J’avais raison ou j’avais raison ?

11 06 2009
Bulletin officiel n°24 du 11 juin 2009

Enseignements élémentaire et secondaire

Rénovation des collèges

Fermeture des collèges dégradés

NOR : MENE0910887C
RLR : 506-3
circulaire n° 2009-074 du 5-5-2009
MEN – DGESCO B3-2

 


 

 

 

Texte adressé aux préfètes et préfets de région ; aux rectrices et recteurs d’académie ; aux préfètes et préfets de département ; aux inspectrices et inspecteurs d’académie, directrices et directeurs des services départementaux de l’Éducation nationale

 


 

 

 

   

1 – Principes de la mesure
Dans son discours du 8 février 2008 en faveur d’une nouvelle politique pour les banlieues, le Président de la République a demandé que soient fermés les collèges les plus dégradés afin d’offrir de meilleures perspectives de réussite scolaire à leurs élèves. Cette mesure concerne les collèges situés dans les quartiers de la politique de la ville, qui cumulent à la fois les plus grandes difficultés pour faire réussir leurs élèves et des problèmes de locaux. 
 
Une telle opération de destruction-reconstruction éventuelle repose nécessairement sur l’accord unanime de quatre partenaires : le conseil général en tant que collectivité propriétaire, la commune où est implanté l’établissement, le recteur et l’inspecteur d’académie, directeur des services départementaux de l’Éducation nationale, en tant qu’utilisateurs des locaux pour le compte de l’Éducation nationale, et le préfet, en tant qu’autorité directe des services chargés de mettre en oeuvre la politique de la ville. Les familles et les équipes éducatives sont informées et accompagnées tout au long du projet.
 
Une enveloppe spécifique de 40 millions d’euros pour 2010-2011 a été prévue dans le cadre de la programmation budgétaire pluriannuelle. Si elle est confirmée par les lois de finance annuelles à venir, cette enveloppe sera versée à l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (A.N.R.U.) pour permettre le financement de ces opérations dans le cadre des projets de rénovation urbaine. Dans cette perspective, il convient d’identifier des collèges susceptibles de bénéficier du soutien de l’A.N.R.U.
2 – Critères d’éligibilité
Les territoires concernés par la mesure correspondent aux 215 quartiers prioritaires de la dynamique « Espoir Banlieues » et aux quartiers supplémentaires concernés par des projets de rénovation urbaine. La mesure n’est applicable qu’à des projets encore non engagés. Les interventions pourront concerner des démolitions-reconstructions, des restructurations lourdes avec ou sans adjonction de bâti neuf ou des réhabilitations lourdes.
 
Les critères d’éligibilité figurent ci-dessous. Pour chaque critère, des éléments d’appréciation sont proposés. Pour être retenu, un collège ne doit pas obligatoirement remplir l’ensemble des critères. Cependant, la dégradation du bâti constitue une condition nécessaire.
 
- Un bâti dégradé :
. des dates de construction et de rénovation reculées ou des constructions obsolètes et vétustes ;
. un état des lieux des locaux faisant apparaître des conditions d’inconfort, voire d’insécurité.
- L’absence de mixité sociale :
. la proportion de P.C.S. défavorisées ;
. la proportion d’élèves boursiers au taux 3.
- La persistance de la faiblesse des résultats scolaires :
. l’évolution des résultats au diplôme national du brevet sur les quatre dernières années ;
. l’importance des phénomènes d’absentéisme et de décrochage scolaire.
- La désaffection des familles et des enseignants :
. la proportion de demandes de dérogations à l’entrée en sixième sur les deux dernières années ;
. la proportion de demandes de mutation parmi les enseignants sur les deux dernières années.
3 – Modalités de sélection des collèges
Dans un premier temps, vous identifierez conjointement les collèges susceptibles de bénéficier de la mesure. Dans un second temps, vous établirez avec le conseil général et la municipalité un constat partagé de la situation de chaque collège concerné et vous déterminerez la solution adaptée pour la scolarisation des jeunes du quartier.
À l’issue de cette seconde étape, vous établirez par département la liste du ou des collèges identifié(s), en précisant l’état des négociations avec les conseils généraux et les municipalités. Vous transmettrez avant le 29 mai 2009 à la DGESCO et à la DIV la liste des projets, en prenant soin de les classer par ordre de priorité. Vous en préciserez, pour chacun d’eux, les grandes lignes : éléments du constat partagé, solution envisagée pour la scolarisation des élèves, calendrier prévisionnel, articulation avec le projet de rénovation urbaine en cours sur le quartier. Cette liste fera également apparaître la nature des travaux projetés (démolition-reconstruction, restructuration lourde avec ou sans adjonction de bâti neuf ou réhabilitation lourde) ainsi que l’estimation du coût des travaux et exprimera les hypothèses de montage financier envisagées.
 
