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Aux limites du réel…… par Yoann Morales

Jeudi 30 juin 2011

Aux limites du réel                  

                                                                                                                                

Toujours ce même souvenir, toujours ce même cauchemar se  concluant  par un réveil en sursaut. Toujours cette même peur, cette même angoisse de se rendormir, mais sans pour autant vouloir rester éveillé… Wilson ne pourrait jamais oublier ce qu’il a vu, ce qu’il a vécu. Toute l’horreur de cette guerre, cette image à jamais gravée dans sa mémoire. Celle de son ami de toujours, Robert, croulant sous le poids de la fatigue, et peut être aussi à cause de cette énorme trou béant, sur son flanc gauche. Son dernier cri : « Wilson ! Mon ami aide moi ! » Et lui, impuissant, voyant petit à petit l’âme de son frère de cœur, quitter ce corps où elle ne pouvait plus rester. Et tout ça, chaque nuit depuis son retour du maquis.

Wilson n’en pouvait plus. Non seulement cette guerre avait fait de lui un monstre, mais en plus elle l’avait désormais rendu insomniaque. Il fit donc comme il en avait désormais l’habitude. Il s’assit sur son lit, et tremblotant de peur, fit attention au moindre bruit, en priant que ce soir soit le bon.  Que ce soir, cette chose ou bien cette punition, s’arrêterait. Mais cette nuit comme toutes les autres,  un petit cliquetis commença. Petit à petit le bruit s’amplifia et se rapprocha peu à peu de la chambre de Wilson pour bientôt devenir un craquement lourd et sourd, tel un pas très appuyé. A cet instant précis, Wilson  qui revivait cet instant chaque soir fit comme toutes les nuits : il cria, et, tout en fermant les yeux, courut hors de sa chambre, en prenant toujours ce même mur dans le couloir, aggravant ainsi cet énorme hématome sur son épaule gauche. Il rouvrit ensuite les yeux, et ferma à clef la porte intermédiaire séparant le couloir du salon. Une fois cette chose « ’enfermée », il essaya de se calmer, et de peut être dormir sur le canapé. Mais impossible ! Wilson regarda ensuite son horloge murale, et, à son grand désespoir, la trotteuse, ne trottait plus…

***

« Mais qu’est ce tu fais encore ? J’avais dit midi, pas une heure ! 

-         Oh ! Simon ,tu vas pas recommencer ! Tu sais très bien que le sommeil et moi, c’est une grande histoire d’amour ! Toute façon je ne vais pas être le seul en retard, Enzo aussi va être à la bourre…  J’arrive dans cinq minutes !

-         Bon d’accord, ici tout le monde est arrivé, même Enzo, on n’attend plus que toi »

 Et voila encore un bon week-end qui s’annonce. Pour peu qu’il fasse beau  pensa Alexandre. Réveil difficile comme tous les samedi matins. Et à chaque fois le même réveil en fanfare. Le téléphone qui sonne, et Simon au bout du fil qui s’impatiente. Mais  depuis le temps, autant Simon que lui, commençait à en avoir l’habitude. Il se leva donc difficilement, et, l’esprit encore dans les songes, s’approcha de la grande baie vitrée de son salon, pour voir le temps qu’il faisait. Et là, à son grand désespoir, comme le week-end dernier, le temps était couvert, menaçant.  En même temps, en plein automne, il ne fallait pas s’attendre à du 30° ciel dégagé  se disait-il.  Mais bon, de là à avoir un temps pourri depuis bientôt deux semaines. D’autant plus que pour accentuer le tout, cela faisait depuis bientôt un mois que les étourneaux sévissaient en ville. A peine les temps de crier « Merde ! », ou « Pousse-toi ! » que la personne devant toi, horrifiée, était victime d’un bombardement. Mais bon tant que ça ne me touche pas. 

Une fois le rituel du « commentaire de temps »  terminé, il fallait ensuite qu’il se prépare. Pas de déjeuner, vu qu’il était déjà une heure, et qu’Alex comme on le surnommait, devait rejoindre toute sa bande pour aller manger en ville. Il passa donc la vitesse supérieure et se dépêcha d’aller rejoindre Simon en ville.                                                                   

       

 ***

Encore une nuit blanche. Wilson n’avait pas fermé l’œil de la nuit. Au moins cette nuit, le téléphone n’avait pas sonné, avec cette respiration et ce cri au bout du fil. Le fait que cela ne s’était pas passé était une consolation pour lui. Désormais il faisait jour .Il devait faire l’impasse sur cette horrible nuit et commencer une journée normale. Wilson passa donc quelques vêtements à la hâte, mit son désormais légendaire chapeau, et commença à s’approcher de la porte d’entrée. Mais une fois encore, la curiosité s’empara de lui. Et s’il avait vraiment enfermé la « chose » dans son couloir ? Bientôt la curiosité s’empara totalement de lui lorsqu’il vit une ombre passer derrière les vitres martelées de la porte de son couloir. D’une main tremblotante, il s’empara de la clef sur la table du salon, et d’un pas lent et hésitant, il s’approcha de la porte. L’atmosphère était pesante, et ce n’était pas l’obscurité qui allait arranger les choses. Une fois devant la porte ,Wilson s’arrêta. Qu’allait -il se passer lorsqu’il allait introduire la clef dans la serrure ? Et s’il était plus raisonnable de quitter les lieux pour ne plus jamais y revenir ?  Mais il ne pouvait pas partir sans savoir. Wilson approcha donc doucement la clef de la serrure, l’introduisit délicatement, quand soudain, la trotteuse se remit en route. C’ en était trop pour lui ! La panique s’empara de Wilson, qui fit directement demi-tour. Derrière lui un grand fracas se fit entendre, suivi d’un cri strident. Wilson courut vers sa porte d’entrée, en haletant. Paniqué, il prit les clefs, mais sous l’effet du stress, les fit tomber par terre. Il s’empressa de les ramasser, mais n’arriva pas à les introduire dans la serrure. Derrière lui un pas lourd se faisait entendre amplifiant la tremblote de Wilson. Il refit tomber ses clefs, et, horrifié, il essaya de défoncer la porte à coups de pieds. Mais celle-ci tint bon, et bientôt Wilson se retourna en pleurs  pour affronter cette chose qui l’avait tant terrifié, et qui allait sans doute l’emporter avec elle…

***

Sur le chemin, le portable d’Alex sonna. Toujours un peu endormi, il le mit machinalement à  son oreille en disant « Allô ? » d’une voix molle. Mais personne ne répondit au bout du fil. C’est alors qu’il se rendit compte qu’il venait de recevoir un texto de Simon disant :

«  En fait laisse tomber on annule ! Tout à l’heure je t’avais raconté n’importe quoi pour te presser.  Finalement tout le monde fait soit un truc, soit leurs devoirs… Donc si tu veux on peut se faire un truc ensemble ? »

C’en était trop pour Alex. Il venait de se lever pour rien, et rien que d’y penser, sa figure vira au rouge, portée par une déformation due à la colère. Il fit donc demi-tour, et n’étant pas loin de chez lui, rentra très vite. Lorsqu’il franchit sa porte d’entrée, ses parents lui posèrent toutes sortes de questions, l’obligeant à expliquer ce qui venait de se passer. Derrière, en bruit de fond, la télé diffusait les informations du jour. C’est alors qu’Alex et ses parents furent interpelés :

Attention Flash Spécial ! Affichait le moniteur.

 Aujourd’hui la disparition mystérieuse de Wilson MacSobel, glorieux combattant  ayant capturé de nombreux avant-postes durant la seconde guerre-mondiale, interpelle les policiers. En effet Wilson aurait subitement disparu sans laisser de trace dans la matinée, selon son voisinage. Ceux-ci auraient entendu un cri strident avant de se précipiter dans sa maison, pour y découvrir un trou béant dans le sol, dont les spécialistes n’arrivent toujours pas à estimer la profondeur. Pour l’instant la thèse de l’enlèvement n’est toujours pas écartée, mais cette histoire déchaine les férus de Science-Fiction qui livrent chacun des hypothèses toutes plus folles les unes que les autres…  Affaire à suivre donc. 

                                                                                                                                             Alexandre, tout comme ses parents, resta perplexe, face à l’image « du trou béant », qui semblait s’étirer jusqu’au cœur de la Terre. Que penser de cette histoire ? se demanda-t-il. Car même s’il est difficile de croire aux » histoires à dormir debout », ce trou et cette disparition le faisaient réfléchir. Ses parents, qui eux aussi semblaient en pleine réflexion, décidèrent ensuite de retourner à leurs occupations sans faire de commentaires sur cette histoire. Suis-je donc le seul à me demander ce qui est arrivé à ce pauvre homme ? se demanda-t-il. Alex étant très curieux de nature, se précipita donc ensuite sur son ordinateur, de façon à récolter le plus d’informations possibles sur cette histoire. Après quelques heures de recherche, il découvrit avec stupeur, que cet évènement avait eu lieu dans sa ville, non loin de chez lui. Il décida donc d’aller voir de plus près cet énorme trou, qu’il avait désormais appelé « Bouche du diable ».

