Oct 09

1917, la révolution bolchévique

Dans la nuit du 6 au 7 novembre 1917, les bolchéviques s’emparent des principaux centres de décision de la capitale russe, Petrograd (anciennement Saint-Petersbourg).

C’est deux semaines plus tôt que Lénine, chef des bolchéviques, a décidé d’abattre la jeune démocratie  instaurée quelques mois plus tôt et de mettre en place une «dictature du prolétariat» inspirée par les principes marxistes.
LÉNINE part aussitôt se cacher en Finlande et laisse à son adjoint TROTSKI le soin de préparer l’insurrection.

Alexandre KERENSKI, chef du gouvernement provisoire, ne se méfie pas des bolchéviques.
Ces derniers développent auprès des soldats de Petrograd une propagande efficace autour de quelques mots d’ordre : «paix immédiate» (la Russie est encore en guerre aux côtés des démocraties occidentales contre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie), la terre aux paysans…

Le 6 novembre 1917, au matin, la police tente de fermer une imprimerie du parti bolchevique. C’est l’occasion qu’attendaient les révolutionnaires pour se mobiliser.

Les partisans de Lénine assiègent le Palais d’Hiver où siègent les ministres du gouvernement provisoire. Ces derniers n’ont pour les défendre que 1300 soldats, cosaques et élèves-officiers, y compris une unité de volontaires féminines.  Pour donner à son coup d’État l’allure d’une révolution, Lénine fait tirer le croiseur Aurore, amarré à quelques centaines de mètres de là, sur un bras de la Neva.
Après quelques velléités de résistance, les élèves-officiers et les soldates se rendent. Les bolcheviques fêtent leur victoire au Palais d’Hiver. Peu après minuit, le gouvernement signe l’acte de capitulation.

Sitôt après sa prise de pouvoir, Lénine met en place les instruments de la dictature. La presse «bourgeoise» est étouffée. La police politique (Tcheka) est créée le 7 décembre, la grève interdite le 20 décembre !…

Le parti K-D (constitutionnel-démocrate), ancré dans la gauche démocratique est interdit dès décembre. Reste l’opposition du principal parti de gauche, les S-R (socialistes-révolutionnaires). Ces derniers recueillent une écrasante majorité aux élections à l’Assemblée constituante, que les bolchéviques n’ont pas osé annuler.
Lénine ne se démonte pas. Il proclame que le pouvoir des Soviets (les conseils populaires, solidement tenus en main par les bolchéviques) est supérieur à celui de l’Assemblée et le 19 janvier 1918, dès le lendemain de l’entrée en fonction de celle-ci, il ordonne sa dissolution.

Ne craignant plus la contradiction, le gouvernement entame à marches forcées la réforme des institutions.
Le 5 février 1918, il annule les dettes et les emprunts contractés par l’ancien gouvernement à l’étranger et le 3 mars concluent la paix de Brest litovsk avec l’Allemagne.

Axel DERUYTER (3eme C)

Oct 09

1917, les mutineries sur le front

1917_01Les mutineries commencèrent suite à la bataille du Chemin des Dames. Avant cette bataille le général Nivelle avait dit à ses troupes que cette bataille serait facile à gagner et sans trop de pertes. La caricature (à droite) nous montre le général Nivelle en train d’écraser les soldats allemands avec le sang des soldats français.
Après l’offensive, vers le 20 mai 1917, les soldats français de certains régiments stationnés derrière le front du Chemin des Dames dans les communes de Soissons, Coeuvres, Missy-aux-Bois, Villers-Cotterêts et Fère-en-Tardenois refusèrent de monter au front. Ce fut le début des mutineries.

Les soldats français appelés « mutins » refusaient de se faire massacrer lors d’offensives meurtrières qui ne servait à rien. Il ne s’agissait pas abandonner le front ou de se sauver devant l’ennemi, mais les soldats voulaient qu’on les considèrent comme des être humains et n’ont plus comme du bétail que l’on envoie à la boucherie.
D’autres facteurs ont également influencé les mutins comme la nourriture médiocre, cantonnement de repos mal aménagé, temps de transport interminable lors des permissions.

1917_02Cette mutinerie s’étendit progressivement à une grande partie de l’armée française, soixante-huit divisions sont plus ou moins touchées par les mutineries. Il ne s’agit pas d’actes politiques définis ou organisés. Les hommes refusaient le plus souvent possible de monter au front ou de sortir des tranchées c’est « la grève des bras croisés », et ils étaient rarement violents. Une seule division aura l’idée de monter sur Paris, les officiers seront molestés en voulant arrêter les meneurs.

