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Articles taggués ‘Moyen Age’

Le Moyen Age selon les 2de3

J’ai demandé ce matin aux élèves de la classe de 2de3 de m’écrire, sur un papier libre, les trois premiers mots leur venant à l’esprit lorsqu’ils pensaient au Moyen Age. Voici sous forme de « nuage de mots » le résultat de ce rapide sondage qui nous servira de base de départ pour le prochain cours intitulé Sociétés et cultures de l’Europe médiévale du XIe au XIIIe siècle.

 nuage médiéval 2014 - 3

Ce nuage a été créé grâce au service en ligne « Wordle ». Merci à Véronique Servat de me l’avoir fait découvrir dans son article intéressant et original sur son blog.

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L’anecdote du dimanche (42) – le manuscrit de Voynich

Dans l’anecdote qui nous occupe aujourd’hui, tout est très compliqué dès le départ. Si compliqué qu’il est même impossible de fixer avec certitude un début à cette histoire. Et pourtant, ayant décidé de vous la présenter, il me faut bien commencer quelque part…

Partons de l’année 1912. Wilfrid Voynich, antiquaire (et par ailleurs ancien révolutionnaire) londonien (mais né polonais en Russie), acquiert un mystérieux parchemin de plus de 200 pages auprès de Jésuites italiens. Il s’agit d’un manuscrit sur vélin, abondamment illustré, comme le suggère le folio ci-dessous.

Voynich se rend rapidement compte que l’écriture ne correspond à rien de connu et se trouve bien incapable d’identifier le texte. Cependant, peut-être mu par la volonté de le vendre à un bon prix, il le présente comme un traité de l’illustre Roger Bacon, philosophe et scientifique du XIIIe siècle ayant flirté avec l’alchimie… Tout cela sent déjà le souffre et l’hérésie et ne fait qu’ouvrir le bal d’une très longue série d’hypothèses sur l’ouvrage et son auteur (sur internet, qui recèle décidément bien des trésors, certains avancent évidemment l’idée d’une origine extraterrestre).

Quelques rares demi-certitudes peuvent être avancées (je me réserve la possibilité de modifier cette liste au fur et à mesure de mes recherches) :

– le parchemin a été daté du début du XVe siècle grâce à des techniques scientifiques (au carbone 14), mais l’écriture peut être postérieure (il n’est pas possible de dater les encres avec fiabilité) ;

– la première mention connue du manuscrit date de 1639, la seconde de 1666 (diabolique évidemment) dans une lettre affirmant que l’ouvrage fut acquis par l’empereur germanique Rodolphe II – à qui il aurait été présenté comme un manuscrit médiéval ésotérique ;

– l’écriture est étrangement régulière, des caractères reviennent de manière très (trop ?) fréquente selon plusieurs analyses linguistiques, on trouve parfois le même mot répété trois fois de suite : il s’agirait peut-être d’un système entièrement et volontairement codé et non pas d’une simple écriture.

Le reste nous échappe pour l’instant, à commencer par l’écriture qui résiste à toutes les tentatives de déchiffrement. Peut-être l’un d’entre vous y parviendra-t-il ? Si vous souhaitez essayer, l’ensemble du manuscrit est consultable en ligne (sur le site de l’université de Yale, rien de moins !).

 

 

Article d'élève (4) – La guerre de Cent Ans

Voici un nouvel article de Denis D. de 5e3. Encore bravo pour ton travail et ta motivation, Denis ! Espérons que cela incitera d’autres élèves à faire de même.

La guerre de Cent Ans (1337-1453)


Crécy - Chroniques de Jean FroissartDepuis le mariage de la duchesse Aliénor d’Aquitaine avec le roi d’Angleterre en 1142, les souverains anglais régnaient sur des territoires situés en France et en Grande-Bretagne. Au XIIe siècle, plus de la moitié de la France actuelle était sous domination anglaise, mais au temps d’Édouard III (roi d’Angleterre), qui régna de 1327 à 1377, seules la Gascogne et la Guyenne étaient encore aux mains des Anglais.

