Les « kids » de Cincinnati

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            Pour les plus âgés des lecteurs de ce blog, le titre de cet article ne sera pas sans rappeler le film américain  de Norman Jewison « Le kid de Cincinnati » dans lequel Steve Mac Queen tient la vedette. Cependant je ne vais pas vous parler de cinéma ni de jeux de cartes  ( le héros est un as du poker), mais vous faire une sorte de compte-rendu de la visite de Marti Kitsinis, professeur de Français Langue Etrangère dans un lycée de Cincinnati (Ohio) et « les kids » (en français « les enfants »), ce sont ses élèves.

            Tout a débuté le 15 juin dernier quand cette enseignante et ses étudiants accompagnateurs sont arrivés en Europe en se posant à Madrid  où ils sont restés jusqu’au 17 juin. Puis ils se sont rendus à Tolède et à Barcelone, ont quitté l‘Espagne le 19 juin pour faire du tourisme dans le sud de la France : Avignon et Arles . Ils sont arrivés à Paris le 21 juin, jour de la fête de la musique, et ils s’y sont restés jusqu’au 24 juin, date à laquelle les élèves ont regagné les Etats-Unis.  Ils ont apprécié de nombreux monuments et lieux de la capitale mais voici deux photos les montrant à Paris, d’abord visitant le Musée du Louvre, puis se régalant à la crêperie Kern House du Quartier Saint Michel

                                                        

 

    Ce programme touristique avait été mis en place avant que des liens ne se nouent avec le lycée Jean Monnet de Limoges et c’est pour cela que les élèves de Cincinnati ne pouvaient pas rendre visite aux nôtres. Par contre, Marti Kitsinis avait l’autorisation de venir à Limoges dans le cadre d’une visite officielle. Les jeunes Américains sont donc repartis chez eux sans elle, mais avec le restant des accompagnateurs.

    Le 25 juin, Marti Kitsinis a donc rencontré Madame Vergnaud, notre proviseure et a fait la connaissance de Dominique Albrecht. En effet, les deux enseignantes n’avaient, jusqu’à présent, qu’échangé des messages électroniques . Comme les lecteurs doivent le savoir, je suis à l’origine du projet et de la mise en relation de toutes ces personnes. Nous avons immortalisé ces instants en prenant des clichés dans l’hôtel d’application du lycée.

                                                

 

     Après un repas pris au réfectoire du lycée, Dominique et moi avons joué les guides touristiques auprès de Marti. Nous lui avons fait visiter le magnifique jardin de l’Evêché qui surplombe la Vienne. L’Evêché  et son jardin datent de 1787 . Neuf jardiniers se chargent de biner, effleurer, arroser, etc.  Il fallait absolument que Marti voit cela d’autant que l’une des réputations de Limoges est la beauté de ses jardins. De plus, durant cet été, on peut y admirer une exposition d’objets en porcelaine disposés avec habileté. Outre la rocaille constituée de plus de 250 espèces résistantes à la sécheresse et les bassins, la fontaine est un cadre magnifique pour faire des photos dans ce lieu. C’est donc ce que nous avons fait.

                                                

                                                  

             Nous avons poursuivi par la visite des vieux quartiers de Limoges dont la fameuse Rue de la Boucherie avec les maisons à colombages, la place de la Motte et son superbe trompe-l’oeil, et tout ce que l’on appelle « la cité » où ont souvent lieu « les puces ».

                                                          

                                                     

 

                   Toutes ces visites nous ont occupées tout l’après-midi. Après un peu de repos (nous avons beaucoup marché)  et une bonne boisson fraîche (le soleil tapait dur !), il était vingt heures et l’heure de nous installer confortablement à la table du restaurant « Chez Alphonse  » où nous avons beaucoup parlé tout en dégustant des spécialités limousines car, chers lecteurs, Dominique et moi-même, dans les échanges en direction de Cincinnati, n’avons jamais omis la dimension gastronomique en raison de la spécificité de notre lycée.

