Enlève tes charentaises, et va voir les thèses en chars !

15:02 Animations culturelles, Animaux, Collection, Ecologie, Langues, Littérature, musique, Pays, Pédagogie, Société, Sport

       Est-ce que vous êtes pantouflard ? Vous ne pouvez pas répondre parce que vous ne savez pas ce que ça veut dire, c’est cela ? Eh bien, être « pantouflard », c’est se sentir tellement confortable dans ses pantoufles que l’on se plaît à ne pas quitter son chez-soi, bref, c’est être casanier.

      Je vis à Limoges et cette ville était autrefois très connue, non seulement pour sa porcelaine (c’est encore le cas, heureusement !) mais aussi pour la fabrication de chaussures. Il y avait, dans mon enfance, à l’emplacement actuel du centre commercial appelé « Centre Saint Martial« , une grande usine de chaussures : l’entreprise Heyraud. Vous lirez l’histoire de cette entreprise dans cet article : http://www.heyraud.fr/historique . Il eut parfois des conflits  sociaux au sein de cette fabrique comme le montre la photo ci-dessous

                                                               

       Beaucoup de Limougeauds étaient cordonniers c’est-à-dire réparateurs de chaussures. Il y avait peu de temps que les gens de la campagnes ne portaient plus en permanence leurs sabots et alternaient souliers et charentaises. Ces pantoufles, créées à partir de rebuts de feutres, doivent leur nom au fait d’être sorties d’une usine installée en Charente.

                                                                   

        L’expression « Etre dans ses petits souliers » signifie être embarrassé. Vous le n’êtes pas ! Vous voulez même, peut-être, « trouver chaussure à votre pied » , c’est-à-dire avoir sous la main la personne ou la chose qui vous convient exactement. Eh bien, je vous propose de ne pas du tout être pantouflard et de partir avec moi au Luxembourg pour assister à un défilé de chars pas ordinaire.

                                                           

                                                           

               Il y a trois langues officielles dans ce duché : le luxembourgeois, le français et l’allemand.  La capitale est Luxembourg. Aujourd’hui, nous nous intéresserons à Esch-sur-Alzette qui est la seconde ville du pays avec 27 244 habitants.

                                                             

                Hier, dimanche, donc le 15 mars, il y avait la cavalcade à Esch mais n’imaginez surtout pas que je vais encore vous parler de « grosses têtes », de sa majesté Carnaval, des reines, etc. Il y avait bien la fête mais elle avait un esprit particulier : elle était porteuse de messages, je dirais presque de thèses ! Bien sûr, les confetti, les traditionnelles majorettes et  la bière très appréciée dans les pays du Nord étaient de la partie.

                                                             

                                                                            

                                                            

                                                           

        Mais, ce qui se dégageait de tout cela, c’était plutôt une certaine philosophie, celle qui consiste à faire cohabiter l’esprit festif et une prise de conscience citoyenne.  Qu’est-ce que cela signifie ? Eh bien, par exemple,  même dans le cadre d’un divertissement, on peut aborder le thème de l‘écologie, du développement durable, du tri sélectif. Jugez -vous-même ! Pas de mise en scène à la manière du « showbiz », pas de surenchère pour épater la galerie. Les chars sont « faits maison » avec des moyens très réduits. Il suffit d’un peu d’ingéniosité et non seulement  celui qui défile  est original mais il attire aussi l’attention du public sur des problèmes sociaux d’actualité.

                                                        

                                                       

            

                                                      

                                                      

   La calvalcade est aussi un prêtexte pour rappeler les grandes causes nationales : ligue contre le cancer, société protectrice des animaux, etc. Dans l’assistance, on notait la présence de nombreux handicapés moteurs ou cérébraux.  Il y avait beaucoup de personnes en fauteuil roulant et ils étaient le centre de toutes les attentions pour leur offrir des bonbons, des stylos, des paquets de popcorn, des casquettes, etc.

                                              

     Chacun fraternise. Le « cow-boy » n’est plus l’ennemi de l’Indien. Dans la rue défile un monde idéal où chacun se sent bien et communique avec les autres. Les paysans luxembourgeois ont accepté bien volontiers de prêter leurs tracteurs dont ils se servaient pour leurs cultures pour que, bien nettoyés et « bichonnés », ces engins tirent les chars. C’est cela la solidarité !

