7 juin, 2009
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Ce dimanche, en France, est bien entendu marqué sur le plan politique par les élections au Parlement Européen et probablement que chacun se demande comment concilier, dans l’expression de son vote, son amour pour la mère patrie (son pays natal) et son désir de s’ouvrir sur une structure plus large. Mais aujourd’hui est aussi un jour particulier au sein de chaque famille puisqu’il s’agit de la Fête des Mères. Normalement, c’est le dernier dimanche de mai mais quand cette journée correspond à Pentecôte, la fête est décallée d’une semaine et donc le premier dimanche de juin. Cette année c’était le cas.
Pour vous mettre dans l’ambiance des moments de tendresse entre mères et enfants, je vous propose deux textes que je trouve particulièrement émouvants. Le premier est un extrait du Livre de ma mère d’Albert Cohen (1895-1981) :
“Je vous salue, mères qui pensez à nous sans cesse et jusque dans vos sommeils, qui pardonnez toujours et caressez nos fronts de vos mains flétries, mères qui nous attendez, mères qui êtes toujours à la fenêtre pour nous regarder partir, mères qui nous trouvez incomparables et uniques”.
Le second est un poème de Pierre Coran (né en 1934) :
Une maman
Une maman est un sourire,
Une main-fleur sur un berceau,
Une eau claire où l’enfant se mire,
Une étoile au bec d’un moineau.
Une maman est une larme,
Un point fermé sur un caillou
Quand son coeur trahit le vacarme
D’une meute humaine de loups.
Que sa peau soit nuit ou lumière,
Qu’elle croie ou non aux oracles,
Qu’elle soit soleil ou poussière,
Une maman est un miracle
Le titre de mon billet fait lui-même référence à une célèbre comptine française : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ah!_vous_dirai-je,_Maman
Le mot ” Maman” est le terme dont les enfants se servent pour s’adresser à leur mère ou bien pour la désigner. “Mère poule“ désigne la Maman qui “couve” littéralement ses petits tellement elle prend soin d’eux. A noter que la seconde femme du père ou bien une mère indigne sont appelés marâtre. Il en est d’ailleurs beaucoup question dans les contes. Souvenez-vous que Blanche-Neige est détestée de sa “belle-mère” (car ce mot, en français, ne désigne pas seulement la relation de la bru ou du gendre à la mère de son partenaire)et qu’il en est de même pour Cendrillon. “Mère” a donné “materner” c’est-à-dire “coucouner“ (à mettre en relation avec l’oiseau appelé “coucou”) ou “bichonner” (à mettre en relation avec la race de chien appelée “bichon”), autrement dit c’est choyer son “petit”. L’adjectif “maternel(le)” en découle. Pour l’anecdote sachez que “l’école maternelle” s’est initialement appelée “l’hospice“! Eh oui, maintenant ce mot a un sens assez péjoratif car on imagine une sorte de mouroir pour personnes âgées mais il ne faut pas oublier que c’est un dérivé de “hospitalité” !
“Matrice” est un mot vieilli pour désigner l’utérus. “Matriarcat” est un système social, politique et juridique dans lequel les femmes sont au pouvoir. “Matrilocal” renvoie au mode de résidence d’un couple dans lequel l’époux doit venir habiter dans la famille de sa femme. On appelle “matronymat” le fait que ce soit la mère qui transmette son nom de famille dans le cadre d’une descendance. Enfin, il y a “matrone” qui, dans l’antiquité romaine, s’appliquait à une femme mariée mais qui maintenant désigne de façon péjorative soit une femme d’âge mûr et d’allure imposante soit une femme corpulente aux allures vulgaires.
Le mot “mère” peut aussi s’entendre dans d’autres sens que celui de la relation familiale. On l’emploie pour désigner la supérieure d’un couvent ou bien dans l’expression “notre première mère” pour parler d’Eve, la femme d’Adam. On parle aussi de “Reine mère“ pour parler de la reine douairière c’est-à-dire la plus âgée. A l’époque actuelle, cela fait surtout référence à Elisabeth II, mais, avant sa mort en 2002, il s’agissait plutôt de sa propre mère : Elizabeth Angela Marguerite Bowes-Lyon. Paradoxalement le mot “mère” peut aussi être utilisé pour nommer une femme du peuple. C’est ainsi qu’il faut comprendre l’expression “La mère Michel” dans la comptine enfantine que vous pouvez entendre à cette adresse : http://people.southwestern.edu/~prevots/songs/?p=28
En ces jours anniversaires du débarquement des Américains en Normandie en juin 1944, il est nécessaire de parler de la “Mère Poulard” de son vrai nom Anne Boutiaut, la fameuse cuisinière qui a inventé la recette de “l’omelette de la mère Poulard”. Regardez le site : http://www.mere-poulard.fr/ et vous aurez la recette ici : http://www.marmiton.org/recettes/recette.cfm?num_recette=16074
Comment oublier la Mère Denis, cette femme d’un certain âge qui faisait la publicité des machines à laver de la marque “Vedette” dans les années 1980, en France : http://www.youtube.com/watch?v=DbntcjUpQ-o&hl=fr . Vous pouvez lire la biographie de cette femme à http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A8re_Denis
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28 avril, 2009
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Premier Mai
Tu viens, camarade
Au grand défilé ?
Aujourd’hui, c’est fête
Pour les travailleurs.
J’aurai mon béret
Et toi ta casquette
Les filles seront
En corsage clair
Avec des drapeaux
Et des banderoles
Nous remonterons
Les grands boulevards.
Les vieux chanteront
Le temps des cerises
Et nous aurons tous
A la boutonnière
Un brin de muguet.
Raoul Bécousse (1920-2001)
Ce texte poétique m’amène à vous rappeler l’historique de la “Fête des travailleurs“. C’est le 1er mai 1886 qu’il a eu d’importantes manifestations aux Etats-Unis, à Chicago en particulier, pour demander la réduction journalière du temps de travail à 8 heures. Le puissant American Federation of Labour (AFL)est le puissant syndicat qui mène la lutte. La revendication doit se faire ce jour là parce qu’aux Etats-Unis le 1er mai est le début de l’année comptable pour les entreprises et il faut donc indiquer “les nouvelles règles” pour la suite économique. Des grèves considérables eurent lieu partout et cinq dirigeants ouvriers furent arrêtés puis pendus : August Spies, Albert R. Parson, Adolf Fisher, George Engel, Louis Lingg. Ils ont été surnommés “Les martyrs de Chicago”. Vous retrouverez ce rappel historique à http://www.linternaute.com/histoire/magazine/dossier/06/jours-feries/1er-mai/1-mai.shtml
En 1889, la IIeme Internationaliste Socialiste se réunit à Paris pour le centenaire de la Révolution Française. Il est décidé de faire de chaque premier mai une journée de mobilisation internationale en souvenir “des martyrs de Chicago”. La revendication des 8 heures de travail pour jour est maintenue et il est décidé que lors de cette manifestation les participants porteront un triangle rouge symbolisant : 8 heures de travail, 8 heures de loisirs, 8 heures de repos.
L’idée fait son chemin. Ainsi, en France, Paul Lafargue encourage les ouvriers à des manifestations et à des grèves. Il fonde le Parti Ouvrier Français et épouse Laura Marx, l’une des filles du célèbre philosophe Karl Marx



Le 1er mai 1891, en France, à Fourmies, ville textile du Nord, au cours d’une manifestation pour réclamer à nouveau la journée de travail de 8 heures, la police, équipée des flambants neufs fusils Lebel, tire dans la foule et deux jeunes filles qui distribuaient desfleurs des champs et portaient à la boutonnière une églantine meurent. Ces jeunes filles deviennent des symboles et à partir de 1900 on commence à surnommer les socialistes “les églantinards“.

Les années suivantes les manifestations se poursuivent chaque premier mai et les participants portent une églantine à la boutonnière. Mais, en 1906, à Paris, le 1er mai tourne à la tragédie avec 800 arrestations et de nombreux blessés. C’est en 1907 que, lors d’un défilé à Chaville, en région parisienne, le brin de muguet remplace l’églantine.
http://www.youtube.com/watch?v=tsOHY2ViCw4&hl=fr permet d’entendre Le temps des cerises avec une interprétation très réaliste faite par Georgette Lemaire. Il y avait d’autres vidéos possibles mais j’ai choisi celle-ci pour cette raison et aussi pour les images qui y sont présentées.
http://www.youtube.com/watch?v=EpgrO-tieGM&hl=fr permet d’écouter L’Internationale et c’est particulièrement intéressant parce que cette vidéo associe ce chant à des tableaux de Pissaro, Caillebotte, Daumier, etc. On se rend alors très compte des dures conditions de travail de l’époque et donc du grand espoir que font naître les paroles de cet hymne révolutionnaire.

Il faut attendre le 25 avril 1925 pour qu’une loi permette la réduction du temps de travail à 8 heures par jour. En 1936, l’année d’arrivée au pouvoir du Front Populaire, pendant les manifestations, on vend des bouquets de muguet cravatés de rouge. Le 12 avril 1941, le 1er mai est défini comme “la fête du travail et de la concorde sociale” : il s’agit d’un jour chômé n’entraînant pas de perte de salaire mais 50 % de la somme est versée au secours national. Enfin, le 29 avril 1947, le 1er mai est déclaré jour chômé et payé et est assimilé à un jour férié. Ce site remarquable, http://www2.ac-lille.fr/patrimoine-caac/Fourmies/1ermai/page2.htm , retrace avec encore plus de détails l’historique de cette date.
Le côté paradoxal est qu’alors que l’origine des manifestations du 1er mai soit américaine, aux Etats-Unis, le “1er mai” n’est pas fêté le 1er mai ! Ce jour férié est en fait accordé le premier lundi de septembre de chaque année, ce qui en fait une date mobile ! L’argument avancé est que ce “week-end” là sera plus long en temps de repos ! Effectivement, en France, le 1er mai étant fêté le 1er mai, suivant le calendrier, cette date peut être un dimanche, c’est-à-dire déjà un jour théoriquement de repos ! Mais le raisonnement américain est tout de même original parce que c’est comme si on fêtait le 14 juillet à une autre date !
Des manifestations se perpétuent réellement le 1er mai à travers le monde mais je vais juste vous parler un peu de celle de Rome sur la Piazza del Popolo où l’on peut trouver un million de personnes rassemblées. On y chante généralement “Bella Ciao” qui est le chant des partisans italiens. Je vous invite à l’écouter : http://www.dailymotion.com/video/x1cikr_bella-ciao-version-des-partisans_events Puisqu’il va y avoir de nombreux défilés à travers le monde, ce n’est donc pas le moment de “se défiler”, cette expression signifiant “fuir devant d’éventuelles responsabilités”
Pour conclure, je vous invite à lire ce beau poème de Maurice Carême (1899-1978)
n
Cloches naïves du muguet,
Carillonnez ! car voici Mai !
Sous une averse de lumière,
Les arbres chantent au verger,
Et les graines du potager
Sortent en riant de la terre.
Carillonnez ! car voici Mai !
Cloches naïves du muguet !
Les yeux brillants, l’âme légère,
Les fillettes s’en vont au bois
Rejoindre les fées qui, déjà,
Dansent en rond sur la bruyère.
Carillonnez ! car voici Mai !
Cloches naïves du muguet.
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6 avril, 2009
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Les classes de CAP de notre lycée ont écrit quelques textes à partir des aquarelles du peintre Jean-Claude Papeix dont voici le site : http://papeix.free.fr . Madame Martine Voisin, leur professeur de mathématiques, est à l’initiative du projet. Leur professeur de français, Madame Doris Parneix, a fait le récit du vernissage des toiles de l’artiste limousin dans http://www.weblettres.net/blogs/?w=capdebonneesper . Ces élèves ont été récompensés par les représentants du Rotary-Club de la Haute-Vienne au cours d’une cérémonie de remise des Prix des Métiers. Ils ont reçu des mains de chaque président de club un diplôme et un chèque . Sur la photo ci-dessous, vous pouvez voir Madame Vergnaud, notre proviseur, ainsi que la délégation d’élèves de CAP.