                                                 

                                                La soirée s’est prolongée tard. Cependant le lendemain nous étions assez en forme pour nous rendre au Mémorial d’Oradour-sur-Glane. C’est un lieu incontournable parce qu’il marque historiquement notre région.  Dans leur correspondance et dans la construction du jeu à la manière de « Trivial Pursuit », nos élèves en avaient parlé à ceux de Cincinnati.

                                                       

              Nous avons poursuivi l’après-midi chez Dominique puis Marti a participé à un barbecue familial car, bien sûr, par delà le domaine pédagogique, la réalisation de ce projet passe par trois amitiés.

                                                   

                                                                                   

                     Le 27 juin Marti a quitté Limoges pour la Grèce où elle allait rendre visite à sa  belle-famille avant de regagner Cincinnati. Nous nous sommes séparées après avoir convenu de poursuivre le projet pour la période 2010-2011 et même peut-être d’encore plus l’élaborer en y associant éventuellement le professeur d’allemand du lycée Monnet  puisque parallèlement à nos échanges Deer Park  High School entretient des liens avec l’Allemagne, plus précisemment avec Sarrebruck  : des échanges franco-allemands pourraient être ainsi facilités et mener à une sorte de pédagogie « triangulaire » avec  la pratique du français, de l’allemand et de l’anglais.

                  La venue de Marti a été très appréciée par l’ensemble du lycée. Nous la remercions beaucoup et espérons que l’expérience pourra se renouveler. Le lycée Monnet aime à favoriser les échanges internationaux. La  prochaine visite attendue sera celle de Daleen, d’Afrique du Sud, dont les lecteurs assidus de ce blog ont déjà entendu parler. Ce sera pour cet automne.

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Le temps, le temps et rien d’autre …

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        Eh oui, vous aurez reconnu le début des paroles de la chanson de Charles Aznavour : http://www.youtube.com/watch?v=vSCA1hnWU5U 

    Charles Aznavour

      Et c’est vrai que les jours s’égrainent à toute vitesse. Nous avons déjà dépassé les vacances de Toussaint et les décorations de Noël commencent à s’installer dans les rues, les boîtes de chocolat et de marrons glacés se trouvent bien exposées dans les magasins.  Aux actualités, on nous rappelle qu’il y a maintenant un an que Barack Obama a été élu, que Nicolas Sarkozy est à la moitié de son mandat et que le mur de Berlin est tombé depuis vingt ans, que la seconde guerre mondiale a débuté il y a soixante ans, etc. On se sent un peu dépassé et alors le vocabulaire du temps revient en mémoire : « olympiade »                     pour 4 ans, « lustre » pour 5 ans, « décennie » pour 10 ans, « siècle » pour 100 ans, « millènaire » pour 1000 ans. Et l’on pense à l’expression latine «  tempus fugit » qui signifie le temps qui s’enfuit. C’est d’autant plus vrai que le dimanche 25 octobre l’heure d’hiver a été mise en place et que, si ce jour là a eu 25 heures pour que le matin suivant il fasse clair plus tôt, à partir de ce jour là la nuit est tombée, elle-aussi plus tôt !

   L’expression très courante « la précision des horlogers » invite à se pencher sur l’un de nos patrimoines. L’horloge comtoise est une de nos fiertés : elle est fabriquée en Franche-Comté, c’est-à-dire dans la région autour de Belfort et Besançon :  http://www.patrimoine-horloge.fr/

                                                           horloge comtoise

       L’horloge astronomique de la cathédrale de  Strasbourg est très célèbre . Elle attire les touristes tous les jours à 12h30 pour voir défiler les apôtres : http://www.strasbourg.eu/decouvrir/cathedrale/accueil?ItemID=1285861042 . Ce site permet de découvrir toute la beauté de la  ville : http://www.jmrw.com/France/Strasbourg/index.htm  Le campanile de  la gare de Limoges possède quatre cadrans d’horloge reliés entre eux de façon à indiquer partout la même heure. 

