Saga Africa : ambiance de la brousse

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    Eh oui, le titre de ce billet vous fera penser à la chanson de Yannick Noah, cependant je ne vais pas vous parler du Cameroun où est né son père mais de l’Afrique du Sud. Le terme « saga » convient pourtant pleinement car il s’agira bien de vous raconter l’histoire de l’Afrique du Sud à travers le récit qu’en a fait Daleen à nos élèves, le lundi 4 octobre 2010.

Pour faciliter le questionnement des élèves de la Classe Européenne qui étaient les premiers à recevoir Daleen, un décor de circonstance a été mis en place : drapeaux sud-africains et revues en français et en anglais parlant de l’Afrique du Sud. Cette ambiance a transporté chacun de la salle de l’hôtel d’application du lycée Jean Monnet à Bloemfontein d’où venait notre invitée.

Et alors très vite les langues se sont déliées et une conversation, en anglais, s’est engagée.  Tout d’abord il s’agissait de savoir d’où était exactement originaire l’intervenante. Et la réponse a été très poétique puisque Daleen a expliqué que « Bloemfontein » signifiait textuellement « fleur-fontaine ».  Puis les élèves ont voulu connaître le nombre d’habitants qui peuplent l’Afrique Du Sud et quel temps il faisait actuellement là-bas. Leur professeur d’hébergement  guidait pour la prise de notes et bientôt le tableau blanc a été rempli.

 

                                                       

                              

                         

                                                                        

   Les questions des élèves ont d’abord porté sur le sport en Afrique du Sud car chacun avait encore en tête la Coupe du Monde 2010.  Nous disons « football » mais le terme local est « soccer ». Daleen a bien sûr mentionné les « Bafana Bafana » dont le nom signifie textuellement « Garçon, Garçon ».  Ils sont célèbres avec leurs maillots aux dominantes jaunes et vertes. Le second sport national est le rugby. L’équipe se nomme « Les Springboks ». Ce terme veut dire « antilopes ».  Il y a un célèbre stade de rugby à Bloemfontein.

                                                             

                                                             

                                                            

                 Le sport a joué un grand rôle dans la fin de l’apartheid. Cette ségrégation raciale reposait sur la suprématie de l’homme blanc. Les premiers colons sont en effet des Européens et plus particulièrement des Néerlandais. Les influences européennes se notent  encore au niveau de la gastronomie. C’est ainsi que le petit déjeuner sud-africain est en fait un « breakfast » à la manière anglaise, les fromages sont surtout hollandais tels le Gouda et l‘Edam, la bière est très appréciée et rappelle l’Allemagne (la plus bue est la « Castle lager »).

                                                            

                                                            

                                                              
       Mais on note aussi une influence indienne avec de nombreuses sauces à base de curry. Le plat traditionnel est le « sosatie » qui consiste en des brochettes de porc et d’agneau marinées dans un sauce au curry. En raison du climat la cuisson au barbecue (braaivleis) est très utilisée.

           L’influence malaisienne  se note aussi. Le « bobotie »est en fait originaire de Java. Il s’agit d’un mélange de viande hachée, d’oeufs, de lait, de curry, de curcima, oignons, de laurier, d’ail, de chutney de fruits , de jus de citron et de pain de mie.  Le civet de koudou ( sorte d’antilope), le steak d’autruche ou encore le snoek (poisson blanc de taille moyenne que l’on pêche au large du Cap) sont souvent proposés aux menus des restaurants locaux.

                              

                    Les liens avec la France se retrouve aussi au niveau des boissons. En effet beaucoup de huguenots français sont venus s’installer en Afrique du Sud en 1688, fuyant ainsi la religion d’Etat catholique.  A Franschhoek, village d’Afrique du Sud situé à une cinquantantaine de kilomètres de la ville du Cap  et dont le nom, en afrikaans, signifie littéralement « le coin des Français », on trouve le quartier français et certains panneaux gardent la trace de la présence française.

                                                                     

          Les cépages du Cap donnent des vins blancs comme des vins rouges. On trouve donc le Sauvignon, du Riesling et le Merlot. La légende dit même que Napoléon 1er buvait chaque jour une bouteille de Muscat issu, depuis le XVIIIème siècle, du vignoble de Constantia , près du Cap. Il y a même du « vin effervescent » qui est localement appelé « Champagne Cap Classic« . La liqueur la plus célèbre d’Afrique du Sud  est « Amurala » ou « crème de marula« . Elle est obtenue à partir des fruits verts  du marula qui appartient à la famille des anacardiacées au même titre que le manguier ou le pistachier. Mais la boisson la plus populaire est « le thé rouge » que l’on nomme en fait « Rooibos Bush« 

                                                                  

                                                                  

                      On peut noter que les propriétés de ce « Rooibos Bush » sont aussi utilisées en cosmétique avec la fabrication de savon et de crèmes hydratantes et adoucissantes.