Les projets seront examinés par une commission nationale composée de représentants du ministère de l’Éducation nationale, du ministère de la Ville et de l’Agence nationale de rénovation urbaine. La commission donnera priorité aux projets pour lesquels la concertation est la plus avancée. La liste définitive des collèges retenus vous sera communiquée en juin 2009. 
 
Afin d’apporter des précisions sur les procédures pour la fermeture d’un collège, une fiche technique est jointe à ce courrier.
4 – Accompagnement des familles, des élèves et des équipes pédagogiques
Différentes solutions peuvent être envisagées pour les élèves de ces collèges : scolarisation dans un ou des établissements voisins, accueil dans un nouvel établissement construit sur site ou sur un autre site à proximité. La création d’un internat peut être aussi envisagée. La solution retenue devra impérativement contribuer à renforcer la mixité sociale. 
 
Une fois le projet validé, vous organiserez l’information des familles afin de leur présenter la solution proposée pour la scolarisation de leurs enfants et les échéances du projet. Vous porterez une attention particulière aux éventuelles difficultés que le déplacement du collège ou la scolarisation des élèves dans un autre établissement pourraient entraîner : allongement des trajets, accessibilité du nouvel établissement, coût des transports, coût supplémentaire de la demi-pension quand l’élève était externe auparavant.
 
Les services de l’Éducation nationale veilleront à ce que les personnels de direction et les équipes pédagogiques soient pleinement associés au processus de fermeture de l’établissement.    

Pour le ministre de l’Éducation nationale
et par délégation,
Le directeur général de l’enseignement scolaire
Jean-Louis Nembrini
Pour la secrétaire d’État chargée de la politique de la Ville 
et par délégation,
Le délégué interministériel à la Ville
Hervé Masurel
 

Fiche technique
Parallélisme des formes pour l’ouverture et la fermeture d’un E.P.L.E.
« Le législateur a entendu partager la compétence pour l’organisation du service public de l’enseignement du 2nd degré entre l’État d’une part, le département ou la région d’autre part, que la décision de supprimer un établissement public d’enseignement du 2nd degré ne saurait, dès lors, comme celle de le créer, intervenir qu’au terme d’une procédure permettant de recueillir l’accord tant du représentant de l’État que des organes compétents de la collectivité territoriale dont relève l’établissement. » (C.A.A., Lyon, 26-6-2007, n° 03LY00689)
Aux termes de l’article L. 421-1 du code de l’éducation « Les collèges [.] sont créés par arrêté du représentant de l’État sur proposition [.] du département [.]. »
Procédure pour la fermeture d’un collège
La procédure de fermeture d’un E.P.L.E. a été précisée par la circulaire interministérielle du 9 mai 1986 relative à la désaffectation et au changement d’utilisation, sans désaffection préalable, des biens de certains établissements d’enseignement. « la procédure de désaffection résulte d’une délibération du conseil général [.] prise après avis du conseil d’administration de l’établissement.[.°]. La décision de désaffection est prise par le préfet du département si elle concerne un collège [..]. » (cf. LIJ n°103 mars 2006, p. 21).
Compte tenu du parallélisme des formes, un établissement ne peut cesser son activité tant que, sur proposition de la collectivité territoriale compétente, le préfet n’en a pas prononcé la fermeture, avec l’accord du recteur. 
 