                                                    Gare de Limoges

        Naturellement il me semble que l’horloge la plus célèbre à travers le monde est celle de « Big Ben » c’est-à-dire la grosse cloche de la Tour du Parlement de Londres. Si vous voulez plus en savoir sur les horloges vous pouvez consulter http://www.horloge-edifice.fr/ . Ce mécanisme attire la curiosité donc le touriste et, par là-même connaître les lieux de leur existence peut servir à la formation de nos élèves.

      Enfin , sachez que la littérature a largement « exploité  » ce thème du temps. Il y a même un  ouvrage qui s’intitule Le collectionneur d’horloges extraordinaires écrit par Laura Gallego Garcia : http://www.lirado.com/livres/collectionneur-horloges.htm . Pensez aussi à L’Étrange Histoire de Benjamin  Button écrit par Francis Scott Key Fitzgerald : la particularité du héros étant de …rajeunir au point de mourir bébé. N’oubliez pas la composition particulière des romans de William Faulkner, je pense en particulier à Le bruit et la fureur. Pour ceux qui ne connaîtraient pas bien cet auteur américain et ce livre en particulier, voici un  lien : http://jimharrison.free.fr/ResumeDebruit.htm

        Avec toutes ces pistes de réflexion, j’espère que vous n’irez pas dire que j’ai fait beaucoup de bruit pour rien et que je vous ai fait …perdre votre temps !

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Au nom du père (et des pairs)

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               Les journées européennes du patrimoine auront lieu les 18 et 19 septembre.  Il s’agit de la 26 ème édition et elles  permettent de  découvrir 15 000 sites publics ou privés, ouverts exceptionnellement et qui proposent pour l’occasion des animations particulières. Ces journées se placent sous l’égide du Ministre de la Culture et de la Communication. Il s’agit de Frédéric Mitterrand, neveu de l’ex-président de la République François Mitterrand.

                                         Fréderic Mitterrand

     Reprenant à son compte la maxime d’un ancien Ministre de la Culture (par ailleurs aussi écrivain), André Malraux,  prononcée à l’occasion de la création  du Ministère de la Culture, « Assurer la plus vaste audience à notre patrimoine culturel « , l’actuel ministre a placé la version 2009 de ces journées sous le signe de « l’accessibilité à tous » c’est-à-dire en fait la possibilité pour chacun, durant quelques heures, de visiter des lieux prestigieux.

                                        Andre Malraux (1901-1976) avec le poète argentin Rafael Squirru

             En Haute-Vienne, il y a, parmi les monuments visitables ce jour-là,  de nombreuses églises dont celles  de Saint-Michel-des -lions à Limoges (  http://www.limoges360.com/place-3.php  )   du Vigen ( http://renaissancesolignac.site.voila.fr/ ) ,  notre magnifique gare des Bénédictions mais aussi des lieux liés à la spécificité de notre ville, c’est-à-dire la porcelaine. Je pense en particulier au four des Casseaux dont ce site donnera une idée à ceux ou celles qui ne connaissent pas du tout : http://www.limoges360.com/place-27.php , la manufacture Bernardaud (http://www.bernardaud.fr/FR/manuf/ind_manu.htm ), le Musée Adrien Dubouché (http://www.musee-adriendubouche.fr/) . D’autres lieux sont à voir, vous en aurez la liste précise sur http://www.journeesdupatrimoine.culture.fr/programme/recherche-thematique?rd=7487&commune=&monument=&theme=0&ty=0&valider=Valider&insee=0&g=1

                                                                 Gare des Bénédictins à Limoges

 J’ai intitulé cet article « au nom du père » parce qu’en fait, peut-être n’en avez-vous jamais eu conscience, le mot « patrimoine » dérive du mot « père » car, initialement, il s’agit des biens que l’on hérite de sa famille , qui sont donc transmis de générations en générations et constituent une « histoire ». Il y a donc non seulement une valeur « financière » mais aussi sentimentale car il y a les liens du sang.

