Vincent Schmitt au lycée vendredi 14 janvier
Publié par cavpoinca dans Actualités du cinéma, ThéorieA l’occasion de la présentation au Caméo du documentaire de Jacques Perrin et Eric Deroo, L’Empire du milieu du Sud, nous accueillons au lycée le monteur du film, Vincent Schmitt. La rencontre a lieu en salle polyvalente à 16h15.
La présence des élèves de Premiere option lourde, de Terminale option lourde et de Mise à Niveau est obligatoire, les élèves d’autres niveaux peuvent évidemment y assister s’ils n’ont pas de cours à ce moment.
Il est bien entendu conseillé d’aller voir le film ensuite, mais en attendant voici quelques liens pour avoir une idée du film et du travail effectué par Vincent Schmitt.
LA BANDE ANNONCE DU DOCUMENTAIRE
Présentation de L’Empire du milieu du Sud par Jacques Perrin et Eric Deroo
DOSSIER: L’Indochine , les guerres du Vietnam et le cinéma.
L’Indochine coloniale dans le cinéma français
INDOCHINE, Régis Wargnier (1992)
L’influence de Marguerite Duras: L’Eden Cinéma (pièce de théâtre montée pour la première fois en 1997) , L’Amant (adapté par Jean-Jacques Annaud en 1992) et Un barrage contre le Pacifique
UN BARRAGE CONTRE LE PACIFIQUE, Rithy Panh (2009)
La guerre d’Indochine: Un cinéaste, Pierre Schoendoerffer
317e SECTION, Pierre Schoendoerffer (1965)
Complément sur 317e section et Pierre Schoendoerffer sur le site de la Cinémathèque française:
http://www.bifi.fr/public/ap/article.php?id=235
Pierre Schoendoerffer a aussi réalisé La Section Anderson (1967):
« Prodigieux reportage, admirable dans sa vérité, sa sobriété, son intensité, filmé heure par heure au cours des six semaines que l’équipe de « Cinq colonnes à la une »" accompagnant le réalisateur Pierre SCHOENDOERFFER a passé au sein d’une section combattante américaine, au Vietnam. Les 33 hommes de cette Division de première Cavalerie, dite « la section Anderson », sont sous les ordres du lieutenant ANDERSON, jeune noir de 24 ans, sorti de West Point (le Saint-Cyr américain)Ce n’est pas un autre reportage sur le Vietnam que nous voyons dans ce document, mais un épisode de la vie américaine transporté du fait de la guerre, au Vietnam. Ces 33 jeunes gens dont chaque visage, chaque personnalité nous deviennent rapidement familiers, mènent la vie du combattant américain de 1967, en Asie. Leurs frayeurs, leur courage, leur attente, l’ennui, l’inactivité, le combat ou la permission; leurs blessés, leur mort, leurs prisonniers, pas un seul des aspects de cette forme exceptionnelle et douloureuse de cette existence ne nous échappe.Ce film est à la fois fort, émouvant, sensible et merveilleux de sobriété.Ce film a été primé meilleur documentaire aux Oscars 1967. » Site Ina.fr
lien vers extrait de La section Anderson:
http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/indochine-et-vietnam/video/CAF88041439/vietnam-la-section-anderson.fr.html
DIEN BIEN PHU, PIERRE SCHOENDOERFFER (1992)
EXTRAIT DU DOCUMENTAIRE TV DE P.SCHOENDOERFFER, FILMER LA GUERRE D’INDOCHINE
Le cinéma documentaire militant: Joris Ivens, Chris Marker, Jean-Luc Godard et les autres
CAMÉRA–OEIL
épisode du film collectif Loin du Vietnam
France/1967 / épisode de 15′ / coul. avec Jean-Luc Godard
Film-manifeste contre la guerre américaine au Vietnam réalisé afin de provoquer une prise de conscience de l’opinion publique française.
Les autres épisodes sont signés par Resnais, William Klein, Ivens, Varda, Lelouch, Marker et Michèle Ray.