Le rôle des autorités académiques
L’analyse préalable à la mise en oeuvre de la procédure de consultation (état des locaux, évolution des effectifs, identification des causes de difficultés, étude d’impact) est menée par l’inspecteur d’académie-D.S.D.E.N. Cette phase d’analyse s’accompagne de consultations informelles des différentes parties prenantes.
Les autorités académiques saisissent le président du conseil général.
L’avis du conseil d’administration de l’E.P.L.E. est recueilli préalablement à la tenue du C.D.E.N.
Le projet de fermeture doit être soumis au C.D.E.N. où les différents partenaires, élus, personnels de l’éducation et parents d’élèves sont présents. Cette instance rend un avis simple sur la proposition de fermeture d’un collège ; la circonstance que celui-ci ait été défavorable n’est pas de nature à entacher d’illégalité la décision du conseil général.
 
Le rôle du conseil général
Conformément à l’article L. 213-1 du code de l’éducation, le conseil général est compétent pour arrêter la localisation des établissements, leur capacité d’accueil, et le mode d’hébergement des élèves, à l’issue d’une phase de consultation : consultation et accord de la commune d’implantation (ou, le cas échéant de l’E.P.C.I.) concernée par le projet de fermeture du collège. 
Le conseil général délibère sur la décision de fermeture du collège. Il prend un avis conforme. 
Le président du conseil général saisit le préfet du département. 
 
Le rôle du préfet de département
Dans l’hypothèse où la fermeture envisagée constitue un risque au regard de la garantie de l’offre d’accès au service public de l’éducation et peut nuire au maintien de l’équilibre des territoires concernés, le représentant de l’État, à son initiative ou à celle du président du conseil général, peut mener une concertation au sein de la commission départementale d’organisation et de modernisation des services publics (C.D.O.M.S.P.) dont la durée maximale est fixée à trois mois.
Le préfet prend l’arrêté de fermeture de l’établissement.
L’arrêté préfectoral portant fermeture d’un collège doit porter les visas suivants :
- articles L. 213-1 et suivants, et L. 421-1 du code de l’éducation ;
- articles 29 et suivants de la loi n° 95-115 du 4 février 1995, modifiée, concernant l’orientation pour l’aménagement et le développement durable du territoire ;
- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l’organisation et à l’action des services de l’État dans les régions et départements ;
- l’avis du C.D.E.N. ;
- l’avis du conseil d’administration du collège.
Calendrier
Le calendrier n’est pas défini réglementairement.
Il est habituellement considéré que la décision de fermeture d’un établissement est prise l’année N-1 avant sa mise en oeuvre effective.
Compte tenu du calendrier du mouvement des personnels relevant du ministère de l’éducation et de la nécessité de réaffecter les personnels relevant de la collectivité territoriale, ainsi que de la procédure de consultation, cette dernière doit en effet être initiée suffisamment tôt avant la date de fermeture envisagée du collège.

Source :> MENE0910887C

 

 



Les réponses

3 06 2009

1. Voici la réponse du Chef de Cabinet du Président de la République, M. Cédric Goubet, en date du 19 mai 2009 :

(Pour pouvoir la lire, il faut cliquer dessus.)

Les conseils de classe commencent dans moins de 15 jours. L’administration du collège est trop occupée pour recevoir le projet de classe de 3e « Soutien » (peu importe le nom) proposé par le professeur principal de l’actuelle 3e d’insertion.

Le recteur est resté muet. La principale aussi.

Au fond, on pourrait croire qu’il y a plus d’élèves que de personnes préoccupées par ces élèves.

2. Voici la deuxième réponse du Chef de Cabinet du Président de la République, M. Cédric Goubet, en date du 2 juin 2009 :

(Pour pouvoir la lire, il faut cliquer dessus.)

Les conseils de classe des 4e commencent la semaine prochaine. Dans ma classe de 4e Soutien, sept élèves demandaient la classe DIMA au deuxième trimestre, dans l’espoir qu’ils pourraient la faire dans notre établissement si menacé (voir l’article suivant). Aujourd’hui, il ne sont plus que trois. Il n’y aura que quatre places réservées pour tous les élèves de 4e du collège de Cambuston.

3. Voici la réponse du Chef de Cabinet du Secrétariat d’Etat à l’Outre-Mer, Mme Frédérique  Ciulin-Lahondes, en date du 4 juin 2009 :

(Pour pouvoir la lire, il faut cliquer dessus.)

