Corrigé de l’écriture personnelle – sujet de culture générale et expression – BTS 2010

Sujet: Préserver entre les générations une culture commune vous semble-t-il important?

Vous répondrez à cette question d’une façon argumentée en vous appuyant sur les documents du corpus, vos lectures de l’année et vos connaissances personnelles.

Remarques sur le sujet: Il s’agissait de vous prononcer sur l’importance de repères transgénérationnels, partagés par tous. Il était donc nécessaire de prendre position, mais en justifiant vos idées, et en envisageant d’éventuelles objections. Mais il fallait aussi indiquer ce qui pouvait constituer, selon vous, de tels repères: l’art (doc. 1), l’histoire (doc. 4), la culture de manière générale (doc. 3) ? Notez que cette « culture commune » regroupe des éléments très variés: culture d’entreprise, valeurs humanistes (les Droits de l’Homme), références artistiques communes…

N’oubliez pas que vous devez discuter les documents dans l’écriture personnelle.

Les bonnes copies seront celles qui parviendront:

1/ à formuler un avis justifié, confronté à des objections,

2/ à définir précisément en quoi peut consister cette culture commune,

3/ à éviter les plans points positifs / points négatifs, avantages / inconvénients,

4/ à éviter de faire des listes de ce qui peut être partagé,

5/ à illustrer son propos avec des références culturelles variées (art, littérature, cinéma…),

6/ à discuter les idées des documents,

7/ à s’exprimer dans un français correct.

Ici, plus que pour la synthèse, il n’y a pas un corrigé unique. Beaucoup d’autres idées, références, positions pouvaient être proposées.

Problématique: Quelles valeurs communes devraient partager les différentes générations?

L’introduction d’un sujet d’écriture personnelle doit dégager une problématique. Celle-ci met en lumière de façon plus nette le problème évoqué dans le sujet. Or, quel est ce problème?

Pour le trouver, essayons de réfléchir à ce qui se passerait s’il n’y avait pas de culture commune entre les générations: la société serait fragmentée, et même divisée par les conflits de génération. Comme le dit Lévi-Strauss dans les Structures élémentaires de la parenté, 1949, « le rôle primordial de la culture est d’assurer l’existence du groupe comme groupe », et définit la culture comme « toutes nos habitudes ou aptitudes apprises par l’homme en tant que membre d’une société ». Inversement, si toutes les générations adoptaient la même culture, il serait à craindre une certaine inertie, un manque d’innovation: le moteur du progrès n’est-il pas la révolte? Par conséquent il convient de trouver ce qui doit constituer le dénominateur commun entre les générations, de façon à assurer la cohésion de la société et son aptitude au renouvellement.

Plan:

I. Clivage ou brouillage générationnel ?

1/ La fracture numérique:

D’accord avec le constat fait dans les doc. 2 et 4.

- Nous avons de plus en plus le sentiment que les « nouvelles générations » sont différentes des précédentes. Si cette impression n’est pas nouvelle, il semble bien qu’elle se soit précisée depuis une dizaine d’années, avec l’émergence de cette fameuse « Génération Numérique », ou « Digital Native », qui déconcerte tellement leurs aînés. La nouvelle génération ne s’intéresse plus à la culture classique, et s’investissent dans la « culture des pairs », partagée via internet.

-Le groupe des pairs a pris le pas sur l’influence familiale. La réforme Haby, qui a institué le collège unique, peut expliquer en partie ce phénomène: jamais dans l’histoire les jeunes ne sont restés aussi longtemps ensemble. Ils partagent des références communes, ce qui limite le rôle des adultes dans leur construction.