             ***

C’est un rayon de soleil brûlant qui réveilla Wilson. Celui-ci, dont les membres étaient totalement endoloris, se leva avec difficulté, avant d’être frappé par le décor qui l’entourait. Mais où suis-je ? C’est quoi ce bordel ? Tout autour de lui, une plage de sable blanc s’étendait à perte de vue, bordée par une mer turquoise, comme celles des paradis inaccessibles présentées dans les agences de tourisme. Wilson leva ensuite la tête et découvrit qu’il était sous un cocotier, semblable à la centaine d’autres qui l’entourait. La chaleur était accablante, et les vêtements d’hiver de Wilson lui collaient à la peau, du fait qu’il suait beaucoup. L’ancien combattant était abasourdit. Suis-je mort ? Est-ce le paradis dont tous les Chrétiens parlent ? Peut-être que c’est cette chose qui m’a tué…Il ne savait plus quoi penser… Mais bientôt un grand fracas le tira de ses songes. Immédiatement et par réflexe Wilson se jeta par terre, s’enlevant d’en dessous de l’arbre. Il vit ainsi deux noix de coco tomber violemment, accompagnées d’une branche de bois dense, qui s’écrasa sur sa jambe. C’est à se moment là qu’il comprit qu’il n’était pas au paradis, car la douleur qu’il venait de ressentir était si forte, qu’elle lui arracha un cri presque aussi fort, que lorsqu’il était poursuivi par « la chose ». Bientôt, toutes les noix de coco tombèrent simultanément, et c’est alors que Wilson comprit qu’un tremblement de terre avait lieu. Il se mit donc immédiatement en position fœtus les mains sur la tête, en priant… En priant sa bonne étoile comme il aimait dire. Une fois la secousse terminée, Wilson se leva pour admirer le paysage idyllique dans lequel il s’était réveillé, désormais transformé en vaste champs de bois et de noix de coco. Contrairement à ce qu’il aurait put croire, cette situation ne le stressa pas. Au contraire elle lui tira un sourire en coin.  Mais dans quel merdier suis-je encore tombé !

***

 

Tout est trouble ! Et puis cette lumière aveuglante ! Où suis-je ? La première chose qui frappa Alex fut cette chaleur accablante. Je ne me rappelle  presque rien… Juste qu’une fois devant ce trou… Que s’est-il passé d’ailleurs une fois devant ce trou ? Alex était perdu. Tant dans ses pensées que pour l’endroit dans lequel il se trouvait. Une plage ? Des cocotiers ? Mais comment  suis-je  arrivé là moi ?

La méditation d’Alex  fut interrompue lorsqu’il aperçut au loin, une ombre, qui avait l’air humaine. Alex se précipita directement vers elle, puis vit soudain le ciel bleu, avant de voir le sable de très près. Il venait de trébucher sur une noix de coco, chutant ainsi lourdement. Cet interlude ne le découragea pas. Il vit ensuite que la plage était remplie de noix. Visiblement cet endroit avait connu une espèce de tempête. Alex se remit ensuite à courir en prenant soin de bien éviter tous les obstacles qui se dressaient devant lui. Petit à petit il discerna clairement la silhouette d’un homme, assez musclé, et de taille moyenne. Une fois non loin de lui, Alex décida de se cacher derrière un cocotier de façon à ne pas se faire repérer. Je suis peut être sur une île secrète Américaine. Mais un craquement trahit le jeune garçon. Aussitôt « l’Homme » se retourna, et posa son regard sur Alex. Celui-ci, pétrifié de peur, entreprit de s’enfuir. Mais la vélocité de l’inconnue dépassait la sienne, et bientôt Alex s’écroula, plaqué au sol par son assaillant.

- Ne me tuez pas ! Je suis innocent ! Je ne sais pas comment je suis arrivé là ! 

cria aussitôt Alex.

Le mystérieux inconnu se releva, et en fixant le garçon dit :

-  Je m’appelle Wilson. Je ne te veux aucun mal, car je suis moi aussi arrivé ici           par je ne sais quel moyen 

- Wilson ? L’ancien combattant qui a mystérieusement disparu ? 

- Mystérieusement disparu ?

- Toutes les télés en parlent en ce moment. Votre maison abrite désormais un trou béant, dont les plus grands spécialistes ne connaissent ni la cause, ni la profondeur .

Le visage de Wilson changea subitement, comme si l’on venait de lui annoncer sa propre mort :

- Il m’arrive tellement de choses improbables en ce moment, que je me demande si je ne suis pas fou… D’ailleurs qu’est-ce qui me prouve que tu n’es pas « la chose » ? Hein dit le moi ! 

 s’emballa Wilson.

-         Mais de quoi parlez-vous ? Je ne suis ni une hallucination, ni une chose ! Je suis juste totalement paumé, et certainement bientôt mort de faim ou de soif ! Alors calmez-vous ! Ok ?

 rétorqua aussitôt le jeune Homme.

Soudain un cliquetis interrompit leur dispute. Wilson qui reconnut de suite le bruit de « la chose » prit par le bras Alex, et commença à sprinter avec le jeune homme.

-  Qu’est ce que c’est ?   demanda Alex d’une voix chevrotante

-  Contente toi de courir et tais toi ! 

Le bruit les suivait de près, et Wilson pouvait même affirmer qu’il se rapprochait. Tout à coup cette scène lui parut familière, et l’épisode de sa maison lui revint. Ho non pas ça ! Pas encore !

Mais bientôt Alex et Wilson stoppèrent leur course soudainement. Les deux hommes hébétés, ne dirent plus un mot, même le bruit qui résonnait de plus en plus fort derrière eux ne leur fit plus aucun effet. Le spectacle qui se déroulait sous leurs yeux était tellement exceptionnel. En fait Wilson et Alex n’avançaient plus, car il n’y avait plus rien. Devant eux, la plage s’arrêtait brusquement, et derrière, le vide. Le vide total ! Le noir à perte de vue… Les deux hommes ne bougeaient plus,  encore sous le choc. Leurs cerveaux avaient visiblement du mal à comprendre cet espèce de phénomène. C’est Wilson qui reprit le premier ses esprits :

-   Oh ! mon dieu ! La vache ! Mais ne te retournes surtout pas petit ! « La chose » est trop dangereuse ! Il faut faire un choix maintenant !

-  Comment ça ?

-  Y a pas 36 solutions ! Soit on se fait tuer par ce truc, soit… Soit on saute !

-  Mon choix est déjà tout vu. »

Aussitôt dit, le garçon recula de quelques pas, et dans une course folle, agrémentée d’un cri tel celui de Tarzan, le jeune homme sauta dans l’inconnu, bientôt suivit de l’amiral Wilson.

Yoann Morales

seconde


Chasseur de trésors………. par GILLOT Julien

Lundi 20 juin 2011

Chasseur de trésors

 

Reynold, surnommé Rey est un étudiant américain de 21 ans comme les autres ; il vit avec son père, car sa mère est décédée lorsqu’il avait 5 ans, d’un accident de voiture. Ses résultats sont plutôt bons sans être exceptionnels et il compte devenir comptable mais il a choisi ce métier par défaut car il ne savait pas quoi faire, il est flemmard et reporte toujours tout ce qu’il peut au lendemain. Son père quant à lui est prof de sport au lycée de la ville et plus particulièrement coach de l’équipe de football américain du lycée : les Blacks Ghosts. Une de ses plus grandes déceptions étant que son fils, quater back de génie, n’ait pas signé chez la meilleure équipe du championnat professionnel qui lui proposait un contrat en or ; seulement il fallait déménager, et quitter sa ville natale : Godric’s Hollow dans l’Arkansas pour aller s’installer à New York  dans un duplex d’un grand building en plein centre de Mannathan tous frais payés. Seulement Rey était flemmard et traverser la moitié des Etats Unis était trop « fatiguant » pour lui.

Un matin en se levant, il vit son père qui avait l’air abattu devant son café matinal ; Rey lui demanda ce qui n’allait pas et son père lui apprit qu’oncle Vince était décédé la veille. Vince était le frère cadet de son père, qui était parti vivre en Argentine à l’âge de 25 ans et qui y avait fait fortune. Mais maintenant que Rey se posait la question, il ne savait pas dans quel domaine oncle Vince avait fait fortune. Aujourd’hui Rey n’avait pas cours il resta donc à la maison avec son père qui rénovait sa vieille Harley Davidson pour se changer les idées disait-il. Le soir venu, devant la finale du Super bowl, avec assez de pizzas et de soda pour tenir un siège, Rey décida de demander à son père dans quel domaine oncle Vince avait fait fortune. Son père lui avoua qu’il ne savait pas exactement et que le notaire devait passer le lendemain pour les formalités de l’héritage. Comme oncle Vince n’avait ni femme ni enfant, il léguait tout ce qu’il avait à Rey et à son père. Ce soir-là, c’est New York qui gagna le super Bowl avec un quater back de niveau très moyen, ce qui affligea le père de Rey.