       J’ai ajouté « et des pairs » non seulement parce que ce mot est un homonyme de « père », mais aussi parce que j’ai voulu faire allusion à la manifestation « Toques et Porcelaines » à laquelle participe notre lycée. Il s’agit d’honorer les produits gastronomiques locaux : la spécialité de notre établissement étant l’hôtellerie-restauration, nous serons bien avec « nos pairs » c’est-à-dire entre professionnels des arts de la table. Les manifestations se dérouleront Place de la Motte, lieu tout près de la fameuse rue de la Boucherie dont le nom évoque bien sûr le Moyen-Age mais aussi le corps de métier des bouchers.  A ce titre, on pourra noter des animations autour du veau et du porc du Limousin. Des manifestations culturelles (spectacle, musique, théâtre de rue) rendrons …exquises (c’est le mot, non ?) ces journées du patrimoine.

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C’était le temps des fleurs …

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     Nous sommes encore au printemps même si l’été approche. La nature est en pleine évolution et toutes les transformations sont bien visibles dans les jardins. C’est l’époque de la floraison. Au Japon, les plantes font l’objet de beaucoup d’attention. L’extraordinaire diversité de la flore qui caractérise le Japon s’explique par son extension en latitude, son climat contrasté qui va du subarctique au subtropical. Ce sont les bougainvillées, les poinsettias et les hibiscus qui dominent. Le mot « poinsettia » vient du botaniste Joel Roberts Poinsett.

                                                                  

                                                                              

                                                                            

          Le camélia, les chrysanthèmes, les pivoines, le liseron (appelé aussi « la belle-de-jour« ), le rhododendron (appelé aussi « azalée« ) sont souvent l’objet d’expositions florales dans les temples.   L’amour des Japonais pour les fleurs et les plantes est bien connu.    

                                                                                                                          

 

                                                          

                                                          

    La fleur de cerisier est la fleur nationale du pays car elle rappelle les samouraïs du Japon féodal qui faisaient un parallèle entre la précarité de leur vie de guerriers, en permanence menacée par les combats, et la brève beauté de cette fragile fleur.

                                                           

                                                                      

     L’époque de la floraison des cerisiers est l’un des évenements les plus importants du calendrier japonais. Le pays est tenu informé par la presse de l’évolution. On appelle cela le « hanami » qui signifie littéralement « regarder les fleurs ». On profite de la belle saison pour pique-niquer et chanter sous les cerisiers en fleurs. Toute cette attitude participe au « sakurazensen »  qui veut dire « ligne de floraison des cerisiers ».

                                                                             

                                                                        

        Le château de  Himeji-jô          nous a déjà été présenté par notre amie Mariko dans http://www.weblettres.net/blogs/article.php?w=capdebonneesper&e_id=7968 mais ces jours-derniers elle a visité le temple Chichibu. Voici quelques images de la flore que l’on y trouve en abondance  mais aussi des magnifiques décorations du temple.

                                                                         

                                                                        

                                                                        

                                                                      

                                                                    

Regardez aussi cette vidéo sur la flore du temple Chichibu : http://www.youtube.com/watch?v=9HlMC615RDw

     Dans un prochain article il sera question de l' »ikebana » c’est-à-dire de l’art floral japonais. Je peux déjà vous expliquer que « ikebana » signifie littéralement « fleurs vivantes » car il est formé de « ikeru » qui signifie « faire vivre » et de « hana » qui veut dire « fleurs ».

