Archive

Articles taggués ‘Guerre froide’

Pour les TES1 : le mur de Berlin

Suite à l’exposé de vos camarades sur la crise du mur de Berlin dans le cadre du cours sur la Guerre froide, voici comme promis une vidéo très complète. Je remercie Charline B. de m’avoir signalé ce lien.

Image de prévisualisation YouTube

Je me permets en outre de vous renvoyer à une « anecdote du dimanche » publiée sur ce site il y a quelques temps et qui raconte une évasion réussie d’Allemands de l’Est vers l’Ouest.

 

Categories: Hors-Sujet Tags: ,

Anecdote du dimanche (37) – Foot et Goulag

La récente attribution de la Coupe du monde de football 2018 à la Russie vient rappeler à quel point le sport est lié à la politique sous toutes ses formes (contestation sociale, corruption, racisme, confrontation Est-Ouest, terrorisme et même guerre ouverte comme nous l’avions vu dans une précédente anecdote du dimanche). Nous allons tenter de comprendre aujourd’hui comment le ballon rond mena certains « opposants » à Staline directement au Goulag.

Deux clubs moscovites ont longtemps dominé le championnat russe : le Dynamo et le Spartak. Le premier fut sous l’ère soviétique le représentant des autorités, de la Nomenklatura (élite de privilégiés proches de la direction du Parti Communiste d’URSS) et de la police politique (KGB et son ancêtre le NKVD). Le second, plus populaire, incarna pendant les années 1930 une certaine contestation. Contestation fort relative tant le régime stalinien laminait systématiquement toute forme d’opposition.

Les dirigeants du Spartak étaient alors les quatre frères Starostin. Ces derniers avaient pour leur plus grand malheur des parents assez aisés avant la Révolution de 1917. En outre, leur gestion du club, très professionnelle, fut rapidement perçue comme capitaliste. Il n’en fallait pas plus pour les mettre dans la ligne de mire de la répression stalinienne.

Ils furent pourtant protégés un long moment par Alexander Kosarev, le chef des Komsomols (les Jeunesses Communistes). Mais celui-ci fut en 1938 une des dernières victimes des Grandes Purges, alors même qu’il en avait été un des principaux acteurs avec son ami Nikolaï Iejov, impitoyable chef du NKVD. Dès lors, les dirigeants du Spartak étaient en position de faiblesse face au nouveau directeur de la police politique : Lavrenti Beria, bras droit de Staline.

Ainsi, en 1938, quand le club élimina en demi-finale de la Coupe d’URSS le Dynamo de Tbilissi, équipe favorite de Staline et de Beria, ce dernier exigea que le match fût rejoué alors même que le Spartak avait déjà gagné la finale ! Comble du crime de « lèse-Staline », l’équipe moscovite l’emporta de nouveau… Beria manigança longuement et après quelques ratés, les frères Starostin furent arrêtés en 1942 pour « déclarations antisoviétiques » et « doutes sur la victoire dans la guerre ». Emprisonnés à Moscou pendant deux ans, ils furent ensuite envoyés en camp au cœur de la Sibérie. Dispensés de travaux forcés, ils durent supporter l’exil en entraînant l’équipe locale du Dynamo d’Oukhta. Ils n’en revinrent qu’en 1954, après la mort de Staline et  l’exécution de Beria.

source principale : Paul Dietschy, Histoire du football, Paris, Perrin, 2010 ; un excellent livre dont je vous recommande une nouvelle fois la lecture.

images : Logo du Spartak Moscou de 1935 à 1949 et photographie de Beria (libres de droits).

Anecdote du dimanche (23) – une évasion gonflée

berlin au temps de la guerre froideConstruit en 1961, le mur de Berlin avait pour but essentiel d’empêcher les Berlinois de  l’Est de passer vers l’Ouest. Plus de deux millions de personnes avaient en effet fui le bloc soviétique entre 1949 et 1961 pour regagner le bloc occidental et ses libertés individuelles. Affolés par cette hémorragie, les dirigeants de l’Allemagne de l’Est (appelée RDA – République Démocratique Allemande) ne virent rien de plus efficace que de construire une barrière de barbelés, de grilles et de béton. Malgré cela, pas moins de 235 000 personnes parvinrent à passer de l’Est à l’Ouest entre 1961 et la chute du mur en 1989. Ils le firent au péril de leur vie, puisque plus de mille personnes trouvèrent la mort en voulant franchir la frontière, dont 136 qui furent tuées au pied du mur.