Au moins, on sait que le Président, son chef de cabinet et celui du Secrétariat d’Etat à l’Outre-Mer, et le préfet de la Réunion ont entendu parlé du collège de Cambuston, de ses élèves de 4e en général et de la 4e Soutien en particulier, et de moi accessoirement.

Le silence du Rectorat est assourdissant, comme si on faisait quelque chose de mal, mais qu’il valait mieux le taire.

Le professeur principal de l’actuelle 3e d’insertion a présenté son projet de classe de 3e « Soutien » à Mme la principale, qui en a refusé ce qui en fait ses caractéristiques, les stages en entreprise, le programme adapté au niveau des élèves. Ce professeur, si concerné par nos élèves en difficulté, est complètement découragé.

Pourtant, cette semaine, j’ai fait passer le CFG (Certificat de Formation Générale) à des élèves (3e SEGPA et 3e d’insertion) du collège Hippolyte Foucque de Sainte-Suzanne, à quelques kilomètres de Saint-André. J’ai demandé aux professeurs de l’établissement quels étaient maintenant leur alternative à la disparition de leurs 3e d’insertion (ils en ont deux). Et ils m’ont répondu qu’ils auraient des classes de 3e à projet.

Il ne s’agit donc pas d’une question de textes de loi mais bien de volonté.

Lettre au Président de la République



Lettre au Président de la République

10 05 2009

Michèle Aymard

Collège de Cambuston

Rue Bois Rouge

97440 Saint-André

Ile de la Réunion


Madame, monsieur,

Je me permets de vous faire part de la lettre que j’envoie aujourd’hui  à monsieur le Président de la République. Elle appelle à l’aide pour l’orientation de futurs élèves de 3e, de futurs citoyens, dont on fait peu de cas aujourd’hui.

En espérant que vous verrez l’urgence de leur situation, je vous prie d’agréer, madame, monsieur, mes salutations respectueuses,

Michèle Aymard

Professeur principal de la classe de 4e Soutien

P.S. : Ce message a été envoyé par email, formulaire internet ou voie postale à :

Députés de la Réunion :

* Huguette Bello

* Jean-Claude Fruteau

* Patrick Lebreton

* Didier Robert

* René-Paul Victoria

Députée européenne :

* Margie Sudre

Sénateurs de la Réunion :

* Gélita Hoarau

* Anne-Marie Payet

* Jean-Paul Virapoullé

Ministres :

* François Fillon, Premier ministre

* Xavier Darcos, ministre de l’Education nationale

* Martin Hirsch, Haut commissaire à la Jeunesse

* Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des Collectivités territoriales

* Yves Jégo, Secrétaire d’Etat chargé de l’Outre-Mer

* Rama Yade, Secrétaire d’Etat chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’Homme, auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes

* Christine Lagarde, ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi

* Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi, auprès de la ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi

* Hervé Novelli, secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme et des Services, auprès de la ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi

* Brice Hortefeux , ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville

* Valérie Letard, secrétaire d’Etat chargée de la Solidarité, auprès du ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville

* Rachida Dati, garde des Sceaux, ministre de la Justice

* Michel Barnier, ministre de l’Agriculture et de la Pêche

Rectorat de la Réunion :

* Mostafa Fourar, recteur de l’académie de la Réunion

* Joseph Vallano, inspecteur d’académie à l’académie de la Réunion

* Christiane André, médiatrice à l’académie de la Réunion

* Gilette Bourgagrou, principale du collège de Cambuston

* Sylvain Avione, principal-adjoint du collège de Cambuston

* Florence Moutoussamy, conseillère principale d’éducation, en charge des classes de 4e au collège de Cambuston

Radios :

* Edouard Zambeaux, producteur de l’émission Périphéries, France Inter

* Daniel Mermet, producteur de l’émission Là-bas si j’y suis, France Inter

* Lionel Thompson et Pascal Dervieux, producteurs de l’émission Interception, France Inter

* Jean-François Achilli, producteur de l’émission Dimanche soir politique, France Inter

Télévisions :

