Cher Jean Fédéfote…
0 Commentaire(s) Publié le 18 janvier 2008 par Jean-François dans Leçon Comme vous le savez, l’orthographe, je parle bien de l’Orthographe avec un grand O (et non un grand Ho
), n’est pas la tasse de thé de tout le monde… Loin s’en faut ! Y compris pour certains profs
… Et alors ? Tout le monde fait des erreurs ; et puis, après tout, c’est en faisant des erreurs qu’on apprend, non ?
C’est pour cela que je me suis creusé les méninges (en fait, non, c’est ma prof d’IUFM qui m’a aidée par le biais d’un fascicule que j’ai minutieusement compulsé [à vous de voir ce qui se cache derrière l'oxymore, lol]) afin de trouver une activité qui puisse exhorter un tant soit peu mes élèves à pratiquer (de) l’Orthographe. Chacun a une orthographe qui lui est propre. C’est étrange d’affirmer cela, puisque l’orthographe est normalement un code rigide, typifié, garanti, certain, stable ; mais il faut se l’assurer : avec l’irruption de l’écriture msn et de l’écriture sms, chacun développe vraiment une écriture plus ou moins singulière, originale, avec ses types de fautes particulières. Imaginez-vous, aujourd’hui, les jeunes doivent maitriser trois types « d’écriture » : l’écrit scolaire (non pas scolastique), l’écrit « oral » (msn, sms) et la prise de notes/ traces écrites (qui se situent entre les deux cas précédemment cités). Tout doit donc se mélanger dans leur tête et nous en arrivons à des phrases parfois sans queue ni tête ni même orthographe : « Sait l’enemies de Ivain se combatan dans la fôret périeus (sic) ». Alors comment parvenir à lancer le sujet sans heurter leur sensibilité d’enfants de 12 ans qui ne perçoivent pas encore les plaies linguistiques, les violences et les maltraitances qu’ils infligent aux mots ou encore leur cruauté d’arracheurs de pattes-de-mouches ?… Mots, avez-vous donc une âme ? Et, si oui, souffrez-vous ?
Et c’est ici qu’apparait Jean. Jean Fédéfote. Un petit jeune homme d’une douzaine d’années, blond, aux yeux bleus imperceptibles, défaits dans un blouson rouge abattu sur ses épaules. Un élève quoi. Avec ses angoisses métaphysiques, ses incertitudes pré-adolescentes, ses fautes d’orthographe. Suite à une séquence sur le roman de chevalerie qui l’a particulièrement intéressé, il a oublié de donner des nouvelles à sa grand-mère ; celle-ci s’inquiète ; la mère de Jean l’empresse de lui envoyer une lettre, mais Jean n’est pas rassuré : son orthographe n’est pas fameuse et sa grand-mère est de la vieille école (normal pour une grand-mère me direz-vous) ; il me montre sa brève épitre (à cet âge on n’a de l’imagination que pour ses amis) et je tombe des nues. J’ai beau lui expliquer, et lui expliquer, radoter des explications, radoter des radotements d’explication, il n’y entend rien. Que fais-je ? Je décide de donner cette lettre à mes élèves (vous aurez compris, Jean est fictif… Ah vous vous étiez pris au jeu ? Lol) afin qu’ils la corrigent (une correction en moins), qu’ils la commentent, et qu’ils encouragent notre bon jeune Jean. Voici comment se présente l’exercice :
1) Le petit Jean Fédéfote, un élève de cinquième du collège de Mérimé situé à Dictée, a bien des soucis avec l’orthographe : il faut l’aider et partir à la recherche des erreurs dans cette courte lettre qu’il a écrite pour sa grand-mère. Je la lui rendrai. Recopie donc ce travail en supprimant un maximum de fautes (les chiffres t’indiquent le nombre de fautes par ligne).
1 Ma cher grand-mère
3 Je t’y magine, assise au font de ton grand fauteuille,
2 tenant cette lettre d’une main qui tramble. Du font de
3 ma penser, je vois un sourir sur ton visage qui rit, mes
2 qui pleure aussi parceque je suis resté silencieu
2 deux longue s’année. Je suis parti étudié
2 le moyenne âge à Carvin.
3 Je comprend pour quoi les chevalier et
3 les femmes en détresse te boulverse touts les deux.
1 Aujourd’huy, je suis revenu et je veux te dire
4 que je taime toit et tes vielles histoire !
5 Je tembrasent t’endremant,
1 Bien à toit, Jean.
2) S’il veut progresser, il est évident que Jean a besoin d’y voir plus clair. Regroupez donc (en vous plaçant par deux) les erreurs qu’il a commises entre elles et trouve un titre à chaque catégorie d’erreurs (Il y en a quatre. Par exemple : les accords).
3) Ecris une lettre à Jean dans laquelle tu l’encourageras en lui expliquant tes propres difficultés en orthographe, tes doutes, tes agacements, etc. Profites-en pour lui expliciter un point de grammaire que tu connais parfaitement afin qu’il ne se trompe plus ! (Tu peux pour cela utiliser le manuel, le Bescherelle, etc.).
L’avantage de Jean, c’est qu’il peut-être récurrent. Je compte donner des nouvelles de lui régulièrement, et mes élèves se sont engagés à l’épauler dans sa quête de la pureté linguistique. Et pourtant, ils ne sont pas dupes…























