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Depuis quand la Belgique existe t’elle ?

Posté by bsentier on 1 février 2008 in 4èmes |

Juillet 1789, la nouvelle de la prise de la Bastille à Paris stimula les révolutionnaires belges. Les timides efforts militaires des Autrichiens, pourtant ici sur leurs terres (les Pays-bas espagnols) ne suffirent pas à contenir le soulèvement. La Révolution brabançonne triompha en décembre 1789 et les États belgiques-unis furent proclamés à Bruxelles, le 12 janvier 1790.

Mais ce mouvement était plus aristocratique et conservateur que vraiment populaire et radical. Profitant de cette faiblesse, les troupes autrichiennes vinrent alors reprendre pied en Belgique au cours de l’automne. La révolution aristocratique de l’intérieur avait échoué.

C’est de l’extérieur qu’un changement radical se manifesta bientôt… La victoire française sur les Autrichiens à Jemappes (6 novembre 1792) ouvrit les provinces aux troupes de la République française. Petit à petit, les provinces tombèrent les unes après les autres dans le giron républicain. Le 1er octobre 1795, les provinces belges furent ainsi officiellement annexées par la France, et divisées en neuf départements. Une partie importante de la bourgeoisie accueillit tout d’abord favorablement l’émancipation obtenue grâce aux troupes de la République française, mais cela ne dura qu’un temps…

Bientôt s’élevèrent divers motifs de discorde, notamment les taxes exorbitantes destinées à financer les guerres révolutionnaires, l’esprit anticlérical des jacobins français, les entraves à l’utilisation de la langue flamande et le centralisme parisien. Ce dernier heurtait le particularisme et l’esprit d’indépendance belges. La paix de Bonaparte avec Rome, symbolisée par le Concordat de 1801, atténua les problèmes religieux. Le niveau élevé de taxation fut maintenu sous l’empire, mais le développement de l’activité d’Anvers et la croissance de l’industrie textile à Gand, qui profitaient du blocus continental, relancèrent l’économie

Lors du congrès de Vienne, l’Autriche, épuisée par la guerre et plus préoccupée de se protéger au sud que de combattre les rebelles belges, se sépara des provinces contre des compensations en Italie. La Grande-Bretagne souhaitait qu’Anvers ne soit sous le contrôle d’aucune grande puissance, et tous les membres de la coalition victorieuse voulaient contenir les velléités expansionnistes de la France. Il fut donc décidé de reconstituer les Pays-Bas en réunissant les neuf départements belges aux Pays-Bas du Nord. Mais cette expérience ne fut pas des plus heureuses…

En dépit de la complémentarité entre, d’une part, l’agriculture et l’industrie belges et, d’autre part, le commerce hollandais, et malgré la prospérité retrouvée d’Anvers et de Gand, de vieux facteurs de division – la langue et la religion – étaient toujours à l’œuvre. Guillaume Ier avait tendance à traiter les Belges en citoyens inférieurs, et il annexa les territoires au lieu de les considérer comme des partenaires égaux au sein de l’union. De plus, la classe moyenne libérale francophone fut irritée par les nouvelles taxes, la politique commerciale du roi, l’exclusion des Belges des postes importants, et l’obligation pour les fonctionnaires de la région flamande d’utiliser le néerlandais. Mais il fallut attendre l’arrivée à Bruxelles des nouvelles de la révolution de Juillet à Paris, pour qu’un soulèvement soit possible.

Le soir du 25 août 1830, le théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, donne une représentation de La Muette de Portici. Cet opéra d’Auber raconte un soulèvement des Napolitains contre leur oppresseur. Le public, enthousiaste, reprend le refrain : «Amour sacré de la patrie, rends-nous l’audace et la fierté». La tension est telle que des émeutes se produisent à la sortie du théâtre. Des bourgeois se réunissent à l’Hôtel de ville et se donnent un drapeau tricolore avec les couleurs noir-jaune-rouge du Brabant, la région de Bruxelles.

Dans un premier temps, Guillaume Ier réagit modérément à la révolte et des éléments de Wallonie et de France continuèrent d’affluer vers Bruxelles et le 20 septembre, l’hôtel de ville fut pris d’assaut et le comité dut se disperser. La réaction du roi devint alors plus vigoureuse. Après trois jours d’intenses combats dans le parc situé devant le palais de Bruxelles, les Hollandais furent contraints de se retirer le 27 septembre. L’insurrection s’emballa. Liège et plusieurs cités ouvrières se soulevèrent au chant de la Marseillaise puis de la Brabançonne, l’hymne belge hâtivement composé pour la circonstance. Deux jours plus tôt, les révolutionnaires avaient formé un gouvernement provisoire. Le 4 octobre, ce gouvernement proclama l’indépendance de la nation et, un mois plus tard, un congrès national élu se réunit pour élaborer un projet de Constitution et pour choisir un chef d’État.

Après l’indépendance, une conférence internationale octroie aux Belges un roi, Léopold, prince de Saxe-Cobourg-Gotha. Le Royaume de Belgique (en néerlandais Koninkrijk België, en allemand Königreich Belgien) était née.

Un petit coup d’oeil sur l’actualité récente et peu optimiste de le Belgique en crise :

La Belgique va t’elle disparaître ?

La Belgique va t’elle disparaître ? (suite)

La Belgique va t’elle disparaître ? (suite 2)

- Une historique très complète venant du site MEMO

- L’article de référence de WIKIPEDIA

- Une vision belge officielle sur le portail fédéral Be.

- Une vision plus polémique de la création de la Belgique par Maurice BOLOGNE

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