         Je remercie Mariko de m’avoir suggéré ce billet et de m’avoir fourni quelques photos. Le titre de cet article se référe à  cette chanson dont on peut entendre un extrait à http://chansons.ina.fr/index.php?vue=notice&id_notice=I07187460  et  lire les paroles à http://fr.lyrics-copy.com/dalida/le-temps-des-fleurs.htm

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Le pont japonais

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      Le mois de mai est souvent présenté comme une période pendant laquelle, en France, les jours fériés se succédent. Ainsi, cette année, le 1er mai était un vendredi, le 8 mai aussi, mais il y aura aussi le jeudi 21 mai (Ascension) puis le 31 mai (Pentecôte). Puisque les 1er et 8 mai étaient un vendredi, certaines administrations et entreprises ont accordé à leurs employés le samedi pour faire « un grand week-end ».  Puisque l’Ascension est un jeudi, le vendredi est souvent aussi accordé et parfois en complément du samedi et du dimanche. On a l’habitude de parler de « pont » pour désigner un week-end et quand on trouve que vraiment le repos obtenu est appréciable, certains vont jusqu’à dire …viaduc ! On peut alors se demander ce qu’il en est dans les autres pays.

     Prenons par exemple le Japon qui, au contraire, jouït d’une réputation d’avoir un peuple très travailleur, y-a-t-il aussi « des ponts  » ? Je commencerai par dire une boutade en vous répondant que « les ponts japonais » sont bien connus puisqu’ils ont plu au peintre impressionniste Claude Monet ! Bien que cet artiste ne soit jamais allé au Japon, il était fasciné par le pays du Soleil Levant. Ainsi, dans sa maison de Giverny, le jardin d’eau est orné d’un petit pont qui enjambe l’extrémité du bassin. La forme arquée de cette passerelle lui a valu le nom de « pont japonais » et il posséde une tonnelle. En fait, Claude Monet a peint le pont qu’il a fait faire dans son jardin.

                                           

    Plus sérieusement maintenant, je dirais maintenant que oui, il y a des « ponts » au Japon, même si c’est rare, le plus connu est la « Golden Week »  que l’on peut traduire en français par « la Semaine d’or« . Il s’agit de jours fériés qui se succédent : 4 en 7 jours !  Le 29 avril de chaque année, les Japonais célèbrent la  » Fête de Shōwa » (Shōwa no Hi). Il s’agit de célèbrer l’anniversaire de l’empereur l’empereur Shōwa (Hirohito) né le 29 avril 1901 bien qu’il soit mort le 7 janvier 1989 et qu’il y ait aussi des polémiques sur son rôle pendant la seconde guerre mondiale. Depuis son décès, c’est son fils Akihito qui est empereur.

                                                   

                                               

      Le 3 mai est la seconde fête de la « Semaine d’or ». Il s’agit de commémorer la Constitution de 1947. Cette journée est appelée Kempō Kinen Bi . C’est un événement très important puisque cette constitution a été élaborée au-delà de la seconde guerre mondiale et donc au-delà de la capitulation du Japon.  Les articles de cette constitution se sont fortement inspirés du travail de réflexion de Douglas Mac Arthur, commandant suprême des forces armées américaines.

                                          

     On pourrait voir un acte contre-nature de célèbrer  une constitution dictée par l’ennemi d’hier, mais ce serait ignorer que si d’un côté Douglas Mac-Arthur incarne un ancien rival, il est aussi un allié car il a personnellement appuyé le statut « d’innocents » pour les membres de la famille impériale lors du procés de Tokyo ouvert le 19 janvier 1946. Il s’agissait de juger les « criminels de guerre japonais de la seconde guerre mondiale » et Hirohito et sa parenté ont ainsi bénéficié d’une exonération de responsabilités. Il faut dire que deux raisons expliquent cette grande clémence. Les onze juges du Tribunal Militaire International pour l’Extrême-Orient ont à leur tête le procureur Joseph Berry Keenan. Il est américain et a servi pour l’administration de Franklin Roosevelt puis celle de Harry Truman et il serait difficile d’incriminer Hirohito et sa famille pour « crime de guerre » alors que les Etats-Unis ont eux-mêmes largué deux bombes atomiques avec des effets dévastateurs sur le Japon ! Il y a aussi à prendre en considération la stratégie américaine consistant à ne pas déstabiliser politiquement  le Japon en épargnant l’empereur Hirohito et sa famille, et ceci est d’autant plus important que la guerre froide a fait naître  la guerre de Corée  qui menace et qu’il est très intéressant de faire du Japon un allié ! L’article 9 de la constitution japonaise de 1947 interdit la création d’une armée japonaise, mais, sous des couverts de « protection » par rapport à la Corée du Nord soutenue par les Soviétiques et les Chinois, le Japon est autorisé à organiser une « force d’autodéfense« .