Les élèves des classes de CAP ont donc été les lauréats d’une sorte de défi qui consistait à être capables d’être inspirés par des aquarelles et, à partir de là, improviser une brillante rédaction. Que signifie le mot “lauréat” ? Textuellement, c’est celui qui est couronné d’un laurier et, de façon plus générale, celui qui a réussi un examen, a remporté un prix dans un concours .
Mais quel lien avec la plante aromatique me direz-vous ? Le laurier est un arbuste de la région méditerranéenne à fleurs blanchâtres dont les feuilles persistantes et coriaces sont utilisées comme condiment.

Il faut faire quelques rappels mythologiques pour bien comprendre la relation avec l’idée de triomphe. Dans Les métamorphoses, Ovide conte comment, alors qu’elle était poursuivie par Apollon et qu’elle souhaitait lui échapper, la déesse Daphné se changea en laurier. Cet arbre est donc lié à l’idée de triomphe, de victoire. Cette référence mythologique explique que parfois, au lieu de dire simplement “laurier”, on préfère utiliser l’expression “laurier d’Apollon”. Un peintre, Giambattista Tiepolo, a choisi ce thème pour l’un de ses tableaux.

En grec, “Daphné” s’écrit Δάφνη et ce mot veut dire “laurier”. D’ailleurs “daphné” est devenu un nom commun masculin pour désigner des arbrisseaux du genre thyméléacées, dont les feuilles sont caduques ou persistantes, et dont plusieurs espèces sont cultivées pour l’ornement. On appelle parfois ces arbres : “bois joli”, “bois gentil”, ou même “daphné garou“. “Daphné” est aussi devenu un prénom féminin.
Avoir “une tête laurée” signifie avoir sur la tête une couronne de lauriers. C’est ainsi que sont, par exemple, représentés Jules César, Pierre de Ronsard, Napoléon Bonaparte. Plusieurs expressions confirment l’idée de succès associée au mot “laurier” :
-Cueillir ou moissonner des lauriers : remporter des victoires
- Etre chargé de lauriers : avoir acquis beaucoup de gloire
- Flétrir ses lauriers : déshonorer sa victoire
- S’endormir sur ses lauriers : ne pas poursuivre une carrière glorieusement commençée
- Se reposer sur ses lauriers : jouïr d’un repos mérité par des succès antérieurs (mais souvent l’expression est ironique et veut dire en fait que la personne se laisse vivre)
Plus étonnant encore, le mot “baccalauréat” est un dérivé du mot “laurier” puisque ce terme vient d’un mot latin signifiant “baie de laurier” : une couronne ou un rameau de lauriers ceignait, à l’origine, les génies et les sages. Un “rameau” est une petite branche d’arbre ou la ramification de la tige d’un végétal.
Le mot “rameau” est très souvent associé au mot “olivier“. Il s’agit d’un arbre méditerranéen qui donne des olives que l’on consomme natures ou bien dont on tire de l’huile. Comme le laurier, l’olivier est donc associé à la gastronomie. De la même façon qu’il existe le prénom “Laurent” qui dérive de “laurier”, il y a le prénom “Olivier” qui vient justement de “olivier”.

Autre point commun avec le laurier : en Grèce, lors des Panathénées, une couronne d’olivier et des jarres d’huile d’olive étaient offertes aux vainqueurs pour symboliser leur victoire et leur force ! Enfin, il faut aussi faire référence à la mythologie pour comprendre cette symbolique. Athéna, déesse de la Sagesse, et Poséidon, dieu de la Mer souhaitaient tous les deux diriger l’Attique, région où se trouve actuellement Athènes. Pour les départager, Zeus proposa que ce lieu reviendrait à celui qui offrirait aux hommes le cadeau le plus utile. Poséidon fit apparaître un magnifique cheval fougueux capable de faire gagner des batailles. Mais Athéna fit jaïllir de terre un arbre immortel capable de nourrir et de soigner les hommes. Zeus estima qu’Athéna avait triomphé de l’épreuve : elle obtint l’Attique et Athènes s’appelle ainsi en souvenir d’Athéna.
Le rameau d’olivier se trouve sur le drapeau de l’ONU en signe de force pour imposer la paix. On appelle souvent les Académiciens les “Immortels” parce qu’ils portent un habit vert brodé de rameaux d’olivier et cela fait référence à leur désir de perpétuer la langue française.

“Rameau” a donné naissance à “Rameaux” qui est une fête religieuse renvoyant au dimanche qui précède Pâques. Cette célèbration est parfois appelée ” Pâques fleuries“. Il s’agit de commémorer l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. La foule l’a accueilli en agitant des branchages et c’est donc pour cela que l’on parle de “rameaux”.
C’est bien sûr une fête religieuse, mais, en Limousin, cela se traduit, au niveau gastronomique, par le fait de manger une “cornue“. Il s’agit d’une brioche qui possède une forme très particulière puisqu’il s’agit de celle d’un phallus ! Des documents du Moyen-Age attestent de cette longue tradition. En 1780, l’évêque de Limoges, Monseigneur du Coetlosquet, fut très choqué et demanda de “rectifier” un peu la forme pour qu’elle rappelle plus un “Y” qu’un sexe masculin car cet érotisme ne lui plaisait pas du tout ! Il n’empêche qu’il s’agit d’une tradition du terroir limousin et que c’est une excellente brioche !

Pour parler à nouveau de “rameau”, car tel était mon propos, j’aimerais encore donner deux autres significations de ce mot. Le neveu de Rameau est le titre d’un livre écrit par Denis Diderot, célèbre philosophe français du Siècle des Lumières. Il faut comprendre que “l’oncle” est Jean-Philippe Rameau (1683- 1764), musicien français. Si vous allez sur http://www.linternaute.com/musique/albums/artiste/jean-philippe-rameau/15252/discographie/ , vous pourrez écouter des extraits musicaux.


Enfin, et cela me ramène au domaine de la documentation, “rameau” signifie ” Répertoire d’Autorité-Matière Encyclopédique et Alphabétique Unifié”, c’est-à-dire qu’il y a une constitution d’une “liste-vedette” qui permet de s’entendre sur les mots qui seront retenus pour pouvoir cataloguer des documents. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter : http://rameau.bnf.fr/informations/convention.htm
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23 mars, 2009
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” 2009 sera l’année de la France au Brésil” : ainsi en ont décidé les présidents français et brésiliens en 2006. Concrétement, cela veut dire que le Brésil doit, en quelque sorte, célèbrer la France. Quels liens existent exactement entre ces deux pays pour que l’un soit amené à parler de l’autre car, il faut le rappeler, 2005 a été l’année du Brésil en France : http://www.bresilbresils.org/home.html ? En fait, cette “amitié” est née dans la violence !
Le roman historique Rouge Brésil de Jean-Christophe Rufin rappelle les liens qui unissent ces deux pays. Il évoque la conquête de ce territoire d’Amérique du Sud à la Renaissance, lorsque le chevalier Nicolas Durand de Villegagnon, sous les ordres de Gaspard de Coligny, lui-même au service d’Henri II, débarqua à Rio de Janeiro pour tenter d’implanter une colonie française. L’épisode est raconté dans http://www.academia.org.br/abl/cgi/cgilua.exe/sys/start.htm?infoid=4531&sid=338

Mais le Brésil n’est pas seulement très lié à la France . En fait, le Brésil, un peu à l’image du “creuset” américain ( la traduction souvent utilisée pour faire comprendre l’expression “melting-pot”) est un pays aux multiples brassages de cultures et l’on peut dire que les manifestations musicales et artistiques brésiliennes mettent à l’évidence la diversité des courants migratoires et d’ethnies présents dans le pays : Allemands, Français, Italiens, Autrichiens, Polonais, Tchèques, Portugais, Africains, Ecossais, Indigènes… Ainsi, l’Etat de Santa Catarina dans lequel habite notre amie Salvelina, est, par exemple, une référence internationale en matière de ballet : en 2000, la filiale brésilienne de l’École du Théâtre Bolchoï s’est ouverte. Pour la première fois en plus de deux siècles d’ existence, la méthodologie d’enseignement du Bolchoï de Moscou a été adoptée et appliquée dans un autre pays que la Russie : http://www.santacatarinabrasil.com.br/fr/escola-de-teatro-bolshoi-no-brasil/ Le Festival de Danse de Joinville ( ville de la région de Santa Catarina, dans le Sud du pays, signalé par le chiffre “5″ sur la carte et dont voici un lien pour découvrir la ville : http://www.sc.gov.br/portalturismo/Default.asp?CodMunicipio=66&Pag=1 ), le plus grand de l’Amérique Latine, rassemble chaque année plus de 4 000 danseurs amateurs et professionnels, et attire un public de plus de 50 000 spectateurs : http://www.festivaldedanca.com.br/2009/home

A vrai dire, chaque région du Brésil possède des cultures musicales qui lui sont propres et on ne saurait jamais limiter la musique brésilienne à la samba ou à la bossa nova comme le pensent souvent certains étrangers. Cependant il est nécessaire de définir ces termes. La samba est un style musical qui provient de la fusion des rythmes africains et portugais. Dans la langue bantoue, “samba” signifie “prière” ou “plainte” et donc par là-même, on voit tout l’aspect religieux de cet acte. L’importante communauté noire de Salvador de Bahia pratiquait cette danse qui a pourtant peu à peu gagnait Rio de Janeiro. En 1917, “Pelo Telefone” est la première samba et elle est interprétée par Donga et Mauro Almeida. Vous pouvez en écouter un extrait à http://sambabresil.free.fr/archives/Chanteursdonga.htm . Vers 1930 par Ismael Silva créé la première école de Samba dans le quartier Estacio de Sa à Río de Janeiro. Cette école est nommée “Deixa Falar” ( “Laisse Parler”). Vous pouvez écouter plusieurs extraits musicaux de ce chanteur brésilien à http://www.lastfm.fr/music/Ismael+Silva Cet artiste a contribué à associer la samba au fameux carnaval de Rio et donc à dissocier cette danse de l’exclusive communauté noire brésilienne. Milton Nascimento, Jorge Ben, Sergio Mendes, Djavan, Gilberto Bebel, Chico Buarque, Gilberto Gil, Baden Powell, Stan Getz, Caetano Veloso ont fait connaître la samba . La cuica est un instrument de musique à vibration utilisé dans la samba.