La guerre du Vietnam et le cinéma américain
Voyage au bout de l’enfer constitue le point de départ de l’exploitation hollywoodienne de la guerre du Vietnam, c’est le début du « Cinéma-Vietnam » qui envahit les écrans américains jusqu’en 1993 (avec Entre ciel et terre d’Oliver Stone). Voici les bandes-annonces des plus grands films américains sur la guerre du Vietnam.
VOYAGE AU BOUT DE L’ENFER, Michael Cimino (1978)
APOCALYPSE NOW, Francis Ford Coppola (1979)
PLATOON, d’Oliver Stone (1986)
FULL METAL JACKET, Stanley Kubrick (1987)
CASULTIES OF WAR, Brian de Palma (1990)
Extrait de « Filmer le conflit du Vietnam », article du Monde diplomatique, avril 2000.
« IL y a vingt-cinq ans, le 30 avril 1975, s’achevait la guerre du Vietnam. Long et meurtrier, ce conflit devait se terminer par un humiliant retrait du corps expéditionnaire américain. A l’occasion de cet anniversaire, les télévisions du monde vont sans doute reprogrammer les principaux films de fiction inspirés par la conflagration : Deer Hunter, Platoon, Apocalypse Now, Full Metal Jacket... Mais quelle chaîne songera à proposer les admirables documentaires qui, mieux que les longs-métrages de fiction, témoignèrent de l’exceptionnelle cruauté d’un affrontement qui causa la mort de 58 000 Américains et de plus de 3 millions de Vietnamiens
La guerre du Vietnam dura quatorze ans, de 1961 à 1975. Le Front de libé ration du Sud-Vietnam se constitua le 20 décembre 1960, environ six semaines après l’élection aux Etats-Unis de John F. Kennedy. Dès le début de l’année suivante, celui-ci jeta les Forces spéciales dans la guerre, en violation des accords de Genève de 1954. Puis ce fut l’escalade décidée par Lyndon B. Johnson, à la fin des années 60, avec le bombardement du Nord et de Hanoï. Il y eut ensuite la « vietnamisation » de la guerre décidée par Richard Nixon. Enfin, le gouvernement proaméricain de Saigon et son armée s’effondrèrent le 30 avril 1975.
Ce conflit a été le thème le plus longuement traité par la télévision dans toute l’histoire des informations télévisées américaines. Une étude très précise a été effectuée par le sociologue George Bayley (1) sur la manière dont les trois grands réseaux américains (ABC, CBS, NBC) rendirent compte de cette guerre durant la période 1965-1970.
Presque la moitié des informations sur la guerre concernaient soit les actions de l’infanterie sur le terrain, soit les activités de l’aviation ; et environ 12 % d’entre elles étaient des déclarations officielles des deux gouvernements (Saigon et Washington). Le point de vue de l’« ennemi » n’était fourni que par 3 % de l’ensemble des informations diffusées. Un tel pourcentage indique assez explicitement combien la télévision américaine fut partiale.
L’impact de cette guerre aux Etats-Unis et le refus qu’elle suscita auprès des jeunes notamment – manifestations antibellicistes, marches pour la paix, protestations universitaires – furent également minimisés. A propos de cette partialité, George Bayley note : « A peu près tous les résumés quotidiens des combats provenaient des services de relations publiques de l’armée. » Ces services avaient dépensé, pour la seule année 1971, plus de 200 millions de dollars dans le but de proposer aux citoyens américains la meilleure image possible de l’armée.