Le 4 mai, les Japonais célèbrent Midori no Hi que l’on peut traduire par Fête de la Nature ou de la Verdure. Les jardins japonais sont souvent petits mais dessinés avec soin de façon à former un paysage en miniature. Voici quelques exemples de décorations de jardins japonais : http://www.dailymotion.com/video/x3hv04_jardins-japonais_blog . Le « bonsaï » est l’art de cultiver des arbres miniatures. Chaque rocher, pièce d’eau et plante est mis en valeur. Regardez quelques réalisations avec http://www.youtube.com/watch?v=mfrs_oZfk_M&hl=fr

  Enfin, le 5 mai, les Japonais célèbrent Kodomo no hi que l’on peut traduire  par « Fête des enfants » bien que ce soit particulièrement les garçons qui soient fêtés. Des animations spéciales caractérisent cette journée. Ainsi les enfants prennent un bain d’iris (shōbu-yu ), boivent du saké additionné d’iris, dégustent des Kashiwa-mochi qui sont des sortes de gâteaux de riz fourrés d’une purée de haricots rouges sucrés, le tout enroulé dans une feuille de chêne. Parfois ils mangent aussi des chimaki. Il s’agit d’une sorte de gâteau de riz agglutiné servi dans une feuille de bamboo.

                                                                   

                                                                   

   Les enfants reçoivent une « poupée de mai » et des « drapeaux carpe« . On peut en admirer à cette adresse : http://www.japan-photo.de/e-kodomo.htm

                                                                 

   Cette semaine d’or est une période très importante au Japon au niveau touristique puisque ces jours de repos sont des occasions rêvées pour faire des visites. Mais, ces jours là, les prix flambent et finalement l’or est très utile mais …dans le porte-monnaie …pour passer cette semaine !

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Fête des morts

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Nous sommes en vacances depuis vendredi 24 octobre et ce jusqu’au 6 novembre. Nous avons l’habitude de dire que ce sont « les vacances de Toussaint« . Comme ce type de congés scolaires n’existe pas dans les pays avec lesquels notre réseau de blogs scolaires nous a mis en relation, il me semble intéressant de préciser un certain nombre de faits.

La Toussaint est une fête catholique qui, comme le nom l’indique, consiste à rendre hommage à tous les Saints. Sa date est fixée au 1er novembre et il s’agit d’un jour férié. Il y a de plus en plus confusion entre « la Toussaint » et  » le jour des morts » qui, lui, a lieu le 2 novembre et qui, lui, n’accorde aucun repos particulier. Je dis qu’il y a amalgame parce qu’en fait, depuis plusieurs années, les gens se recueillent dans les cimetières, fleurissent les tombes pour Toussaint et non le lendemain comme il se devrait. Cette « pratique  » vient du fait que le jour des morts n’étant pas chômé, il n’y a pas d’autre choix. Les chrysanthèmes sont les fleurs les plus choisies pour poser sur les caveaux, de même que les arbres qui bordent le plus les cimetières sont le plus souvent des cyprès ou des ifs.