- Un débat fait désormais l’actualité: Internet rend-il bête? Nous n’avons bien sûr pas la prétention de trancher un tel débat. Remarquons simplement qu’il manifeste le désarroi des « Digital Immigrants » devant leurs enfants. Il y aurait une « fracture numérique » entre les générations:

- Un exemple: la « crise de l’école »: les élèves se révèlent de plus en plus hermétiques à la culture classique et, plus largement, aux méthodes traditionnelles d’enseignement. Les professeurs font désormais usage des TICE (Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Education) pour mieux transmettre leurs connaissances. Les manuels ont été numérisés, des cours sont disponibles sous toutes formes de format de façon à s’intégrer aux nouvelles habitudes culturelles des jeunes: lecteur MP3, réseaux sociaux… Tous les chefs d’oeuvre de la culture humaine sont désormais disponibles sur Internet. Pensons à l’immense bibliothèque numérique (les « e-books »), à la musique classique, aux oeuvres d’art. Beaucoup de ressources sont consultables gratuitement. Il y ainsi un paradoxe: à mesure que la culture (entendue comme culture classique) devient plus facile d’accès, les jeunes s’en désintéressent.

2/ Le brouillage générationnel:

- Paradoxalement, ce clivage générationnel s’accompagne d’un phénomène de brouillage: les frontières entre les générations s’effacent: les enfants sont de plus en plus tôt adolescents, les adolescents adultes de plus en plus tard, les séniors de plus en plus jeunes. Par conséquent, nous pourrions penser qu’une véritable culture commune s’installe entre les générations. Tocqueville prédisait déjà dans De la Démocratie en Amérique l’homogénéisation culturelle dans les sociétés démocratiques.

- Les sociétés humaines ont toujours fonctionné en séparant les sexes, mais aussi les différents âges. Les frontières des « Âges de la vie » ont bien sûr évolué dans le temps et dans l’espace. Ainsi, l’historien médiéviste Philippe Ariès, dans L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime, 1960, montre que ce n’est que tardivement que les hommes ont pris conscience de la spécificité de l’enfance.

- Des rites de passage marquaient le passage d’un âge à l’autre. Par exemple, le service militaire marquait le passage d’un jeune homme à l’âge adulte. De tels rites tendent à disparaître. Le sociologue Olivier Galland a montré combien l’entrée dans l’âge adulte était progressive et accompagnée de retour en arrière, du fait de la précarité de la société actuelle. Cette période dure en moyenne quinze ans.

- L’obsession de la jeunesse a imprégné les mentalités. Passé un certain âge, les employés sont menacés de licenciement, car ils sont jugés peu performants. Les « soixante-huitards » essaient de garder une allure jeune. Inversement, les enfants imitent leurs aînés. Il semble que la société entière veuille avoir entre 18 et 35 ans. Mais une telle uniformisation n’est-elle pas dangereuse? Celle-ci risque de conduire à l’exclusion des personnes vieillissantes. Nous serions alors dans une situation semblable à celle de la nouvelle de Buzzati « Chasseurs de vieux », où les plus jeunes attaquent les plus âgés. Inversement, des enfants trop précoces sont exposés à des dangers. Enfin, une standardisation culturelle prive une société d’une richesse indispensable à son renouvellement.

3/ La crise de l’autorité:

- Le processus démocratique, nous dit Tocqueville, repose sur une égalisation des conditions. Ainsi, les jeunes veulent les mêmes prérogatives que les plus âgés, alors que les société ont toujours fonctionné selon le « principe de séniorité » (domination des plus âgés). La « crise de l’autorité » est ainsi contenue en germe dans le processus démocratique. Aujourd’hui les parents négocient souvent avec leurs enfants, refusant de leur imposer une conduite. Les enfants sont éduqués de façon à être plus autonomes, qualité essentiel dans une société où la flexibilité est le maître mot.

- Mais les enfants ont de plus en plus de difficultés à se construire, faute de se confronter à leurs parents. Alors que Françoise Dolto donnait la parole à des enfants inhibés, écrasés par les adultes, les psychologues doivent aujourd’hui traiter des enfants « tout-puissants », sans limite. La société de demain risque d’être ingouvernable.

Conclusion: Il manque donc des repères claires, communs à toutes les générations, mais qui respecteraient « ceux qui savent »: l’expérience des plus âgés profiterait aux plus jeunes.

II.  La culture classique peut-elle être une culture commune?

Discussion du doc. 3.

