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Archives pour la catégorie ‘Anecdote du dimanche’

Anecdote du dimanche (36) – Le roi de la blague

Louis XVIII (roi de France de 1814 à 1824) est souvent méconnu des collégiens et lycéens. Il était pourtant l’un des frères de Louis XVI et contrairement à ce dernier, il réussit à passer la période révolutionnaire en gardant la tête sur les épaules (tout comme son cadet qui lui succéda sous le nom de Charles X).

Son règne fut marqué par un élan de revanche monarchique contre la Révolution (on parle fort logiquement de Restauration). La tentation d’imposer l’absolutisme était grande, mais il resta prudent et sut se contenter d’une monarchie constitutionnelle. Il ne put s’empêcher toutefois de prendre le titre de roi de France (et non « des Français »), nia toute idée de souveraineté populaire et mit fin à l’usage du drapeau tricolore pour réhabiliter la bannière blanche de la royauté française. Lire la suite…

Anecdote du dimanche (35) – Michée Chauderon ou de l’inconvénient d’être trop aimable avec ses voisins

Les habitués du blog auront remarqué que je n’avais pas rédigé d’anecdote depuis un long moment. Voici un petit texte consacré à une célèbre sorcière suisse qui portait bougrement bien son nom. Saisissons l’occasion pour réfléchir un instant à la façon dont les sociétés européennes aiment à se faire peur.

C’est vers 1600, à 30 km du lac Léman, dans la petite ville de Boëge que naît la petite Michée Chauderon au sein d’une famille catholique. A 20 ans, peut-être lasse de cette vie rurale, la jeune femme part rejoindre Genève, ville protestante. Employée à des tâches domestiques, elle a bien de la peine à survivre aux disettes et aux épidémies qui ravagent la région jusqu’aux années 1640. En 1639, Michée est par ailleurs confrontée à la justice pour de sombres affaires de « paillardise » (elle aurait eu des relations sexuelles avec des hommes mariés).

Par la suite, en plus de son travail, Michée se consacre à donner des « remèdes de bonne femme » à de nombreux voisins malades. Elle apporte son aide pour des accouchements difficiles et « touche » des corps atteints de fièvre.  Cette trop grande intimité avec la souffrance et la mort finit par lui porter très sévèrement préjudice. Lire la suite…

Anecdote du dimanche (34) – Tante Amélie fait du vélo en short

Fabien, lycéen à Chalon et aujourd’hui en vacances en Irlande, nous a laissé cette anecdote juste avant son départ. N’hésitez pas à réagir !

Tous les Français, aujourd’hui encore, connaissent Radio Londres de la BBC, notamment l’émission «  Les Français parlent aux Français » et les vers de Verlaine devenus tristement célèbres.

Dès 1940, depuis Londres furent diffusés des messages de résistance par la « France Libre« . Ils étaient d’abord clairs puis codés et destinés aux résistants afin de diriger les opérations à distance. La radio durant la guerre devint une véritable arme car elle permettait l’accomplissement des missions avant que les Allemands n’aient le temps de décoder les messages.

L’émission les « Français parlent aux Français  » commençaient par un signal sonore que vous connaissez sûrement : les quatre premières notes de la cinquième symphonie de Beethoven. Ces notes, suivies du fameux « Ici Londres… » suffisaient à tirer les Français de leurs activités et de leurs tourments pour écouter des nouvelles de la France Libre. Ce choix n’était pas anodin car ces quatre notes, trois brèves suivies d’une longue ( . . . – ), correspondent en morse à la lettre V, qui représente bien sur ici le V de la victoire afin de rappeler sans cesse aux Français qu’ils n’avaient pas perdu et aux Allemands qu’un jour la vengeance arriverait ! Ainsi, le débarquement en Normandie du 6 juin 1944 fut annoncé aux Résistants grâce aux vers de Verlaine « les sanglots longs des violons de l’automne… ».

Pour aller plus loin :

- il y avait déjà eu une anecdote sur le V de la victoire, notamment son origine et ses significations

- vous pouvez écouter de courts extraits des messages de l’émission «  les Français parlent aux Français  » (prenez le temps de regarder les différents messages, certains sont étonnants…)

- l’alphabet morse : http://www.limousin.iufm.fr/musee/musee_sciences/telegraphe/images/morse.jpg

Et pour finir par une ouverture musicale, la fameuse 5e symphonie de Beethoven :

Anecdote du dimanche (33) – La vérité est ailleurs

Voici une anecdote rédigée par Mélanie R., ancienne élève de 4e, bientôt en 3e… Il ne s’agit pas à proprement parler de l’histoire des hommes, mais plutôt de celle de la vie (il y a comme un lien). Bravo à Mélanie pour ce texte très savant !

Depuis l’Antiquité, les scientifiques sont fascinés par la perspective qu’il puisse exister quelque part dans l’univers une autre forme de vie que la nôtre (extra-terrestre s’entend). Et bien, le progrès est en route et il est plus que probable que nos chercheurs avides de nouveautés aient d’ici peu de précieux spécimens à se mettre sous la dent (métaphoriquement).

