mar 22 2010

Le LIPDUB 2009 DES PREPAS

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mar 20 2010

MAX ET LES MAXIMONSTRES par Chloé de 2C

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Max et les Maximonstres raconte le voyage initiatique d’un enfant à la recherche de lui-même et en quête d’un nouveau royaume à la mesure de son imagination et de sa fantaisie. Le petit Max se sent incompris et veut donner un sens à sa vie. «Je n’ai pas cherché à faire un film pour les enfants; j’ai voulu faire un film sur l’enfance», explique Spike Jonze. Max et les Maximonstres offre une vision nouvelle des nombreuses facettes de l’enfance.

Max et les Maximonstres est le troisième long-métrage de Spike Jonze adaptation du célèbre livre de Maurice Sendak sorti en 1963. L’ouvrage a séduit des millions de lecteurs à travers le monde. Il figure depuis les années 70 sur la liste des 10 best-sellers Jeunesse de Publishers Weekly. Après deux films écrits par Charlie Kaufman (Dans la peau de John Malkovich et Adaptation) c’est l’occasion pour le cinéaste de montrer qu’il n’est pas dépendant de la «folie kaufmanienne».

Where the Wild Things Are, le livre (et titre original du film), ne compte qu’une vingtaine de phrases et à peu près autant d’illustrations. Or, pour faire un film de plus d’une heure trente, Spike Jonze a dû «enrichir» le récit, sans trahir la vision de Maurice Sendak. Et l’idée qui lui a permis d’avancer, qui l’a convaincu de tenter l’expérience, c’est de faire porter à chacun des sept monstres de l’histoire, les émotions parfois contradictoires qui habitent un enfant comme Max. «J’ai dit deux fois non à l’idée d’adapter cette histoire, raconte Jonze. Je ne voulais pas le faire pour le faire. Puis une idée a finalement surgi du livre, celle de faire des monstres des représentations des émotions de Max. J’ai eu  envie d’explorer ces émotions, ces sentiments. À partir de là, tout s’est mis en place.» Carol, le monstre le plus présent du groupe, incarne ainsi la colère; KW a, elle, envie de liberté; Judith voit toujours le mauvais côté des choses; Alexander se sent constamment rejeté; Ira (qui fait des trous partout) cherche quant à lui à donner un sens aux choses, à mettre de l’ordre… Pour tirer un scénario du livre, Spike Jonze a interrogé des dizaines d’enfants sur ce qui les mettait en colère ou les rendait joyeux, afin de «tirer sur les bonnes ficelles».

Les premiers plans sont la preuve que Max et les Maximonstres est tout sauf un film banal: Max poursuit à toute vitesse son chien en hurlant quand l’image se fige laissant apparaître le titre. C’est l’enfant prédateur qui se rue, en hurlant et en criant sur sa proie pour la prendre dans ses bras et la serrer très fort. Tout est déjà dit : Max, ce petit garçon plein d’énergie cache derrière son dynamisme et son animalité une soif de tendresse et d’amour.

Spike Jonze, dans Max et les Maximonstres, propose un film en apparence simple, en profondeur très complexe, puisque se met en place un réseau de liens entre l’île et la maison de Max, où règne l’incompréhension. L’île réunit en effet tous les attraits qui font rêver un enfant : on y est libre de courir à perdre haleine, de hurler à tue-tête, de construire, de détruire, de se bagarrer, de jeter des choses aussi loin que possible et, surtout, de faire tout ce qui vous chante sans avoir à en rendre compte à faire à des
adultes.

Le thème de l’enfance fragile est omniprésent : Max a toujours besoin de s’enfuir dans un lieu représentant le ventre maternel : l’igloo, la caverne en draps, la table sur laquelle travaille sa mère, la nouvelle demeure des Maximonstres en forme de sphère… On assiste même à une seconde naissance de Max lorsque pour le cacher de Carol, KW l’avale puis une fois le Maximonstre parti, elle le rejette. On comprend que c’était Max, après cette seconde naissance a changé son regard sur le monde. D’ailleurs, c’est peu de temps après qu’il décide de rentrer chez lui. C’est à travers le problème de communication entre Carol et KW que Max fait son apprentissage.Cette difficulté représente le problème que Max a à communiquer avec sa mère et sa soeur. Et quand Max grimpe sur son navire pour rejoindre sa maison, on a le coeur serré car les adieux vont êre déchirants. Mais de l’autre côté, il y a la maison, et l’avenir.