* Rédaction de l’émission C dans l’air, présentée par Yves Calvi sur France 5

* Rédaction de l’émission Ripostes, présentée par Serge Moati sur France 5

* Rédaction de l’émission Revu et corrigé, présentée par Paul Amar sur France 5

* Rédaction de l’émission Complément d’enquête, présentée par Benoît Duquesne sur France 2

* Rédaction de l’émission Envoyé Spécial, présentée par Françoise Joly et Guilaine Chenu  sur France 2

* Rédaction de l’émission A vous de juger, présentée par Arlette Chabot sur France 2

* Rédaction de l’émission Mots Croisés, présentée par Yves Calvi sur France 2

* Rédaction de l’émission Avenue de l’Europe, présentée par Véronique Auger sur France 3

* Rédaction de l’émission Pièces à conviction, présentée par Elise Lucet et Lionel de Connink sur France 3

* Rédaction de l’émission Comme un vendredi, présentée par Samuel Etienne sur France 3

* Rédaction de l’émission Questions de génération, présentée par Samuel Etienne sur France 4

* Rédaction de CAP CANAL, chaîne de télévision consacrée à l’éducation

Presse :

* Rédaction du journal Le Canard enchaîné

* Rédaction du journal Marianne

Partis politiques :

* UMP

* Parti socialiste

Syndicats enseignants :

* SNALC, syndicat national des lycées et collèges

* SNES, syndicat national des enseignements du second degré

* SNCL, syndicat national des collèges et lycées

Spécialistes de l’éducation :

* M. Philippe Mérieu, professeur des sciences de l’éducation à l’université Lumière-Lyon 2

* M. Eric Maurin, Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS)

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Michèle Aymard

Collège de Cambuston

Rue Bois Rouge

97440 Saint-André

Ile de la Réunion

Saint-André, mardi 5 mai 2009


Monsieur le Président de la République

Palais de l’Elysée

55, rue du faubourg Saint-Honoré

75008  Paris



“Monsieur le Président

Je vous fais une lettre

Que vous lirez peut-être

Si vous avez le temps…”


Mais je ne vous écris pas pour vous annoncer ma désertion. Ceci est une supplique pour sauver des élèves.

Je crois avoir compris votre projet pour la France, qu’elle s’en sorte. A une moindre échelle, j’ai le même vœu pour certains élèves de 4e de notre collège classé Ambition Réussite.

Depuis de nombreuses années, une équipe de professeurs motivés et formidables encadrent nos élèves de 3e d’insertion. Ce type de classe était destinée aux élèves désireux d’entrer en apprentissage après la 3e. Le programme était adapté à leur projet. Jamais, et je suis professeur au collège de Cambuston depuis 1994, notre 3e d’insertion n’a été une classe “poubelle”.

Aujourd’hui, cette classe, malgré les avis contraires des professeurs, est supprimée, remplacée par une seule classe, – appelée désormais DIMA et située dans un autre collège -, une seule classe pour tous les élèves de la ville de Saint-André. Pourtant, même dans notre collège, une seule de ces 3e n’aurait pas été suffisante.

Les élèves pour lesquels j’ai envie de me battre sont sans doute des élèves en difficultés ou en échec scolaire, au sens administratif ou statistique. Et je pourrais ajouter “collège rural, familles très défavorisées, milieu créolophone” mais cela enlèverait peut-être au fait que ces élèves ont fait et continue encore à faire preuve de courage : ils ont compris que l’effort, à condition qu’il soit à leur mesure, est souvent récompensé.

Le programme de 3e générale n’est pas à leur mesure.

Je vous demande, pour eux, qui ont un projet professionnel, pour les futurs électriciens, pâtissiers ou coiffeurs de la France, les moyens (et pas seulement financiers) et le soutien nécessaires pour créer une 3e DIMA (ou simplement une 3e Soutien) au collège de Cambuston, pour les élèves de notre collège, dès la rentrée 2009. Il s’agit d’assurer la continuité avec la bientôt disparue 3e d’insertion.

A l’heure exacte où Mme Rachida Dati parle de projet Erasmus de l’apprentissage, où les campagnes publicitaires pour l’apprentissage fleurissent, en un lieu, l’île de la Réunion,  où les femmes et les hommes ne manquent pas de volonté, je n’ai plus d’autre choix pourtant que de m’adresser à vous pour que des jeunes de 15 ans aient un avenir proche, simplement proche, réouvert.