1/ Le débat:

- Nous pourrions alors nous demander si la culture classique, académique, peut encore constituer une référence commune pour toute la société. N’est-elle qu’une culture « morte » (cf. doc. 3)?

  • L’helléniste Jacqueline de Romilly, académicienne, a beaucoup milité contre l’abandon de l’enseignement des langues anciennes. Selon elle, la connaissance des cultures qui nous précédent est indispensable pour comprendre notre société. La littérature antique nous fait réfléchir aux problèmes fondamentaux de l’existence humaine.
  • Remarquons qu’en réalité, elle ne l’a jamais été: très peu de personnes avaient accès à celle-ci. Elle était même, selon le sociologue Pierre Bourdieu, l’instrument d’une « violence symbolique » faites à l’encontre des classes sociales moins dotées de capital culturel (cf. doc. 3). Plantu, dans sa série de caricatures intitulée Wolfgang, tu feras informatique!, dénonce avec humour les dysfonctionnements du monde éducatif.
  • Faut-il renoncer à l’enseignement de cette culture de « dominants »? Les nouvelles formes culturelles comme le rap par exemple, sont désormais intégrées à l’enseignement du français. Alain Finkelkraut, dans La défaite de la pensée (1987), s’est insurgé contre ce qu’il qualifie de « relativisme culturel ». Ce nivellement de la culture, qui associe aux chefs d’oeuvre de la pensée humaine des produits de la société de masse conduit à une déclin de la réflexion. Remarquons le retour à l’enseignement de la littérature classique dès l’école primaire: les enfants devraient connaître quelques fables de La Fontaine, quelques poésies célèbres, qui les accompagneront toute leur vie.
  • un tel débat est ancien, si l’on songe à la fameuse « Querelle des Anciens et des Modernes » au 17ème siècle, opposant les défenseurs de l’imitation des Anciens (Boileau, La Bruyère) et les « novateurs » (Perrault, Fontenelle). Force est de constater que tous ces auteurs sont désormais « classiques ».

2/ La « culture de masse » est-elle une culture commune?

- Il existe une culture « commune »: la culture de masse. Mais faire de cette culture de masse (émissions télévisées, musique de variété, publicités…) la culture commune capable de rassembler les différentes générations conduirait à une autre division: celles des gens instruits, ayant accès à la culture classique, et les autres. En réalité, même la culture de masse repose sur des références à la culture classique: les publicités, par exemple, font souvent allusion à des oeuvres célèbres. D’autre part, cette culture de masse est éphémère, soumise aux modes passagères. Elle ne pourrait donc fournir de repères, puisqu’en perpétuel changement: une culture commune aux générations est justement celle qui traversera les âges sans vieillir.

3/ Qu’est-ce qu’un « classique »?

- Les oeuvres « classiques » peuvent donc fournir des références « transgénérationnelles ». Mais ces oeuvres classiques peuvent très bien être des oeuvres contemporaines, aux formes nouvelles: comme le dit Italo Calvino dans La Machine Littérature, un « classique » est une oeuvre qu’on a jamais fini de relire et d’interpréter, et qui est toujours réactualisé (cf. doc. 3). De cette façon, « les classiques nous servent à comprendre qui nous sommes et où nous en sommes arrivés ». Ainsi s’explique le fait que certains auteurs célèbres de leur vivant tombent en désuétude. Ils intéressaient leur génération, mais n’ont pas su traverser le temps, faute de pouvoir être relus, réactualisés.

Conclusion: Les oeuvres « classiques » peuvent fournir des repères communs aux générations. Mais reste le délicat problème de l’accès à de telles oeuvres. La solution aux inégalités sociales et culturelles n’a pas encore été trouvée. La culture commune ne saurait donc n’être qu’une culture au sens de connaissances littéraires. Elle doit aussi reposer sur des valeurs morales et humaines communes.

III. Des valeurs à partager:

1/ Des jeunes plus conservateurs?

- Des enquêtes tendent à montrer que les jeunes, contrairement à leurs parents « soixante-huitards », opteraient pour des valeurs traditionnelles: fidélité, mariage, rôle indispensable de la police, de l’armée.