La bossa-nova est en fait une reprise de la samba mais avec un ajout de jazz . Elle a été créée par des musiciens blancs et est devenue très populaire dans les années 1950 avec João Gilberto et Tom Jobim dont vous pourrez voir des vidéos sur : http://www.musiquebresilienne.ca/video.html On peut aussi citer Cartola, Nelson Cavaquinho, la Velha Guarda da Portela, Zé Kéti et Clementina de Jesús
On peut affirmer qu’à l’arrivée des jésuites, en 1549, la musique baroque et le chant grégorien furent introduits. Cela participe à l’influence occidentale dans la musique brésilienne. De même, les folias de reis (la période de douze jours qui sépare Noël de l’Epiphanie) sont à l’orgine une fête portugaise que l’ on retrouve à Salvador de Bahia. Ce sont des chants et des processions à l’occasion des fêtes de la Nativité et en l’honneur des Rois Mages. La danse la plus populaire de cette région est le forró, Les instruments caractéristiques sont entre autres le triangle et l’accordéon. Les danseurs sont par couple et évoluent sur une musique très joyeuse, mais, le paradoxe est que la chanson évoque souvent les chagrins du peuple du Sertão (région du Nordeste très touchée par la sécheresse) qui quitte sa région à la recherche d’une nouvelle vie au sud-est du Brésil, notamment à Rio de Janeiro et à São Paulo). Regardez plutôt les danseurs de forró: http://www.youtube.com/watch?v=iPOoPKUQ48c&hl=fr . l
Le siriri et le cururu sont des danses folkloriques du Mato Grosso . Regardez une démonstration de ces deux danses sur http://it.truveo.com/Tradi%C3%A7%C3%A3o-popular-do-cururu-e-siriri-vai-%C3%A0s-ruas/id/3301358720 . Ces musiques et ces danses sont d’inspiration religieuse . La mort “inspire ” aussi, comme en témoignent le velório, l’ afoxé, le candomblé, le macumba, l’umbanda
La musique folklorique populaire brésilienne est représentée par le bumba-meu-boi et le boi-bumbá. Ce sont des danses avec des personnages humains et des animaux fantastiques. Il s’agit de l’histoire légendaire de la mort et la résurrection d’un boeuf. Cette manifestation festive est très populaire dans les régions Nord et Nord-Est du Brésil. Ecoutez et regardez : http://www.youtube.com/watch?v=t_cziTYeoLY&feature=related et http://www.youtube.com/watch?v=_FFSF_C0Bio&feature=related
La cantoria ou repente est l’expression même de ceux qui vivent dans le sertão. Elle raconte l’attente de la pluie après des jours de sécheresse . Ecoutez : http://video.google.fr/videoplay?docid=-1374949939781655927&ei=OKvGSfe2DILU-AaJ6NjbAQ&q=cantoria&hl=fr
Le carimbó est une danse ancienne d’origine indienne dont le rythme est joué sur un tambour nomé carimbó accompagnant cavaquinho et banjo (intruments de musique) . Regardez ces danseurs de carimbó : http://www.youtube.com/watch?v=10cxbdnqk8I


La lambada, danse très agitée, sensuelle et licencieuse est née du carimbó : http://www.youtube.com/watch?v=5AfTl5Vg73A
Dans la musique populaire, le choró,, qui signifie “pleur”, plus connu sous le nom de chorinho (”petit pleur”), est un style de musique populaire et instrumentale brésilienne. Malgré son nom, le style est en général d’un rythme agité et joyeux. Le choro est considéré comme la première musique populaire urbaine typique du Brésil qui soit difficile à exécuter. Les influences européennes à l’origine de cette musique sont diverses : la valse (Autriche), la polka (Pologne), la scottish (Ecosse) mais principalement le lundu (Afrique) . Ecoutez ce fabuleux mélange : http://www.youtube.com/watch?v=rEI2UfMuyx4&feature=related
Il y a aussi la modinha, qui est un genre populaire né au XVIIème siècle, d’inspiration portugaise : http://www.youtube.com/watch?v=h12Kh9Ea0Ag&feature=related Dans la région Nord et Nord-Est se rencontrent beaucoup de styles comme le baião, bambelô, boleros, chamego, coco, emboladas, forró, frevo, guarânia, maracatu, maxixe, xaxado et encore d’autres. Toutes ont en commun un appel très fort à la sensualité. La musique sertaneja ou caipira est un genre proche de la musique country : http://www.youtube.com/watch?v=Q_jypceZnjM&hl=fr
La marchinha est un style de musique de carnaval introduite au XXème siècle par les Portugais. Les blocos afro, crées en 1974, sont une musique de carnaval propre à Bahia à l’origine. Dans Bahia on a encore d’autres manifestations comme l’axé. Ce mot vient du candomblé (secte religieuse) et signifie « matière spirituelle » ou « ondes positives ». Ce rythme très agité, est né d’un mariage de manifestations lors du carnaval de Bahia et de la musique à succès de l’époque : http://www.youtube.com/watch?v=zG__7q7XQPs&hl=fr
La musique dite brega est un genre populaire né dans les années 1940 et s’applique à parler surtout des chagrins d’amour : http://video.google.fr/videoplay?docid=5184263386025007610&ei=X7fGSZCdGYLU-AaJ6NjbAQ&q=brega&hl=fr
La jovem guarda (jeune garde) est un mouvement proche du rock créé dans les années 1960. Genre romantique, léger et très dansant : http://www.youtube.com/watch?v=TdHSTiHjsqM&hl=fr
La música popular brasileira - MPB, née en 1965 avec le mouvement Tropicalisme. C’est un style de protest song d’avant gard mêlé au rock’n'roll : http://www.youtube.com/watch?v=RTUQrdqcUH0&hl=fr
Le funk carioca, créé dans les années 1980, est un type de musique électronique qui a pour origine les favelas (bidonville) de Rio de Janeiro et dérivée du Miami Bass. Dans la ville de Rio, le funk carioca est appelé simplement « funk » (carioca signifie « de Rio ») bien qu’étant un style différent du véritable funk américain : http://www.youtube.com/watch?v=UZtcEF_8dtI&hl=fr
Après ce panorama, on peut nettement sentir combien la musique du Brésil est une illustration de ce quel’on pourrait appeler une “culture mondialisée” c’est-à-dire qui est née de la fusion de divers apports nationaux. Ces diverses influences constituent une très grande richesse.
Cet article a été rédigé à partir de notes fournies par notre amie brésilienne Salvelina. Je la remercie beaucoup pour sa contribution à cette présentation de la musique brésilienne. C’est “l’année de la France” au Brésil mais nous sommes heureux qu’elle veuille bien aussi nous parler, en France, de son pays.
Ce billet prend également place dans le cadre de petits travaux de recherches sur la danse que font actuellement les élèves de 1ère année de CAP APR.
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16 mars, 2009
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Est-ce que vous êtes pantouflard ? Vous ne pouvez pas répondre parce que vous ne savez pas ce que ça veut dire, c’est cela ? Eh bien, être “pantouflard”, c’est se sentir tellement confortable dans ses pantoufles que l’on se plaît à ne pas quitter son chez-soi, bref, c’est être casanier.
Je vis à Limoges et cette ville était autrefois très connue, non seulement pour sa porcelaine (c’est encore le cas, heureusement !) mais aussi pour la fabrication de chaussures. Il y avait, dans mon enfance, à l’emplacement actuel du centre commercial appelé “Centre Saint Martial“, une grande usine de chaussures : l’entreprise Heyraud. Vous lirez l’histoire de cette entreprise dans cet article : http://www.heyraud.fr/historique . Il eut parfois des conflits sociaux au sein de cette fabrique comme le montre la photo ci-dessous

Beaucoup de Limougeauds étaient cordonniers c’est-à-dire réparateurs de chaussures. Il y avait peu de temps que les gens de la campagnes ne portaient plus en permanence leurs sabots et alternaient souliers et charentaises. Ces pantoufles, créées à partir de rebuts de feutres, doivent leur nom au fait d’être sorties d’une usine installée en Charente.

L’expression “Etre dans ses petits souliers” signifie être embarrassé. Vous le n’êtes pas ! Vous voulez même, peut-être, “trouver chaussure à votre pied” , c’est-à-dire avoir sous la main la personne ou la chose qui vous convient exactement. Eh bien, je vous propose de ne pas du tout être pantouflard et de partir avec moi au Luxembourg pour assister à un défilé de chars pas ordinaire.


Il y a trois langues officielles dans ce duché : le luxembourgeois, le français et l’allemand. La capitale est Luxembourg. Aujourd’hui, nous nous intéresserons à Esch-sur-Alzette qui est la seconde ville du pays avec 27 244 habitants.

Hier, dimanche, donc le 15 mars, il y avait la cavalcade à Esch mais n’imaginez surtout pas que je vais encore vous parler de “grosses têtes”, de sa majesté Carnaval, des reines, etc. Il y avait bien la fête mais elle avait un esprit particulier : elle était porteuse de messages, je dirais presque de thèses ! Bien sûr, les confetti, les traditionnelles majorettes et la bière très appréciée dans les pays du Nord étaient de la partie.



Mais, ce qui se dégageait de tout cela, c’était plutôt une certaine philosophie, celle qui consiste à faire cohabiter l’esprit festif et une prise de conscience citoyenne. Qu’est-ce que cela signifie ? Eh bien, par exemple, même dans le cadre d’un divertissement, on peut aborder le thème de l‘écologie, du développement durable, du tri sélectif. Jugez -vous-même ! Pas de mise en scène à la manière du “showbiz”, pas de surenchère pour épater la galerie. Les chars sont “faits maison” avec des moyens très réduits. Il suffit d’un peu d’ingéniosité et non seulement celui qui défile est original mais il attire aussi l’attention du public sur des problèmes sociaux d’actualité.




