sept 29 2009

A propos d’Elly par Oriane Sidre (Tlc)

Publié par cavpoinca dans Critiques, Non classé      

Bon, allez, ce n’est plus à l’affiche, amis c’est un film qui mérité d’être commenté. Merci Ju pour m’avoir motivée :

A propos d’Elly… de Asghar Farhadi
Petit film iranien, A propos d’Elly instaure habilement une tension originale à partir d’un fait banal, à savoir la disparition en mer d’une jeune femme invitée à un weekend de retrouvailles, et révèle par ce drame les inégalités homme/femme dans la société iranienne. En effet, si la première partie a des allures de vacances idylliques, où, malgré les suspicions quant à la présence d’Elly, institutrice de la fille d’une des femmes du groupe, les camarades de fac se retrouvent et s’amusent en toute tranquillité, marquant leur proximité par des gestes affectifs ou des taquineries gentilles, la deuxième partie du film bascule dans une angoisse noire. La scène de noyade, annoncée par un montage de plus en plus saccadé sur le visage d’Elly jouant au cerf-volant, installant un malaise progressif, est particulièrement impressionnante. La bonne humeur et fraternité du départ s’écroulent face au drame et à la disparition de cette mystérieuse femme. Très vite, les relations deviennent conflictuelles, les couples se déchirent, chacun tente d’éviter le poids de la faute en accusant l’autre. Et la seule qui ne peut protester est Elly. Par cette brutale révélation d’une fausse solidarité, le réalisateur dénonce subtilement la condition de la femme dans son pays. Suite à cet événement, le groupe se dissocie en deux clans, femmes et hommes qui perdent leur égalité et se dispute la prise de décision. Puisqu’Elly a disparu, chaque élément de sa personnalité est critiqué ouvertement, notamment parce qu’elle est une femme qui en cachait trop à propos d’elle, comme le fait qu’elle était fiancée. Néanmoins, grâce à l’aspect microcosmique et une unité de temps et de lieu, la description de ces rapports reste nuancée, subtile, donnant à chacun des personnages sa part d’humanité et sensibilité, autant homme que femme. Enfin, A propos d’Elly… est baigné dans une ambiance bleutée, images irritées par le sel de cet mer qui happe le voile de la sérénité pour révéler une profonde angoisse.