Dans un documentaire de Peter Davis, The Selling of the Pentagon (« Comment on vend le Pentagone »), un ancien officier des services d’information raconte comment il s’efforçait de « désinformer » les journalistes venus enquêter sur le terrain. Par exemple, une équipe de la CBS qui réalisait un reportage sur les bombardements du Vietnam du Nord et s’était adressée à lui pour trouver des pilotes américains à interroger fut victime de ses manipulations. Il lui fournit effectivement des pilotes, mais après avoir sévèrement chapitré ceux-ci sur ce qu’il ne fallait surtout pas dire…
« De la même façon, note un observateur, les services d’information montaient des opérations bidons de troupes gouvernementales sud-vietnamiennes. Elles étaient filmées par les services officiels, qui envoyaient ensuite les reportages aux petites stations américaines qui n’avaient pas les moyens d’envoyer des équipes au Vietnam (2). »
C’est pour s’opposer à cette vision partiale et manipulatrice d’une « sale guerre » que des cinéastes indépendants entreprirent, dès la fin des années 60, de dénoncer, au moyen de documentaires politiques, les horreurs et les crimes de l’intervention américaine au Vietnam.
« Au nom de la civilisation occidentale »
DANS In the Year of the Pig (« Vietnam, année du cochon »), en 1969, Emile de Antonio tenta, le premier, d’expliquer les raisons profondes de la guerre. Avec des méthodes d’archéologue, Antonio étudia une énorme quantité d’images d’archives, depuis l’époque de la colonisation française, et démontra deux choses : la préméditation de l’intervention américaine et le caractère, selon lui, inéluctable de la défaite militaire.
Les signes avant-coureurs de cet échec, un cinéaste de génie, Joseph Strick, les avait déjà repérés (cf. son film Interviews with My Lai Veterans, 1970) dans la crânerie et la suffisance qu’affichaient le lieutenant Calley et ses sinistres compagnons, soldats transformés, par la grâce de l’armée, en criminels de guerre, véritables machines de mort, après avoir subi les entraînements déshumanisants que le documentariste Frédéric Wiseman avait dénoncés dans Basic Training en 1971.
L’insoumission fut réclamée par le poignant Winter Soldier (« Soldat d’hiver »), documentaire collectif où des vétérans de la guerre témoignent des atrocités qu’eux-mêmes, « au nom de la civilisation occidentale », ont commises au Vietnam. Ce film est sans doute, de tous les documentaires réalisés contre la guerre du Vietnam, celui dont l’impact auprès de l’opinion publique a été le plus fort.
De jeunes « vétérans » (ils ont entre vingt et vingt-sept ans) prennent conscience, au retour de la guerre, qu’ils ont participé à une boucherie et que, en raison du conditionnement subi, ils ont été déshumanisés et réduits à l’état de « Terminator » criminels. Ils comprennent alors que la guerre du Vietnam n’aura jamais son Tribunal pénal international, que les vrais responsables politiques et militaires des massacres, du napalm répandu, des bombardements aériens contre les civils, des exécutions massives dans les bagnes, et des désastres écologiques provoqués par l’usage massif de défoliants ne passeront jamais devant une cour martiale et ne seront jamais condamnés pour crimes contre l’humanité.
Cette évidence leur devient insupportable ; aussi, afin d’apporter un contre-témoignage aux mensonges répandus par les médias, cent vingt-cinq d’entre eux, ni insoumis ni déserteurs, souvent couverts de décorations, se réunissent à Detroit, en février 1971. Des cinéastes de New York décident de filmer cet événement que les médias officiels boycottent. Ils enregistrent trente-six heures de film dont Winter Soldier est la synthèse.
On y voit ces anciens soldats, naguère fiers d’avoir combattu pour leur patrie, expliquer le décervelage préalable subi dans les camps d’entraînement où on leur apprenait à museler leur conscience morale et à libérer leurs instincts d’agression. Ils racontent les atrocités qu’ils commirent une fois leur robotisation achevée : les viols, les tortures, les villages incendiés, les exécutions sommaires, les enfants pris pour cible, les oreilles des Vietnamiens (vivants ou morts) échangées contre des boîtes de bière, les prisonniers jetés du haut des hélicoptères, etc.
(…)
Winter Soldier met en évidence la profondeur du traumatisme provoqué aux Etats-Unis par le conflit et souligne le désarroi moral de la jeunesse engagée au Vietnam (…) »
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