La calvalcade est aussi un prêtexte pour rappeler les grandes causes nationales : ligue contre le cancer, société protectrice des animaux, etc. Dans l’assistance, on notait la présence de nombreux handicapés moteurs ou cérébraux. Il y avait beaucoup de personnes en fauteuil roulant et ils étaient le centre de toutes les attentions pour leur offrir des bonbons, des stylos, des paquets de popcorn, des casquettes, etc.

Chacun fraternise. Le “cow-boy” n’est plus l’ennemi de l’Indien. Dans la rue défile un monde idéal où chacun se sent bien et communique avec les autres. Les paysans luxembourgeois ont accepté bien volontiers de prêter leurs tracteurs dont ils se servaient pour leurs cultures pour que, bien nettoyés et “bichonnés”, ces engins tirent les chars. C’est cela la solidarité !



Puisqu’il faut être modeste et en même temps valoriser ce que l’on posséde, inutile d’inviter des personnalités sportives pour animer le spectacle. Le club local de gymnastique et de trampoline s’est chargé des animations. Regardez-plutôt ces acrobaties !



Puisque j’ai commencé cet article avec des jeux de mots basés sur des sonorités proches, je le terminerai de la même manière en disant qu’au Luxembourg, la bourrade ( petit coup brusque donné comme marque d’amitié) n’est pas un luxe mais une tradition et que les Luxembourgeois ne sont ni des bourgeois ni des amateurs de luxe !
J’ai rédigé ce billet sur la base d’un reportage-photo de la cavalcade d’Esch que m’a adressé Marie-Annick, l’enseignante qui était déjà à l’orgine du texte sur les lampions. Je la remercie beaucoup.
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16 mars, 2009
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C’est ainsi que se termine la fable de Jean de La Fontaine Le corbeau et le renard. Comment pouvait-il en être autrement dans un pays qui fait sa réputation de la production fromagère ? A partir de là il m’a semblé intéressant de vous présenter des musées liés à cette activité.
La Normandie se caractérise par la ”route du camembert“qui traverse des villages pittoresques dont Camembert et Vimoutiers (Orme). Cette cité millénaire est très reconnaissante à “l’inventeur du camembert”, Marie Harel, et abrite un musée qui se veut une reconstitution d’une fromagerie fermière avec expositions de toutes sortes d’instruments et de récipients nécessaires à sa fabrication : http://www.aventurier.fr/fr/france/basse_normandie/61_dec_musee_camembert/index.shtml . Je vous donne également un lien pour augmenter vos informations au sujet de ce fromage : http://cartedesressources.cndp.fr/rclvisu/fic_edit.asp?Ecr=CNDPconsult.asp&fETABL=9598 . La grande diversité de boîtes à fromage et surtout les illustrations posées sur les couvercles enchantent les “tyrosémiophiles“, c’est-à-dire les collectionneurs : http://www.letyrosemiophile.com/




Le musée des techniques fromagères de Saint-Pierre-sur-Dives dans le Calvados permet une approche de la fabrication du camembert, mais aussi du Pont-l’Evêque et du livarot. Ce musée offre une réflexion sur l’importance du fromage dans la littérature et la publicité. Le visiteur a la possibilité de pouvoir déguster des fromages augerons (c’est-à-dire de l’Auge, région normande). Une présentatation du site est faite à l’adresse http://cartedesressources.cndp.fr/rclvisu/fic_edit.asp?Ecr=CNDPconsult.asp&fETABL=9728. L’histoire du livarot est également contée à : http://www.livarot-aoc.org/html/histoire.html



Outre la Normandie, la Franche-Comté est réputée pour son fromage. C’est dans cette région que se formaient il y a plus de huit siècles les premières fruitières car le fromage est considéré comme le fruit de la terre par l’intermédiaire de l’animal. La ville de Trépot dans le Doubs est particulièrement à visiter car on y voit tout le processus de fabrication à l’ancienne du comté. Mais en fait toute la région tire une excellente réputation fromagère dont le site suivant dresse un inventaire : http://www.france.qrd.org/regions/franche_comte/fromage.html


Au coeur de l’Aveyron, à Roquefort-sur-Soulzon, se trouvent les caves de “Roquefort Société“. Vous pourrez les visiter de façon virtuelle à http://www.roquefort-societe.com/ Vous partirez à la découverte de ce fromage de brebis apprécié dans près de 80 pays. Je vous invite aussi à emprunter le livre qui se trouve au CDI et qui porte sur le roquefort. Il a été offert le 10 novembre 2008 par la région Midi-Pyrénées dans le cadre d’un projet Comenius dont le thème est “Influences, tendances et création dans la gastronomie européenne” et dont le lycée Jean Monnet est coordinateur.


Surprenante évolution de fabrication que celle du Saint Marcellin. En effet, il était à l’origine produit exclusivement au lait de chèvre et maintenant il n’est composé que de lait de vache. Vous en saurez plus sur lui en consultant http://www.tourinfos.com/fr/r0022/d0038/m0001/j0007/p001827.htm. Le musée qui lui est consacré se trouve à Saint-Marcellin en Isère dans le Dauphiné

Tous les fromages présentés ont une Appellation d’Origine Contrôlée sauf le Saint-Marcellin dont la demande est en cours. C’est une garantie de qualité et de caractéristiques. Un fromage d‘Auvergne, la fourme d’Ambert, qui posséde aussi une A.O.C. renseigne un peu sur l’étymologie du mot “fromage”. A l’origine, le mot était “formage” car il s’agissait de donner une forme à une pâte et ceci par le biais d’un moule. “Fourme ” veut en effet dire “forme à fromage”


Il y a quelques expressions contenant le mot “fromage” que j’aimerais vous rappeler ou vous faire connaître :
- “Entre la poire et le fromage” : quand le repas arrive à sa fin et que la gaieté s’installe à table
- “En faire tout un fromage” : accorder trop d’importance à quelque chose
- “Se retirer dans un fromage” : avoir trouvé un poste
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3 mars, 2009
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Le dimanche 1er mars a été doublement fêté à Limoges. D’abord, comme partout en France, nous avons eu une attention particulière pour les grands-mères car c’était leur fête. En effet, depuis 1987, une marque de café du groupe Kraft Foods et appelé “Café Grand-mère” a instauré une célébration particulière pour chaque”Mamie” ou “Mémé” le premier dimanche de mars. Cette date figure même maintenant au calendrier.

Ensuite, c’était “la cavalcade” comme on dit ici, c’est-à-dire le défilé carnavalesque. C’est un des temps forts de la ville. Chaque année, un thème est défini et, pour 2009, il s’agissait de “combiner” celui des Fées et celui du Nord de la France. Le succès du film “Bienvenue chez les Ch’tis” de Dany Boon sorti en 2008 a largement influencé ce choix. L’action se passe à Bergues, près de Dunkerque, et “ch’tis” signifie, en patois local, “gens du Nord”. L’expression “fées-ch’tis-val” se veut une sorte de ”concentré” pour dire que le (carna) val aura pour thème les fées et les ch’tis et que ce sera un festival (sonorité proche du mot-valise “fées-ch’tis-val”)
Sur un parcours d’environ trois kilomètres dont les deux points stratégiques étaient l’Hôtel de Ville et le Pont Neuf, plusieurs milliers de Limougeauds et de touristes s’étaient massés pour regarder passer les chars. Au niveau de la Mairie de Limoges, Jean-Pierre Descombes, ancien animateur de jeux sur la chaîne télévisée Fr3 (télévision régionale), faisait patienter les badauds dans l’attente du corso en posant quelques questions au public sur le nom de génériques d’émissions. Ses interventions étaient entre-coupées par de la musique avec, en particulier, des airs de Johnny Halliday, Edith Piaf ou des références à des chansons qu’avait l’habitude d’interprêter Pascal Sevran, mort l’an passé, et dont la personnalité est très liée au Limousin. Des danseuses évoluaient sur un podium ou sur la place. Elles excellaient aussi bien dans le French Cancan que dans la danse du ventre.

Puis sont arrivées les majorettes de Limoges vêtues en rouge et blanc et avec de belles plumes dans le dos. Elles ont été suivies d’un char faisant référence à la légende d’Arthur et bien entendu à la fée Viviane, aux chevaliers de la Table Ronde, à l’enchanteur Merlin et à la célèbre épée Excalibur .


Puisque le Nord de la France était à l’honneur, l’animation suivante était des échassiers de Merchtem (Belgique ) perchés sur des échasses d’environ 4 métres de haut. Ils passaient tout juste sous les fils électriques qui alimentent les trolleys de Limoges ! Ils étaient accompagnés d’autres Belges se déplaçant trois par trois, au même rythme, puisque une seule paire de ski les reliait. Jean-Pierre Descombes a expliqué que “ces moyens de transport” étaient très courant en Belgique et participaient de la tradition.


L’Harmonie Municipale de Limoges a joué quelques airs lors de son passage, faisant largement entendre tambours et saxophones. Le char suivant s’intitulait “On a perdu le Nord” et une grosse planisphère en occupait presque tout l’espace. En français, “perdre le Nord”, au sens figuré, veut dire avoir un peu perdu la raison.


D’étranges “réparateurs” tenant à la main des clés à molettes géantes pour intervenir en cas de besoin, poussaient le “Mékanibulle“, une étonnante machine à fabriquer d’énormes bulles de savon qui s’envolaient en l’air ou bien planaient au-dessus de la tête des spectateurs. Parfois cet “engin” émettait un bruit bizarre comme s’il y avait une explosition proche ! Mais personne vraiment ne s’en inquiétait, plutôt chacun pouffait de rire. Mais juste après arrivait un terrible dragon faisant référence au film sorti en 1996 : “Coeur de Dragon” de Rob Cohen. Nous étions à nouveau au Moyen-Age.


Par le biais des dragons, nous étions à l’époque médiévale mais l’animal fabuleux suggérait aussi l’Asie. Et, en effet des “Kuang-Fu” ont chassé les mauvais esprits avec la danse du lion. Ils ont même fait une démonstration de manipulation de sabres qui a impressionné le public. Et de Chine nous revenions au Nord de la France avec le char des “Grises mines“. Il y a une référence aux mines de charbon dont il est question dans le roman “Germinal“ d’Emile Zola. Mais, à part cela, les personnages ne faisaient pas du tout “grises mines” (cela signifie être triste) car on pouvait reconnaître, dans les pâtes en carton, Laurel et Hardy ainsi que Charlot, c’est-à-dire des comiques.


La fée Clochette d’après “Peter Pan” écrit par James Matthew Barrie suivait ces drôles de mannequins. Ce roman ayant été adapté en dessins animés par Walt Disney, le public était préparé à l’arrivée d’un bâteau à roues tel que l’on peut en voir sur le Mississipi. A son bord, des “jazzmen” évoquaient la Louisiane et les attaches françaises avec l’Amérique.