Les mutins ne fraternisèrent pas non plus avec l’ennemi et ne désertèrent pas. Cela explique que les allemands ne s’en aperçurent pas et ne purent en profiter. Les autorités militaires veulent faire croire qu’il s’agit de mutins extrémistes de gauche, des révolutionnaires ou d’une propagande défaitiste.
Il y eut en tout environ 40 000 mutins dans les armées françaises, un tiers des régiments fut gravement menacé, un deuxième tiers fut menacé et un troisième resta indemne.
Les autorités militaires et civiles prirent plusieurs décisions pour mater la mutinerie. La première fut de remplacer le général Nivelle par le général Pétain connut pour être économe de la vie de ses soldats. Ce dernier améliore le régime de permission et l’ordinaire du soldat. Il parvient ainsi à rétablir le moral dans l’armée française. Il peut ainsi reprendre des offensives à objectif limité peu couteuse en vie humaine.

Le mouvement des mutineries commença à décliner à compter de juillet 1917 avant que  la répression ne fasse son effet, 3247 soldats furent jugés par des tribunaux militaires, 554 furent condamnés à mort, mais le général Pétain réduit les condamnations à 45 dont 43 sont suivies d’exécutions, en effet l’un des condamnés se suicide et un autre, Vincent Moulia, réussit à se sauver.

Des mutineries eurent lieu également dans toutes les armées des belligérants lors du conflit.
Les mutineries exprimèrent un malaise très profond du monde combattant et un besoin  d’obtenir la paix que l’on retrouve dans : « la Chanson de Craonne » dont le refrain retranscrit le malêtre des soldats français.

1917_03Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes,
C’est bien fini, c’est pour toujours
De cette guerre infâme.
C’est à Craonne, sur le plateau,
Qu’on doit laisser sa peau ;
Car nous sommes tous condamnés,
Nous sommes les sacrifiés.

Anne-Sophie PISANI (3eme B)

Oct 08

Quand la pluie devient un chant

On se demande tout d’abord de quoi il s’agit. Autant de choristes rassemblés simplement pour claquer des doigts, c’est un gag ou quoi ?! Et puis on observe, attentif et surtout… on écoute. Doucement, tout doucement, on comprend de quoi il s’agit. La pluie et le tonnerre s’écrivent désormais sur partition. Vous ne me croyez pas ? Cliquez donc ci-dessous :

http://www.dailymotion.com/video/xalw1t

Ces choristes s’appellent les Perpetuum Jazzile et ils sont slovènes.

Oct 08

Le G20 en 4 questions

ECONOMIA
Le G20 en 4 questions


–    C’est qui ?
Le groupe des 20 premières puissances économiques mondiales(85 % de la richesse mondiale), il réunit les chefs d’Etat lors de sommets (le dernier a eu lieu à Pittsburgh aux Etats-Unis fin septembre).
–    Depuis quand ?
Il a été crée il y a 10 ans.
–    Pourquoi faire ?
Lors des sommets, les chefs d’Etat se mettent d’accord sur des règles qui concernent l’économie mondiale sur différents sujets. La difficulté est de se mettre d’accord… mais face à des problèmes mondiaux, il semble nécessaire de mettre un peu d’ordre ! mais il ne s’agit pas encore d’un gouvernement mondial.
–    Qu’est ce que ça change ?
Si vous êtes très riche et que vous souhaitiez échapper au Fisc, vous pouviez placer votre argent dans des paradis fiscaux qui gardaient votre nom secret…maintenant ce sera plus dur…
Si vous êtes un trader, votre salaire était en partie constitué de primes (bonus), plus vous preniez de risque, plus vous touchiez des bonus mais vos décisions ont mis en péril le marché financier, donc maintenant vous allez être limité dans vos bonus voire même vous pourriez être financièrement pénalisé (malus)
Si vous n’êtes ni l’un ni l’autre, cela ne change rien dans votre vie quotidienne…

Béatrice GHEERAERT
(professeur agrégé de S.E.S au Lycée St Luc, Cambrai)

Oct 08

U.P.M : un partenariat pour les pays de la Méditerranée ?

GÉOPOLIS
U.P.M, créer un partenariat pour les pays riverains de la Méditerranée ?