Le lendemain matin Rey se leva aux aurores et attendit le notaire en compagnie de son père. Le notaire arriva vers neuf heures et ils s’installèrent autour d’une table. Oncle Vince partageait sa fortune en deux, la moitié à son père et l’autre moitié à Rey. Avec le testament était présente une enveloppe que le notaire  tendit à Rey. Il lui dit que cette lettre dont le contenu lui était inconnu, lui était exclusivement destinée. En effet le sceau en cire était intact, Rey décida de la lire le soir. Le soir venu Rey ouvrit la lettre et la lut :

« Cher Rey, lorsque tu liras cette lettre, je ne serai plus de ce monde. Lorsque j’ai quitté les États-Unis pour l’Argentine, je n’étais qu’un jeune homme plein de rêves. Mais j’ai vite compris que les voies de la fortune ne sont pas accessibles à n’importe qui. Malgré de nombreux échecs plus que cuisants, j’ai fini par trouver un créneau : les trésors anciens. Il y avait là-bas une petite entreprise de fouilles archéologiques dont j’ai repris les rênes. Au bout de quelques années peu fructueuses, je suis tombé sur une carte écrite en maya qui m’a mené à une « cité d’or ». C’est à ce moment-là que j’ai amassé une fortune colossale et de ce fait ma petite entreprise n’a cessé de se développer pour regarder toujours plus haut et se mondialiser. Il y a quelque temps déjà j’ai découvert une carte qui semble mener à un trésor séculaire, le problème c’est qu’on m’a récemment diagnostiqué un cancer des poumons, en tant que gros fumeur, j’aurais dû m’y attendre mais passons. Ci-joint à cette lettre tu trouveras la carte du monde tel qu’on le représentait à l’époque et un texte qui te permettra de localiser ce trésor. Je t’en prie, résous cette énigme, retrouve le trésor et reprends mon entreprise. Je te souhaite bonne chance et une carrière d’archéologue très fructueuse.

 

 

PS : Je suis désolé de partir comme ça mais mon cancer devrait m’emporter outre-tombe d’ici moins d’un mois. Soutiens ton père et dis lui que si je ne lui ai pas toujours prouvé mon admiration, je n’en pensais pas moins. Soutiens-le dans cette épreuve  et dis-lui que je tenais réellement beaucoup à lui.

 

                                                                                              Vince.J.Booth »

 

            Rey ne dormit pas de la nuit, passant la majeure partie de celle-ci assis à son bureau, éclairé par une vieille lampe de chevet, à étudier la carte qui l’étonna : il n’y avait ni l’Amérique ni l’Australie. Et mis à part celles de l’Europe, les proportions semblaient irréelles. Rey se creusa la tête pour localiser le trésor à partir du texte : «  Au centre de l’empire du milieu se trouve une cité, perdue au cœur de la jungle, qui fut florissante. A côté du temple dressé à la gloire de l’empereur  se trouve un sentier qui mène à une caverne où toute la richesse de la ville est entreposée ». D’après la carte, le texte devait dater du milieu du XV° siècle, il était donc logique de ne trouver ni l’Australie ni l’Amérique celles-ci n’étant pas encore découvertes. Rey se souvint d’un cours d’histoire du lycée, juste avant les vacances, qui parlait de la Chine du moyen-âge et plus particulièrement de la troisième ville du pays qui sous l’impulsion des puissances étrangères, qui voyaient là un point d’ancrage à une éventuelle invasion de la Chine, se souleva contre l’empire. Cette révolte fut matée dans le sang et la douleur. De peur d’une nouvelle révolte, l’empereur décida de laisser cette ville à l’état de ruines. Mais tout ce que la ville possédait en or ne fut pas trouvé ; en effet, seul le chef de la ville connaissait l’emplacement exact du trésor et il fut le premier à périr sous le fer des troupes impériales. Aujourd’hui encore, cette ville doit être au centre d’une vaste jungle.

            Rey passa la semaine suivante à coucher par écrit tout ce qu’il avait découvert, il comptait bien tenir un journal détaillé de sa nouvelle carrière de « chasseur de trésors ». Maintenant qu’il savait à peu près où se trouvait la cité, il décida de partir pour la Chine où il tenterait de trouver cette cité et par conséquent le trésor. Il planifia toute son expédition du début à la fin, et partit le mois suivant. Son père était d’accord et encourageait Rey à prendre son envol, et lui irait passer les vacances scolaires à New York.

Rey arriva à Pékin un lundi soir et se trouva un petit hôtel dans la périphérie ; il se dit que les cours de chinois au collège ne servaient pas vraiment vu la vitesse d’élocution d’un chinois. Il décida de se trouver un interprète. Ce qu’il trouva en la personne de Sakura, une fille magnifique, et du même âge que lui. Il l’avait rencontrée au bar de son hôtel. Elle parlait parfaitement l’anglais et sans aucun accent, ce qui médusa Rey. Elle avait été élevée par sa mère qui venait de mourir, elle n’avait donc plus de famille et rêvait de partir aux États-Unis pour un nouveau départ. Elle connaissait très bien la région où il voulait se rendre, en étant elle-même originaire.

Rey dormit très bien cette nuit-là. Il se leva aux aurores et se prépara pour un long voyage qui durerait plusieurs jours, voire quelques semaines suivant le temps qu’il trouverait sur le chemin. Lorsqu’il sortit de sa chambre, il trouva Sakura tout sourire, prête à partir. Ils prirent un petit déjeuner rapide et se mirent en route. Sakura possédait un petit camion, tout droit sorti d’un film sur la seconde guerre mondiale, vert kaki. A l’arrière, des bas-flancs sur les côtés, mais ni toit ni  cloisons , et bien évidemment une banquette deux places à l’avant. Malgré ses apparences de « fille fragile », elle menait ce camion avec une aisance telle que l’on eût pu croire que n’importe qui aurait pu en faire autant. Rey et Sakura vivaient au jour le jour, ils couchaient souvent à la belle étoile, au bord d’un chemin caillouteux ; ils mangeaient et buvaient au bon vouloir des villageois qui étaient souvent accueillants.

Au bout de trois semaines ils arrivèrent aux abords de la jungle où devait se trouver la cité. Ils pénétrèrent prudemment dans cette jungle qui paraissait inchangée depuis des siècles. Cette jungle, qui n’était déjà pas très rassurante de jour, Rey n’osait pas imaginer l’effet qu’elle produisait de nuit et il ne tenait pas tellement à le savoir. Aussi lorsqu’il trouva une vaste clairière, il convainquit Sakura de s’installer là pour la nuit.

Au petit matin, Rey et Sakura décidèrent de se dégourdir les jambes avant de reprendre la route. Ils se baladèrent quelques minutes jusqu’à ce qu’un bruit perçant interrompe leur discussion. Un aigle noir leur rasa la tête et se posa sur une ruine, qui dépassait la cime des arbres, et qui jusque-là était restée hors de vue de Rey et Sakura. Aussitôt ils se précipitèrent en direction de l’aigle. Après quelques minutes de course ils y arrivèrent et ce qu’ils virent leur coupa le souffle : une immense cité à l’état de ruines. Pour Rey cette cité perdue ressemblait étrangement à Pompei. Rey avait vu un documentaire sur Pompei, mais là c’était pour de vrai, il n’en croyait pas ses yeux.

Rey et Sakura se mirent en route pour trouver le temple de l’empereur. Au bout de quatre bonnes heures, ils trouvèrent un temple sur une hauteur à l’opposé de là où ils étaient tout à l’heure. Ce temple était le mieux conservé de la ville, il ne manquait que deux ou trois pierres, guère plus. Devant le temple, il y avait une immense statue qui représentait visiblement une scène de guerre. Il y avait un char entouré d’une dizaine de soldats en pierres, armés jusqu’aux dents, prêts à donner leur vie pour l’homme qui était sur le char et qui pointait le doigt vers l’avant à la manière d’un conquérant.

Ils cherchèrent l’entrée du passage pendant au moins une heure jusqu’à ce que Sakura ait un flash : le fait que l’empereur pointe une direction du doigt n’était pas dû au hasard. C’était la direction du trésor et en effet il y avait au loin un petit sentier que Rey et Sakura décidèrent de suivre. Au bout de longues minutes de marche, ils arrivèrent devant une grotte ; le sentier continuait, mais Rey en était convaincu, c’était là, là, à quelques mètres que se trouvait probablement la fortune.

Là, devant l’entrée de la grotte se trouvaient quelques lianes emmêlées. Trois coups de machette plus tard, rien n’obstruait plus l’entrée, qui même étroite, ne posa aucun problème a Rey et Sakura. Ils pénétrèrent dans un étroit couloir qui au bout de quelques minutes de marche déboucha sur une grande pièce qui était ronde. La pièce mesurait bien trente mètres de diamètre, sur quatre ou cinq de haut. En son centre, probablement un effet du temps, le plafond s’était écroulé et des lianes pendaient par le trou qui faisait bien un mètre de largeur. Une espèce de mare s’était formée sous le trou, mais le plus étonnant dans cette pièce n’était pas cela. Il y avait des montagnes d’or partout autour du trou ; beaucoup de pièces bien évidemment, mais aussi des verres, des vases tout en or et ornés de rubis et autres pierres précieuses, des boucliers, des épées elles aussi en or, tout droit sorties des romans de la Table Ronde. Rey n’en croyait pas ses yeux ; il s’attendait à trouver de l’or, mais pas une telle quantité ; il y avait là probablement le plus grand trésor jamais mis à jour. Il y en avait bel et bien pour des dizaines de milliards de dollars. Rey était immensément riche, plus qu’il n’aurait pu imaginer même dans ses rêves les plus fous,  et lorsqu’il se tourna vers Sakura, celle-ci se jeta dans ses bras et l’embrassa tendrement. Rey ne sut jamais si ce baiser dura des minutes ou des heures mais il en profita allègrement. Ce fut le plus beau jour de sa vie, le jour où il trouva l’amour de sa vie. Après réflexion, l’argent n’était qu’un bonus, mais quel bonus !