Après cette croisière le long du Mississipi, le public revenait en France et plus exactement dans le Nord avec l’évocation des corons c’est-à-dire les habitations ouvrières en pays minier. Mais, pour faire rire malgré la grisaille habituelle de ces pauvres maisons, “les corons” sont devenus “lait corons” (prononciation identique) permettant ainsi la figuration d’une vache du Limousin sur le char ! Le voyage n’était pas fini pour autant avec la venue de l’ensemble artistique “Pavulesse” d’Italie. Ce groupe est constitué d’une vingtaine de danseurs tous coiffés d’un très long (1,50 m) et très étroit chapeau. Les danseurs venaient de participer au carnaval de Venise.

La “fée électricité” n’était pas oubliée avec les mannequins “disco“, micro à la main et très survoltés. Pour ne pas perdre le rythme, il y avait ensuite les danseuses mexicaines, avec leurs robes volantées aux mille couleurs, accompagnées de Mexicains jouant au lasso. Suivait aussi un char évoquant le Mexique avec les cactus et les sombreros.



Le char suivant conduisait les spectateurs vers les pays du Nord avec les Vikings. La fanfare de Chézy-sur-Marne (région Picardie, département de l’Aisne) jouait allégrement du tambour et l’on pouvait voir le “Royaume des Fées” avec l’évocation de Viviane et Mélusine.



Les “Pères La joie” originaires de Ternoise (région Pas-de-Calais) avec leurs habits bleus et leurs bonnets de meunier leur emboitaient le pas tout en frappant sur leurs tambours ou en soufflant dans leurs trompettes ou saxophones. Ils étaient suivis de “Chez Momo” qui faisait référence à la restauration rapide et en particulier aux fameuses “French fries” c’est-à-dire les frites. Juste après venaient les “Géants du Nord “, exactement de Steenvoordde et de Hondschoote. En tête, il y avait Mademoiselle Bintje et, près d’elle Edgar le Motard ainsi que la Belle Hélène. Près d’eux jouait la fanfare de Steenvoorde.



Le char “Flibustiers et pirates” reprenait le thème du voyage avec les risques liés à l’aventure en mer. Puis la fanfare appelée “les Ziguenerinsel“ de Stuttgart (Allemagne) annonçait l’arrivée du “Royaume des fées“, c’est-à-dire le char de Miss Limoges et de ses trois dauphines. La “Reine” était Léa Berthaud,18 ans, élève en terminale marketing au lycée Suzanne Valadon de Limoges. Son élection datait de la Saint Valentin.

Enfin les légendaires “Gueules Sèches” ont défilé, entraînant à leur suite le char en quelque sorte du “Roi” à cause du soleil miroir qui le caractérisait. Le thème était le réchauffement climatique, les ours polaires devant s’abriter sous un parasol ! La chaleur était encore dans la clôture du défilé par un groupe antillais. Tous les chars, au fur et à mesure de leur passage, avaient poursuivi leurs routes en direction du Pont Neuf pour que la foule puisse assister à la combustion puis à la noyade du mannequin carnaval dans les eaux de la Vienne.

J’ai fait au mieux pour vous faire un compte-rendu d’un spectacle populaire d’environ 4 heures. Pour rendre encore plus vivante cette animation culturelle, je vous propose de visionner quelques vidéos. Vous y entendrez les bruits de la fête et les rires, vous verrez les serpentins les confettis et les bulles de savon qui voltigent un peu partout. C’est un moment de liesse durant lequel chacun essaie d’oublier son quotidien et de faire un plein d’énergie.
http://www.youtube.cofrm/watch?v=W8Eso_f6bXs&hl=
http://www.youtube.com/watch?v=t2Af4_-LHRA&hl=fr
http://www.youtube.com/watch?v=7NcdE9dI4OU&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=zTs7Chlp_Pc&feature=related
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24 février, 2009
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Je m’appelle Nelly Cecilio. Je suis professeur FLE dans le cadre de la Formation Sommelier de l’université de Montevideo en Uruguay, en Hôtellerie et Gastronomie et j’assure aussi des cours de conversation et sur objectifs spécifiques dans le milieu artistique (comédiens et écrivains). J’ai remarqué ce blog scolaire qui faisait une présentation des différents carnavals dans le monde. Je ne voulais absolument pas manquer cette occasion pour faire connaître une manifestation culturelle qui est très intéressante comme le sont celles de l’Equateur, du Brésil ou du Canada où j’ai eu le plaisir de séjourner il y a quelques années.


L’Uruguay est un pays sud-américain situé entre l’Argentine et le Brésil, bordé à l’est par l’Océan Atlantique et au sud par le Rio de la Plata. Montevideo est la capitale de cet Etat .J’estime que 1% de sa population d’environ 3 000 000 d’habitants participe en tant que protagoniste direct d’une manière ou d’une autre aux diverses manifestations liées aux festivités du carnaval lequel a une durée d’un mois. Il va sans dire que des milliers de personnes assistent aux nombreuses manifestations carnavalesques qui attirent de plus en plus d’étrangers qui trouvent chez nous une manifestation authentique, moins commercialisée et plus spontanée qu’ailleurs. Voici un avant-goût avec : http://www.carnaval.com/uruguay/ et http://www.youtube.com/watch?v=q9e4J_jU2c4&feature=related ou encore http://www.enlacesuruguayos.com/Carnaval.htm
Montevideo vient d’être nommée « la capitale du Carnaval latino-américain 2009 et 2010 ».
Comment commencent les festivités ?
Le défilé est ouvert par les reines élues dans les différentes catégories : la reine du Carnaval, celle de las “llamadas” et cette année celle de la samba. Des confetti et des serpentins sont lancés. Puis il y a un grand défilé dans la plus importante avenue de Montevideo, en plein centre où alternent les différents groupes qui animent ces fêtes : comparsas lubolas, murgas, parodistas, humoristas, revistas et des « cabezudos » (masques démesurés que les enfants bravent et qu’en français on appelle “grosses têtes” ou “géants” ) et des chars allégoriques.
Chaque groupe appelé ”comparsa lubola” est composé d’au minimum 70 tambours parmi lesquels on doit distinguer selon leur leur taille et la manière de les accorder : le “chico“, le “repique” et le “piano” qui vont du son le plus aigu au plus grave marquant le rythme qui varie suivant les quartiers. Pour entendre le son de ces instruments, vous pouvez aller à cette page : http://www.candombe.com/french.html L’ensemble de ces trois tambours créé le “candombe“. La page d’accueil du site, http://www.candombe.com/index.html vous permet d’avoir accès à une multitude de renseignements sur ces groupes et leurs racines africaines. Ces groupes ont parfois pour noms des pays africains comme “Sénégal” évoquant ainsi les origines des esclaves africains débarqués ici. Il y a aussi trois personnages typiques de ces communautés noires qui précèdent les tambours appelés “cuerda de tambores”. Ce sont :
- le “escobero” qui tenait le rôle de juge accompagnant le roi, dirigeant et animant le groupe (le nom vient de “escoba” qui signifie “balai” car il montre son adresse en manipulant une sorte de bâton, genre la baguette du chef d’orchestre
- le “gramillero” qui était un guérisseur car “gramilla” signifie “herbe”
- la “mama vieja” qui représentait la nourrice ou la gouvernante du maître . C’est textuellement “la grand-mère”.
En plus, dans les années 1930 probablement, est apparue la figure de ce qu’on appelle “la vedette“, certainement sous l’influence européenne du cabaret, qui est flanquée de danseurs et de danseuses de manière que le nombre total des membres d’une “comparsa lubola” est d’environ 200 personnes. Le défilé s’étend sur 2 jours (jeudi et vendredi) regroupant plus de 40 groupes. Quelques-un se produiront par la suite aussi sur scène où ils devont non seulement jouer de la musique et danser mais en plus représenter soit une situation liée à l’esclavage jadis, soit la vie d’un personnage célèbre noir de notre pays.
La “murga” est un genre théâtral-musical satirique dont l’origine remonterait aux groupes qui sont venus au début du XXème siècle de Cadiz (Espagne) mais qui a trouvé chez nous son propre chemin. C’est un groupe composé d’environ 15 ou 20 personnes et dont le plus important est l’aspect choral et ce que l’on appelle le “cuplé“, sorte de sketch satirique dans lequel on critique surtout les hommes politiques ou la situation politique que ce soit nationale ou internationale et la “retirada” où ils prennent congé du public, ce qui symbolise l’”enterrement” du carnaval. Il faut préciser que la “murga” d’Uruguay ne ressemble pas du tout à la “murga” de l’Argentine même si elles utilisent quelques-uns des instruments de ce genre de musique, mais le concept est tout à fait différent.
Vous pouvez visionner des “murgas” en actions avec : http://www.youtube.com/watch?v=UGpGe6Pzn44&feature=related et http://www.youtube.com/watch?v=1gh4Ewes2GA
Il faut noter que deux “murgas” se sont produites en France et vous pouvez visiter leurs sites à : http://www.faltayresto.net/ et http://www.agarratecatalina.com.uy/ . Il y a aussi des renseignements sur les “murgas” à http://www.lasmurgas.com/ . Sur le site http://www.totomendez.com.uy/ , vous pouvez visonner un clip en utilisant la rubrique en français “galerie”, “multimedia”, 5ème vidéo appelée “Murga madre”.

