Après la mort du Prophète Mahomet, un siècle plus tôt, en 632, l’expansion musulmane s’étendit à l’Espagne, à l’Asie Centrale et à l’Inde. Certains se demanderont, à juste titre, la raison de cette soif de conquête. Elle s’explique tout d’abord par la simple envie de découvrir des terres riches. C’est ensuite le désir de propager une religion à valeur universelle, comme l’a voulu le Prophète. Mais il n’est pas question d’abolir les autres religions : juifs et chrétiens sont tolérés. Les Arabes acceptent en effet leur religion, leur langue, leurs lois et leurs lieux de culte. C’est la raison pour laquelle les peuples conquis acceptent sans problème la domination des Arabes. La conversion est proposée, rarement imposée. Les véritables ennemis furent en fait les les Chinois, les Indiens, les Byzantins et les Carolingiens…

Les Musulmans décidèrent ainsi de conquérir l’Occident et atteignirent bientôt l’Espagne et le Languedoc, menaçant l’Aquitaine. Ils furent arrêtés à Toulouse par le Duc Eudes d’Aquitaine qui voulait empêcher une fois pour toutes, la progression des Musulmans au Nord des Pyrénées. Mais rapidement affaibli, il dut se résoudre à demander l’aide des Francs qui vivaient, à l’époque, au Nord de la Loire. Mais qui était alors capable de lui apporter de l’aide ? Surement pas le roi car depuis le début du VIIIe siècle, les rois mérovingiens ont de moins en moins de pouvoir ! Plus tard, ce sont ces rois fantoches qu’on surnommera « les rois fainéants« .


carte extraite du site Nemausensis


En réalité, ce sont les trois maires du palais (pour les royaumes d’Austrasie, Neustrie et Bourgogne) qui prennent toutes les décisions. Charles Martel est maire du palais d’Austrasie (dont le roi est Thierry IV). Descendant de Clovis, il a plusieurs fois prouvé sa valeur guerrière ; il a quelques années plus tôt refait l’unité des Francs en battant ses rivaux de Neustrie à Néry. Il rassemble en sa personne presque tous les pouvoirs politiques. C’est donc sans grande difficulté qu’il soumet les deux autres maires…

Charles Martel arriva rapidement sur les bords de la Loire. Il fit avancer son armée venue de toutes les parties du royaume franc. Pour faire face aux hordes arabes, il décida d’équiper chacun de ses soldats d’une épée, d’un haubert (sorte de robe réalisée dans un tissu de maille) ainsi que d’une longue lance. Il fit fabriquer des casques formés de 4 feuilles de fer triangulaires et assemblées par des rivets. Le chef franc attendit alors le choc de l’ennemi…

Abd el-Rhamann, gouverneur d’Espagne et général arabe, à la tête de ses troupes, composées d’Arabes ainsi que de Berbères fraîchement convertis à l’islam, projetait de remonter jusqu’au riche sanctuaire de Saint-Martin de Tours. Il avait en fait l’intention de s’en approprier les richesses avant de s’en retourner au sud des Pyrénées. Mais un obstacle de taille entravait désormais sa marche : une nouvelle armée venait se joindre à celle d’Eudes. Afin de mieux préparer une bataille qu’il devinait décisive, il décida de s’arrêter entre Poitiers et Tours, plus précisément à Moussais (Vouneuil-sur-Vienne). Les belligérants s’observèrent ainsi pendant sept jours, jusqu’au 25 octobre.

Même si les sources musulmanes et franques divergent sur le déroulement précis de la bataille (chaque camp s’attribuant le mérite de l’engagement le plus valeureux du combat…), les historiens semblent aujourd’hui s’accorder sur un scenario général. Les Musulmans s’engagèrent les premiers dans la bataille, le premier jour du mois de Ramadan. La cavalerie arabe, assez désordonnée, ne parvint pas à trouver la faille chez les guerriers francs. Elle ne réussit qu’à se heurter au rempart humain que forment les guerriers francs, disciplinés et bardés de fer. Le combat demeura longtemps indécis, les atouts des uns compensant les atouts des autres. A la fin de la journée, les deux camps en présence semblent à égalité, mais le camp musulman a reçu cependant un coup fatal dans la mort au combat de son chef. Ses troupes, privées de leur commandant, mettent donc à profit la nuit pour lever le camp en abandonnant butin et bagages. Au lever du jour, Charles Martel était maître du terrain. Il n’en poursuivit pas moins son action…

Il pourchassa les Musulmans et s’empara au passage des Evêchés de la Loire. Eudes était trop affaibli pour pouvoir défendre son Duché d’Aquitaine… Charles Martel en profita pour continuer sa progression : il s’empara ainsi des évêchés de la Loire puis descendit dans le Midi qu’il saccagea consciencieusement… Il en chassa les quelques chefs musulmans qui s’y étaient installés quelques années plus tôt. C’est peut-être à cette occasion que le chef des Francs aurait gagné le surnom de Martel (celui qui frappe comme un marteau).

Plus rien ne semblait alors pouvoir l’arrêter : les incursions musulmanes furent définitivement terminées et Charles Martel eut la voie libre pour fonder sa dynastie, les Carolingiens… Après cette victoire, il apparaît en effet comme le sauveur du monde chrétien et comme le maître incontesté du royaume franc. Plus tard, les chroniqueurs français se sont fait un devoir d’exalter le souvenir de la bataille de Poitiers pour mettre en valeur Charles Martel, père de Pépin le Bref et grand-père de Charlemagne.


Si Charles Martel arrêta les musulmans à Poitiers en 732, les Byzantins les avaient déjà arrêté à Constantinople en 718. C’est enfin à Toilas que leur expansion s’achève, arrêtés par les chinois et les indiens…

Quelques sources complémentaires :

- la chronologie sur le site Herodote

- la petite histoire sur le site La France du Moyen Age

- l’article de référence sur Wikipedia

- une mise au point sur les conquêtes arabes en Espagne