Dix ans plus tard, Rey était devenu l’un des hommes les plus riches des États-Unis grâce au business de son oncle qu’il avait bien développé. Il n’était plus obligé de partir à l’autre bout du monde, il avait des salariés pour ça. Il était aussi le meilleur quater back jamais vu à New York. Après cette incroyable aventure, sa flemme avait mystérieusement disparu, et avec elle ses modestes ambitions, pour le plus grand bonheur de Sakura avec qui il s’était marié à leur retour de Chine. Ils avaient déjà une fille de huit ans et un garçon un peu plus jeune, tous deux de futurs chasseurs de trésor pour sûr. Son père, lui, continue de mener sa paisible vie dans l’Arkansas. Ainsi tout est bien qui finit bien.

                                                                                  GILLOT   Julien  

Seconde


Un passé retrouvé…….. par Elora Bardou

Lundi 20 juin 2011

Un passé retrouvé

 

Il est là, devant moi, dans la rue d’en face. Il me regarde avec beaucoup d’attention. Qui est-il ? Je ne sais pas. Comment me connaît-il ? Aucune idée. Mais ce que je sais, c’est qu’il me suit, qu’il m’observe, qu’il sait qui je suis, qu’il connaît ma vie et mes habitudes. Mais je ne sais pas pourquoi il s’intéresse à moi. Cela fait deux mois qu’il m’observe. Que lui ai-je fait ? A-t-il une raison de me suivre comme cela ? Je n’en sais rien mais cela me perturbe énormément. Le plus étrange, c’est que je me rappelle avoir déjà vu cet homme dans mon enfance, et qu’il se trouvait, aussi, souvent dans mes cauchemars.

            Aujourd’hui, c’est lundi, et comme tous les lundis, après être allée chercher le pain, je reste chez moi, planquée derrière mon ordinateur, à faire des recherches pour mon travail. Je suis agent immobilier et aujourd’hui je dois chercher une maison pour un couple et leur bébé. Cela fait cinq heures que je m’acharne pour les satisfaire au mieux, mais aucune maison ne correspond aux critères. Enfin bon, je décide de faire une pause, quand tout à coup, un e-mail s’affiche sur mon écran. Que contient-il ? Je ne peux pas le savoir, je n’arrive pas à l’ouvrir. Pourtant, mon ordinateur fonctionne très bien. Le message a comme objet : « N’oublie pas qui tu es et d’où tu viens ». Je sens mon cœur qui commence à s’accélérer, je ne sais pas comment réagir. Pour ouvrir ce message, il faut un mot de passe mais je ne sais pas lequel. C’est la nuit, je vais me coucher, je vais pour éteindre la lumière, mais je remarque que ses rayons lumineux font apparaître des traces sur l’écran, des symboles. Je ne comprends plus rien, que m’arrive-t-il ? Je m’assois dans un coin et reste quelques minutes là, à attendre que je me calme un peu. Finalement je me dis qu’après tout, ce n’est rien, peut-être que ce ne sont que des coïncidences. Je me lève et m’approche de l’ordinateur. En fait, ce sont des chiffres « 1, 9, 8 et 6 ». Ils sont en plein milieu de l’écran, tous espacés avec le même écart bien précis. Puis, je fais le lien avec le message, j’en conclus donc que cela peut être le fameux code. Je rallume l’ordinateur et entre le mot de passe, ce qui en permet l’ouverture. L’expéditeur est anonyme, mais le message contient une adresse, « 46 avenue des Acacias, Appt. ». La peur me revient et s’accroît de plus en plus, mais ma curiosité est trop forte et je commence à chercher à quoi peut bien correspondre cette adresse. C’est une maison à vendre, habitée par un vieux couple qui doit avoir pas loin de quatre-vingt ans.

            C’est le lendemain, il est midi, et je vais voir cette fameuse maison. Quand je sonne, une vieille dame m’ouvre. Elle me prend dans ses bras, les larmes aux yeux, des yeux d’un bleu turquoise, ils sont si beaux, si profonds, si absorbants. C’est presque la seule chose que l’on remarque lorsqu’on l’aperçoit. Son visage, lui, plutôt ridé, était devenu rouge à ma vue. Mais en la regardant, je me dis qu’il y a un problème, je ne la connais pas et sans être vexante mais étant gênée, je lui demande si je suis censée la connaître. Elle me sourit et me fait signe d’entrer. La maison est vraiment belle, le salon est muni de tapisseries qui sont classiques mais qui correspondent parfaitement à la décoration. Elle me fait visiter les multiples pièces. La cuisine qui est remplie de livres de recette, la salle de bain qui ressemble à l’intérieur d’un bateau, les chambres qui sont plutôt modernes. Puis, nous arrivons dans la dernière pièce, encore une fois une chambre, mais celle-ci a quelque chose de particulier, elle est pratiquement vide, il n’y a rien, mis à part une commode faite de bois de chêne. Dessus, se trouve une photo montrant trois hommes. Je reconnais celui du milieu, c’est celui qui me suit depuis quelques temps. Je lui demande si elle le connaît et qui il est. Elle me répond seulement qu’il est très attaché à moi et que quand il m’a perdu, ce fut une déchirure pour lui. Alors, est-il mon père ? Cet homme qui me manque tellement dans ma vie, que je n’ai jamais connu. Je lui pose la question et elle me montre l’homme de droite sur la photo. Je comprends, en fait, c’est celui-ci qui est mon paternel. Nous retournons dans le salon et nous nous asseyons dans des fauteuils. Elle me fixe et je suppose qu’elle comprend que je veux des réponses. Elle me prend la main, elle a une peau si froide que j’ai l’impression qu’un vent glacial vient de traverser la pièce, j’en ai des frissons. Enfin bon, elle commence à m’expliquer que l’homme au milieu de la photo est le meilleur ami de mon père, qu’à la mort de celui-ci, il lui fit la promesse de veiller sur moi, mais malheureusement, à cause d’une maladie incurable, il a dû aller à l’hôpital et donc m’abandonner. Mais il se jura de me retrouver avant de quitter cette planète, avant de devoir rendre l’âme. L’émotion est si forte que je commence à en avoir les larmes aux yeux. Je lui demande, à quoi correspondent les chiffres 1, 9, 8 et 6. Elle me répond que, en fait, c’est une année, 1986, qui est celle où j’ai, pour la première fois, appelé cette homme « papa ». Je suis sonnée, je ne me rendais pas compte qu’en fait, il prenait une si grande place dans ma vie. Nous continuons à parler encore un bon moment, et au fil des souvenirs qu’elle me raconte sur le début de mon enfance, je me demande comment ai-je pu oublier tout cela ? Je ne sais pas trop quoi penser, j’apprends tellement de choses d’un coup sur mon passé, que tout cela me parait fou. Mais étant donné que je ne connais rien de mes huit premières années, je me dis que c’est possible et qu’ en fait j’ai eu des périodes heureuses quand j’étais petite. Je dis bien « des périodes » parce que mon enfance, et surtout mon adolescence, n’ont pas été faciles. J’étais très malheureuse. Lors de mes huit ans, j’ai été placée en famille d’accueil, et celle-ci n’était pas commode avec moi, voire même irrespectueuse, car les parents me prenaient pour une moins que rien, me rabaissaient devant tout le monde et n’avaient aucune envie de s’occuper de moi. Bien sûr, les enfants ne faisaient rien pour que cela s’arrange, bien au contraire, il me faisaient la vie dure et parfois me prenaient pour la bonne, et malheureusement je ne pouvais pas protester. Donc je passais mes journées dans ma chambre, et encore, je ne sais pas si on pouvait appeler ça une chambre ; il n’y avait qu’un lit et quelques affaires pour pouvoir dessiner et travailler. Le dessin, c’était mon passe-temps, je n’avais rien d’autre à faire, mais cela permettait de m’exprimer, d’évacuer certaines souffrances. Enfin bon, revenons au présent et ne pensons plus à ses souvenirs si mauvais. En marchant, pour rentrer chez moi, je pense à cet homme, et grâce à cette vérité dévoilée, à ce passé reconstruit dans ma tête, je peux enfin trouver une explication au fait qu’il était dans mes cauchemars. C’est parce que le cauchemar, en lui-même, représentait la souffrance que je subissais au fil des jours dans cette famille si ignoble, mais lui représentais la lueur d’espoir que j’avais de pouvoir être heureuse, dans un futur proche.

            A compter de ce jour, je ne le revis plus jamais, je ne pourrai pas avoir la chance de lui reparler un jour, mais peu importe où il se trouve en ce moment, je le remercie de tout ce qu’il a fait pour moi, d’avoir veillé sur moi jusqu’au bout, de m’avoir offert une liberté d’esprit en me faisant découvrir mon passé. Je le remercie d’avoir été un second père.

            Quelques jours plus tard, la maison fut vendue au couple qui avait un bébé, et je pus récupérer les affaires de cet homme. Ma vie a changé, et tout cela, je ne le dois qu’à une personne : lui.

Elora Bardou

Seconde


La Blonde ………par Sofia Cherbi

Lundi 20 juin 2011

 

 La Blonde

La jeune fille, aux grands yeux bleus ressemblant à l’eau des tropiques, à l’allure de mannequin et aux cheveux si blonds et si brillants qu’on pensait marcher à côté d’un rayon de soleil, déambulait dans les rues de Paris.