Les “parodistas”, comme le nom l’indique est un groupe d’environ 20 personnes qui doivent jouer 2 parodies. C’est un genre plutôt théâtral même s’ils doivent avoir une bonne choréagraphie et bien chanter aussi. Les parodies sont empruntées plusieurs fois aux grands classiques et aux événements historiques remarquables tant au plan national qu’international.
Les “humoristas” est un groupe genre théâtral ausi mais qui fait essentiellement de l’humour à partir de n’importe quelle situation choisie.
Une semaine plus tard a un lieu le défilé nommé “llamadas” (appels) dans les rues étroites et pavées des deux quartiers emblématiques des Noirs uruguayens : Sur et Palermo, situés près du Rio de la Plata. C’est très pittoresque car il y a e plus en plus de gens qui louent leurs balcons ou leurs terrasses avec un service traiteur, même pour les spectateurs qui y assistent pendant les 5/6 heures que dure le défilé. Voici un aperçu : http://www.youtube.com/watch?v=dHTqQhKC6PE&hl=fr
A l’issue de chacun de ces deux défilés, il y a un classement où on déclare les champions et championnes dans les différentes rubriques, par exemple : meilleur groupe de tambours, meilleure vedette, meilleure communication avec le public, meilleur directeur de “murga”, etc. Une fois commencée l’ouverture officielle du carnaval, les différentes catégories se produisent sur la scène d’un théâtre ouvert où il y a aussi un concours pour nommer les champions. Ces groupes jouent aussi dans des des locaux appelés “tablados” (en plein air ou couverts) dans les différents quartiers de la ville de manière que tout le monde puisse y accéder. En province, il y a aussi des défilés et on doit souligner une manifestation carnavalesque dans un département à la frontière du Brésil où l’influence des “escolas do samba” l’emporte sur notre identité culturelle proprement dite.
Au départ, le carnaval uruguayen était plutôt l’affaire des amateurs qui cessaient leurs activités rémunérées le temps des festivités, il est devenu aujourd’hui un espace où les professionnels en tous genres s’épanouissent et trouvent d’autres débouchés soit chez nous, soit à l’étranger car surtout les “comparsas lubolas” et les “murgas” font des tournées partout dans le monde. Une petite anecdote qui illustre la portée de notre carnaval qui touche toutes les couches sociales : l’actuel Ministre de l’Economie a été le parolier de plusieurs murgas.
Il existe un musée du Carnaval qui est situé dans le Vieux-Montevideo et on vient de lui décerner le prix Reina Sofia d’Espagne.
J’espère vous accueillir nombreux à notre prochain carnaval
Je remercie beaucoup Nelly Cecilio pour tous les renseignements apportés sur la façon dont se déroule le carnaval de Montevideo. Mon rôle s’est quasi limité à la mise en page de son article et à l’ajout de photos.
Les “parodistas”, comme le nom l’indique est un groupe d’environ 20 personnes qui doivent jouer 2 parodies. C’est un genre plutôt théâtral même s’ils doivent avoir une bonne choréagraphie et bien chanter aussi. Les parodies sont empruntées plusieurs fois aux grands classiques et aux événements historiques remarquables tant au plan national qu’international.
Les “humoristas” est un groupe genre théâtral ausi mais qui fait essentiellement de l’humour à partir de n’importe quelle situation choisie.
Une semaine plus tard a un lieu le défilé nommé “llamadas” (appels) dans les rues étroites et pavées des deux quartiers emblématiques des Noirs uruguayens : Sur et Palermo, situés près du Rio de la Plata. C’est très pittoresque car il y a e plus en plus de gens qui louent leurs balcons ou leurs terrasses avec un service traiteur, même pour les spectateurs qui y assistent pendant les 5/6 heures que dure le défilé. Voici un aperçu : http://www.youtube.com/watch?v=dHTqQhKC6PE&hl=fr
A l’issue de chacun de ces deux défilés, il y a un classement où on déclare les champions et championnes dans les différentes rubriques, par exemple : meilleur groupe de tambours, meilleure vedette, meilleure communication avec le public, meilleur directeur de “murga”, etc. Une fois commencée l’ouverture officielle du carnaval, les différentes catégories se produisent sur la scène d’un théâtre ouvert où il y a aussi un concours pour nommer les champions. Ces groupes jouent aussi dans des des locaux appelés “tablados” (en plein air ou couverts) dans les différents quartiers de la ville de manière que tout le monde puisse y accéder. En province, il y a aussi des défilés et on doit souligner une manifestation carnavalesque dans un département à la frontière du Brésil où l’influence des “escolas do samba” l’emporte sur notre identité culturelle proprement dite.
Au départ, le carnaval uruguayen était plutôt l’affaire des amateurs qui cessaient leurs activités rémunérées le temps des festivités, il est devenu aujourd’hui un espace où les professionnels en tous genres s’épanouissent et trouvent d’autres débouchés soit chez nous, soit à l’étranger car surtout les “comparsas lubolas” et les “murgas” font des tournées partout dans le monde. Une petite anecdote qui illustre la portée de notre carnaval qui touche toutes les couches sociales : l’actuel Ministre de l’Economie a été le parolier de plusieurs murgas.
Il existe un musée du Carnaval qui est situé dans le Vieux-Montevideo et on vient de lui décerner le prix Reina Sofia d’Espagne.
J’espère vous accueillir nombreux à notre prochain carnaval
Je remercie beaucoup Nelly Cecilio pour tous les renseignements apportés sur la façon dont se déroule le carnaval de Montevideo. Mon rôle s’est quasi limité à la mise en page de son article et à l’ajout de photos.
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9 février, 2009
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Le système scolaire français est assez complexe, aussi ne seront présentées que les grandes lignes de telle sorte qu’à leur tour nos amis japonais, italiens, suédois, japonais, espagnols, roumains, polonais et tchèques puissent faire quelques comparaisons.

Notre système scolaire repose sur les principes de Jules Ferry (1832-1893). Cet homme politique français a défini l’école comme ” gratuite, laïque et obligatoire“. De nombreux établissements scolaires portent le nom de ce politicien. Cependant, avec le temps, les notions de “gratuité”,”obligation” et de ”laïcité” ont évolué. La “gratuité” s’applique au fait de ne pas avoir de frais d’inscription pour être admis à l’école, tout au moins si l’élève fréquente une école publique, d’avoir les manuels scolaires fournis gratuitement jusqu’en troisième qui est la quatrième et dernière année passée au collège. Par contre “la gratuité” ne s’applique pas en ce qui concerne les fournitures scolaires, les repas pris à la cantine, les sorties éventuelles, etc. Au niveau universitaire, des droits d’inscriptions existent, même s’il s’agit d’une université publique. La laïcité est encore normalement garantie, allant même jusqu’à interdire, dans un établissement public, le fait de porter un signe distinctif de sa croyance religieuse. Cependant il est de plus en plus question de demander aux professeurs de se charger de “l’enseignement du fait religieux”. En ce qui concerne “l’obligation”, depuis 1959, elle est définie comme de 6 à 16 ans. Le ministre actuel de l’Education Nationale s’appelle Xavier Darcos. Il y a aussi Valérie Pécresse qui est ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche.


Par le biais d’une tradition datant du XVIIIème siècle, les écoles maternelles sont largement développées en France. Elles sont gratuites mais ne rentrent pas dans “l’obligation scolaire”. Elles sont seulement conseillées pour faciliter l’éveil de l’enfant. Il y existe 4 niveaux : Toute Petite Section (2ans), Petite Section (3 ans), Moyenne Section (4 ans) et “Grande section” (5 ans). Pour être admis en TPS, l’enfant doit pouvoir se dispenser de couches dans la journée et avoir dépassé ses 2 ans le jour de la rentrée scolaire de septembre. Certaines municipalités offrent plusieurs dates de rentrée pour ces TPS, ainsi il est possible qu’un enfant commence sa scolarisation après chaque période de “petites vacances”. L’enfant apprend à vivre en société, développe son langage et se prépare à devenir un futur écolier. L’existence de ces écoles maternelles telles qu’elles sont conçues maintenant semble être remis en cause parce que le ministre a parlé de “jardin d’enfants” et s’est également interrogé sur la nécessité de recruter des enseignants très diplômés pour ce niveau scolaire. Ces propos ont naturellement prêté à controverse.


Depuis la loi d’orientation de 1989, les écoles maternelle et primaire sont divisées en cycles. Paradoxalement, puisque l’école maternelle n’est pas obligatoire, ce niveau est assimilé au “cycle 1” appelé aussi “cycle des apprentissages” et, en plus, la Grande Section est la première classe du “cycle 2” appelé aussi “cycle des apprentissages fondamentaux”. Au-delà de la “grande section de maternelle”, l’élève rentre à l’ ”école primaire”. Les deux autres classes de ce cycle 2 sont le “ Cours Préparatoire” dit “C.P.” et le “Cours Elémentaire 1ère année” dit “CE1″. Le “cycle 3″ est constitué du Cours Elémentaire 2ème année (CE2), du Cours Moyen 1ère année (CM1) et du Cours Moyen 2ème année (CM2). En maternelle, comme à l’école primaire, les enfants sont pris en charge, en général, de 8h30 à 11h30 puis de 13h30 à 16h30 le lundi, mardi, jeudi et vendredi. Jusqu’à la rentrée scolaire 2008/2009, il y avait 1/2 journée de prise en charge en plus : le mercredi matin ou le samedi matin. Malgré la diminution horaire, les notions à apprendre sont restées les mêmes. Pour les élèves de l’école primaire, un éventuel soutien scolaire a été prévu durant la pause de midi faute de pouvoir le mettre en place après 16h30 en raison des cars de ramassage scolaire. Mais cela pose tout de même un problème pour les élèves ayant besoin de soutien mais qui ne sont pas demi-pensionnaires.

Au-delà du CM2, l’enfant rentre au collège où la numérotation des classes va en décroissant : “6ème“, “5ème“, “4ème“, “3ème“. Malgré quelques tentatives au niveau de l’école primaire, c’est surtout au niveau de la “6ème” que débute l’étude d’une première langue vivante. Sauf exception, c’est souvent l’anglais ou l’allemand. En “4ème”, une seconde langue est proposée et c’est le plus souvent allemand ou espagnol. Au niveau de la 5ème ou de la 4ème, il existe les Itinéraires De Découvertes qui permettent une approche interdisciplinaire de thèmes, c’est-à-dire que, par exemple, on propose à l’élève de faire un petit dossier qui s’appuie au moins sur deux disciplines enseignées et qui implique aussi une recherche documentaire faite au Centre de Documentation et d’Information en partenariat avec le professeur-documentaliste. Cela peut être, par exemple, un exposé sur la “prise de pouvoir de Guillaume le Conquérant” parce qu’au niveau de la “5ème”, la période historique étudiée est le Moyen-Age et que cet épisode de l’Histoire de France tisse un lien avec l’Angleterre et donc participe de l’enseignement de l’anglais. Généralement, l’élève présente son travail sous forme de traitement de texte et il y a donc beaucoup de compétences prises en charge pour la note finale. Le professeur-documentaliste ne se contente pas de “fournir les documents” pour aider à la réalisation du travail, il accompagne ses collègues enseignants qui viennent au CDI et suit la progression du travail des élèves en s’impliquant personnellement. Cela suppose naturellement, en amont, des “rencontres” entre enseignants pour bien cibler ce qu’il est possible de faire et comment. Vous trouverez plus de renseignements sur cette approche pédagogique à : http://eduscol.education.fr/D0072/itinerairesdecouverte.htm
Les élèves ayant d’importantes difficultés scolaires sont placés dans des Sections d’Enseignement Général et Professionnel Adapté dans lesquelles ils ont à la fois un enseignement général et professionnel. Bien qu’ils soient rattachés au niveau du collège, le lycée Jean Monnet accueille des élèves de “3ème Découverte Professionnelle 6 heures“. Ce sont des élèves qui s’orientent vers une voie professionnelle au-delà de cette classe, mais qui ne savent pas exactement quoi choisir. Pour les aider, des périodes de stage en entreprise sont prévus. A la fin de la troisième (toutes séries confondues), les élèves passent le “brevet des collèges“, ainsi que le “Brevet Informatique et Internet” ou “B2I“. Ce second examen inclut, même s’il la dépasse, la reconnaissance d’un certain nombre de compétences que le professeur-documentaliste s’est chargé de faire acquérir depuis l’entrée de l’élève en 6ème . En effet, les missions de cet enseignant ne se limite pas à la gestion d’un fonds documentaire, il a des heures d’enseignement pour apprendre aux élèves à utiliser au mieux les informations que peuvent fournir les revues, les livres, les dictionnaires, les encyclopédies, le logiciel documentaire appelé BCDI, Internet, etc. Pour plus de renseignements sur le “B2I”, vous pouvez regarder : http://www.educnet.education.fr/formation/certifications/b2i