                                         

                                        

                                       

          Puisqu’il faut être modeste et en même temps valoriser ce que l’on posséde, inutile d’inviter des personnalités sportives pour animer le spectacle.  Le club local de gymnastique et de trampoline s’est chargé des animations. Regardez-plutôt ces acrobaties !

                                        

                                       

                                        

        Puisque j’ai commencé cet article avec des jeux de mots basés sur des sonorités proches, je le terminerai de la même manière en disant qu’au Luxembourg, la bourrade ( petit coup brusque donné comme marque d’amitié) n’est pas un luxe mais une tradition et que les Luxembourgeois ne sont ni des bourgeois ni des amateurs de luxe !

      J’ai rédigé ce billet sur la base d’un reportage-photo de la cavalcade d’Esch que m’a adressé Marie-Annick, l’enseignante qui était déjà à l’orgine du texte sur les lampions. Je la remercie beaucoup.

 

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12 commentaires

  1. Denise :

    Les sandales Crocs sont les nouvelles pantoufles
    Mémére Denise a acheté sa première paire de Crocs la semaine dernière !

    Longtemps j’ai cru que ces sandales étaient pour les enfants jusqu’au jour où je m’en suis chaussée. Elles sont tellement confortables et pratiques, surtout autour des piscines, que ce serait dommage de s’en passer.

    Inventées à Québec voilà presque 10 ans, elles ont gagné un statut culte depuis 2004, quand un groupe d’hommes d’affaires du Colorado a décidé d’acquérir la société québécoise pour lui donner un plan de marketing international.
    Cette année, la gamme de gougounes et sandales introduite l’an dernier prend de l’ampleur. L’influence de la mode est plus tangible. Et une ligne de petits boutons qu’on peut accrocher aux trous caractéristiques des sandales originelles a décuplé l’attrait des Crocs pour les jeunes, particulièrement les filles.
    Le succès des Crocs ne réside pas seulement dans leur allure coquine, mais tient aussi à leur plastique révolutionnaire, que rien ne parvient à tacher, et dont les propriétés antibactériennes semblent bel et bien garantir qu’elles ne prendront jamais d’odeur comme les gougounes traditionnelles.
    L’idée du Croslite, le nom officiel du plastique inventé par Marie-Claude de Billy et son conjoint Andrew Reddyhoff (Américain de naissance), est venue du désir de fabriquer des coussins et oreillers de spa plus malléables et durables.
    Après les accessoires de spa et les dossiers de kayak, Création Foam (le nom de la compagnie fondée par le couple) a lancé des sandales, à la suggestion d’amis. Mais la distribution était essentiellement limitée au Québec.
    En 2003, à une foire commerciale, les trois hommes d’affaires du Colorado ont rencontré M. Reddyhoff. Après lui avoir proposé d’acheter tout son stock de Croslite, elles ont fini par acquérir la compagnie.
    Elles ont ajouté une courroie postérieure aux sandales et ont peaufiné le marketing. Le mythe était né.
    Détail amusant, les comptes rendus québécois de l’histoire des Crocs passent souvent sous silence l’apport de la maison mère du Colorado, alors que le site web international ne mentionne que les trois «fondateurs» de Denver.
    Le prix de vente de Création Foam, en 2003, n’a pas été rendu public. Mais depuis que Crocs (CROX) s’est inscrite à la Bourse Nasdaq, on en sait davantage sur sa performance vertigineuse: des ventes de 142 millions pour le premier trimestre 2007, en augmentation de 217% par rapport au premier trimestre 2006. La preuve est faite: les Crocs sont les sandales de l’heure.

    source: (Mathieu Perreault) LA PRESSE

  2. Jocelyne :

    Merci pour cet intéressant billet, il prouve que lorsqu’on met à l’unisson nos énergies, et que chacun apporte sa contribution en effort, on peut faire une belle fête.

  3. Hilde :

    C’est marrant les expressions. En norvégien, on a l’expression « tøffelhelt » – « tøffel », ça veut dire « pantoufle », « helt » ca veut dire « héros » et l’expression signifie un homme qui est soumis à la volonté de sa femme, c’est-à-dire une homme qui fait ce que lui demande sa femme. Inutile de le dire: un « héros en pantoufle » n’est pas bien vu ni en Norvège ni ailleurs, j’imagine (sauf peut-être chez les femmes?)