Elle portait un joli sac de couleur blanche de chez Sonia Rikyel qui semblait bien rempli.

Après quelques pas de mannequin et de roulement de fesses, la demoiselle s’assit au sol de manière brutale après avoir raté la marche du trottoir sur lequel je me trouvais. Son bijou de chez Sonia Rikyel s’ouvrit et laissa apparaître la totalité de son contenu.

Je restai bouche bée face aux trésors qu’une femme pouvait cacher dans une si petite mallette telle une grosse boîte noire qui cachait une perruque rousse et des lunettes de soleil façon Paris Hilton.

Comme le cher dicton le dit, les apparences sont trompeuses. Derrière cette allure de Paris Hilton, se trouvait probablement une fan de lecture ; le journal « Le Monde diplomatique », un livre de Burozoïque et une lampe de lecture en disait long sur la personnalité de notre pin- up.

Après avoir ramassé la quasi-totalité de ses affaires, la jeune femme se releva élégamment et reprit sa promenade d’un pas décidé. En remarquant qu’elle avait oublié son rouge à lèvres et son shampooing brillance, je courus la rattraper pour lui restituer ce qui lui appartenait.

Souriante, elle reprit son shampooing tout en me caressant la main, et là, comment vous expliquer la sensation ressentie ? Je n’en ai pas la moindre idée !

Ce que je sais, c’est que je ne pus parler et que la restitution de son rouge à lèvres qu’elle n’avait pas vu car je le serrais dans l’autre main, était impossible.

Je ne pouvais pas en rester là. J’eus alors une idée semblable à celle que l’on trouve dans les séries télé.

Mon idée était de suivre cette intriguante jeune femme, afin de comprendre pourquoi mon cœur s’était tant emballé face à cette rencontre.

Une fois qu’elle eut tourné au coin de la rue, je commençai ma poursuite. Après une centaine de mètres, la bimbo s’arrêta dans un endroit sinistre, rempli de rats d’égout et d’une telle puanteur que je songeai presque a faire demi-tour, mais la raison me revint et je continuai mon « enquête ». Je ne l’avais pas vu entrer ni sortir, j’attendis donc cinq minutes environ, quand soudain une femme de taille similaire à la sienne, au regard aussi troublant, rousse,  portant des lunettes de soleil noires sortit de ce hall, étrange sachant qu’une blonde était rentrée précédemment.

J’hésitai 5 minutes, la suivre ou attendre qu’une seconde bimbo mais blonde cette fois-ci sorte de ce hall tant sinistre. D’ailleurs, il me rappelait une des scènes terrifiantes du film Chuky. Puis la raison me revint pour la deuxième fois dans la journée et je compris en la regardant s’arrêter et chercher quelque chose dans son sac, qu’elle était la propriétaire du rouge à lèvres que je serrais toujours aussi fort. Serai-je en train d’espionner une espionne ? Je restai devant le hall, ne sachant plus quoi faire et hésitant à continuer ma filature, de peur qu’elle ne se doute de quelque chose.

Cette puanteur nous attirait dans ce lieu sinistre et l’on imaginait les pires horreurs qui pourraient arriver à une jeune fille de cette beauté, mais elle y était entrée avec tant d’aisance !

Intrigué par cette façade rugueuse et tellement sale, je ne pus m’empêcher d’y entrer et d’y jeter un coup d’œil afin d’éclaircir ce coin si sombre.

A mon entrée, je vis 3 pièces : une à ma gauche, une à ma droite et une en face de moi.

Dans la pièce de droite, se trouvait un punching-ball maintenu au plafond, et une chaise au sol. Dans la seconde pièce, celle de gauche, se trouvait aussi un punching-ball et une chaise au sol mais cette fois-ci, la chaise était dirigée dans le sens inverse de la première.

Enfin, dans la 3ème et dernière pièce, je fus horrifié en voyant un poster énorme en noir et blanc : c’était une photo représentant à l’identique ce que je voyais à ce moment mais avec deux silhouettes affalées sur les chaises au sol.

Pris de peur, je sortis en courant et allai retrouver ma cible qui était là où je l’avais laissée.

Avait-elle une autre raison de rentrer dans ce lieu ? Pourquoi est-elle entrée dans ce hall avec tant d’assurance ? Pourquoi s’est-elle changée ?

Toutes ces questions me faisaient tourner en bourrique, à en avoir mal au crâne. Je sortis précipitamment, mon souffle si rapide attira l’attention de la mystérieuse ; elle me jeta un regard surpris, ce qui me fit changer de trajectoire immédiatement. Epuisé, je rentrai chez moi.

Deux jours passèrent et je restai sans nouvelle de ma bien aimée. Agacé, je repartis à sa conquête, et allai retrouver le hall de la terreur comme je l’avais surnommé. Une fois la bonne route trouvée, les feux respectés, les virages pris, j’arrivai au point voulu. Hésitant, mais plein de bonne volonté, je pris mes jambes à mon cou et entrai dans la pièce à petits pas.

Et là, je n’ai même pas à vous dire vous le savez !

Elle était là,  accroupie, fouillant dans son Rikyel toujours aussi blanc.  Elle parlait seule, elle chuchotait plutôt. Ayant supposé qu’elle cherchait toujours son rouge à lèvres je m’approchai et lui tendit en chuchotant : « C’est cela que vous cherchez ? »

La belle éleva son regard lentement, et me répondit : « Qu’est-ce donc ça ? Ce n’est pas à moi, et que fais-tu ici Cyril ? »

Je repris mon souffle, la regardai fixement, et avant que je ne puisse commencer ma phrase que je n’allais sans doute pas finir elle reprit :

« Oui Cyril, c’est bien ça non ? Tu as 32 ans, tu es divorcé, tu as eu une petite fille, Cléa, avec ton ex femme Mathilde, qui est âgée de 30 ans et qui habite à Lyon depuis 6 ans… »

Je restai bouche bée face à la narration de ma vie faite par une pure inconnue. Et elle continua, continua, sans s’arrêter, quant à moi je la regardai fixement jusqu’à ce que ses paroles se déforment en langage quasi martien. Un vrai film ! Puis au bout de 20min de paroles non stop elle s’arrêta, me lança un grand sourire et repartit d’un pas décidé, comme si de rien n’était. Je ne pus lâcher ce mannequin du regard. La jeune femme releva sa belle chevelure blonde et là je vis comme un tatouage en relief sur son cou. Celui-ci ressemblait à une spirale sombre. Pire qu’étrange !

A ce moment là je compris que cette femme n’était plus la belle innocente que j’avais rencontré, elle cachait quelque chose. Mais quoi ?

Après des jours et des jours de recherche je trouvai enfin un indice précieux ; la signification de cette saleté de symbole qui était dessiné sur le cou de mon espionne.

Il était écrit exactement sur Wikipédia : « Spirale de la mort qui tue : Ce signe créé par des moines en 1450 est un symbole que seul les espions et tueurs avaient le droit de porter. Cette spirale est reprise en 1720 par une secte et en 1930 par une entreprise de robot »

Ma belle blonde est-elle un moine ? Fait-elle partie d’une secte ? Est-elle un robot ?

Je retournais souvent devant ce foutu hall, même tous les jours pendant 1mois et demi, et rien ! Jamais personne, pas un chat. Je me disais donc que cette enquête était sur le point de s’achever et je cessais toutes recherches.

Un soir, j’entendis une voix, semblable à celle d’une femme que je connaissais, qui me disait de la suivre. Inconsciemment je fis ce qu’elle me dit et la suivis pendant environ 10min. J’atterris dans une pièce complètement sombre avec une odeur qui m’était familière. Pris de panique je commençai à gigoter dans tous les sens quand une main glissa le long de mon épaule, la voix me chuchota dans les oreilles, puis je sentis comme de l’air tout autour de moi et tout s’accéléra jusqu’au moment où plus rien, plus un courant d’air, plus un bruit, rien ! La lumière s’alluma, et là, je vis ma dulcinée, elle n’avait pas l’air naturel ce qui m’inquiéta d’autant plus. Elle commença à me parler : « Qu’est-ce donc ça ? Ce n’est pas à moi, et que fais-tu ici Cyril ? Oui Cyril, c’est bien ça non ? Tu as 32 ans, tu es divorcé, tu as eu une petite fille, Cléa, avec ton ex femme Mathilde, qui est âgée de 30 ans et qui habite à Lyon depuis 6 ans… » Et elle reprit le même discours que la dernière fois.

 Après m’avoir endormi avec son blabla, elle brandit un couteau sans plus rien dire, et tenta de me poignarder à chacune de mes respirations. Pris de panique j’essayai de trouver le moindre objet pour me débattre, quand soudain je vis un seau d’eau. Je le pris, lui lançai à la tête et là, un fou rire qui n’avait pas lieu d’être me prit quand je vis que la blonde était en train de se « désélectrisé ». Elle gesticulait de droite à gauche, ses bras étaient en fumée, idem pour ses pieds. Mais le plus drôle c’était sa belle chevelure de bimbo qui prenait feu.

Sa dernière phrase était digne d’un grand film fantastique : « Cyril, m’a eu ! Bye Bye »

C’est drôle non ? Mais à votre avis, de quoi ai-je eu l’air quand je me suis réveillé en sursaut ?

