Le livre échappe brutalement des mains de la mère au point qu’il semble « voler », sa chaise (le « pliant ») tombe : la mère est saisie par une émotion soudaine et violente. b) « Le livre vole » : il s’agit d’une métaphore, le livre étant ici comparé à un oiseau ; « le pliant tombe » : il s’agit d’une métonymie, puisque c’est en réalité la mère qui est sur la chaise qui tombe ; on peut remarquer aussi l’antithèse entre le verbe « voler » et « tomber » (directions contraires).

3. a) On peut remplacer « alors » par « donc ». b) Il s’agit d’un rapport de déduction, de cause à conséquence. c) Jojo a l’air d’un enfant placide, « patient et têtu » puisqu’il annonce la noyade de sa sœur à sa mère avec un grand calme et beaucoup de détachement : il expose calmement son raisonnement, qui est méthodique (constat, conséquence) sans être débordé par ses émotions ; les virgules ralentissent la première phrase ; ses phrases sont terminées par des points et non par des points d’exclamation.

4. La mère formule deux reproches à l’encontre de son fils : il l’importune (en l’empêchant de nuire) et il n’aime pas sa sœur, voire même, est indifférent à ce qui l’entoure.

5. a) La ponctuation est fréquente. Remarquons le triple point d’exclamation, qui est même incorrect dans la langue écrite. b) cet usage de la ponctuation souligne l’indignation de la mère.

III. Une scène de comédie :

1. Le dialogue occupe la plus grande partie du texte (l. 5 à 25). La description de la scène, de par sa brièveté (la première phrase est nominale) s’apparente à des didascalies, qui donnent des indications sur les attitudes des acteurs et sur ce qui se trouve sur la scène : l’expression « on a mis » (l. 1) renforce l’idée d’une mise en scène. Les réactions de la mère s’accompagnent de « jeux de scène » : le livre qui vole, la chaise qui tombe, elle tourbillonne, joint les mains … Mais il s’agit d’un récit dans la mesure où le narrateur nous fait part des pensées de la mère : son plaisir de lire (« délicieusement » l. 3), sa déception devant son fils qui se comporte comme « un petit enfant sauvage » (l. 27).

2. a) La mère est comparée à une mouette et la fille à un chien.
b) Elles sont toutes les deux comparées à des animaux.

3. Ce qui est comique ici est que son raisonnement a l’air logique (constat, conséquence), alors qu’en réalité il ne l’est pas du tout : la noyade n’est pas la seule chose qui puisse expliquer que sa sœur ne soit plus là. Il envisage immédiatement le pire, au lieu de dire à sa mère qu’il ne voit plus sa sœur. D’autre part, le comique réside dans le contraste entre son calme et l’annonce tragique de la mort de sa sœur.

IV. Pour conclure :

La mère apparaît incapable de dominer ses réactions : d’abord « enivrée », « halluciné[e] » par sa lecture, elle est « excédé[e] » par son fils, puis éprouve une violente émotion qui la fait ressembler davantage à un oiseau affolé qu’une femme. Sa colère d’avoir été inutilement dérangée est tout aussi passionnée. Au contraire, l’enfant est calme et posé, réfléchi. Il est sincère, ne cherche pas à s’amuser. Ainsi, nous pouvons assister à un renversement : c’est la mère qui se comporte comme un enfant, et son fils qui paraît endosser le rôle de l’adulte.

RÉÉCRITURE (4 points)

Ici ne sont indiqués que les verbes ; les phrases du dialogue restent au présent.
–       Avait mis
–       Rôtissaient
–       Mijotaient
–       Oubliait
–       S’enivrait
–       Attendait
–       Se levèrent
–       Jeta
–       Répéta

DICTÉE FAUTIVE (6 points)

La mer est partie si loin qu’elle ne reviendra peut-être plus jamais ?… Si, elle reviendra, traîtresse et furtive comme je la connais ici. On ne pense pas à elle ; on lit sur le sable, on joue, on dort, face au ciel, jusqu’au moment où une langue froide, insinuée entre vos orteils, vous arrache un cri nerveux : la mer est là, toute plate, elle a couvert ses vingt kilomètres de plage avec une vitesse silencieuse de serpent. Avant qu’on l’ait prévu, elle a mouillé le livre, noirci la jupe blanche, noyé le jeu de croquet et le tennis.
D’après Colette, « Partie de pêche », Les Vrilles de la vigne (1908).

Deuxième partie : Rédaction (15 points)

Un peu plus tard, le père rejoint sa famille à la plage. Un dialogue s’engage entre les trois personnages : la mère explique à son époux ce qui vient de se passer ; Jojo proteste ; le père tente de les réconcilier. Écrivez ce dialogue.

Attention à bien respecter les consignes ! Il faut :
– Alterner récit et dialogue
– Utiliser trois types de discours : narratif, explicatif, argumentatif.
– Être cohérent par rapport au texte de Colette, c’est-à-dire :

  • ne pas faire un texte de science-fiction,
  • mais aussi, respecter l’unité des temps : le texte est écrit au présent.
  • Enfin, essayer de trouver quelques images drôles, comme celles de l’auteur.