  4. cdilyceemonnet :

    C’est très intéressant ce que tu as dit Hilde parce que ça m’a fait penser à un sens de « pantoufle » dont j’avais complétement oublié de parler !
    En effet, dans les textes de Rabelais,en particulier
    « Pantagruel », on trouve le mot « pantoufle » avec un sens très inattendu : celui de « femme » ! Ainsi, Gargantua, se rendant compte que sa femme Badebec est morte en donnant naissance à Pantagruel dit  » ma tendrette, ma braguette, ma savate, ma pantoufle » pour qualifier son épouse morte, marquer son affection pour elle et donc ses regrets de la voir décédée ! « Savate » appartient aussi au vocabulaire des chaussures puisque ça veut dire « pantoufle usée ». Donc « pantoufle » (dans ce contexte) et « savate » (dans ce contexte aussi) veulent dire « moitié » dans le sens de « femme » ou « épouse ». On peut y voir une sorte de connotation sexuelle .

  5. collegehcoandabc :

    Voilà encore un article qui me fait longuement réfléchir. Non seulement aux mots et à leurs sens inattendus, mais plutôt à ce rituel des fêtes dans la rue que les Roumains n’ont pas développé au cours de leur histoire… Jadis, lorsque la population habitait dans les zones rurales, il y avait la tradition de se rencontrer le dimanche pour danser ensemble, pour discuter, pour analyser les problèmes de la communauté…A présent, ces moments de réunion sont de plus en plus rares et ont perdu leur caractère intime, celui qui nous donnait le sentiment d’être chez soi, partout dans le monde.

  6. cdilyceemonnet :

    J’ai aussi un peu ce sentiment. En effet, j’ai souvenir, dans mon enfance, de fête de quartiers. Par exemple, pour la Saint Jean, le 24 juin, les habitants d’une même cité se réunissaient, ils dansaient et chantaient autour d’un feu. Mais, maintenant, cela ne se fait plus !
    Par contre, la fête de la musique, le 21 juin, redonne un peu cette ambiance, mais c’est autour des thèmes du début de l’été et des arts. Il existe aussi une « fête des voisins ». Cette année ce sera le 26 mai. Il s’agit d’essayer de mieux communiquer avec les gens qui entourent, de manger avec eux, de leur parler ! Mais, comme pour le jour de « la fête des femmes », ça semble dérisoire 1 jour par an !

  7. lyceepolonais :

    En polonais il existe le mot
    « pantoflarz » qui vient du mot pantofel = pantoufle.
    « Pantoflarz » signifie un homme soumis à la volonté de sa femme.

  8. cdilyceemonnet :

    Donc c’est une remarque proche de celle qu’a faite Hilde. C’est très intéressant d’arriver, à travers la diversité des langues, à trouver des éléments proches.

  9. Daleen :

    Le mot « pantoufle » en français se traduit en afrikaans par le mot « pantoffel » et veut dire exactement ce que veut dire le mot français! Si l’on utilise le mot afrikaans: « pantoffelregering », cela veut dire que l’homme se soumet à sa femme; qu’elle agit comme si elle était la patronne dans la maison.

  10. cdilyceemonnet :

    Un supplément « consommons durable » dans « Le populaire du centre » du jeudi 26 mars 2009 est intéressant à lire. Il aborde les « implications » de ce concept dans le domaine du tourisme,de la construction d’une maison individuelle, de l’environnement, du jardinage, de l’alimentation, de la literie.

  11. cdilyceemonnet :

    Un article consacré aux OGM dans « La cuisine collective  » n° 220 d’avril 2009. Le président de l’Association Nationale des Directeurs de Restauration Municipale, Christophe Hébert, insiste sur la difficulté de déclarer « sans OGM » les produits consommés.

  12. cdilyceemonnet :

    A signaler dans Science& Vie junior » n°240 de septembre 2009, un article intitulé « Recyclez vos épluchures ! » Eh oui, fabriquer du compost, c’est bon pour la protection de l’environnement. L’article va au-delà et indique des liens utiles tels que http://www.worgamic.org/

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