Eh oui, toutes ces sensations étaient seulement les péripéties d’un rêve ou plutôt un cauchemar étrange. Ma conscience me dit d’arrêter toutes ces filatures, ces angoisses irraisonnables et je l’écoutai.

Sofia Cherbi

Seconde


« Une journée pas comme les autres »…par Ibrahima Thiam

Lundi 6 juin 2011

Une journée pas comme les autres

 

       Je me présente, John Calagan, j’ai vingt-huit ans et je travaille dans la police de New York. Ma mère est décédée quand j’avais l’âge de vingt-deux ans. Depuis ce jour, mon frère a quitté la maison et je n’ai plus jamais eu de nouvelles de lui. Il s’appelle Jason, des rumeurs disent qu’il vit au Texas, dans un village. Mon père, je ne l’ai jamais connu. Je ne sais d’ailleurs même pas s’il est toujours en vie. Je ne sais rien de lui.

          La seule personne qui compte à mes yeux aujourd’hui, c’est ma petite amie. Monica, vingt-cinq ans, c’est aussi ma collègue de travail. Cela fait cinq ans que nous sommes en couple. Mais si nous ne vivons toujours pas ensemble, c’est que je cache un petit secret ; je suis un tueur en série. Mi justicier, mi assassin. Seulement, je le répète : je suis un tueur, pas un criminel. Je commets des meurtres et non des crimes. La différence est que je tue lorsque je trouve que c’est nécessaire, alors que les criminels le font sans raison valable et sans scrupule.

          Tous les journaux parlent de moi, sans savoir qui je suis. D’ailleurs ils m’appellent « le tueur sans tête », premièrement parce qu’ils n’ont jamais vu mon visage, deuxièmement parce que je « signe » mes meurtres en coupant la tête des victimes. C’est un jeu de mot que j’apprécie. J’ai tout une collection de têtes dans ma chambre froide. Mes trophées.

 

         Je sélectionne mes victimes grâce à mon travail, ou grâce aux médias. Je mène seul mon enquête et, s’il est coupable, il paye. La dernière fois remonte à hier soir : j’ai tué Enrico Tornades, qui a violé et tué une petite fille de six ans. Il avait été libéré sous caution. Ça n’a pas été facile, car cette personne avait beaucoup de contacts avec la mafia. Puis il était très respecté. Seulement quand je suis déterminé, rien ne m’arrête.

          Ce matin, après ma toilette, je suis allé ouvrir la fenêtre. Un pigeon s’était posé sur le rebord. il s’est laissé capturer. Un message était fixé à sa patte. Il était écrit : « La vengeance est un plat qui se mange froid ».

         Pour la première fois depuis vingt-huit ans, j’ai eu un sentiment de peur. Quelqu’un savait qui j’étais. Il fallait que je trouve une solution, et vite. Il était 9H45 et c’était l’heure d’aller au travail. Je suis donc allé chercher ma voiture pour me mettre en route.

         Seconde mésaventure, je ne suis pas arrivé à démarrer ma voiture : les phares sont restés allumés et la batterie s’était épuisée. J’ai donc du prendre le bus qui, lui aussi, pour la troisième déconvenue, est arrivé dix minutes après l’heure indiquée. Par conséquent, je suis arrivé en retard au travail.

        C’est au commissariat que j’ai eu ma première bonne nouvelle de la journée : c’est moi qui allait m’occuper de l’affaire Enrico Tornades. Enquêter sur son propre crime, que demander de mieux ? J’avais déjà le scénario dans ma tête, règlement de compte et affaire terminée. A peine arrivé, mon supérieur m’a demandé d’aller sur les lieux. C’est un quartier « chaud » où se trouvent beaucoup de dealeurs. Mais quelque chose me tracassait ; en bientôt sept ans de carrière dans le crime, c’est seulement après la mort de ce même Enrico Tornades que j’ai été démasqué par quelqu’un. J’ai tout de suite fait le lien,  je me suis dit que quelqu’un avait dû me voir et a dû répandre la rumeur dans le quartier. D’un coup, le stress est monté en moi mais bon, il fallait affronter ça. J’ai pris Monica avec moi et nous sommes allés sur les lieux.

            Dès que nous sommes arrivés, je ne suis pas arrivé à rester naturel. Ma petite amie, qui me connaissait très bien, savait qu’il y avait quelque chose qui clochait. Pendant l’investigation, j’étais ailleurs. Je perdais mon temps à essayer de trouver un quelconque regard furtif ou toute action suspecte. Mais rien ne se passait. Monica, agacée, me dit :

     – Je crois que tu as quelque chose à me dire.

     – Euh… non enfin je ne crois pas, ne t’inquiète pas hier soir je ne suis pas sorti ! Répondis-je, avec un sourire forcé.

      – Ce n’est pas de ça que je te parle. Tu as l’air préoccupé. Ce matin tu n’es pas venu me voir comme chaque matin à mon bureau, hormis pour me demander de te suivre. Et puis tu n’a pas dit un mot dans la voiture. Je suis inquiète.

      – Mais non ! oh, ne t’inquiète pas pour moi, je suis fatigué, c’est tout.

             Je savais dissimuler les preuves comme personne. Nous n’avons donc logiquement rien trouvé. Nous avons prévenu le chef qui nous annonça que la journée était terminée. Je suis rentré chez moi et  me suis allongé. Dans mon lit, je réfléchissais. Pourquoi personne ne s’était manifesté lorsque j’étais sur les lieux ? Beaucoup de questions défilaient dans ma tête. Soudain, j’ai entendu un bruit qui provenait de la salle à manger. J’ai trouvé ça bizarre, j’ai donc pris un couteau et suis allé voir ce qui se passait. J’avançai prudemment, faisant attention à ne surtout pas faire tomber d’objets ou quoi que ce soit qui pourrait faire fuir un éventuel intrus… Arrivé dans la pièce, c’est là que mon cœur s’est arrêté de battre. Je n’arrivais pas à y croire… C’était mon frère, équipé d’un caméscope, qui était en train de filmer ma chambre froide.

             Six ans après sa « disparition », aucune nouvelle, aucun signe de vie, et c’est là que je le vois, chez moi, entré par effraction, en train d’enregistrer mon terrible secret. Je ne comprenais plus rien à ce qui m’arrivait. J’ai même tapé ma tête contre le mur, pour vérifier si ce n’était pas un mauvais rêve. Rien à faire c’était bien réel, mais tellement incompréhensible…

- Que fait-tu ici Jason ? Cela fait six ans que je n’ai pas eu de nouvelles de toi, dis-je, surpris.

- Tu ne vois pas ? Je suis en train de filmer tes exploits, ce sont des souvenirs.. dit-il ironiquement.

- Je ne plaisante pas Jason, lâche cette caméra et discutons. Nous avons des choses à nous dire…

- Je sais tout, nous n’avons rien à nous dire.

- Comment ça tu sais tout ?

- Je suis passé ici il y a deux jours, car comme tu sais, la mort de maman m’a beaucoup affecté, j’ai coupé tout contact avec mon entourage. J’ai tenté de me suicider plusieurs fois. J’ai été interné dans un hôpital psychiatrique pendant quatre ans. Personne n’était là pour moi. Tu n’as même pas cherché à me retrouver. Puis quand je me suis senti prêt, j’ai voulu te revoir. Seulement, quand je suis venu, il n’y avait personne, et tu avais laissé la fenêtre ouverte. Je suis donc entré par celle-ci. J’ai fait le tour de la maison puis j’ai trouvé ce clavier, près de la salle à manger. Par simple amusement, j’ai tenté de composer la date de naissance de maman. A ma grande surprise, une porte s’est ouverte et ça a été pour moi la consternation. Je ne m’attendais pas à voir un tel spectacle. Celui que les journaux appelaient le « tueur sans tête » était mon frère ! Mais le pire restait à venir. Un coffre avait attiré mon attention, une clé était posée dessus. J’ai ouvert ce coffre et c’est la que j’ai vu la tête de maman. Tu as tué maman ? Est-ce que tu t’en rends compte ? Notre propre mère ? J’étais tellement choqué ! Je n’ai trouvé rien d’autre à faire que de partir en courant. Mais en réfléchissant un peu plus tard, je suis revenu sur les lieux pour effacer toute trace de ma venue afin que tu ne te doutes de rien. C’est moi qui ai envoyé la lettre par le biais du pigeon voyageur et aujourd’hui, je viens me venger.

- Écoute-moi Jason, il faut me croire, je te jure que je n’ai pas voulu la tuer. On s’est violemment disputé, j’avais un couteau sur moi et, inconsciemment, je l’ai planté dans son ventre. Comme je ne pouvais pas garder le corps, j’ai coupé sa tête et conservé celle-ci. C’est pour elle que je tue tous les criminels, c’est en quelque sorte pour lui rendre hommage, tu sais toi même qu’elle les détestait  ! Il faut que tu me comprennes, tu es mon frère. S’il te plait, garde ça pour toi, pose ce caméscope et discutons…

- C’est trop tard John, j’ai appelé la police, ils sont au courant et vont arriver d’une minute à l’autre.