Pour garder ces territoires, Édouard III déclara la guerre à la France en 1337. Ainsi débuta une longue série de raids* et d’invasions, connue sous le nom de « guerre de Cent Ans ». Les Anglais remportèrent d’importantes batailles :  Crécy en 1346, Poitiers en 1356, Azincourt en 1415, etc… Mais quand Jeanne d’Arc délivra Orléans (Orléans était le siège de la domination anglaise), la chance tourna en faveur de la France. En 1453, les Anglais furent chassés et la guerre terminée. En 1475, la paix fut signée.

 

* raid : opération militaire rapide menée sur un territoire ennemi.

Denis D., 5e3

source de l’image : miniature tirée d’un manuscrit du XVe siècle (Chroniques de Jean Froissart), représentant la défaite des Français à Crécy.

Anecdote du dimanche (20) – Porcus diabolicus

Bien que j’aie déjà parlé de cochons dans une précédente « anecdote du dimanche », je me permets de remettre la bête sur le tapis. Il s’agit cette fois d’une affaire particulièrement grave, celle d’un régicide.

Cochon_Philippe_1131Nous sommes en plein Moyen Age, en l’an de grâce 1131, le 13 octobre pour être précis. Ce dit jour, le jeune Prince Philippe, fils du roi de France Louis VI le Gros, chevauche avec quelques compagnons à travers les rues d’un faubourg de Paris. Dans ces lieux sales et étroits, la visibilité est souvent très faible. Cela explique sans doute pourquoi personne ne voit un animal se précipiter dans les jambes de la monture princière, qui cabre et s’affole tant et si bien que Philippe tombe au sol et se blesse mortellement…

Cet épisode tragique a longtemps figuré dans les livres d’Histoire. Et pourtant, ce n’est ni la première, ni la dernière fois qu’un fils de roi mourait d’une chute de cheval. De plus, Louis VI avait d’autres garçons, la succession était donc assurée. Ce qui a rendu cet épisode si douloureusement mémorable, c’est que la bête coupable de la mort du Prince était un cochon. Non pas un sanglier fier et furieux de subir une chasse, mais un simple cochon des rues, animal méprisé entre tous pour son impureté supposée et sa gloutonnerie.

Dès lors, cet accident est perçu comme une souillure pour toute la dynastie capétienne. Il est interprété comme un signe d’infamie, remettant en cause le pouvoir monarchique. Les chroniques historiques en parlent comme d’une mort « ignominiosa, miseranda, turpis, improba, flagitiosa » (ignoble, misérable, honteuse, déshonnête, qui punit) ! Et pendant de nombreux siècles, on crut que tous les malheurs qui s’abattirent sur les rois de France ne furent que les échos différés de ce lamentable incident.

Allez savoir si Louis XVI ne maudissait pas encore ce porcus diabolicus à l’heure de monter sur l’échafaud, un certain 21 janvier 1793…

source : Michel Pastoureau, Le cochon, Histoire d’un cousin mal aimé, Découvertes Gallimard, 2009.

source de l’image : Manuscrit du XIVe siècle, qu’on peut trouver à la bibliothèque de Besançon et qui représente cette tragique anecdote.

Pour les 5e – réviser la leçon sur le Moyen Age

riches.heures.6Pour réviser votre longue leçon sur le Moyen Age, je vous propose deux liens :

1. Le premier est une présentation « interactive » sur le Moyen Age, faite par le site « Curiosphère. » Vous pourrez revoir beaucoup d’éléments du cours, mais aussi (et surtout) aller plus loin pour mieux connaître cette période.

2. Le second est une sorte de « jeu de rôle », appelé « A votre service, mon seigneur« ,  issu du même site. Vous y trouverez une suite d’énigmes vous permettant là encore de réviser votre leçon tout en vous amusant (la musique est rapidement agaçante, vous pouvez la couper…) !

Bon courage pour les révisions !

source de l’image : Les Très Riches Heures du Duc de Berry (manuscrit du XVe siècle, orné de splendides miniatures).

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