Afin de donner vie à ces géants velus, Jonze a eut l’idée de créer des costumes grandeur nature dans lesquels se glisseraient des gens pour animer les gestes des Maximonstres. Pour peaufiner le tout, une touche d’animation informatique fut appliquée sur les yeux et la bouche des masques afin de leur donner toute leur expressivité. Spike Jonze a fait preuve de retenue : peu d’effets numériques, des décors naturels et des acteurs en costumes suffisent. À cette fantaisie des images s’ajoute une beauté insulaire, dans les plans sur les paysages grandioses où les personnages deviennent infimes, ou les gros plans sur des visages expressifs et harmonieux.

Aux États-Unis, le film a déstabilisé une bonne partie du public, essentiellement des mères de famille horrifiées devant un spectacle pas forcément aimable, d’une noirceur inhabituelle.

Mais Max et les Maximonstres est un film touchant et émouvant qui nous donne une leçon de vie merveilleuse, le tout dans une ambiance musicale formidable créée par Carter Burwell et Karen O (chanteuse des Yeah Yeah Yeahs) «Mon travail consiste à écrire des mélodies simples, très enfantines, rappelant les accroches de ces grands chansons pop que vous n’arrivez pas à vous sortir de la tête», explique Karen O, qui rassembla pour ce projet des musiciens de divers groupes qu’elle affectionne.

Comment communiquer malgré les différences, construire ensemble, reconstruire encore et encore : telles sont les leçons apprises sur l’île.


mar 20 2010

AVATAR par Cécile de 2C

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Avatar était annoncé comme une véritable révolution cinématographique. Et c’en est une, bien qu’elle soit plus subtile qu’une nouveauté comme le passage du noir et blanc à la couleur. James Cameron et son équipe ont mis au point pour ce film un nouveau système appelé «performance capture», qui nous offre des images de synthèse au réalisme époustouflant. Des créatures aux qualités animales, mais dont les caractéristiques principales viennent de la race humaine, qui se meuvent de surcroît dans un univers grandiose.

Pour son film, James Cameron a créé de toutes pièces un nouveau monde, celui de Pandora, et n’a abandonné aucun détail au hasard. Tout sur Pandora a été réfléchi, pensé, (copié parfois : sur Miyazaki, pour les montagnes flottantes) : les créatures, les plantes, le concept d’Eywa… Il y a ensuite implanté le monde que l’on connaît tous : celui des hommes et de la guerre. On distingue clairement une séparation de ces deux mondes, tant par leur aspect visuel que sonore. Les couleurs de Pandora sont tropicales, vives, plutôt dans les tons bleus, verts, alors que les couleurs du monde humain sont ternes, dans les tons gris, ou rouges lorsque ces derniers utilisent le feu pour ravager une nature jusqu’alors inviolée. Du côté sonore, des bruits durs, agressifs nous entourent lorsqu’on se trouve sur le camp de base des humains, s’opposant à une mélodie aux influences africaines sur le territoire des Na’vi.

L’association des deux espèces du film (hommes et Na’vi) à l’écran est parfaitement réussie, sans que l’on puisse apercevoir quelque soudure où que ce soit. Plus impressionnant encore vers la fin du film, lors des scènes de combat entre hommes et Na’vi (ou d’amour lorsque Neytiri embrasse Jake Sully qui est alors sous sa forme humaine).

Les presque trois heures du film, que l’on peut redouter avant l’entrée dans la salle, passent assez vite, ne donnant pas au spectateur l’occasion de s’ennuyer, ce dernier étant rapidement plongé dans l’univers d’un Cameron décidément inspiré. La 3D, à laquelle hélas le temps d’adaptation est un peu long, qui gâche une partie du film (et accessoirement fait mal aux yeux), ne manque pas dans la version en 2D tant la profondeur de champ apparaît grande. Le spectateur ne regarde pas simplement un tableau en mouvement, il entre réellement dans un monde et dans une histoire.

L’histoire est, justement, ce que l’on peut reprocher au film. D’une simplicité et d’un triste commun, on peut prédire à l’avance énormément de choses. Le film est de plus très manichéen, séparant d’une nette frontière les gentils des méchants. Le scénario est déjà vu, mais simplement transposé sur une autre planète avec d’autres créatures, et remis au goût du jour grâce à un joli fond écologiste. C’est finalement pour le scénario une sorte de nouvelle version d’Atlantide, l’empire perdu (de Walt Disney), et pour la poésie et la merveille des images dans laquelle les spectateurs se laissent entraîner avec plaisir, un nouveau Abyss.

