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Archives pour la catégorie ‘Anecdote du dimanche’

Bonne année en musique !

Pour reprendre le travail en douceur et dans la bonne humeur, je réactive ce billet de blog un peu ancien. On y voit un Japonais – se faisant connaître sous le nom de Heita3 – qui nous montre son talent de musicien d’une manière particulièrement surprenante. La mélodie reprend un chant de Noël (comme le prouve son « merry christmas ! » final), je suis donc un peu en retard…

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Bonne année 2015 à tous mes élèves, anciens et nouveaux, ainsi qu’à tous ceux qui passent par le blog !

L’anecdote du dimanche – Malaise dans la culture

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Pas de devinette aujourd’hui, mais une vidéo extraite du site de l’INA Institut National de l’Audiovisuel (que je vous recommande chaudement). Elle date de 1964 et on y voit un jeune étudiant en médecine nous expliquer ce qu’il pense de la multiplication des livres de poche. Pour tenter de le comprendre, il faut savoir que ces éditions à bas prix constituaient alors une nouveauté, destinée notamment à démocratiser la lecture, de rendre les livres accessibles même aux plus modestes.

La vidéo est très courte et vaut vraiment la peine : pour le contenu très surprenant du discours de l’étudiant mais aussi (et surtout ?) pour sa diction très particulière.

 

N’hésitez pas à donner votre avis sur le discours de ce jeune homme. Étiez-vous conscients d’accomplir un acte si révolutionnaire en vous procurant des livres de poche ?

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Le candidat du dimanche – le grand bond en avant

Je reposte aujourd’hui un article un peu ancien mais qui rejoint l’actualité européenne.

Face à l’imminence des prochaines échéances électorales, il est du rôle d’un professeur d’ECJS de vous rappeler l’importance du multipartisme dans une démocratie. Pour que le peuple puisse exercer réellement sa liberté à l’heure de choisir ses représentants, il est en effet nécessaire que l’éventail des candidats (affiliés ou non à un parti) soit suffisamment large. En ce sens, le bipartisme qui existe dans plusieurs pays (on pensera notamment aux États-Unis) est considéré par certains comme une faiblesse démocratique. Quant au parti unique, c’est une caractéristique fondamentale de la plupart des dictatures.

En France, bien que deux partis majoritaires alternent au pouvoir avec leurs alliés respectifs (on parle dans ce cas de bipolarisation), le multipartisme est une réalité indéniable, laissant parfois la place à des formations politiques étonnantes. Ainsi, aux élections européennes de 1994 s’est présenté un groupe aujourd’hui disparu : le Parti de la loi naturelle (PLN), dont le slogan « Seule une nouvelle graine peut donner une nouvelle récolte » était à lui seul prometteur.

Découvrons-en un peu plus avec Benoît Frappé (ça ne s’invente pas), qui était le président et porte-parole du PLN.

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L’anecdote du dimanche (42) – le manuscrit de Voynich

Dans l’anecdote qui nous occupe aujourd’hui, tout est très compliqué dès le départ. Si compliqué qu’il est même impossible de fixer avec certitude un début à cette histoire. Et pourtant, ayant décidé de vous la présenter, il me faut bien commencer quelque part…

Partons de l’année 1912. Wilfrid Voynich, antiquaire (et par ailleurs ancien révolutionnaire) londonien (mais né polonais en Russie), acquiert un mystérieux parchemin de plus de 200 pages auprès de Jésuites italiens. Il s’agit d’un manuscrit sur vélin, abondamment illustré, comme le suggère le folio ci-dessous.

Voynich se rend rapidement compte que l’écriture ne correspond à rien de connu et se trouve bien incapable d’identifier le texte. Cependant, peut-être mu par la volonté de le vendre à un bon prix, il le présente comme un traité de l’illustre Roger Bacon, philosophe et scientifique du XIIIe siècle ayant flirté avec l’alchimie… Tout cela sent déjà le souffre et l’hérésie et ne fait qu’ouvrir le bal d’une très longue série d’hypothèses sur l’ouvrage et son auteur (sur internet, qui recèle décidément bien des trésors, certains avancent évidemment l’idée d’une origine extraterrestre).

Quelques rares demi-certitudes peuvent être avancées (je me réserve la possibilité de modifier cette liste au fur et à mesure de mes recherches) :

– le parchemin a été daté du début du XVe siècle grâce à des techniques scientifiques (au carbone 14), mais l’écriture peut être postérieure (il n’est pas possible de dater les encres avec fiabilité) ;

– la première mention connue du manuscrit date de 1639, la seconde de 1666 (diabolique évidemment) dans une lettre affirmant que l’ouvrage fut acquis par l’empereur germanique Rodolphe II – à qui il aurait été présenté comme un manuscrit médiéval ésotérique ;

– l’écriture est étrangement régulière, des caractères reviennent de manière très (trop ?) fréquente selon plusieurs analyses linguistiques, on trouve parfois le même mot répété trois fois de suite : il s’agirait peut-être d’un système entièrement et volontairement codé et non pas d’une simple écriture.

Le reste nous échappe pour l’instant, à commencer par l’écriture qui résiste à toutes les tentatives de déchiffrement. Peut-être l’un d’entre vous y parviendra-t-il ? Si vous souhaitez essayer, l’ensemble du manuscrit est consultable en ligne (sur le site de l’université de Yale, rien de moins !).

 

 

L’anecdote du dimanche (41) – norotó gozo

Lors d’un récent chapitre de Terminale intitulé De la société industrielle à la société de communication, nous avons étudié le document suivant :

Lisa M. a fort justement remarqué un « accident démographique » pour l’année 1966 au Japon. Comment expliquer cette baisse brutale et importante de la natalité ? changement législatif ? incident climatique ? aberration statistique ?

Comme je l’ai alors expliqué, l’événement est lié à un signe astrologique connoté négativement. Cette réponse – qui a donné lieu à des considérations passionnantes sur le vocabulaire nippon – mérite quelques précisions que je vous livre ici.

L’astrologie sino-japonaise est structurée par deux cycles : l’un de douze ans (pour douze animaux) et l’autre de cinq ans (pour cinq éléments). Ainsi, la conjonction d’un même animal avec un même élément ne se renouvelle que tous les 60 ans. Or, parmi les multiples associations, on trouve celle du cheval et du feu. Selon les croyances populaires, les filles nées une telle année seraient destinées à devenir par la suite des épouses très agressives envers leur mari. Beaucoup de parents s’abstiennent donc d’avoir un enfant lorsque se présente une telle conjoncture astrale. Les données démographiques du XIXe siècle montrent en effet que l’incident observé en 1966 est aussi perceptible en 1906 et en 1846 (mais les sources ne permettent pas de remonter plus loin dans le temps) !

Qu’en sera-t-il en 2026 ? Nous aurons là un bon indice pour mesurer la persistance des superstitions au Japon, pays qui à bien des égards apparaît comme le sommet mondial de la modernité et de la technologie. Mais les sociétés humaines nous le savons sont travaillées par de profondes contradictions…