- Non ! Jason je refuse d’y croire. C’est toi, mon propre frère qui vas me dénoncer ! Tu ne comprends donc pas que je tue les criminels, ceux qui ne méritent pas de vivre ! Je tue les violeurs et  les assassins ! Crois-tu que c’est la justice qui va le faire à ma place ? Nous sommes en 2011, il suffit de payer et ces gens là sont libérés ! Tu ne peux pas faire ça ! S’il te plait dis-leur que tu t’es trompé…

- C’est fini, John ! Tu ne peux plus revenir en arrière. J’ai décidé de ne plus te pardonner dès l’instant où j’ai vu la tête de maman… Ça y est, j’entends les sirènes de police. C’est terminé pour toi…

            La police est arrivée sur les lieux, Jason leur a montré la chambre froide et leur avait tout expliqué. Monica était sous le choc. Je me sentais très mal de décevoir tant de personnes. J’ai préféré de pas nier les faits, car au final tout allait me retomber dessus. Je marchais tête baissée pour ne pas affronter de regards. Dans la voiture, un silence d’enterrement. Puis au commissariat, la même chose, personne ne s’est adressé à moi, surement parce qu’ils étaient sous le choc. A l’heure qu’il est, je ne sais pas ce qu’il va m’arriver par la suite, car j’écris cette histoire dans ma cellule, en attendant mon jugement…

  Ibrahima THIAM,

Terminale Bac Pro Electronique


Le Monstre du Cagibi …..par Pierre-Alexandra Pardo

Lundi 6 juin 2011

Le monstre du cagibi

         Au fond d’un sombre cagibi dans le grenier où les bonnes des habitants avaient l’habitude de jeter les objets hors d’usage et trop volumineux pour subir le sort réservé habituellement aux détritus, par un bel après-midi de juin, une certaine Ghitta Freilaber, domestique et préceptrice auprès de la famille Goggi, alors qu’elle était montée au grenier pour s’y délester d’un paquet de vieux journaux qui encombrait sa chambre, découvrit quelque chose de terrible.

          Ce monstre horrible était immense. Il mesurait environ deux mètres de hauteur et trois de largeur. Il était extrêmement velu, d’un pelage marron et noir, et avait des dents fines et très longues. Il possédait aussi des antennes avec des espèces de poires sèches à ses extrémités. Et ses yeux étaient aussi gros que des pastèques.

          Ses jambes et ses bras étaient longs et aussi touffus que son corps, tellement poilus qu’on ne pouvait savoir s’il possédait des pieds ou des mains.

          Comme de nombreuses personnes qui auraient été là, à sa place, à la vue de ce monstre, Ghitta prit ses jambes à son coup.

         Dans sa fuite pour quitter le grenier, elle se prit le pied gauche dans un seau d’eau qui trainait par là. Sans doute pour retenir l’eau rémanente d’un des nombreuses fuites du toit lors des jours de pluie. Ce qui la fit naturellement trébucher, avant d’aller percuter un des piliers en bois qui retenait le toit. La poutre céda face à ce choc, ce qui entraina la chute du toit.

          Ghitta était là, inerte et sonnée, sur le parquet humide du grenier, abasourdie du choc qu’elle venait d’avoir à cause du pilier.

         Et  elle assista alors impuissante à la chute des poutres apparentes qui cédaient juste au-dessus d’elle.

         Elle voyait déjà son heure arriver et ferma alors les yeux à cause de la peur qui l’avait envahie. La peur suprême, celle que ressent chaque être humain avant de mourir atrocement, la peur qui nous donne parfois la force de rester en vie; mais pas cette fois. La peur qui la dominait à ce moment-là, la figea, lui donnant froid dans le dos comme a toàs les membres de son corps.

L’adrénaline de son corps avait atteint son zénith. Elle pouvait sentir chaque pulsation de son cœur, chaque courant d’air frissonnant sur sa peau, chaque craquement de poutre. Elle arrivait même à sentir l’odeur boisée du monstre qui assistait à la scène juste à coté d’elle.

 Les yeux fermés, elle attendait que les poutres s’abattent sur elle et mettent ainsi fin à sa vie.

         Elle attendit, et attendit encore… et décida de rouvrir les yeux pour voir ce qui ce passait; pourquoi les poutres ne tombaient-elles pas alors qu’elles semblaient si fragiles.

          Et c’est a ce moment précis qu’elle vit le monstre, qu’elle avait tant craint une minute auparavant, lui sauver la vie en retenant le toit prêt a céder.

 

Ghitta regarda le monstre et lâcha un timide et presque inaudible : « merci ».

 

         Ghitta entendait déjà les sapeurs pompiers venir a son secours, mais elle savait pertinemment que si les gens découvraient le monstre, ils le traiteraient d’abomination et finiraient par le mettre à mort.

          Et elle décida alors de sauver ce monstre qui venait de lui sauver la vie cinq minutes auparavant en le prenant avec elle, chez elle.

          Ghitta décida de sortir par la porte dissimulée derrière le grenier afin d’éviter les regards et donc les soupçons. Ainsi, Lucien ne serait pas vu.

          Car, oui. C’est ainsi qu’elle l’avait nommé, Lucien.

          Ils empruntèrent les chemins et ruelles sombres et peu fréquentées pour pouvoir gagner la loge de Ghitta sans être vus par les habitants de Captooth Ridge.

          Après avoir longuement marché, ils atteignirent enfin le domicile des Goggi. Ils entrèrent dans l’immense manoir en passant par la cuisine, toujours pour rester à l’abri des regards.

          Lucien était un animal très discipliné et calme. Il semblait comprendre parfaitement ce qu’on lui disait, cependant, il ne prononçait aucun mot.

          C’est grâce à son intelligence que Lucien et Ghitta purent rester discrets dans la ville.

          De la cuisine, ils empruntèrent l’escalier pour enfin rejoindre la chambre de Ghitta.

           Une fois arrivé dans la chambre, Ghitta fit bien comprendre au monstre qu’il ne devait en aucun cas être bruyant. Le monstre hocha la tête et ainsi Ghitta comprit que Lucien avait saisi le message.

           Elle lui expliqua aussi qu’il pourrait sortir tous les soir, mais seulement après vingt deux heures, pas avant, car le maitre Coggi ne dormirait pas encore.

            Elle lui apporterait à manger tous les jours et prendrait le plus grand soin de lui.

 Les mois passèrent et Lucien et Ghitta se lièrent d’une profonde amitié.

            Mais un jour, alors que Ghitta ramassait des fraises dans le jardin pour Lucien, elle entendit deux grands coups de feu. Cela venait de sa chambre. Elle comprit aussitôt que le maitre Coggi avait rencontré Lucien. Et c’est à cet instant qu’elle reconnut la peur qu’elle avait eue quelques mois auparavant, lors de l’incident dans le grenier.

           Elle accourut le plus vite possible. Prise de panique, elle enjambait les marches quatre par quatre pour attendre le plus rapidement sa chambre. Le maitre Coggi, fusil à l’épaule, visait quelque chose dans sa chambre.

           En une fraction de secondes, elle se mit à prier pour que Lucien soit sauf et en vie.

           Elle entra dans la chambre, et vit une chose à laquelle elle ne s’attendait pas.

           Elle ne vit rien. Lucien n’était pas là. C’est alors que le maitre Coggi, mort de peur, débita nombre d’insultes sur un certain monstre poilu.

 -Vous l’avez vu ?? Vous l’avez vu ?? Ce satané monstre ! Il a failli me tuer !!

           Ghitta demanda alors au maitre Coggi ce qui s’était passé.

           Elle ne comprit pas grand chose de ce que le maitre marmonnait mais elle en comprit l’essentiel.

          Le maitre avait vu Lucien, lui avait tiré dessus, mais bien heureusement pour lui et pour Ghitta, l’avait loupé. Le monstre avait sauté par la fenêtre et avait pris la fuite par la forêt voisine.

           C’est ainsi que, depuis lors, tous les soirs, et jusqu’à la fin de sa vie, Ghitta scrutait l’entrée de la forêt, dans l’espoir de revoir Lucien.

          Mais elle ne le revit jamais.

  

                                                                                                                                                                                             Pierre-Alexandra PARDO,

Terminale Bac Pro Electronique


Concours d’écriture de nouvelles Joliot : 1er prix Boris Viera

Jeudi 19 mai 2011

                

« Le paradis de l’Enfer »             

                                                                                

 Le vieil homme avançait d’un pas boitant. Sa vieille canne l’aidait à se maintenir debout et sur ce terrain caillouteux sa jambe mutilée lui offrait sur un plateau en argent une terrible douleur qui lui faisait serrer les dents au moindre geste. Il arriva au bout de la colline et retrouva cette plage dont les vagues s’échouaient une par une sur le sable jaune, parsemé de coquillages. Pourquoi il la retrouvait ? C’est une vieille histoire qu’il préférait oublier. Cela remonte durant l’été 1944…

                   Imaginez cette plage sous un ciel gris. C’est la même n’est-ce pas ? Mais imaginez-la avec des croix en fer qui servent d’extrémités  pour des barbelés. Imaginez des barils vides et des sacs de sable les uns sur les autres pour servir de murets. Levez  vos yeux vers la falaise et voyez ces  énormes blocs de béton indestructibles qu’on appelle bunkers. Il y a dedans des hommes en uniformes vert de gris qui aboient les uns contre les autres dans une langue étrangère à cette plage. Dans les petites ouvertures, vous ne voyez que le bout des fusils mitrailleurs qui pointent l’horizon. Voyez-vous maintenant cette étendue d’eau salée ? Regardez-davantage  vers le fin fond. Vous pouvez apercevoir des gros navires en acier qui stagnent pendant que des petites barques s’avancent vers la plage.