Le cimetière du Père Lachaise, à Paris est connu, même hors période de Toussaint, comme un « haut lieu touristique », mais auriez-vous aussi l’idée, en venant à Limoges, de programmer la visite du cimetière de Louyat? Il faut savoir que « Louyat » désigne le domaine. Notre cimetière est parmi l’un des plus grands de France. Il s’étend sur plus de 35 hectares, comporte 40 000 sépultures et environ 200 000 défunts y reposent. Ce site funéraire posséde aussi une particularité : des plaques en porcelaine indiquent le nom des défunts ! Il faut bien entendu voir un lien entre l’usage de la porcelaine et le fait qu’il s’agisse de Limoges. De nombreuses personnalités sont enterrées dans ce lieu : quelques maires de Limoges , David et Charles Haviland dont les noms sont associés à la porcelaine, Adrien Dubouché, généreux mécène du musée de céramique, Camille Vardelle, jeune homme tué lors des émeutes ouvrières de 1905 à Limoges. Vous aurez encore plus de détails sur ce cimetière en venant emprunter au CDI Pays du Limousin n°37 du 15 octobre 2008. Le cimetière de Limoges n’est pas le seul en Limousin à avoir des plaques funéraires en porcelaine. Le cimetière de Linards en a aussi et voici un lien pour voir comment se présentent ces « décorations mortuaires » : http://linards.ifrance.com/histoire/plaques/plaques.htm

Puisque ce blog se veut ouvert « sur l’étranger », je vais aussi vous parler d’autres cimetières. D’abord du cimetière de Staglieno à Gênes (Italie) que j’ai eu l’occasion de visiter avec mes parents il y a de nombreuses années. Il est considéré comme une curiosité touristique à cause des tombeaux . Des stèles monumentales font de lui comme un musée. Le site officiel permettra d’avoir plus de renseignements : http://www.cimiterodistaglieno.it/

Suite au commentaire de Cristolinette, je rajoute donc une photo du cimetière d’Hammamet en Tunisie ainsi qu’une autre représentant la tombe de Bettino Craxi dans ce même cimetière. Je la remercie pour ce don.

Je n’ai pas visité le cimetière Bellu de Bucarest ( Roumanie) mais sa réputation dépasse son pays. Aussi je sais qu’il abrite de nombreuses personnalités dont le célèbre architecte Ion Mincu

L’Argentine a été fortement marqué par la personnalité d’ Eva Duarte de Perón qui a été la femme du président argentin. La chanteuse Madonna a interprété le rôle d' »Evita » au cinéma . Le cimetière de La Recoleta à Buenos Aires laisse reposer de nombreuses personnalités dont Eva Perón. Ce site, en espagnol, donne des explications complémentaires sur ce cimetière : http://www.info-recoleta.com/cementerio_recoleta.htm

Au Canada, plusieurs cimetières sont célèbres mais le plus grand est celui de Notre-Dame-des-Neiges à Montréal (Québec) , cimetière catholique qui jouxte justement le cimetière anglophone et protestant du Mont-Royal.

Ce lien donne encore plus de détails sur les différents cimetières du monde : http://www.landrucimetieres.fr/spip/ . Pour que vous ne trouviez pas mon article trop macabre, je voudrais ajouter qu’il y a en fait plusieurs façons de fêter les morts : se recueillir sur les tombes mais aussi faire la fête avec Halloween. J’ai remarqué que nos amis de Georgie préparait un petit article à ce sujet , alors je vous invite à aller y jeter un coup d’oeil : http://lewebpedagogique.com/wiesendanger/ , rubrique « Les questions » . Outre les déguisements , la citrouille est au coeur de cette tradition . Elle décore les maisons et s’accompagne de symboles mortuaires.

La citrouille d\'Halloween est appelée Jack O\' Lantern

Pour rester, disons, dans le « ton », je vous propose quelques expressions plus ou moins familières que l’on utilise quand quelqu’un est mort : « il a cassé sa pipe« , « il mange les pissenlits par la racine« , « il est ressorti les pieds devant« , « il a fermé son parapluie« , « il a passé l’arme à gauche« , « ses dents ne lui font plus mal« . En connaissez-vous d’autres ?

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Changement de décor

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             Mon billet d’hier attirait votre attention sur l’esthétique et le côté fonctionnel d’un bâtiment. Comme les conditions de vie changent au fur et à mesure des époques, on est en droit de s’imaginer que les constructions doivent être « recyclables », évolutives.

           Je vais donc vous parler de l’ancienne caserne du quartier Villars à Moulins (Allier), désertée par les militaires, mais qui, classée « monument historique » est devenue le Centre National du Costume de scène et de la Scénographie en juillet 2006.