Pourtant, on passe facilement au delà du scénario simpliste. Car qui n’apprécie pas de déguster un délicieux et délicat cocktail visuel, bien qu’il soit servi avec un  scénario qui n’atteint pas la merveille de ce qu’on nous offre à voir ? C’est comparable à un plat au goût assez peu recherché, mais accompagné d’une sauce divine. James Cameron camoufle très bien un scénario qui manque de recherche grâce à une perfection visuelle à la fois poétique, raisonnablement dynamique et somme toute plutôt magique.


nov 25 2009

Du grain à démoudre pour une élève de l’option

Publié par cavpoinca dans Actualités du cinéma      

Oriane, élève de l’option en classe de Terminale participe cette semaine, en tant que membre du jury, au festival de cinéma Du grain à démoudre, qui se déroule à  Gonfreville L’Orcher, en Seine -Maritime. Organisé par des jeunes de 10 à 25 ans accompagnés de professionnels du cinéma, le festival Du Grain à Démoudre propose une compétition de longs et de courts-métrages inédits en présence de leur réalisateurs.

Vous pouvez consulter le scénario qui a permis à Oriane d’être retenue pour participer à cette manifestation à l’adresse suivante (le thème du concours d’écriture de scénario était: l’anniversaire)

http://www.dugrainademoudre.net/CONCOURS_SCENARIO_2009/CONCOURS_SCENARIOS_2009.html


nov 22 2009

DISTRICT 9 PAR PIERRE-LOUIS (1LC)

Publié par cavpoinca dans Critiques      

Critique District 9 :

Premier long métrage de Neill Blomkamp, réalisateur issu de la publicité, District 9 est une fable de science-fiction partant de la métaphore appuyée de l’apartheid et du thème des réfugiés pour se tourner, dans une seconde partie, vers une logique de pure série B. Sous la houlette de Peter Jackson (au poste de producteur), usant de nombreuse références et tirant parti d’un budget restreint, le jeune cinéaste signe l’un des films de science-fiction les plus importants de la décennie.

