MAX ET LES MAXIMONSTRES par Chloé de 2C
Publié par cavpoinca dans Non classéMax et les Maximonstres raconte le voyage initiatique d’un enfant à la recherche de lui-même et en quête d’un nouveau royaume à la mesure de son imagination et de sa fantaisie. Le petit Max se sent incompris et veut donner un sens à sa vie. «Je n’ai pas cherché à faire un film pour les enfants; j’ai voulu faire un film sur l’enfance», explique Spike Jonze. Max et les Maximonstres offre une vision nouvelle des nombreuses facettes de l’enfance.
Max et les Maximonstres est le troisième long-métrage de Spike Jonze adaptation du célèbre livre de Maurice Sendak sorti en 1963. L’ouvrage a séduit des millions de lecteurs à travers le monde. Il figure depuis les années 70 sur la liste des 10 best-sellers Jeunesse de Publishers Weekly. Après deux films écrits par Charlie Kaufman (Dans la peau de John Malkovich et Adaptation) c’est l’occasion pour le cinéaste de montrer qu’il n’est pas dépendant de la «folie kaufmanienne».
Where the Wild Things Are, le livre (et titre original du film), ne compte qu’une vingtaine de phrases et à peu près autant d’illustrations. Or, pour faire un film de plus d’une heure trente, Spike Jonze a dû «enrichir» le récit, sans trahir la vision de Maurice Sendak. Et l’idée qui lui a permis d’avancer, qui l’a convaincu de tenter l’expérience, c’est de faire porter à chacun des sept monstres de l’histoire, les émotions parfois contradictoires qui habitent un enfant comme Max. «J’ai dit deux fois non à l’idée d’adapter cette histoire, raconte Jonze. Je ne voulais pas le faire pour le faire. Puis une idée a finalement surgi du livre, celle de faire des monstres des représentations des émotions de Max. J’ai eu envie d’explorer ces émotions, ces sentiments. À partir de là, tout s’est mis en place.» Carol, le monstre le plus présent du groupe, incarne ainsi la colère; KW a, elle, envie de liberté; Judith voit toujours le mauvais côté des choses; Alexander se sent constamment rejeté; Ira (qui fait des trous partout) cherche quant à lui à donner un sens aux choses, à mettre de l’ordre… Pour tirer un scénario du livre, Spike Jonze a interrogé des dizaines d’enfants sur ce qui les mettait en colère ou les rendait joyeux, afin de «tirer sur les bonnes ficelles».
Les premiers plans sont la preuve que Max et les Maximonstres est tout sauf un film banal: Max poursuit à toute vitesse son chien en hurlant quand l’image se fige laissant apparaître le titre. C’est l’enfant prédateur qui se rue, en hurlant et en criant sur sa proie pour la prendre dans ses bras et la serrer très fort. Tout est déjà dit : Max, ce petit garçon plein d’énergie cache derrière son dynamisme et son animalité une soif de tendresse et d’amour.
Spike Jonze, dans Max et les Maximonstres, propose un film en apparence simple, en profondeur très complexe, puisque se met en place un réseau de liens entre l’île et la maison de Max, où règne l’incompréhension. L’île réunit en effet tous les attraits qui font rêver un enfant : on y est libre de courir à perdre haleine, de hurler à tue-tête, de construire, de détruire, de se bagarrer, de jeter des choses aussi loin que possible et, surtout, de faire tout ce qui vous chante sans avoir à en rendre compte à faire à des
adultes.
Le thème de l’enfance fragile est omniprésent : Max a toujours besoin de s’enfuir dans un lieu représentant le ventre maternel : l’igloo, la caverne en draps, la table sur laquelle travaille sa mère, la nouvelle demeure des Maximonstres en forme de sphère… On assiste même à une seconde naissance de Max lorsque pour le cacher de Carol, KW l’avale puis une fois le Maximonstre parti, elle le rejette. On comprend que c’était Max, après cette seconde naissance a changé son regard sur le monde. D’ailleurs, c’est peu de temps après qu’il décide de rentrer chez lui. C’est à travers le problème de communication entre Carol et KW que Max fait son apprentissage.Cette difficulté représente le problème que Max a à communiquer avec sa mère et sa soeur. Et quand Max grimpe sur son navire pour rejoindre sa maison, on a le coeur serré car les adieux vont êre déchirants. Mais de l’autre côté, il y a la maison, et l’avenir.
Afin de donner vie à ces géants velus, Jonze a eut l’idée de créer des costumes grandeur nature dans lesquels se glisseraient des gens pour animer les gestes des Maximonstres. Pour peaufiner le tout, une touche d’animation informatique fut appliquée sur les yeux et la bouche des masques afin de leur donner toute leur expressivité. Spike Jonze a fait preuve de retenue : peu d’effets numériques, des décors naturels et des acteurs en costumes suffisent. À cette fantaisie des images s’ajoute une beauté insulaire, dans les plans sur les paysages grandioses où les personnages deviennent infimes, ou les gros plans sur des visages expressifs et harmonieux.
Aux États-Unis, le film a déstabilisé une bonne partie du public, essentiellement des mères de famille horrifiées devant un spectacle pas forcément aimable, d’une noirceur inhabituelle.
Mais Max et les Maximonstres est un film touchant et émouvant qui nous donne une leçon de vie merveilleuse, le tout dans une ambiance musicale formidable créée par Carter Burwell et Karen O (chanteuse des Yeah Yeah Yeahs) «Mon travail consiste à écrire des mélodies simples, très enfantines, rappelant les accroches de ces grands chansons pop que vous n’arrivez pas à vous sortir de la tête», explique Karen O, qui rassembla pour ce projet des musiciens de divers groupes qu’elle affectionne.
Comment communiquer malgré les différences, construire ensemble, reconstruire encore et encore : telles sont les leçons apprises sur l’île.
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