            Les architectes Jean-Michel Wilmotte et Jacques Brudin ont rénové et agrandi le bâtiment initial. Disons qu’ils ont frappé les trois coups et qu’ensuite le spectacle a pu commencer! En effet, le CNCS conserve une prestigieuse collection de 8 000 costumes de scène et de décors de théâtre. L’ensemble provient de la Bibliothèque Nationale de France, de la Comédie-Française  et de l’ Opéra National de Paris. De nombreux costumes sont signés Christian Lacroix et Jean-Paul Gautier. Certains ont été portés par la cantatrice Maria Callas ou le danseur russe Rudolf Noureev.

          Ce centre national a fait peau neuve, tel un caméléon. Sa seconde vie lui promet un brillant avenir. En attendant d’aller réellement visiter ce musée, découvrez-le de façon virtuelle : http://www.cncs.fr/ . Un lieu où devraient sans doute aimer à aller nos élèves de 3ème DP6 qui nous ont fait une excellente prestation théâtrale jeudi après-midi en mettant en scène, aidés en cela par le comédien Philippe Lopes de la compagnie théâtrale limousine  O’ Navio   à propos de laquelle on peut plus amplement  s’informer sur   http://www.onavio.com/leech/menu.htm ou http://www.myspace.com/onaviotheatre , des saynettes qu’ils ont eux-mêmes rédigées (dont une en anglais !) . Le spectacle était suivi d’une présentation de diaporamas reprenant, sous forme de bandes dessinées accompagnées d’un fond musical en rapport, les textes qu’ils avaient, quelques minutes auparavant, mis en scène. Bravo les élèves. Félicitations! Merci à toute l’équipe pédagogique dans laquelle on compte le CDI, d’avoir contribué à assurer ce succès.

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Dis-moi où tu habites, je te dirai qui tu es !

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     Le « boom » natal de l’après-guerre 1945 et surtout les importantes démolitions dues au conflit, ont imposé la construction rapide d’habitations. A Marseille, par exemple, Le Corbusier, de son vrai nom Charles-Edouard Jeanneret a réalisé La cité radieuse. En choisissant une telle appelation, l’architecte voulait signifier son profond désir que cette cité soit un lieu agréable à vivre et beau. Mais l’aspect de ce bâtiment n’a pas enthousiasmé les critiques qui ont parlé de « cages à lapins » pour présenter les 337 logements conçus comme un ensemble dans une sorte de village comportant des commerces, des bureaux, un hôtel et une bibliothèque. Il est possible de visiter cette cité classée « Monument historique » et toujours habitée : http://www.marseille-citeradieuse.org/ 

     En fait, il existe plusieurs « cités radieuses » car le modèle de Marseille a été reproduit à Rezé (Loire Atlantique) (dossier à http://fr.wikipedia.org/wiki/Cit%C3%A9_Radieuse_de_Rez%C3%A9 ) , à Firminy (Loire) (dossier à http://fr.wikipedia.org/wiki/Unit%C3%A9_d%27habitation_de_Firminy-Vert  et à http://www.sitelecorbusier.com/fr/, à Briey (dossier à http://www.ville-briey.fr/site/decouvrir_tourisme_cite.php ) . Il y a même une « cité radieuse » à Berlin, en Allemagne : http://berlin.equipier.com/architecture/cite-radieuse.php

    Mais l’imagination des architectes n’a pas perdu de sa verve. Preuve en est le projet de Jean Nouvel en ce qui concerne l’aménagement de Paris : http://www.tour-signal-ladefense.com/  Cet édifice serait à la fois un lieu de loisirs et de travail, au centre de la capitale. Avant même la construction de la Tour Signal, il y a déjà des critiques en ce qui la concerne : sa hauteur, sa surface, l’absence  de mixité sociale, son prix, etc. Ce bâtiment devrait être achevé en 2013 ou 2015.

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