- Si la générosité fait indéniablement partie des valeurs des jeunes, on observe également une radicalisation et une montée des extrêmes pour certains. L’abolition de la peine de mort n’est parfois plus une évidence.

2/ Se battre pour la liberté:

- Emile Zola dans sa Lettre à la jeunesse de 1897 remarquait que les jeunes oubliaient les combats de leurs aînés pour la liberté. Or, la liberté est une conquête sans fin: la tyrannie peut toujours être rétablie. Il appelle donc les jeunes à poursuivre les luttes de leurs prédécesseurs.

- Les jeunes doivent donc apprendre ce que signifie la liberté, et pourquoi il faut lutter contre toute forme d’intolérance et de tyrannie. Seule la culture peut exercer l’esprit critique, comme l’indique Voltaire dans son texte polémique De l’horrible danger de la lecture. La culture suppose aussi le travail de mémoire, pour éviter de nouvelles atrocités.

3/ La solidarité inter-générationnelle:

- Liberté, égalité, mais aussi fraternité: à l’heure où la population vieillit, où la question de la gestion des personnes très âgées se pose, la fraternité doit rester une valeurs essentielle. La très délicate réforme des retraites suppose une solidarité très forte entre les générations, sans laquelle un véritable conflit de générations risque d’apparaître: les plus jeunes ne comprendront pas pourquoi ils doivent se priver pour les plus âgés. Inversement, comme l’a montré le sociologue Louis Chauvel dans Le Destin des générations, les nouvelles générations sont dans une situation plus difficile que celle connue au même âge par leurs parents. Ces derniers doivent souvent aider leurs enfants pour réussir leur entrée dans la vie adulte.

Conclusion: Dans une société où l’espérance de vie est allongée, et donc dans laquelle il y a de plus en plus de générations en contact, la perte de repères communs semble menacer la cohésion de la société. Une société a besoin de renouvellement, mais aussi de stabilité: on ne peut construire de grandes oeuvres que sur la durée. Inversement, il faut lutter contre une homogénéisation culturelle appauvrissante . La fréquentation des oeuvres classiques fournit des références indispensables pour comprendre notre existence. La transmission des valeurs fondamentales de notre société: liberté, égalité, fraternité garantit un dialogue fructueux entre les générations, sans conflits ni confusion.

NB: Il aurait peut-être fallu s’impliquer davantage dans ce devoir. J’ai surtout proposé des pistes de réflexion.

N’hésitez pas à nous faire de vos suggestions!

2 réflexions au sujet de « Corrigé de l’écriture personnelle – sujet de culture générale et expression – BTS 2010 »

  1. Mais t’es une bête de la littérature toi O_o’
    Franchement pour sortir des trucs comme ça le jour de l’examen, faut y aller hein ^^
    En tout cas, je suis pas très sûr qu’un 15 suffise pour un tel travail !!!
    Chapeau =)

  2. J’ai eu le sujet: Préserver entre les générations une culture commune vous semble t-il important?
    J’en ais fait une dissertation (certes longue mais qui m’a rapporter un 15)
    Voila ma dissertation.