Le projet Galileo dirigé par la NASA est actuellement en cours de réalisation. Il ne s’agit nullement de petits hommes verts ou de monstres difformes comme on en voit dans les films (nous sommes loin du stéréotype), mais de micro-organismes unicellulaires qui auraient évolué sous la croûte de glace d’Europe, second satellite de Jupiter.

En effet, sous cette carapace gelée parsemée de stries existe vraisemblablement un océan liquide au sein duquel le développement de minuscules êtres vivants aurait été possible grâce à la présumée chaleur fournie par d’anciens cratères volcaniques. Ce satellite, ayant sensiblement la même taille que notre lune, fut découvert en 1610 par Galilée et l’astronome allemand Simon Marius.

EuropeComme on le voit sur l’image ci-contre, il est reconnaissable entre tous en partie à cause de sa surface blanche et parcourue de sillons dont on avance qu’ils seraient le résultat d’un phénomène d’étirement de la matière ; pour vous exposer cela de manière concise, disons que ce terrain fut sujet à une intense déformation géologique. En observant cette image de plus près, nous pouvons constater que les sillages se forment presque (pour ne pas dire à chaque fois) en parallèle les uns des autres. De plus, la fissure qui se trouve en bas à droite étant un peu plus sombre que celles, plus fines, au-dessus, nous pouvons supposer qu’elle fut en premier lieu une simple crevasse qui se remplit ensuite d’un matériau provenant de l’intérieur (j’entends par là le fameux océan liquide qui recouvrirait l’intégralité de la surface d’Europe).

Nous ne serions donc apparemment pas seuls dans le vaste univers qui nous entoure…. étonnant, non ? Voilà encore de quoi alimenter le mythe qui subsiste à travers les films de science-fiction.

Mélanie R.

source principale : http://jmm45.free.fr/planetes/europe/europe.htm

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Anecdote du dimanche (32) – Mythe à l'eau

Encore un texte de Denis D., que je place cette fois en « Anecdote du dimanche ». L’épisode est connu, mais Denis a su nous en faire un brillant récit. Merci à lui ! (en attendant le texte de Mélanie R. qui sera publié dimanche prochain)

« Dieu lui-même ne pourrait pas couler ce navire »,

« Dire qu’un navire est insubmersible, c’est lancer un défi à Dieu ».

Ces phrases prononcées par des membres d’équipage ou des passagers du célèbre bateau semblent bien malheureuses pour ceux qui comme nous connaissent la suite des événements. Tout se profile pourtant à merveille quand, le 10 avril 1912, le Titanic appareille de la ville de Southampton (Angleterre) et commence sa longue traversée. Il met le cap sur Cherbourg (France), puis le 11 avril sur Queenstown (Irlande); il y a alors plus de 2 200 passagers sur le navire.

Titanic - dessin de StowerDepuis l’Irlande, il met enfin le cap sur New York. Du 13 au 14 avril, le commandant reçoit des messages disant qu’il y a de la banquise et d’énormes icebergs. Au soir du 14 avril plusieurs bateaux disent avoir croisé d’immenses blocs de glace. A 23h40 alors que le Titanic avance à 22,5 noeuds (41,7 km/h) et se trouve au large de Terre-Neuve les veilleurs Frederick Fleet et Reginald Lee aperçoivent droit devant, à moins de 500 mètres, un iceberg d’environ 30 mètres de haut. Ils s’empressent de sonner la cloche pour annoncer le danger. Aussitôt, le 6ème officier James Pool Moody transmet le message au 1er officier William Murdoch et essaie de virer vers bâbord (à gauche). Puis un officier demande d’arrêter les moteurs et de les faire tourner dans le sens inverse pour que le navire recule, mais faire reculer un monstre de 269 mètres de long et de 52 250 tonnes en quelques dizaines de secondes est quasiment impossible. C’est ainsi que 37 secondes plus tard, malgré les efforts de tout l’équipage, le Titanic percute l’iceberg. Le choc engendré fait sauter les rivets, ouvre une voie d’eau dans la coque. Les cinq premiers compartiments se remplissent d’eau et le navire commence à couler. A 0h15 le premier signal de détresse est envoyé sous l’ordre du commandant Edward Smith.

A 0h25 les premiers canaux de sauvetage sont mis à l’eau. Mais il y a un énorme problème : les canaux ne sont pas assez nombreux (1 178 places contre 2 200 passagers). A 2h18 un énorme grondement se fait entendre, le géant des mers se casse en deux. Puis à 2h20, la partie arrière bascule et s’enfonce dans l’océan. Les personnes tombées à l’eau sont confrontées à des températures extrêmes (jusqu’à -3°C) et meurent en grand nombre. Quelques-unes malgré tout ont la chance de se faire récupérer sur les canaux. Le bilan est très lourd : sur les 2 200 passagers, on dénombre environ 1500 morts. Soit 700 rescapés

Denis D., ex-5e3.

source de l’image : Dessin de Willy Stöwer, artiste allemand (1864-1931).