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Archives pour la catégorie ‘6. XXe siècle’

Des dictateurs fans de reggae ?

Pour fêter ce dimanche en musique, voici une chanson qui entre en écho avec l’actualité. Il s’agit d’un morceau de Tiken Jah Fakoly (TJF) chanteur de reggae ivoirien, intitulé Quitte le pouvoir. On pense bien évidemment à Laurent Gbabgo président de la Cote d’Ivoire depuis des élections douteuses en 2000, et qui s’accroche à son poste malgré sa défaite électorale contre son adversaire Alassane Ouattara en décembre 2010. Mais le message de l’artiste est plus ample, il s’adresse à tous les dictateurs africains. Ainsi,  dans la vidéo qui suit, il interpelle ouvertement  le président sénégalais Abdoulaye Wade lors d’un concert à Dakar en décembre 2007 (ce qui valut des menaces au chanteur qui dut quitter le pays dès le lendemain de sa prestation…).

Trois ans après, avec le départ récent des dictateurs Zine el-Abidine Ben Ali et Hosni Moubarak, la chanson acquiert une dimension plus large encore, presque prophétique.

Image de prévisualisation YouTube

Pour en savoir un peu plus sur cette chanson et sur la persistance des régimes autoritaires en Afrique, je vous conseille de lire ce très bon article de J. Blottière sur l’Histgeobox (un excellent blog permettant de mieux comprendre les programmes d’Histoire et de Géographie grâce à la musique). Bon dimanche à tous !

Quand l’actualité se fait innovante (Quentin Messerschmidt)

L’actualité ne se limite pas aux annonces politiques, problèmes économiques ou autres tensions dans le monde. De nouveaux moyens de s’informer, des actualités loufoques peuplent le web. Voici une liste non exhaustive de quelques sites sur lesquels vous pouvez trouver ce genre d’actualités : Slate.frLepost.frZigonet.com.

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L’anniversaire de grand-mère arrive prochainement ? Les longues et passionnantes parties de Scrabble du dimanche après-midi commencent à devenir répétitives ? Le site Slate.fr vous offre la solution : offrez-lui un Monopoly communiste ! Lire la suite…

De drôles d’oiseaux (par Mélanie R.)

Série télévisée d’animation française comportant 208 épisodes, « Les Shadoks » est une création originale de Jacques Rouxel, diffusée, pour les trois premières saisons, entre 1968 et 1973. Il faudra attendre l’an 2000 pour qu’apparaisse à l’écran la quatrième saison.

Cette série relate les aventures des Shadoks, étranges volatiles pas franchement chétifs, pourvus de longues pattes et de pitoyables petites ailes. Ils doivent leur nom en partie au Capitaine Haddock, mais également à la consonance anglaise du mot. Les Gibis sont leurs principaux rivaux. Les deux «peuples» ne sont cependant pas réellement ennemis, l’entraide étant au cœur de leur relation. Lire la suite…

Jeu du dimanche – over the hills…

Je vais faire très simple pour aujourd’hui, il s’agit tout simplement de répondre, à propos de l’image ci-dessous, à la question suivante : qu’est-ce que c’est ? Celui qui fournira la réponse la plus proche de la solution aura droit à un magnifique cadeau pour Noël !

La réponse a été trouvée au fil d’un travail collectif d’hypothèses par Charles, Quentin, Fabien, Matthieu et Thibaut comme vous le pouvez le voir dans les commentaires.

Le document est tiré de l’excellent blog de Doug Mc Cune, que je remercie ici.

Categories: 6. XXe siècle, Jeux et devinettes Tags:

Anecdote du dimanche (37) – Foot et Goulag

La récente attribution de la Coupe du monde de football 2018 à la Russie vient rappeler à quel point le sport est lié à la politique sous toutes ses formes (contestation sociale, corruption, racisme, confrontation Est-Ouest, terrorisme et même guerre ouverte comme nous l’avions vu dans une précédente anecdote du dimanche). Nous allons tenter de comprendre aujourd’hui comment le ballon rond mena certains « opposants » à Staline directement au Goulag.

Deux clubs moscovites ont longtemps dominé le championnat russe : le Dynamo et le Spartak. Le premier fut sous l’ère soviétique le représentant des autorités, de la Nomenklatura (élite de privilégiés proches de la direction du Parti Communiste d’URSS) et de la police politique (KGB et son ancêtre le NKVD). Le second, plus populaire, incarna pendant les années 1930 une certaine contestation. Contestation fort relative tant le régime stalinien laminait systématiquement toute forme d’opposition.

Les dirigeants du Spartak étaient alors les quatre frères Starostin. Ces derniers avaient pour leur plus grand malheur des parents assez aisés avant la Révolution de 1917. En outre, leur gestion du club, très professionnelle, fut rapidement perçue comme capitaliste. Il n’en fallait pas plus pour les mettre dans la ligne de mire de la répression stalinienne.

Ils furent pourtant protégés un long moment par Alexander Kosarev, le chef des Komsomols (les Jeunesses Communistes). Mais celui-ci fut en 1938 une des dernières victimes des Grandes Purges, alors même qu’il en avait été un des principaux acteurs avec son ami Nikolaï Iejov, impitoyable chef du NKVD. Dès lors, les dirigeants du Spartak étaient en position de faiblesse face au nouveau directeur de la police politique : Lavrenti Beria, bras droit de Staline.

Ainsi, en 1938, quand le club élimina en demi-finale de la Coupe d’URSS le Dynamo de Tbilissi, équipe favorite de Staline et de Beria, ce dernier exigea que le match fût rejoué alors même que le Spartak avait déjà gagné la finale ! Comble du crime de « lèse-Staline », l’équipe moscovite l’emporta de nouveau… Beria manigança longuement et après quelques ratés, les frères Starostin furent arrêtés en 1942 pour « déclarations antisoviétiques » et « doutes sur la victoire dans la guerre ». Emprisonnés à Moscou pendant deux ans, ils furent ensuite envoyés en camp au cœur de la Sibérie. Dispensés de travaux forcés, ils durent supporter l’exil en entraînant l’équipe locale du Dynamo d’Oukhta. Ils n’en revinrent qu’en 1954, après la mort de Staline et  l’exécution de Beria.

source principale : Paul Dietschy, Histoire du football, Paris, Perrin, 2010 ; un excellent livre dont je vous recommande une nouvelle fois la lecture.

images : Logo du Spartak Moscou de 1935 à 1949 et photographie de Beria (libres de droits).