Avec District 9, Neill Blomkamp réinvente son court-métrage Alive in Jo’burg, réalisé en 2005. Il y était narré à la manière d’un reportage l’arrivée d’immigrés extra-terrestres à Johannesburg et la réaction des habitants face à ces nouveaux arrivants. District 9 reprend ce point de départ et dresse la représentation d’une réalité alternative où, depuis 1980, un gigantesque vaisseau spatial d’origine extra-terrestre plane au-dessus de la capitale sud-africaine. Ses occupants, des aliens aux allures de mollusques, appelés dans le film « crevettes », sont alors enfermés dans d’immenses camps de réfugiés. Le film débute comme un faux documentaire, multipliant diverses sources vidéo telles que des interviews de spécialistes, d’historiens ou d’acteurs des évènements racontés, des micros-trottoirs, des images d’archive, des films d’entreprise ou encore des extraits de journaux télévisés. Ce choix narratif permet au cinéaste de planter en quelques minutes un univers crédible et cohérent, sorte de futur immédiat, mais aussi d’éviter toute dramatisation quant à l’arrivée des aliens sur Terre, ainsi que de conférer une forme de quotidienneté dans les évènements qu’il décrit. Déroulant une vingtaine d’années sous nos yeux, le faux documentaire nous présente les faits et nous amène au personnage central du film, Wikus Van de Merwe, pur afrikaner et fonctionnaire timide et obéissant, chargé d’évacuer puis de délocaliser les aliens du camp de réfugiés situé aux abords de la ville vers un autre situé à 200 km de là. Contaminé lors de l’évacuation du bidonville par un fluide alien qui fait muter son ADN, Wikus se métamorphosant progressivement en « crevette ». Les aliens du film ne sont pas les créatures belliqueuses de bon nombre de film utilisant le thème de la visite extra-terrestre. En effet, les aliens de Neill Blomkamp s’apparentent plus à des réfugiés se faisant de plus en plus envahissants pour la population humaine. A travers les différents événements qu’il décrit, de l’arrivée des aliens à Johannesburg à leur détention dans des bidonvilles, en passant par le rejet de la population locale face aux nouveaux occupants, le réalisateur dresse les métaphores du racisme et du thème des réfugiés, évoquant la politique de ségrégation de l’apartheid instaurée par les colons blancs en Afrique du Sud.
Ayant réussi à instaurer un univers crédible et réaliste grâce au principe de « documenteur », le cinéaste amène son film vers la pure fiction, prenant le risque de désorienter son spectateur. En effet, plutôt que d’exploiter jusqu’au bout le concept du « documenteur » (concept par ailleurs déjà usé jusqu’à la corde dans des long-métrages tels que Le Projet Blair Witch, Rec ou encore Cloverfield) et de tomber dans la facilité, Blomkamp décide d’abandonner ce procédé narratif juste avant que celui-ci ne commence à s’essouffler, la partie documentaire du film étant là avant tout pour poser les bases de l’univers alternatif qu’est l’univers de District 9. Le cinéaste amorce un retour à la fiction pure et ce, avec la plus grande discrétion. En effet, Blomkamp glisse subtilement au cœur du faux documentaire de brefs plans ouvertement cinématographiques lors de l’arrivée de Wikus et des mercenaires l’accompagnant dans le district 9 (le bidonville abritant les « crevettes »), tels qu’un plan du point de vue des aliens ou quelques gros plans sur les visages montant les réactions de certains personnages, comme un chef de gang ou encore l’un des mercenaires. C’est alors que le réalisateur sud-africain renverse les points de vue et fait prendre au film un virage décisif. Lors d’un habile champ/ contrechamp, le cinéaste alterne, dans une même unité de temps et de lieu, plans sur de fiction du côté des aliens et plan « documentaire » du point de vue des humains, l’un des aliens observant Wikus et ses hommes au travers d’un mur. Ainsi, la mise en scène gagne en subjectivité, Blomkamp prenant dès lors parti pour les extra-terrestres, faisant de ceux-ci, lors de cette scène, de véritables personnages alors qu’ils étaient montrés comme envahissants et répugnants dans la partie « documentaire » du film. Une fois posé son sous-texte humaniste et métaphorique, le film s’oriente vers la pure série B, sans pour autant mettre de côtés ses intentions d’origine. De la course-poursuite effrénée qui fait suite à la contamination du personnage de Wikus, campé de manière particulièrement convaincante par l’inconnu Sharlto Copley (qui jouait déjà dans le court-métrage d’origine) au surprenant et sanglant gunfight final, le récit ne s’essouffle pas et ne sombre jamais dans le ridicule (ce que certains pourront contester) et ce, grâce à un rythme constant et à la crédibilité de l’univers du film, univers brouillant les repères entre réalité et science-fiction.
Il est amusant de constater qu’au delà de son originalité certaine, District 9 est nourri de nombreuses références et renvoie à des œuvres de science-fiction antérieures, ainsi qu’à certains jeux-vidéos dans ses scènes d’action. L’immense vaisseau spatial flottant continuellement au-dessus de la ville rappelle la série V où de belliqueux lézards extra-terrestres tentaient d’envahir la planète. Neill Blomkamp recycle (dans le bon sens du terme) à quelques reprises le Aliens de James Cameron, référence incontournable dans le domaine de la science-fiction moderne, que ce soit dans l’arrivée de Wikus et de ses hommes dans le district 9 ou dans la bataille finale où les soldats se retrouvent face à une force les dépassant. Le « mécha » d’origine extra-terrestre dans lequel se glisse Wikus lors de cette scène renvoie lui, directement au final du film de James Cameron, où Ripley revêtait un attirail similaire. Le traitement cronenbergien de la métamorphose du personnage principal fait écho à la transformation du personnage de seth Brundle dans le cultissime La Mouche de David Cronenberg, Blomkamp posant, à l’instar de Cronenberg, lors du plan final la question de l’humanité du personnage après sa transformation en un être n’ayant rien d’humain physiquement parlant. A la vision d’une œuvre aussi réussie que District 9, il est d’autant plus regrettable que l’adaptation du jeu-vidéo Halo, précédent projet de Neill Blomkamp et Peter Jackson soit resté inaboutie, alors qu’elle était déjà bien avancée, car sabordée par Microsoft ayant décidé d’abandonner le projet. Le film est d’autant plus réussi qu’il bénéficie d’effets spéciaux incroyables de réalisme, créés par les génies de Weta Workshop.

Pour son premier film, Neill Blomkamp signe une œuvre maîtrisée de bout en bout et réussit à dépasser brillamment l’argument de film concept, ce qui n’aurait certainement pas été le cas entre les mains de cinéastes moins talentueux. Surprenant dans ses procédés narratifs et formels, le film parvient à mêler intelligemment un sous-texte humaniste et une mécanique de pure série B. District 9 est une œuvre d’une grande originalité, parfaitement à la hauteur de son buzz et qui fait partie de ces films instantanément culte. C’est suffisamment rare pour être signalé…

Pierre-Louis THIRION.