Les Muses

3 03 2008

   Les Muses sont les neuf filles de Zeus et Mnémosyne, la Mémoire. Elles chantent des chants divins pour le plaisir des dieux en des lieux consacrés ( la Piérie, le sommet de l’Olympe enneigé, la source d’Hippocrène), sous la conduite d’Apollon Musagète. Au centre du tableau de Mantegna « Vénus et Mars, ou Le Parnasse » ( 1497, Paris, Musée du Louvre), elles forment une ronde et accompagnent de leur chant Apollon jouant de la lyre, à gauche en l’honneur des amours de Mars et Vénus, surplombant leur ballet de leur arche – arc de triomphe.  Les Muses président à l’inspiration poétique et à toutes les activités intellectuelles. Selon Fulgence le Mythographe. (VIe ap. J.C), chacune est associée à une discipline et traditionnellement représentée avec des attributs symboliques. Calliope pour la  poésie épique ( trompette, tablette, stylet), Clio, pour l’histoire ( trompette, livre, rouleau de parchemin), Polymnie, pour les hymnes héroïques ( instrument de musique), Euterpe, pour la poésie lyrique ( souvent une flûte), Terpsichore,  pour la danse ( lyre), Erato, pour la poésie amoureuse (instruments à corde ou tambourin), Thalie, pour la comédie ou la poésie légère ( rouleau de parchemin, masque, couronne de laurier, bâton), Uranie pour l’astronomie ( globe terrestre et compas).  Il n’y a pas de muse pour les arts plastiques, la peinture et la sculpture ayant longtemps été considérés comme des savoir-faire artisanaux.

   Inspiratrice de l’artiste, la Muse est un motif  présent dans de nombreux tableaux et poèmes à partir de la Renaissance. Dans l’oeuvre ci-contre, Nicolas Poussin L’Inspiration du poète (vers 1630 huile sur toile 182 cm x 213 cm), La Muse Calliope s’appuie sur un instrument de musique et se tient près d’Apollon, identifiable par sa beauté, sa lyre et sa couronne de lauriers. Le Dieu reproduit le geste créateur insufflant au poète, debout la plume à la main, l’inspiration divine. Le regard tendu vers le haut, ce dernier semble ignorer les deux inspirateurs rappelle l’influence chrétienne qui fait du Ciel le lieu de la divinité. Ce tableau illustre la définition de l’inspiration, étymologiquement « insufflation divine du prophète »ou  » enthousiasme créateur qui entraîne le poète ». Cette définition héritée de la théorie platonicienne   (voir « document «  Ion) fait du poète un prophète, littéralement  » celui qui parle à la place de l’Autre, de Dieu ». L’inspiration n’est réservée qu’à une poignée d’élus, une aristocratie de l’esprit  qui reçoit « cette honnête flamme au peuple non commune »  (Du Bellay). La Muse, dans l’élégie amoureuse, se confond souvent avec la figure de la femme aimée, dont la pensée stimule la création. C. Juste


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Une réponse à “Les Muses”

3 03 2008
Hugo Billard (16:27:15) :

Bonjour Carole,
Félicitations pour ces premiers billets. Je reconnais bien le professionnalisme apprécié sous d’autres cieux.
A bientôt

Hugo
Le Jardin des Retours

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