Ceux qui réussirent à passer le firent avec beaucoup de courage et d’ingéniosité : voitures, cerfs-volants à moteur, tunnels ou encore sous-marins miniatures ! Une des fuites les plus spectaculaires eut lieu en 1979 à l’aide d’une montgolfière. Peter Strelzyk, mécanicien en RDA eut cette idée avec sa femme et un couple d’amis. Le plus dur ne fut ni le vol en lui-même, ni de maîtriser la technique pour fabriquer la montgolfière, mais de rassembler tous les éléments nécessaires sans attirer l’attention (il leur fallait coudre 1 200 m² de toile, en se la procurant morceau par morceau à travers le pays afin de ne pas susciter le moindre soupçon !). Malgré un premier échec, malgré la peur, malgré un départ compliqué (Peter brûle la moitié de sa barbe), leur évasion réussit après un vol d’une heure seulement…

Voici une petite vidéo venant du site de l’INA (encore !) où les chanceux évadés expliquent leur plan :

Le mur de Berlin est tombé en novembre 1989 et la guerre froide est terminée. D’autres murs hélas ont depuis été érigés et continuent d’être renforcés…

source : Magazine l’Histoire, numéro spécial, Octobre 2009.

source de l’image : linternaute.com

Anecdote du dimanche (12) – MAYAK : Un avant Tchernobyl

Dans le plus grand secret, Charles M. (encore un Chalonnais) a préparé une « anecdote du dimanche » qui fait froid dans le dos. Bonne lecture !

—-

 

 

 

Mayak est une ville russe, juste au nord du Kazakhstan. Cette ville est très intéressante et vous allez voir pourquoi ! A la fin de la 2nde guerre mondiale, La Russie et les Etats-Unis se livraient à une guerre de l’ombre : la guerre Froide. Ces deux superpuissances s’opposaient pour la domination du monde entier, et notamment sur les sujets suivants : le régime politique, la conquête de l’espace… Mais cette guerre a commencé tout d’abord  à cause de l’ARME NUCLEAIRE. Les Américains étaient plus avancés que les Russes avec leurs bombes lancées sur Hiroshima et Nagasaki.

Voicimayak le début de la course à l’arme nucléaire. Ainsi le complexe nucléaire Mayak est construit dans ce contexte entre 1945 et 1948, en toute hâte et dans le plus grand secret. Après l’exploitation de plutonium, de grandes quantités de matières radioactives sont rejetées dans la rivière Tetcha qui se déverse ensuite dans l’Ob. Bien sur, la population touchée à cause de ces deux rivières n’en savait rien et perdait des habitants à cause de mystérieux cancers ou maladies ! Des ouvriers de l’usine sont même morts !

Et puis en 1957, se produisit une catastrophe nucléaire, non pas celle de Tchernobyl, mais celle de Maïak (le 27 septembre). Suite à une panne du système de refroidissement, des cuves de déchets radioactifs ont explosé. Cette explosion libéra une énergie équivalente à 75 tonnes de TNT. Les éléments rejetés constituent la moitié de ceux dus à la catastrophe de Tchernobyl.

On estime qu’il y eut 1500 morts sur le coup et près de 500 000 personnes irradiées. Cette catastrophe resta « secret défense » jusqu’en 1986 où elle fut révélée officiellement suite à un changement de président pour que ce nouveau dirigeant se fasse bien voir et pour une politique plus transparente.

Aujourd’hui on estime toujours que la région touchée est un réservoir radioactif. Le rayonnement de la rivière Tetcha est le même que celui de Tchernobyl (16 000 chocs/sec). Le lac Karatchaï, tout proche de Mayak est le plus radioactif au monde. Pour autant, de nombreuses personnes habitent là-bas car elles ne sont pas assez riches pour pouvoir se déplacer. Cette catastrophe nucléaire que beaucoup ignorent est un avant Tchernobyl, qui restera une autre des nombreuses que l’homme n’est jamais produites.

Sources : ARTE ; Wikipédia ; www.cnrs.fr ; image: web.educastur.princast.es

Tle ES J-M Boivin – Musique et guerre froide

Voici la vidéo dont nous avons parlé où Jimi Hendrix, lors du concert de Woodstock (août 1969), se lance dans un hymne américain (Star-Spangled Banner) tellement déstructuré qu’on jurerait entendre les bombes larguées alors sur le Vietnam.

Image de prévisualisation YouTube