    Comme le dit Lévi-Strauss dans les Structures élémentaires de la parenté, 1949, « le rôle primordial de la culture est d’assurer l’existence du groupe comme groupe », et définit la culture comme « toutes nos habitudes ou aptitudes apprises par l’homme en tant que membre d’une société ».
    D’une manière générale, la culture se définit comme l’ensemble de connaissances transmis par des systèmes de croyance, par le raisonnement ou l’expérimentation, ainsi que l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. » Au plan individuel, la culture est l’ensemble des connaissances acquises, l’instruction, le savoir d’un être humain. Au plan collectif, la culture représente également l’ensemble des structures sociales, religieuses, les comportements collectifs tels que les manifestations intellectuelles, artistiques, qui caractérisent une société. La culture comprend ainsi trois grands groupes de manifestations : l’art, le langage, la technique.
    Le terme génération au pluriel: « les générations » caractérise deux sens distinct qui sont dans un premier temps: un ensemble de ceux qui descendent d’une même origine et dans un seconde temps c’est l’ensemble de ceux qui vivent à une même époque et qui ont sensiblement le même âge. La notion de génération(s) recouvre plusieurs domaines tels que les générations dans la famille avec le thème des successions, ou encore les générations dans la société avec la vie privé des individus, leur mode de vie, leurs histoires individuelles etc..
    Le creux générationnel entre les êtres humains est naturel car il accentue forcément les différences entre ces derniers et on peut se demander si préserver une culture commune entre les générations est important. Avant de répondre à cette interrogation nous chercherons à montrer qu’il est préférable de laisser les nouvelles générations se créer leur propre génération car il est parfois difficile de transmettre un culture commune à ces nouvelles génération. Cependant il est toujours nécessaire de transmettre une culture commune puisque ce terme recouvre un devoir de la part des générations antérieur vis à vis des générations plus jeune. De plus cette nécessité se trouve importante du fait que divers effets négatifs pourraient apparaître si cette transmission n’était pas effectuée.

    Le creux générationnel se caractérise par le fait que chaque génération souhaite se créer son propre mode vie en suivant sa volonté de poursuivre son expérience personnelle tel que l’explique Bernard Préel au travers de son ouvrage « Génération: la drôle de guerre in « De génération à génération » publier en 2006 dans la revue Informations sociales n°134. En effet ce dernier évoque que la plus jeunes génération a la « volonté de suivre son propre chemin et de se faire sa religion notamment au milieu de ses pairs » car ils peuvent « tout inventer autrement ».
    Cela signifie que les plus jeunes semble ne pas avoir besoin d’une culture commune transmise par leur ascendants.
    D »ailleurs une rupture d’ordre psychologique démontrée par W. Mouawad dans l’œuvre Ciels (2009) montre que de fortes difficultés de communications existe entre les parents et leurs enfants. En effet cette œuvre montre bien d’une part le désintéressement de l’enfant quant à la volonté de son père de faire des activités communes et d’autre part, l’enthousiasme du père quand ce dernier entend son fils cédé à sa volonté, qui toutefois ne semble pas réellement intentionnelle mais plutôt à contre cœur. Il y a un discours crescendo de la part du fils qui ne communique pas vraiment avec son père et puis qui cède finalement à sa volonté dans le but de lui faire plaisir et ne pas le blesser: – «Tu vas au musée, tu prends les photos des œuvre qui te plaisent, tu me les envoie par mail, on les regarde ensemble…. » – « Ah! O.K! » – Ça te plais? Moi je t’avoue, ça me ferait extrêmement plaisir! C’est vrai on ne fait jamais rien ensemble .. » – »O.K ! Je vais le faire ! » – « C’est ton regard, ta manière de voir qui comptent. Tu me le promets? » –  « Oui, oui je te.. je te le promets ! »
    W. Mouawad n’est pas le seul a soulever la difficulté de communication entre les parents et les enfants car Stendhal l’évoque également avec son roman Le rouge et le noir en insistant sur l’incompréhension du père face à son fils qui ne son visiblement pas « du même monde » car ils sont différents sur plusieurs pieds tels que physiquement ou encore moralement. La difficulté de transmission d’une culture commune est donc également présente dans ce roman.
    De plus toutes générations se forment d’une part par ses propres expériences, ses propres croyances ou encore par ses propres modes de vie qui passent par une communication verbale et non verbale, souvent inventer par celles-ci pour se différencier des autres individus.
    Ce nouveau mode de vie est également inspiré par l’hégémonie des autres cultures car on constate bien que les plus jeunes s’empreignent de cultures étrangères notamment par un code vestimentaire ou alimentaire qui est souligné par Plantu avec une caricature publiée dans Le Monde le 12 novembre 1999.