Dans l’espoir d’une réponse favorable de votre part, je vous prie d’agréer, monsieur le Président, mes salutations respectueuses,


Michèle Aymard

Professeur principal de la classe de 4e Soutien



Une chaîne de télévision consacrée à l’éducation

10 05 2009

Je n’ai pas eu encore la possibilité de voir toutes les émissions en ligne mais le projet d’une chaîne de télévision consacrée à l’éducation me semble intéressant, aussi bien pour les enseignants que pour les parents. Elle s’appelle CAP CANAL.

La possibilité de créer un lien  semble posséder par un bug. Vous devrez copier-coller les liens ou taper CAP CANAL dans votre gogol favori :

http://www.meirieu.com/VIDEO/capcanal.htm

http://www.capcanal.com/capcanal/

Voici la présentation, de Philippe Mérieu, qui figure en haut de la page d’accueil du premier lien (sur cette page, on accède – sans chercher – à toutes les vidéos en ligne) :

« CAP CANAL est une chaîne de télévision de service public consacrée à l’éducation

Elle a été créée par la ville de Lyon et est aujourd’hui diffusée sur le câble à Lyon et dans son agglomération ainsi que sur Grenoble et Meylan. Elle est diffusée sur l’agglomération de Saint Etienne (TL7) depuis le 16 avril 2007.

Une partie des programmes de CAP CANAL est reprise sur de nombreuses télévisions locales. Jusqu’à la rentrée 2007, les programmes de CAP CANAL étaient essentiellement centrés sur l’enseignement primaire. Ils étaient composés d’émissions à destination des élèves et d’émissions à destination des adultes, enseignants, parents et éducateurs. Dans ce cadre, je présente, depuis septembre 2005, CAP INFOS, une émission spécifiquement consacrée à la pédagogie. Je suis chargé aujourd’hui de faire monter en puissance la chaîne en développant des programmes en direction de l’enseignement secondaire, de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle. Je  travaille aussi à élaborer des émissions en direction des parents. L’objectif est de faire de CAP CANAL une véritable chaîne de la connaissance et de l’éducation. C’est également de mettre à disposition de tous des ressources audiovisuelles sur l’éducation en constituant une véritable « encyclopédie vidéo » dans ce domaine : déjà, vous pouvez accéder à de nombreuses émissions sur des sujets très variés (voir la liste ci-dessous).

CAP CANAL étudie actuellement la possibilité d’accéder à une diffusion nationale par le câble et/ou le satellite, peut-être l’ADSL, 24 heures sur 24 : nous concevons de nouvelles émissions et une nouvelle grille qui devraient pouvoir être opérationnelles au 1er septembre 2009… Mais de nombreuses difficultés techniques, financières, juridiques doivent être surmontées pour cela. Nous espérons pouvoir les surmonter afin de faire exister au plan national la première et la seule chaîne entièrement consacrée à l’éducation et à la connaissance… »



L’école est finie ?

4 05 2009

Il s’agit de la 2ème partie d’un ensemble de 5 interventions de Philippe Mérieu, professeur de sciences de l’éducation,  sur les nouveaux programmes 2008. Pour voir l’intégralité, aller sur le site Regarde à vue.



Débrayage au collège

18 04 2009

D’abord merci à tous ceux qui ont organisé cette action. Grâce à eux, les choses vont certainement changer.

Vendredi 17 avril, le personnel de notre collège (agents, enseignants et une partie du personnel administratif) ont refusé de travailler, faisant valoir leur droit de retrait, à savoir :

« Le salarié confronté à un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé, a le droit d’arrêter son travail et, si nécessaire, de quitter les lieux pour se mettre en sécurité. L’employeur ou les représentants du personnel doivent en être informés. Ce droit de retrait est un droit protégé. La décision du salarié ne doit cependant pas créer pour d’autres personnes une nouvelle situation de danger grave et imminent. » (source : Ministère du Travail)

On s’est réuni devant l’entrée du collège, laissant rentrer les élèves pour qu’ils soient sous la surveillance du personnel de la Vie scolaire.

On attendait la presse, la télévision, les élus et les décideurs.

