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Anecdote du dimanche (14) – l’armée de terre cuite

Et encore une anecdote rédigée par un élève ! Il s’agit de Fabien C., le célèbre Chalonnais.

La Chine est un pays qui attire ou impressionne surtout par son immensité : celle de son territoire, de sa population, mais aussi celle de ses œuvres telles la Grande Muraille (pas moins de 6 259,6 km de murs) ou la Cité interdite (8 704 pièces).

Aujourd’hui, je voudrais parler d’une de ces œuvres, un peu moins connue mais tout aussi spectaculaire : l’armée de terre cuite. armee de terre cuiteIl s’agit de figures de soldats de terre cuite à 900 degrés d’environ 2m de haut, entourant le mystérieux mausolée de Xi’an.

Sa réalisation est attribuée à l’empereur Qin Shi Haungdi, au IIIe s. av JC (mais il ne faudrait pas oublier les 700 000 personnes qui ont travaillé à l’édification et qui furent ensuite enterrées vivantes dans le mausolée pour que tout ceci soit gardé secret…).

Et en effet, le secret persista longtemps car ce n’est qu’en 1974 (soit plus de 2 000 ans après) que des paysans retrouvèrent par hasard cette armée, censée représenter celle de l’empereur. Elle est constituée d’environ 6 000 soldats (archers, arbalétriers, cavaliers…) avec une arme en bronze, mais aussi de chevaux, de musiciens, de scribes et de notables. Les historiens pensent que l’empereur voulait s’entourer de toutes les choses qu’il avait aimées durant sa vie pour le protéger dans l’au-delà !

La tombe quant à elle, enfouie sous plus de 100 mètres de terre et de pierre, reste encore inviolée ! On n’en connaît le contenu qu’à travers une légende qui raconte que l’empereur se serait entouré de tout ce qu’il avait de plus précieux : de bijoux, de femmes et même d’une reproduction de son empire avec des rivières de mercures censées couler éternellement… Chine

Si cet endroit n’a pas encore été fouillé, c’est que l’Etat chinois juge imprudent d’y pénétrer car on pourrait abîmer ce qui s’y trouve. De plus, les historiens préfèrent attendre une évolution de la technologie pour pouvoir sonder et éviter les différents pièges (flèches empoisonnées…) mentionnés dans la légende !

Je ne doute pas que tout cela soit vrai et une partie de la légende a été confirmée par ce qu’on trouve autour du tombeau mais je me pose encore une question : comment la légende est-elle née si l’empereur avait fait enterrer tous les témoins avec lui ?

sources : article de Wikipedia ainsi que http://abreuvdesdragons.canalblog.com/archives/2009/04/29/13368003.html et  http://www.lefigaro.fr/medias/2007/11/26/cfe91d82-9be1-11dc-9f8b-77f10336c059.jpg

sources des images : http://www.arc-en-terre.org/ et http://www.moto-autour-du-monde.net/photo-france-chine-route-soie/; http://www.chine-informations.com/

L’anecdote du dimanche (6) – Le chant des sirènes

Vous connaissez tous, bien évidemment, l’épisode de l’Odyssée où Ulysse doit résister au charme du chant des sirènes. On sait que ces dernières attiraient vers leur île les navigateurs grâce à leur douces voix et à leur sublime musique. Les marins s’approchaient alors de la côte et brisaient leurs vaisseaux sur des rivages déjà blanchis d’ossements  : les Sirènes dévoraient les malheureux naufragés… Ô cruelles ! Le très astucieux Ulysse, s’étant fait attacher au mât de son bâteau, put résister à ces terribles créatures.

On imagine souvent ces dernières comme des femmes fascinantes à la queue de poisson. De nombreux peintres, à l’instant de Victor Mottez, en ont laissé des figurations saisissantes.

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Victor Mottez, Ulysse et les Sirènes, (1848-1865), Musée des Beaux-Arts de Nantes

Et pourtant, chez les Grecs d’Homère et d’Aristophane, les sirènes sont d’abominables créatures, d’épouvantables rapaces, des femmes-oiseaux, comme on le voit sur ce vase du Ve siècle avt JC :

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Stamnos (Detail), Ulysse et les sirenes, Art Attique (475 avt JC)

Que s’est-il donc passé ? Comment est-on passé de monstres hideux à des femmes lascives ? Il semble que ce soit au Moyen Age que la transformation se soit opérée. Mauvaise lecture des œuvres antiques ? Incompréhension du grec par nos moines peu hellénistes ? Le XIXe siècle romantique a en tout cas confirmé ce changement et nous confondons depuis le ramage et le plumage, incapables que nous sommes de penser la beauté du chant des sirènes sans les doter de corps désirables. Faut-il réellement s’en plaindre ?

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Principales sources : Umberto Eco, Histoire de la laideur, Flammarion, 2007, p. 14 ; Pierre Grimal, Dictionnaire la mythologie grecque et romaine, Presses Universitaires de France, 1951. Pour les fans d’Homère et d’Ulysse, vous pouvez encore visiter une exposition virtuelle de la Bibliothèque Nationale de France.