    Laisser les générations dépourvues d’elles même à se forger une image de la vie qu’il parcours, de se créer une propre expérience, de s’inventer une culture vestimentaire et/ou verbale dans l’objectif de se différencier des autres et ainsi appartenir à une culture unique plutôt que de se mêler à une culture commune, ne semble pas être une des meilleures solution car la transmission d’une culture commune est vue comme un devoir. De plus l’existence de différents mode de transmission existent pour favoriser cet échange commun.

    E. Gruillot exprime que l’héritage d’une culture n’est pas seulement d’ordre économique (Petites chroniques de la vie comme elle va – 2002), car l’héritage est aussi une forme de savoir universel à porter de main de tous et « en ce sens malheureux l’inculte » (ce qui suppose que l’être humain qui se voit inculte de savoir est malheureux). La transmission d’une culture commune semble donc apprécier par certains car sans celle-ci un individu se rendrait inculte et donc malheureux. C’est pourquoi Bernard Préel dit qu’il faut transmettre ce qui est culturel telle que « l’histoire » qui « est toujours à suivre » pour aboutir à une « culture de référence » même si une société voit son rapport avec le temps évoluer rapidement compte tenu des innovations par exemple.
    Le tableau de Jacques-Louis David: Le Serment des Horaces montre une forme de transmission culturel par un pouvoir lié par des épées qui est un symbolisme phallique. On constate au regard du tableau que le père souhaite transmettre un vécu, un enseignement à ses fils en leur attribuant une forme de pouvoir grâce à une transmission de culture par un objet.
    Rajoutons que ce devoir se manifeste notamment par une implication des parents face aux enfants tel que nous le fait remarqué W. Mouawad (Ciels). Cette implication se manifeste par la l’affection que porte le père à son enfant et à sa volonté de transmettre et de créer une culture commune car celui-ci encourage son fils à effectuer des activités communes: « Ce que je te propose c’est que ce devoir, on le fasse ensemble, le diaporama, on le construit ensemble, on fat le montage des images ensemble, on discute ensemble sur la beauté, je t’aide à clarifier tes idées »; Le terme « ensemble » employé à quatre reprise dans une seule phrase par le père accentue sa volonté de partager quelque chose avec son fils ainsi que son affection qu’il lui porte. De plus le père en employant le verbe « aider », intensifie son rôle de père quant à l’éducation qu’il doit porter à son enfant. Le rôle des parents étant d’éduquer leurs enfants, cette éducation passe notamment par la transmission d’une culture, d’un savoir, par le partage d’activité, de sentiments etc..
    Pour aider les générations à se transmettre une culture qui se dit être commune, plusieurs modes existent.
    Les musées par exemple font parti d’un mode de transmission de culture car ils retracent l’évolution de l’histoire, ou encore de certains objets (de leur création à leur utilisation aujourd’hui) … ce mode est retenu par W. Mouawad (Ciels).
    Un autre mode de transmission peut être, la création de monuments aux morts soulevé par Plantu, ou bien la transmission d’un savoir au travers une éducation parentale ou émanent de l’éducation nationale ou encore celle effectuée par testaments qui existe chaque jour par le biais des successions effectué par les notaires.
    En effet divers outils et divers modes de transmissions existent ce qui suppose la nécessité de préserver une culture commune entre les générations;
    Ces différents modes laisse à penser qu’il est favorable de transmettre une culture qui se doit d’être commune car ils existent en grand nombre. Ainsi par leur diversité on peut croire que chacun a le choix d’utiliser le mode qu’il souhaite dans la mesure ou la transmission s’établie (idée de devoir de transmission).

    La transmission d’une culture commune dans l’objectif d’en préserver une même et seule, fait apparaître des avantages car sans cette préservation, des effets négatifs pourraient surgir.