                   Chut ! Ecoutez ce bruit . Oui, c’est bel et bien le fracas des canons. Celui qui annonce la peur, la souffrance et la mort. Les projectiles tombent aléatoirement dans cette mer autrefois calme. Voyez-vous l’éclaboussement que cela crée ? Il ne faut pas beaucoup de temps pour que les navires répondent à l’appel du sang ! Eux aussi font sonner leurs canons. La plage est maintenant maculée de cratères,  et du sable foncé sortant tout droit des entrailles de la terre rend la plage moins accueillante. Les barques approchent. Dans leurs bunkers, les étrangers se collent aux ouvertures de leur forteresse avec leur fusil. Dès que les portes des navires s’ouvrent, c’est le son des fusils et des mitrailleuses qui s’ajoute aux fracas des canons. Des gens, de tout âge, ne feront pas plus de deux mètres. Pour eux c’est la fin du commencement.

                   Ce n’est pourtant pas leur guerre, ni leur pays qui vit sous le joug d’un tyran fou, mais après tout, c’est leur monde. S’ils ne se battent pas aujourd’hui, ils le feront demain sur leur territoire ! Eux aussi ils crient, dans une autre langue. Ils se cachent là où ils peuvent tout en s’allongeant dans le sable humide. Certains baignent dans leur urine, d’autres dans leurs matières fécales et certains dans leur propre sang, ou celui d’un proche. Ils répondent au  feu par le feu. Leur fusil crache la mort, tout comme ceux de leurs adversaires. Des grenades font voler en éclat la plage et avec elle, des corps. Après la détonation, il pleut de la boue, de la poussière et des membres sectionnés d’humains. C’est le paradis de l’enfer !

                    Parmi les hommes en vert de gris, il y a deux garçons. Quel âge ? Dix-sept ? Dix-huit ? Peut-être dix-neuf ? Leur nom est Hans et Ziffer. Deux amis qui se sont engagés dans  l’armée à cause des discours d’un moustachu. Pourquoi cet engagement ? Pour être fiers ? Ils ne récoltent que du regret. Voulaient-ils  montrer à leur ami que porter une arme , c’était être un homme ? Ils se couvrent eux-même de honte. L’esprit de ces deux jeunes garçons a été corrompu comme celui de tant d’autres. Ils se pensaient invincibles, voila pourtant qu’ils sont confrontés à plus forts qu’eux. L’Axe contre les Alliées. Le Mal contre le Bien.

                    Les deux garçons ont beau vider leur chargeur, ils ne peuvent rien. La plage est recouverte de cadavres, de membres amputés et de sang. Pourtant, malgré cette boucherie, rien ne semble stopper l’invasion. Les libérateurs se rapprochent de plus en plus de la falaise. Ils l’escaladent et bientôt prendront à revers les forces de l’Axe. Vu le carnage que leurs mitrailleuses ont causé sur la plage, il va de soi que les Libérateurs ne laisseront aucun survivant. C’est la loi de la jungle : pas de place pour les faibles.

                     Ils s’en vont et se retrouvent en dehors du bunker, toujours sous ce ciel gris qui semble assister à l’enfer. Ils sentent l’odeur de la fumée mélangée à celle des corps dépourvus de vie. Ils n’entendent rien d’autre que le bruit sourd des canons et le rythme régulier des mitrailleuses. Comment  en sont-ils arrivés là ? Comment la folie d’un homme peut-elle  causer tant de morts ? Ils abandonnent leur casque de métal et leurs armes. Hans commence à réfléchir. C’est son peuple qui est responsable. Ces hommes sur la plage ne sont rien d’autres que les gardiens de la Paix. Il prend sa grenade et veut la dégoupiller pour la lancer dans son bunker et permettre aux soldats Alliés de gagner plus facilement, mais ses mains sont déjà recouvertes de sang. De plus, il en est incapable.  Il abandonne son idée et fuit. Oui, il fuit loin avec son meilleur ami. Loin de cette folie où les hommes ne réfléchissent pas. Loin de cette boucherie où les armes remplacent l’intelligence.

                      Hans et son meilleur ami descendent un escalier qui mène dans un coin calme de la plage. Le bruit sourd est toujours présent mais le décor est moins sanglant. Ils se bouchent les oreilles ; ces sons deviennent insupportables  pour Hans . Il n’accepte plus d’entendre les canons, les pistolets et les cris d’agonisants des hommes qui se tortillent sur la plage. Il crie : “Arrêtez !”. Pourquoi ? Lui-même ne le sait pas. Il a beau crier d’arrêter ce carnage, personne ne l’entend. Personne ne l’entendra.

                    Ils continuent de courir vers une cachette découverte quelques jours plus tôt ! Dans ce lieu, ils échapperont peut-être à la Faucheuse , qui sait ? Ziffer se traite  de lâche pour avoir abandonné les siens au combat. Il a honte ! Mais Hans le raisonne en lui posant une question : doit-on avoir honte de ce que nous faisons ou de ce que nous avons fait ? Tout à coup, un obus sorti de nulle part tombe à côté d’eux. Comme tous les autres, il explose , dégageant un souffle de chaleur intense et une onde de choc qui expulse tout ce qui l’entoure. Les deux amis se voient projetés contre la falaise. Ils sont apeurés, épuisés et assommés…

                    Le jeune soldat Hans se réveille ne sachant pas où il est. Il ouvre petit à petit les yeux et voit flou. Quand ses esprits sont revenus à lui, il tente de se lever mais se rend compte qu’une terrible douleur l’empêche de bouger sa jambe. Craignant le pire, il pose son regard d’adolescent sur sa jambe et découvre qu’il ne s’agit plus que d’un morceau de viande saignant à moitié découpé ! C’était comme si une meute de charognards était venu lui manger un morceau de jambe ! Hans vomit et prend conscience qu’il n’y a plus le fracas des canons ! Soit le jeune garçon s’y est habitué, soit le bruit est définitivement éteint ! Il cherche de ses yeux son meilleur ami, Ziffer, pour lui apprendre que les bruits avaient cessé et que la bataille était finie mais son compagnon restait allongé sur le sol. Il était plongé dans un profond sommeil dans lequel il n’en sortirair jamais. Cette fois c’est  trop ! Hans pousse un hurlement de rage ou de folie. Au diable la jambe à moitié sectionnée, il rampe de toutes ses forces pour se rapprocher de Ziffer !

                   L’uniforme de son ami porte des impacts noirs encerclés de liquide rouge. C’est l’endroit précis où la mort transforme sa chair en  cratère rouge. Sur le haut de la falaise un soldat Allié regarde les amis à travers la fumée piquante du projectile. Il met en joue son fusil et vise Hans agonisant. Pour la première fois de sa vie, le jeune soldat sourit devant la mort ! Il allait enfin quitter ce monde de souffrance et de folie ! Mais, au moment où le soldat étranger alla pour presser la détente, un autre militaire lui ordonna de baisser son arme et de laisser Hans en vie ! Pour lui aussi cette guerre avait  fait trop de morts. Hans ne comprend plus rien.

                   Hans, les yeux rouges et mouillés. Rouges à cause de la fumée et mouillés à cause de la douleur et de la tristesse. Quelle raison les a poussés à s’engager déjà ? Ah oui ! la gloire, la fierté de leur pays, la frime. Hans a peur. De fines gouttes de pluie tombent sur la plage. Hans pousse un hurlement de colère. Il crie tellement fort qu’il arrive à ne plus attendre les atrocités de la guerre. Il n’arrive même plus à regarder ses mains. Combien d’hommes ont-elles tués ? S’il survit, il tentera de se laver les mains, mais jamais le sang ne s’enlèvera . Il est incrusté en lui. Rien, ni personne ne pourra le lui enlever. Pour la dernière fois de sa vie, Hans pose son regard mélancolique sur son meilleur ami et se laisse porter par les soldats libérateurs. Comme certains de sa patrie, il est capturé. Ils sont rares à l’être. Il n’a pas honte de pleurer devant ses compatriotes . D’ailleurs il n’est pas seul à pleurer. Le camion démarre et abandonne le paradis de l’enfer. Il n’y a plus le bruit sourd des canons. Il reste tout de même quelques détonations de fusils qui achèvent ou continuent d’ôter la vie. Pour Hans, une nouvelle bataille commence : celle de vivre avec la honte et la mort de son ami. Il va devoir passer sa vie à vivre avec des mains sanglantes…

                  Le vieil homme est toujours debout, face à cette belle plage. Ses yeux pleurent ! Oui, ils pleurent comme il y a quelques années en arrière. Ses cheveux blancs flottent à cause du vent et son esprit ressent encore les tremblements que les canons causaient. Jamais une seule nuit, Hans ne revit cette scène. Pas un seul jour il n’eut honte de se regarder dans la vitre. Aujourd’hui il est là, et se rappelle un souvenir qu’il ne peut oublier. Le ciel est bleu et le soleil rayonne.

«Mon ami… »

Hans, aidé de sa canne en bois, s’avance sur la falaise pour rejoindre le lieu où son ami qu’il a tant aimé, a perdu la vie.

Boris Viera ,classe de première, 1er prix ,  édition 2010-2011