U.P.M. , un sigle pour : Union Pour la Méditerranée. Une organisation intergouvernementale (O.I.G.) de plus ? Pour quels états ? Avec quels objectifs ?
L’UPM est en réalité un « vieux projet » de l’U.E. puisque c’est en 1995 qu’un premier projet en Méditerranée est envisagé entre quelques pays de l’UE et des états du Sud du bassin méditerranéen. Au programme : créer une zone de libre-échange dans cette région (interface entre l’Euroe et l’Afrique, entre Nord et Sud), établir un espace de développement et de stabilité politique dans une région marquée par de puissants contrastes socio-économiques et la permanence de tensions (actes terroristes, conflits israélo-arabes…)

Ajourné de multiples fois, imaginés avec des partenaires différents, il faut attendre l’été 2008 pour voir 43 pays s’associer dans ce qu’il convient d’appeler maintenant UPM. Les 27 de l’UE y participent (à la demande de l’Allemagne…pays aussi peu « méditerranéen » que les états baltes…) ainsi que les pays du Sud et de l’Est du bassin. Les objectifs restent globalement les mêmes : commerce entre les membres renforcé, aide au développement et …contrôle des flux migratoires auxquels se sont rajoutés les inévitables « enjeux environnementaux et énergétiques »

Pourtant les difficultés persistent : la dernière réunion de l’UPM s’est déroulée en juin 2009 à Paris sur le thème du développement durable (seuls 35 pays y participaient), première réunion depuis le « gel du processus » par la Lybie notamment ! Pourquoi ? Des rivalités subsistent : le contrôle du leadership par certains pays du Maghreb (l’Egypte, le Maroc…face à la Lybie), des enjeux sur la fourniture de gaz (l’Italie multiplie les relations exclusives avec la Lybie..), le conflit israélo-palestiniens (l’Etat Hébreu et l’autorité palestinienne sont tout deux membres de l’UPM), la candidature future de la Turquie (pays qui « n’appartient pas au continent européen » – N. Sarkosy, mais de plein-pieds en Méditerranée…

L’UPM est appelée dans ses conditions à multiplier les réunions partielles, sur des sujets anodins…en tendant à devenir une organisation d’aide au développement régionale et laissant de côté ses ambitions politiques alors que les liens culturels, historiques… sont puissants dans cet espace ! Une façon aussi de laisser d’autres puissance y manœuvrer librement telles la République Populaire de Chine ou les Etats-Unis…

Bruno IVANEC
(professeur d’histoire-géographie au Lycée St Luc, Cambrai)

Rappel : au sujet de la Méditerranée, parution du no 111 de la Revue géographique des pays méditerranéens, qui traite principalement des Ville portuaires, Horizons 2020. Les nouveaux enjeux du développement.
Consultable sur http://mediterranee.revues.org (avis repris des Clionautes – BS).

Oct 08

A quoi servent les murs ?

HISTORICITÉ
A quoi servent les murs ?


Alors que les médias se préparent à célébrer le vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin, survenue en novembre 1989, il est de bon ton de gloser sur ces constructions inutiles et inhumaines, si incompatibles avec notre « Monde sans frontières ».

Il ne manquera pas d’esprits forts pour ricaner et énumérer tous ces murs et murailles qui se sont dressés en vain contre la marche de l’Histoire : les murs d’Hadrien, d’Antonin et autres « limes » romains ? Abandonnés. La Grande Muraille de Chine ? Enfoncée. La Ligne Maginot ? Contournée. Le Mur de Berlin et le Rideau de Fer ? Réduits en pièces détachées pour musées et collectionneurs. La particularité de ces dernières constructions résidait sans doute dans le fait qu’elles n’étaient pas destinées à protéger d’une invasion, mais à empêcher les habitants de l’Est de s’enfuir.

Pourtant, il faut constater que d’autres murs subsistent encore, ou se sont levés depuis : la ligne verte qui coupe Chypre en deux, la zone « démilitarisée » entre les deux Corées, la clôture anti-immigrés de la frontière américano-mexicaine, le « Mur de Sécurité » édifié par Israël autour des territoires palestiniens…Et j’en oublie sûrement.
De fait, notre monde de l’après-guerre froide est plus que jamais tenté par l’enfermement. C’est au nom de la sécurité que les citoyens fortunés se verrouillent dans des quartiers sécurisés un peu partout sur la planète, et que les Etats entendent contrôler leurs frontières. Quoi de plus naturel, au fond ? Vous dormiriez tranquille, vous, dans une maison aux murs poreux, sans porte ni fenêtres fermées, le tout au milieu d’un quartier dangereux ?

Que ces murs soient coûteux et d’une efficacité toute relative a finalement peu d’importance, à côté des emplois créés et du sentiment de sécurité qu’ils procurent.

Philippe BOUCHÉ
(professeur agrégé d’Histoire – diplômé de Sciences Po Bordeaux)

– Le site « Toute l’Europe » propose un dossier très complet surla chute du mur de Berlin
(source Les Clionautes – Cécile DE JOIE)

Ostiane Mathon a consacré une page de son site « Séquence Pédagogique » à la chute du mur de Berlin.

Nicole Mullier, clionaute avertie, nous signale une exceptionnelle vidéo de la Deutsche Welle, en français, pour comprendre tout le dispositif autour du mur de Berlin : « Emmurés » (animation 3D)