    Dans la mesure où une culture commune ne serait pas préserver, des effets négatifs vis à vis des plus jeunes (notamment les enfants) ainsi que des plus âgés (les parents par exemple) apparaissent.
    En effet pour les plus jeunes un risque d’appauvrissement du langage par un manque de matière à communiquer soulever par W. Mouawad (l’enfant s’exprime par « O.K » pendant toute la durée de la conversation avec son père) ou encore un appauvrissement culturelle peut naître et ainsi développer un sentiment de mal être comme l’évoque E. Gruillot.
    Ce manque de culture peut entraîner une absence de repère pour les plus jeunes car lorsqu’ils n’ont pas suivit une éducation liée à la culture de leur pays par exemple, ils se retrouvent face à des évènements important de l’histoire dont ils sont incapable de décrire. Ce phénomène se retrouve au travers de la caricature effectuée par Plantu dans laquelle les adolescents représentés s’interrogent sur l’évènement du 11 novembre: « Le 11 novembre, c’est pas ce truc qui est juste après l’éclipse et halloween mais juste avant le bogue? ». Ces derniers sont insouciants, ils ne connaissent pas la culture Française à laquelle ils sont attachés par contre ils rapportent le passé à leur génération (« Halloween », « éclipse », « Bogue ») tout en étant imprégné d’une culture étrangère à la leur (culture Américaine) puisque ils mangent de la nourriture étrangère à la culture Française, (hamburger, soda) et qu’ils sont vêtis avec des vêtements typiquement Américains. Par conséquent, chaque génération est libre de se créer sa propre culture qui peut être caractérisée de « contre culture » (comme l’a évoqué E. Gruillot) cependant cette création est parfois néfaste puisque une génération peut totalement mettre de coté la culture à la laquelle elle appartient au détriment d’une culture étrangère. Ce phénomène est donc un effet négatif qui résulte de la non transmission et la non préservation d’une culture commune et ainsi d’une culture choisie et créer par chacun.
    Pour les parents (génération antérieure), il existe également des des effets négatifs à cette absence de culture commune. Ces derniers peuvent se sentir coupables de l’ignorance (inculture) de leurs enfants quant à l’histoire de leur pays par exemple (Plantu) ou encore ressentir un sentiment de jalousie lorsque leurs enfants ont des connaissances nouvelles que eux ignore (Le rouge et le noir – Stendhal). Ces sentiments accentuent le manque de communication et surtout l’absence de partage entre les générations qui semble important.
    Le livre de Philippe Grimbert, Un secret peut évoquer un effet négatif quant au changement de nom de famille de l’auteur: Grinbert en Grimbert. Ce changement peut être ressentit de différentes manière telle que l’une évoque le sentiment du mensonge et du refoulement des origines de celui-ci puisqu’il écarte une forme de sa culture car le transfert du nom de famille est une forme de transmission d’une certaine culture de famille. (on parle de mensonge quant à l’origine réelle du nom de famille).

    En conclusion, je pense que préserver entre les générations une culture commune est quelque chose d’important puisque sans cette préservation, beaucoup d’effets négatifs majeurs naissent. En effet un sentiment ignorance, de mal être surviennent lorsque l’histoire de nos ancêtres par exemple nous est étranger.
    Bien qu’il est possible de se créer une forme de culture par un langage verbal ou non innovant et distingué des autres, tels que des codes différents selon les affinités pour se dire bonjour par exemple (une poignée de main, un jeu de regard, une caresse, un baiser sur la joue ou sur la bouche etc..), il ne faut tout de même pas oublier ses origines et la culture à laquelle nous somme attachés depuis toujours. En effet l’hégémonie d’autres cultures telle que la culture Américaine pour sa nourriture ou bien pour son code vestimentaire, ne doit pas empiéter sur l’histoire de notre pays ou bien sur nos coutumes.
    Selon mon avis personnel, prendre partie à une autre culture que celle à laquelle nous sommes attachés, sous entend souvent que l’on en oublie la sienne et qu’on est incapable de pouvoir mettre des dates sur des évènements importants de l’histoire qui ont été vécu par nos ancêtres; Car combien d’entre nous n’a pas un membre de sa famille qui ait vécu une guerre? Une attaque terroriste? Un mouvements de révolte tel que Mai 1968? etc.. Il parait donc normal que chacun ait connaissance de sa culture et rien n’est plus approprié que de préserver une culture commune entre les générations pour y arriver.

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