Après le collège, c’est l’entrée au lycée. Il y a trois sortes d’établissements secondaires : général, technologique et professionnel. Au niveau de l’enseignement général et technolgique, la nomination des classes tient toujours du compte à rebours : “seconde“, “première” et “terminale“. A la fin de la “première”, l’élève passe une partie des épreuves du baccalauréat et, “en terminale”, il passe les épreuves restantes. Il existe différentes options d’enseignements au niveau du lycée d’enseignement général comme au niveau du lycée d’enseignement technologique. Au niveau de la “première”, l’élève doit réaliser un dossier qui s’inscrit dans le cadre des Travaux Personnels Encadrés. On trouvera le détail des sujets à http://eduscol.education.fr/D0050/themes.htm mais il faut tout de même savoir que la problèmatique étudiée doit au minimum englober deux disciplines. Ainsi, par exemple, l’élève peut présenter une sorte de petit mémoire sur “Les peintures murales au Mexique” de façon à pouvoir “combiner” Art et Civilisation Espagnole. Bien entendu, comme pour les IDD, il faut la participation du professeur-documentaliste comme d’ailleurs exposé ici : http://eduscol.education.fr/D0050/LXTDOC01.htm. Durant les trois années passées au lycée, l’élève reçoit un enseignement d’Éducation Civique, Juridique et Sociale (ECJS) dont on pourra avoir une idée avec http://eduscol.education.fr/D0056/ecjs.htm . Les différentes options possibles au niveau du lycée général ou du lycée technologique n’existent pas partout et parfois il est nécessaire de changer de département et de fréquenter un internat. On pourra connaître le détail des options possibles avec http://www.education.gouv.fr/pid39/lycee.html . Les épreuves de baccalauréat commencent vers le milieu de juin et les résultats défintifs sont connus en juillet. Pour avoir le baccalauréat du premier coup, il faut plus de 10 de moyenne générale. Si l’élève a entre 8 et 10 de moyenne, il doit représenter des épreuves de façon à arriver, la seconde fois, à au moins 10. S’il a moins de 8, il est ajourné et doit recommencer l’année de terminale.
En ce qui concerne le lycée professionnel, il y a plusieurs possibilités :
- au niveau d’un Certificat d’Aptitude Professionnelle (2 ans d’études) donc “CAP première année” puis “CAP 2ème année” et au bout de la dernière année l’élève passe un examen pour obtenir le diplôme correspondant.
- au niveau du Brevet d’Enseignement Professionnel ( 2 ans d’études) donc “seconde BEP” et “terminale BEP“. La dernière année, l’élève passe un examen. Il peut ensuite poursuivre ses études en “première année de baccalauréat professionnel” puis en “seconde année de baccalauréat professionnel”. Le baccalauréat professionnel est ainsi obtenu en 4 ans d’études après la classe de 3ème. Il est question de ramener ce temps à 3 ans pour l’aligner sur le rythme des élèves d’enseignement général ou technologique, mais le risque est que le profil des élèves et la spécificité des enseignements à dispenser (mais dans un temps réduit) n’ occasionnent une grande difficulté et que finalement une élite seulement n’obtienne ce diplôme. La création d’un baccauréat professionnel en 3 ans suppose aussi la disparition du BEP car l’élève arriverait directement du collège. Les classes de “terminale BEP” et de “baccalauréat professionnel” sont concernées par Le Projet Pluridisciplinaire à Caractère Professionnel dont on pourra lire les caractéristiques à http://eduscol.education.fr/D0047/ref01.htm

Au delà du lycée, il y a les études supérieures dont l’entrée est conditionnée par l’obtention du baccalauréat. Il existe plusieurs types de poursuites universitaires avec
- les Instituts Universitaires de Technologie (IUT) qui donnent accès à un Diplôme Universitaire de Technologie (2 ans d’études)
- les sections post-baccalauréat du lycée qui préparent à un Brevet de Technicien Supérieur (BTS). Mais parfois cet accès au BTS n’est pas direct parce que le baccalauréat obtenu n’est pas assez bien adapté pour poursuivre sans transition. Il faut alors prévoir, avant d’aller en BTS, une année de Mise A Niveau. Normalement le BTS demande 2 ans d’études, mais, s’il faut la classe MAN, cela représente 3 ans après le baccalauréat.
- les différentes facultés : Lettres, Droit, Pharmacie, Médecine, etc. Dans la plupart des cas un minimum de trois années d’études est nécessaire. Il donne lieu à l’obtention d’une “licence“. Il s’en suit “la maîtrise” puis le “doctorat”. Les titres obtenus sont nationaux, cependant les sujets d’ épreuves dépendent d’un établissement à un autre. Suivant les académies, la rentrée universitaire a lieu en septembre ou octobre. L’année universitaire est divisée en semestre, le premier va jusqu’à décembre et le second jusqu’à mai. Il y a deux sessions pour réussir les examens. Suivant les académies, la période est juin et septembre ou juin et juillet (quand la reprise se fait en septembre). Les étudiants passent aussi un examen appelé Certificat Informatique et Internet ou “C2I” . Reportez vous à http://www2.c2i.education.fr/sections/accueil/c2i7120/ pour avoir quelques précisions.

La France est divisée en 3 zones scolaires au niveau des vacances. Les vacances de Toussaint (environ 10 jours fin octobre-début novembre), les vacances de Noël (2 semaines fin décembre-début janvier) et les vacances d’été sont communes aux trois zones. Ensuite, pour les vacances d’hiver (février-mars) et de printemps (avril-mai), chaque zone a deux semaines de vacances, mais en décalé. La date officielle des vacances d’été est en général le premier juillet mais les professeurs qui participent aux épreuves d’examen ne sont parfois véritablement en vacances que vers le 10/13 juillet. La reprise est généralement vers le 1er septembre. Nous avons également quelques dates de vacances spécifiques comme le 1er mai (fête du travail), le 8 mai (armistice seconde guerre mondiale), le lundi de Pâques et le lundi de Pentecôte (pas toujours inclus dans des vacances scolaires, parfois “en plus”, suivant la zone), le jeudi de l‘Ascension, le 1er novembre (mais inclus dans les vacances de Toussaint), le 11 novembre, le 14 juillet ( fête nationale, mais inclus dans les vacances d’été), le 15 août (Assomption, mais inclus dans les vacances d’été

Pour être enseignant en France, il est obligatoire de passer un concours de recrutement. Les enseignants sont des fonctionnaires de l’Etat. L’IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) prépare au concours de recrutement et assure la formation au métier. Pour l’Enseignement primaire, c’est le concours de ”Professeur des Ecoles”. Pour l’enseignement secondaire, il y a le CAPES ( Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré), le CAPET (Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement technique), le CAPLP ( Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement professionnel). Ces concours sont ouverts aux titulaires d’une licence (3 ans d’étude). Les PLP sont généralements bivalents, c’est-à-dire qu’ils enseignent deux matières comme Lettres/Histoire ou Mathématiques/Sciences. Les titulaires du CAPES n’enseignent qu’une matière. Les professeurs des écoles passent de 24 à 26 heures par semaine avec leurs élèves. Les professeurs de collèges et de lycées ont 18 heures de cours par semaine. Malgré leur statut d’enseignant, les professeurs-documentalistes doivent être présents au collège ou au lycée 30 heures par semaine et il est généralement entendu qu’ils travaillent encore 6 autres heures par semaine à l’extérieur pour, par exemple, fréquenter des bibliothèques, des librairies, lire, etc. Généralement ce temps est sous-évalué, surtout si le professeur-documentaliste s’implique dans des animations pédagogiques spécifiques, s’associe à la réalisation d’IDD, de TPE, d’ECJS, etc, cela peut devenir 15 heures ou même plus! Finalement, suivant la façon dont il s’investit et suivant dans quel établissement il est placé, le professeur-documentaliste peut avoir une énorme charge de travail. Pourtant, souvent, par l’administration ou par les autres enseignants qui ne voient que le temps de présence dans l’établissement, être professeur-documentaliste est perçu comme bénéficier d’un statut “avantageux”. Pour l’enseignement supérieur, les candidats aux concours doivent avoir une maîtrise (4 ans d’études) et passer une agrégation. A noter au passage qu’il n’existe pas d’agrégation dans le domaine de la recherche documentaire. Les agrégés ont 15 heures de cours par semaine à assurer. Il est question d’exiger un “master” obtenu en 5 ans d’études pour passer tous les concours indiqués et l’existence de l’IUFM semble être remise en cause. Il y a une forte diminution du nombre de postes offerts aux concours de recrutement des enseignants et quand il y a un manque il faut souvent avoir recours à des contractuels qui sont bien sûr du personnel avec un statut très précaire. Les différentes réformes scolaires entraînent des suppressions de postes et de nombreux professeurs se trouvent soit en sous-service (nombre d’heures de service incomplet) soit dans l’obligation d’enseigner sur 2 ou 3 établissements scolaires pour arriver à réunir le nombre d’heures prévues.

J’ai donné quelques éléments permettant de situer un peu le système scolaire français par rapport aux autres qui ont été présentés. Il manque des informations par exemple sur l’apprentissage, la formation continue, le contenu des programmes, etc. Je ne pouvais pas aborder tous ces thèmes dans un simple article. J’ai juste voulu ouvrir un éventuel débat et vous demandez si nous étions vraiment “à bonne école”, l’expression signifiant “bien entouré pour progresser”. Si vous souhaitez affiner davantage votre documentation sur ce sujet, vous pouvez consulter : http://www.education.gouv.fr/pid8/le-systeme-educatif.html
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26 janvier, 2009
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En Roumanie, le système actuel d’enseignement hérite encore quelques-unes des structures du système mis au point par les premiers organisateurs (Spiru Haret et Constantin Angelescu) du processus d’enseignement dans notre pays pendant l’entre-deux-guerres. C’était, à l’époque, un des meilleurs systèmes d’enseignements de l’Europe en ce qui concerne les résultats et l’efficacité.
A présent, vingt ans après la révolution anticommuniste de décembre 1989, la Roumanie n’a pas encore fini de réformer son système d’enseignement. Les nombreuses réformes qui se sont succédées ont crée parfois un état de confusion autant parmi les cadres enseignants que parmi les élèves et leurs parents. En 2008, la société a été appelée pour exprimer son opinion vis-à-vis du nouveau projet de loi concernant l’enseignement, mais comme le gouvernement a changé depuis, à la suite des élections, il est possible qu’il y ait encore des modifications.

