La dictée sourde : oxymore et gageure ?
Publié le 14 octobre 2008 par Jean-François dans Comprendre, Leçon, notionÂ
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Bien à vous toutes et bien à tous,
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Parlons d’un sujet qui nous touche toutes et tous, française, français, mère, père, prof, prof, élève, élève, un sujet qui nous a tous un jour ou l’autre, alors que nous rêvassions paisiblement au-dessus de notre pupitre perdu, complètement bouleversifié au point que nous nous sommes mis à couler des larmes et des larmes de rancÅ“ur contre le système éducatif, contre l’existence astructurée qui nous enferme dans son piège discret, et contre la démansuétude d’un Dieu qui ne pouvait nous Aimer comme nous l’aimions car nous ne lui dictons rien, nous, alors que Lui il a crée ce qui nous d-émotive tant, je veux parler de la dictée. La dictée… Entendre une dictée et mourir.
Il existe énormément de façon de faire une dictée. Les collègues ne me contrediront pas. Entre les dictées classiques, les dictées à trous, les dictées de mots, les dictées dialoguées, les dictées préparées, les auto-dictées, et les dictralali dictralala, le professeur de français a un panel plutôt diversifié dans lequel il peut puiser foultitude d’inspiration. Bizarrement, les élèves s’octofoutent quelque peu de cette variété sélective et, à l’unisson, crient, pestent, rugissent, expectorent, s’invectivent, contre la dictée. (Je sais, je ne respecte pas les règles de complémentation verbale mais je perds cible et je saigne) Pourquoi ?, me demandé-je, l’innocence palmaire implorant les noirs cieux. Pourquoi les élèves détestent-ils autant la dictée ? Est-ce un épiphénomène moderne, dû entre autre à la faiblesse cataclysmiquissime en orthographe de ces amateurs de sms, de msn et de sigles iufmesques ? Ou est-ce un mépris ancré dans l’inconscient collectif depuis la nuit des Temps et peut-être même depuis la nuit des ténèbres elles-mêmes ? Je vous confesse, avec humble difficulté, que je suis parfaitement incapable de répondre à ces différentes interrogations cosmo-syncrétiques ; mais je me plie à jouvencer cette activité vieille comme les fesses d’une gymnaste qui n’a plus pratiqué son art depuis le fin fond des années 70 afin de la rendre un minimum plus attractive.
Aujourd’hui, je souhaitais vous parler de l’oxymorique « dictée sourde ». En quoi consiste-t-elle ? Le mieux, c’est de vous donner une illustration. Je ne suis pas sans ignorer que cette manière d’aborder le genre est quelque peu discutable. Voici :
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Voici la carte postale qu’une jeune fille a envoyée à ses grands-parents. Fatiguée par le soleil et les sorties, elle ne s’est guère appliquée, comme vous pouvez le constater par vous-même, et s’est laissée aller à une écriture SMS que ces derniers ne parviennent pas à déchiffrer. Aidez-les en réécrivant le texte dans un français convenable et compréhensible tout en veillant à soigner parfaitement l’orthographe.
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               SLT PéPé é MéMé !
JSPR QE VS Alé BI1 J ! VS FéT KOI ? VS éTE PARTI EN VAC CET ANé ? OU ?
MOI, JSUI ALé A CHOMON AC D AMI. CT TRO BI1 ! ONA Fé LE TR D REMPAR é ONA VISITé LA VIEIL VIL…
6NON, G Fé LE PL1 2 K7 PR MON PéR é G HET 3 LIVR. JME SUI OQP TOU Lé JR : G BCP COURU, Fé DU VLO, é JSUI SORTI TTE Lé NUI O Kfé DU COIN.
VOILA,
DONé-MOI 2 VO NOUVL.
EMBRAC MILOU PR MOI,
               A BI1TO,
LN.
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               Salut pépé et mémé !
J’espère que vous allez bien J ! Vous faites quoi ? Vous êtes partis en vacances cette année ? Où ?
Moi, je suis allée à Chaumont avec des amis. C’était trop bien ! On a fait le tour des remparts et on a visité la vieille ville…
Sinon, j’ai fait le plein de cassettes pour mon père et j’ai acheté trois livres. Je me suis occupée tous les jours : j’ai beaucoup couru, fait du vélo, et je suis sortie toutes les nuits au café du coin.
Voilà ,
Donnez-moi de vos nouvelles.
Embrassez Milou pour moi,
               A bientôt,
Hélène.
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               A vous de voir le pour le contre !
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Tags : dictée, dictée dialoguée, français, msn, professeur, sms