Ils sont tous venus au rendez-vous.

Pour la presse, vous en trouverez un exemple sur cette page de Clicanoo (vous apprécierez – ou pas – le commentaire laissé par Marie-Claire) ou sur celle-ci de linfo.re.

Linfo.re propose également une vidéo ici. Le journal de RFO Réunion a relayé aussi l’information ici. Dommage que ces sites n’acceptent pas le partage des vidéos.

A 9 heures, on s’est tous retrouvés au réfectoire pour une assemblée générale, face à deux conseillères générales, la principale, le maire de Saint-André et quatre représentants de la direction du patrimoine.


 (photos R.P)

Concernant les trois TOS, le Conseil Général ne veut pas mieux faire que leur accorder un an de sursis (pourquoi un an, pourquoi pas dix, pourquoi pas deux mois ?) J’ai été le professeur de deux enfants de la dame sur la photo ci-dessus. Je côtoie ces personnes tous les jours et ils méritent plus que du sursis. Je sais ce que ça fait d’être dans un emploi précaire – je ne suis pas un professeur directement sorti de l’école pour y rentrer. Je sais aussi le sentiment de puissance que ça donne à ceux qui prennent les décisions. Je l’ai vu sur leurs visages à l’époque.

Philippe Manenc, responsable syndical, l’a dit mieux que moi mais nous avons eu l’impression que nous étions peut-être les seuls à penser qu’il s’agit de personnes et non pas de dossiers.

On nous a promis un agent supplémentaire et peut-être le remplacement de M. R., autre agent actuellement en congé de longue maladie.

Concernant l’état du collège, un des responsables de la direction du patrimoine 

- avant qu’il intervienne directement, je lui ai demandé s’il connaissait l’état du collège, et s’il accepterait que ses enfants viennent étudier dans ce genre de locaux.

Il a répondu OUI à la première question et NON à la deuxième. -

nous a annoncé que Cambuston était prioritaire pour les travaux de rénovation qui débuteront fin septembre ou début octobre 2009. 1,8 million d’euros leur sont attribués.

- réfection du réseau d’eaux pluviales

- remplacement des nacos par des jalousies

- remplacement des blocs-portes

- ravalement des peintures extérieures

- surélèvement du mur de clôture 

- sas couvert à l’entrée avec parking pour les deux-roues

- préau couvert de 275 m2 

- tous les ans, une enveloppe pour les petits travaux urgents

Madame la principale nous annonce que pendant les vacances de mai 2009, un portail électrique sera posé, ceci pour remplacer les trois vigiles qu’on nous a retirés en un an. Il n’en reste plus qu’un aujourd’hui.

Nous avons repris le travail à 10h15.

Voir aussi les articles :

Jour de pluie au collège de Cambuston

Cambuston, le collège le plus oublié de France ?

Image de prévisualisation YouTube



Jour de pluie au collège de Cambuston

17 04 2009


Internat à Cilaos

7 03 2009

Madame et monsieur, Vous trouverez en pièce jointe les informations relatives au collège de Cilaos qui propose un internat aux élèves. Je vous prie d’informer lors de la rencontre parent/ professeurs les parents dont les enfants pourraient être concernés.
Bonne journée.
La Principale

De : 9740096l <ce.9740096l@ac-reunion.fr>
Date : 2 mars 2009 10:05:15 GMT+04:00
À : liste des colleges publics <ce.colleges@ac-reunion.fr>
Objet : Internat de Réussite Educative

Chers collègues,

Comme convenu, je vous adresse avant le début des conseils de classe, pour diffusion aux professeurs principaux 5e et 4e, un dossier de candidature et la plaquette de présentation de l’Internat de Réussite Educative de Cilaos pour la rentrée 2009.

Je vous rappelle que cet internat s’adresse aux élèves de 4e (Rentrée 2009), voire 3e qui ont des capacités inexploitées, en vue d’intégrer un LEGT.