Les niveaux d’organisation de l’enseignement
Evidemment il y a deux grandes domaines d’enseignement : le préuniversitaire et l’universitaire.
En ce qui concerne le préuniversitaire, il y a les divisions suivantes:
1. L’enseignement préscolaire (les écoles maternelles pour les enfants de 3 à 6 ans)
2. L’enseignement primaire (distribué sur 4 années, comptant de la première jusqu’à la quatrième, puisqu’en Roumanie, la dénomination des niveaux peut être facilement obtenue en comptant dans l’ordre croissante, de la première année d’école primaire et jusqu’à la fin du lycée – 12 années au total)
3. L’enseignement secondaire (partagé en cycle inférieur – avec 4 niveaux, et cycle supérieur – toujours 4 niveaux). L’enseignement secondaire inférieur, (en roumain, on l’appelle aussi « gimnaziu ») correspond à peu près au niveau « collège » en France et l’enseignement secondaire supérieur (appelé « liceu » en roumain), au niveau « lycée ». Pour l’enseignement secondaire supérieur nous avons deux termes qui créent parfois confusion au moment de la traduction en d’autres langues. C’est qu’il y a des institutions que nous appelons « lycée » et d’autres que nous appelons « collège » (colegiu, en roumain) bien qu’elles offrent le même type d’éducation et pour le même niveau d’âge (14/15-18/19 ans). Le terme « colegiu » en roumain implique l’idée d’un niveau qualitatif supérieur.
4. L’enseignement tertiaire non universitaire (c’est l’enseignement post-lycéal, distribué sur une ou trois années).
Les niveaux 1, 2, le cycle inférieur et les deux premières années du cycle supérieur constituent pour le moment l’enseignement obligatoire. Théoriquement, l’âge de finir l’enseignement général obligatoire est de 16 ans, c’est-à-dire que les classe “9″ et “10″ se finalisent avec un certificat de fin d’études. Avec le nouveau projet de loi, l’enseignement obligatoire passera de 10 à 9 années. Il n’y a pas de frais d’inscription pour les formes de l’enseignement public (qui est, d’ailleurs, gratuit dans son ensemble).
Les enfants vont à la maternelle à partir de 3 ans, normalement jusqu’à 6 ans, mais souvent les parents choisissent de faire redoublerleur enfant la dernière année de la maternelle parce qu’ils considèrent que ceux-ci sont encore trop petits pour s’inscrire en enseignement primaire. C’est pour cette raison que dans la première année du primaire, on retrouve des élèves dont l’âge peut varier de 6 ans (ou même un peu moins) à 7 ans (ou parfois même un peu plus). Evidemment ces différences se maintiennent tout le long de leur scolarité.
Le niveau collège débute à l’âge de 10 ans et dure jusqu’à 13/14 ans. Il n’y a pas d’examen de passage du primaire au collège. Toutefois il y a des écoles qui appliquent des systèmes de sélection, mais il ne s’agit pas d’examens nationaux. Pour s’inscrire au lycée, en revanche, tous les élèves sont évalués par des « tests nationaux ». Ce sont des tests qu’ils doivent passer dans les deux dernières années du collège, pour les matières suivantes : langue roumaine (et langue maternelle, si c’est le cas), mathématiques et histoire ou géographie au choix. La différence par rapport aux autres tests que les élèves passent, de toute façon, chaque semestre, c’est que les sujets de ces tests sont uniques dans tout le pays. Pour obtenir ce que nous appelons « la moyenne d’admission au lycée », nous prenons en compte les résultats de ces tests, mais aussi les résultats des quatre années de collège.
Théoriquement l’âge de finir l’enseignement général obligatoire est de 16 ans, c’est-à-dire que les classes “9″ et “10″ sont finalisées par un certificat de fin d’études. Pour atteindre l’enseignement secondaire supérieur, les lycées organisent des cours de jour durant 4 ans (à partir de la 9ème classe jusqu’à la 12 ème classe, et des cours du soir en fréquence réduite.
Le lycée est structuré en 3 filières, chacune correspond à un certain nombre de profils et de spécialisations :
-la filière théorique avec les profils humanistes
-la filière technologique avec les profils d’exploitation des ressources naturelles, la protection de l’environnement, les services et la technique
-la filière “vocationnelle” avec les profils artistique, sportif et théologique
Toutes les études pendant le lycée finissent par un examen national de baccalauréat. Ce type d’examen vérifie les connaissances et les aptitudes acquises dans diverses disciplines d’études, en fonction des filières et des profils. Le roumain, à l’oral comme à l’écrit, est obligatoire pour tout profil, une langue étrangère étudiée aussi (français, anglais, allemand, espagnol ou italien), une langue maternelle (hongrois, allemand ou autre) pour ceux qui étudient une de ces langues, les mathématiques pour le profil technique et une autre langue, le latin et la littérature universelle pour le profil humaniste. Il y a aussi un test sur les disciplines de la spécialité selon chaque profil et un autre test sur une discipline au choix. C’est un examen qui est estimé difficile, et très important parce qu’il sera pris en compte lors de l’inscription à une université.

Les écoles des arts et métiers, que l’on appelle en roumain “Scola de arte si meserii” ou “SAM”, organisent des cours de jour et des cours du soir durant 3 ou 4 années en fonction du profil et de la complexité du travail pour lequel on prépare des spécialistes. Ce type de cours finit avec un examen ou un diplôme qui atteste de la qualification dans un certain métier. Les élèves qui finissent ce type d’études peuvent continuer leurs études au lycée dans le cadre de cours du soir et après un examen d’admission pour ce niveau d’études.
L’enseignement post-lycée est organisé par le Ministère de l’Education ou à la demande des agents économiques. La durée des études est de 1 à 3 ans, en fonction de la complexité du métier. L’admission se fait par un concours.
L’enseignement supérieur se décompose de la façon suivante :
- cycle 1er des études universitaires de licence qui correspond à 180 crédits (études de licence de 3 ans) et 240 crédits (étude de licence de 4 ans), conformément au Système Européen de Crédits Transférables (ECTS)
- cycle 2 avec des études universitaires de master qui correspond à un nombre de crédits transférables entre 90 et 120.
- cycle 3 avec des études universitaires de doctorat durant 3 ans.
L’enseignement supérieur prépare des spécialités dans les profils suivants : universitaire et pédagogique, médecine et pharmacie, technique, agricole, économique, juridique et artistique.
Combien de temps est-ce que l’on passe effectivement à l’école ?
En général, nous passons à l’école 38 semaines par an, reparties en deux semestres de 18 et respectivement 17 semaines. Nous sommes en vacances pour les fêtes d’hiver (ça peut varier de 2 à trois semaines), encore une semaine pour délimiter les deux semestres (ça, c’est au mois de février), une semaine pour les Pâques et évidemment les grandes vacances qui durent de la mi-juin jusqu’à la mi-septembre.
Dans l’enseignement primaire les élèves ne passent pas plus de 4 heures par jour à l’école, 5 jours par semaine. Mais comme la Roumanie a beaucoup changé et que les parents ont de moins en moins de temps pour rester auprès de leurs enfants, on a largement développé, ces dernières années, le système « l’école après les cours ». Celui-ci est un programme payant assuré toujours par les professeurs.
Au collège, les élèves ne doivent pas passer plus de 5 heures par jour à l’école et au lycée, plus de 6. En pratique, il y a parfois des déséquilibres puisque s’il y a un jour avec seulement 5 heures (au cas du lycée), il y aura évidemment aussi un jour avec 7 heures de cours.
Nous allons à l’école 5 jours par semaine, du lundi au vendredi. Nous commençons les cours à 7 heures, 7heures et demie ou 8 heures. Il y a des recréations de 10 minutes et une seule de 20 minutes. Les élèves peuvent finir les cours vers 13 heures ou 14 heures, selon l’heure à laquelle ils ont commencé.
Et les enseignants en Roumanie ?
Les professeurs ont une norme de 18/19 heures par semaines. Tel est le cas puisqu’en Roumanie les heures que l’on passe à rédiger des tests ou à les corriger, à rechercher des ressources nouvelles pour la classe, à développer des programmes supplémentaires ne sont pas prises en compte dans la rémunération du travail On distingue en général les enseignants du niveau primaire, les instituteurs/institutrices, des enseignants du niveau secondaire, les professeurs. De toute façon, pour enseigner il faut avoir des études universitaires, et bien sûr, passer un concours. Ces dernières années, les jeunes sont de moins en moins intéressés par un emploi dans le domaine de l’enseignement à cause des salaires très bas offerts aux débutants, mais aussi à cause d’une image de moins en moins positive du système d’enseignement dans son ensemble.
Nous sommes employés des mairies des localités où nous enseignons, mais, à vrai dire, nous avons moins de bénéfices que les employés directs d’une mairie.

L’enseignement religieux
En effet, en Roumanie, les élèves peuvent choisir des cours de religion. Ce n’est pas obligatoire, mais s’ils ne souhaitent pas fréquenter ces cours, ils doivent toutefois suivre un autre cours proposé en optionnel par l’institution, pour avoir le même nombre de cours que leurs collègues.
L’évaluation et le système de notes
Au niveau du primaire on utilise des qualificatifs (« bon », « excellent », « satisfaisant » et « insatisfaisant »), mais les opinions sont encore partagées : il y a des enseignants qui disent que ce système n’est pas assez précis, d’autres qui le préfèrent parce qu’il évite l’obsession des élèves pour les notes maximales.
A tous les autres niveaux on utilise des chiffres, de 1 à 10 pour apprécier les performances des apprenants.
Les CDI
Pour le moment, on ne trouve pas de CDI dans toutes les institutions d’enseignement. Comme il n’y a pas de professeur documentaliste, c’est souvent le bibliothécaire qui guide les élèves (mais aussi les professeurs) dans leurs recherches visant diverses domaines et centres d’intérêt. Mais évidemment, ce n’est pas la même chose qu’un professeur documentaliste.

La multidisciplinarité
Il y a beaucoup de matières dont l’enseignement se fait en utilisant les acquis propres à d’autres domaines d’études. Mais il n’y a pas un cadre stricte et spécifique pour ce type d’enseignement ; il est plutôt comme un sous-entendu dans certains domaines.
Si vous voulez en savoir plus sur le système scolaire roumain, vous pouvez vous documenter avec http://www.europschool.net/static.php?op=formation/doss_struct_roumanie.html&npds=1
http://www.fit-for-europe.info/webcom/show_page_ffee.php?wc_c=29684&wc_id=1&wc_lkm=216228
http://costjmon.edres74.ac-grenoble.fr/spip.php?article169
http://www.euroeducation.net/prof/romco.htm (en anglais)
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