– Faire attention aux fautes de français, et en particulier éviter les tournures de la langue orale, trop familières.

« Quelle erreur ai-je bien pu commettre dans son éducation ? » se demande-t-elle, plongée dans ses pensées. Jojo la regarde, sans comprendre.
– Mais ?
Elle pose son regard sur l’horizon, respire profondément, ne répond pas.
– Pour le goûter, est-ce que ?
– Non.
– Même pas la moitié ?
– Tiens, ton père arrive, il va te raccompagner immédiatement à la maison.
– Bonjour chérie, bonjour les enfants ! s’écrie le mari, encore en tenue de ville. Tenez, j’ai apporté des choux à la crème pour le goûter ! Tiens Jojo !
– Certainement pas, objecte-t-elle, d’un air souverain.
Le père, étonné, se tourne vers son épouse, puis vers Jojo, la tête baissée.
–  Tu vas même raccompagner ce jeune homme à la maison. Il vient de me causer la pire des frayeurs.
–  Que s’est-il passé ? demande-t-il, adoptant un air sévère pour la circonstance.
–  Vois-tu, notre fille s’est noyée.
–  Que dis-tu ?
–  Oui, tu vois, ce n’est pas drôle, n’est-ce pas, c’est exactement comme ça qu’il me l’a dit : Jeannine s’est noyée, il m’a dit ça comme si de rien n’était, sans s’affoler ! J’étais en train de lire, il me dérange, Jeannine est noyée et voilà !
–  Euh ? mais … Jeannine ?
Le père balaie alors la plage du regard. Quand il voit l’enfant patauger dans l’eau comme un crabe, il semble apaisé.
–  Très très bien, on ne peut mieux !
–  Jojo, pourquoi as-tu dit ça à ta mère ? fait le père en attrapant son fils par les épaules et en fronçant les sourcils.
–  Mais parce que Jeannine n’était plus sur la plage, j’ai pensé qu’elle s’était noyée.
–  Dis-moi Jojo, avant de « penser » qu’elle s’était noyée, n’as-tu pas envisagé d’autres possibilités expliquant le fait qu’elle n’était plus là ?
– Ben, non, maman nous dit toujours qu’il faut faire attention à ne pas se noyer. L’autre jour, maman nous a raconté l’histoire d’un petit garçon qui avait disparu de la plage, et qui s’était noyé.
–  Tu n’as pas fait ça pour t’amuser au moins !
L’enfant le dévisage avec des yeux interrogatifs. La mère intervient :
– Ce qui me choque, Alfred, ce n’est pas qu’il ait voulu plaisanter, parce que ça, au moins, c’est humain ! Non, ce qui m’indigne le plus, c’est la façon dont il me dit ça, très calme, comme si sa sœur ne comptait pas pour lui ! Il aurait eu plus de peine s’il avait perdu son ours en peluche ! Quelle famille ! Il n’aime pas sa sœur ! Tu te rends compte ! Je t’ai déjà dit que tu le gâtais trop !
Le père, contrarié, s’adresse à son fils, solennel :
– mais, tu as dû avoir peur, que Jeanine … ?
–  Ben non, tant pis, sinon, j’aurais joué tout seul. Mais je préférais qu’elle soit là, pour que maman lui dise de revenir ? Mais je voulais la prévenir.
–  De revenir ? Mais d’où ? demande le père, interloqué.
–  Ben, de la noyade.
–  De la noyade ?
–  Ben oui ! Jojo montre du doigt les enfants qui se baignent. Eux aussi ils sont à la noyade !
Le père abandonne son air fâché, et regarde sa femme :
–  Sait-il ce que signifie « se noyer » ?
La mère réalise alors que son enfant est trop jeune pour comprendre ce qu?est la mort. Elle relève sa chaise, reprend son roman, en le secouant, retrouve sa page, et dit à Jojo, en lui tendant un gâteau : « ton chou à la crème, Jojo. »
L’enfant fait un large sourire, et croque son chou à la crème.

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6 commentaires. Faire un commentaire

[…] Colette “En baie de Somme” les vrilles de la vigne  (1908) […]

[…] Colette « En baie de Somme » les vrilles de la vigne  (1908) […]

Pas la peine de s’énerver, il n’y aura pas de sujet publié avant la fin des épreuves… Pour avoir des pistes, il faut attendre que des élèves sortent de l’épreuve et viennent poster…
Patience donc…. et stress garanti pour les mamans encore pendant quelques minutes….

zazouille
29 juin 2010 6:45

C’est bète je stress alors qu’il me reste que 6 point à ratrapper…C’est surement parce que nous sommes des dizaines de milliers à le faire en même temps =)

Bonsoir tout le monde alors les pronostiques en France ??

moi il 55 points au brevet c beaucoup

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