Bien cordialement,
Le Principal,
J.M. SPAMPANI



Le DIMA, explications

18 02 2009

1. DIMA : Dispositif d’initiation aux métiers en alternance

2. « Le Dima (Dispositif d’initiation aux métiers en alternance) n’est pas quelque chose de nouveau mais simplement une appellation nouvelle. Le but est de clarifier le paysage du pré-apprentissage en fédérant tous les dispositifs existants (apprentissage junior, classe préparatoire à l’apprentissage). Il entrera en vigueur lors de la rentrée scolaire 2008. Xavier Darcos, ministère de l’Education Nationale, a fait état de ce nouveau dispositif dans la circulaire de préparation pour la rentrée 2008, déjà évoquée dans un précdent article (BO du 10/04/08).

L’apprentissage junior devrait être abrogé prochainement par le Parlement. Le Dima permettra à des élèves de collège âgés de 15 ans de découvrir un ou plusieurs métiers par une formation en alternance d’une année scolaire, tout en poursuivant l’acquisition du socle commun de connaissances et de compétences. Le public visé: les jeunes qui se destinent à la signature d’un contrat d’apprentissage à 16 ans. Le Dima devrait concernerenviron 10 000 jeunes par an (selon le ministère).

La principale différence avec l’apprentissage junior est que le Dima permet de respecter l’obligation de scolarisation jusqu’à l’âge de 16 ans. Il ne sera plus possible pour des élèves de 15 ans de signer un contrat d’apprentissage avec une entreprise. Les jeunes resteront donc exclusivement sous statut scolaire jusqu’à leurs 16 ans. L’autre élément important est la nécessité pour ces jeunes d’acquérir le socle commun.

Pour les élèves âgés de 14 ans qui ne seraient pas en mesure de suivre une scolarité habituelle au collège, il existe toujours les dispositifs d’alternance au collège. Ces élèves de 4ème en rupture peuvent passer quelques jours en lycée professionnel, en CFA ou encore en entreprise, tout en restant collégiens, précise l’entourage du ministre. À l’âge de 15 ans, ils pourront rejoindre les classes de Dima, implantées en lycée professionnel ou en CFA. Les cours seront assurés par les professeurs de lycée professionnel et les formateurs en CFA suivant le lieu d’implantation de la classe de Dima. » (explications empruntées sur le site du SNCL-FAEn Lorraine.

3.  Exemplaire de dossier de candidature à une classe de DIMA proposé en format PDF par l’académie de Nancy-Metz.

4. Un article critiquant le DIMA : 

http://www.sundep.org/spip.php?article494#forum852

5. Mon commentaire à l’article du SUNDEP :

Article faisant preuve d’un esprit obtu. Sortez de votre café pédagogique ! Je suis professeur de français, pas démissionnaire du tout, et professeur principal de 11 élèves de 4e en difficulté mais ne manquant pas de courage, mais qui sont en rage que la 3ed’insertion de notre collège soit supprimée, que la seule classe DIMA de la ville soit dans un autre établissement où 3 places leur sont peut-être réservées – on n’en est même pas sûrs, étant donné le mépris général dont l’ensemble de notre petit collège rural réunionnais fait l’objet. Dis donc, le rédacteur de l’article, crois-tu que le circuit électrique qui te permet d’allumer la lumière chez toi a été posé par un lecteur de Platon dans le texte ? Ou par un sombre abruti ? Et bien, ni l’un ni l’autre, figure-toi. Car j’ai depuis longtemps cessé de mesurer l’intelligence au nombre de diplômes. Mes élèves ont une intelligence qu’aucune leçon sur l’accord du participe passé ne mettra en valeur. Et pourtant, ils sont intelligents. Je pleure pour eux, parce que je vois que tout le monde se fout d’eux, que l’égalité à tout prix aboutit à l’injustice, que je n’ai rien à leur proposer. Finalement, nous mériterons la colère qui va nous tomber dessus. Votre site met en évidence mai 68 ? Je vous promets de beaux lendemains qui chantent avec une vraie révolte de tous ceux que vous méprisez autant. Voyez la Guadeloupe.



Orientation des 4e

18 02 2009

Rapidement, je vous donne un lien vers le site web des personnels de direction des collèges et lycées, où l’on s’aperçoit que ces personnels ne comprennent absolument rien aux textes officiels, et que même, certains d’entre eux ne savent pas écrire.

http://personnel-de-direction.fr/index.php?option=com_fireboard&Itemid=0&func=view&catid=11&id=11707