                                            

              Cette diversité d’influence explique que l’on compte environ onze langues parlées dans le pays : zoulou, sotho, venda, tswana, xhosa, afrikaans, anglais, etc.  Il faut rappeler que les émeutes de Soweto en 1976 avaient pour origine que l’enseignement ne se faisait qu’en afrikaans dans un pays. C’est surtout avec les classes de 2BH et de  CAP APR et SH que Daleen a rencontrées ce même jour (en plus donc des 1BPF qui ont fait leur propre compte-rendu dans le billet précédent) que l’aspect social de l’Afrique du Sud a été développé.  Avec les 2BH, la conversation s’est prolongée en anglais et en français pour l’autre classe. Eh oui, il faut noter que notre invitée maîtrise bien notre langue.

                                    

                           

                      

                          

                      

        

 

                                                             

                                                            

                 Durant les questionnements, les élèves ont appris que la monnaie d’Afrique du Sud est le « rand » et que les prix-indexés sur le niveau de vie sud-africain-sont généralement inférieurs de 30% à ceux pratiqués en Europe.  Un euro vaut environ 11 rands. Les richesses du sol en or, platine et diamants   ont attiré les convoitises des colonisateurs européens. L’économie sud-africaine se développe et est même la plus puissante du continent africain. Ceci explique le développement assez rapide  de l’infrastructure surtout dans la perspective d’accueillir la Coupe du Monde de Football en 2010. Cependant, malgré la disparition de l’apartheid grâce aux implications de Frederik de Klerk, Nelson Mandela et Desmond Mpilo Tutu  et malgré les années qui passent quelques difficultés persistent dans la mise en place d’une société  égalitaire. Cependant une nation arc-en ciel a succédé à la domination des Blancs et le pays s’est dirigé vers la démocratie. « La discrimination positive » essaie de pallier les abus commis à l’époque de l’apartheid. Ces notions ont fortement intéressé les élèves de CAP APR et SH dont le programme scolaire prévoit la création d’un dossier sur « les inégalités sociales dans le monde et même plus précisément à l’intérieur d’un pays« . En plus un certain nombre d’élèves de ces deux classes sont elles-mêmes originaires d’Afrique et elles ont bien sûr mis très vite ceci en relation avec des propositions actuelles, en France, de rédiger un curriculum vitae quasi anonyme pour éviter un recrutement seulement en fonction de l’apparence ou bien de la consonnance du nom de famille.

                                                                            

                     Pour conclure son intervention, Daleen a fréquenté le restaurant d’intiation du lycée. A sa table étaient conviés, à l’initiative de Madame Vergnaud, notre proviseur, les professeurs impliqués dans ces animations ainsi que Fred, notre nouvel assistant d’anglais, qui vient en fait des Etats-Unis. Le rapprochement avec « l’apartheid » qui a aussi sévi là-bas ainsi que l’élection de Barack Obama, premier président américain métis étant quasi inévitable.

                           

Parmi les petits cadeaux que j’ai reçus de mon amie Daleen, j’aimerais vous montrer, par le biais de quelques photos, deux présents originaux : une petite cuillère de collection dont le blason montre le drapeau sud-africain et une serviette de bains aux motifs africains.

                                                    

     Merci de tout coeur Daleen d’avoir largement participé à ces animations pédagogiques qui ont éveillé l’intérêt  des élèves pour l’Afrique du Sud, pour avoir démontré que l’on peut apprendre sans s’ennuyer et sans ennuyer les autres. A travers les deux billets de ce blog qui sont consacrés à ta venue au lycée Monnet le lundi 4 octobre 2010 nous voudrions te témoigner notre grande reconnaissance.

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Waka Waka (This Time for Africa /Esto es Africa)

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                       Qui n’a pas encore en tête l’hymne officiel de la Coupe du Monde de Football de l’été 2010 en Afrique du Sud ? C’est la chanson de la belle Colombienne Shakira.  C’est un « tube » qu’affectionnent particulièrement nos élèves même s’il est attaché à la défaite cuisante « des Bleus » et à toute la polémique au sujet de leur attitude peu respectueuse durant cette manifestation sportive.  Les matches ont été l’occasion d’attirer tous les regards sur ce pays et d’en savoir le plus possible. Aussi, c’est avec un immense plaisir que Daleen Krige, intervenante d’Afrique du Sud dont les fidèles lecteurs de ce blog ont déjà entendu parler depuis très longtemps, a été accueillie dans notre établissement. Elle est allée à la rencontre de plusieurs classes. Florian, un élève de 1ère année Baccalauréat Professionnelle Farine, au nom de tous les élèves de sa section, a souhaité fournir sur cet espace un compte-rendu, en anglais, de toutes les informations qu’il a recueillies au cours des échanges. Je vous livre son texte :

« Daleen’s visit

  On Monday 4th October 2010, we have received a person from South Africa. We have asked her questions. Her name is Daleen. Her ancestors are of Dutch origin. Her ex-husband is of German origin. She was born in Bloemfontein. Eleven languages are spoken in South Africa. She can speak two: Afrikaans and English. It took her eleven hours to go from Johannesburg to Paris by plane. She left Johannesburg at 7 pm and she arrived in Paris at 6 am. It is a tiring  journey. At the moment, it is very hot in South Africa: 31°C. It is spring. There is a six months’ difference between our seasons.

     In the morning, Daleen has an English breakfast with bacon, eggs, tomatoes, sausages, muesli and coffee. South-Africans appreciate Malay cooking with mild spices and pudding for the dessert. They drink a lot of beer even if they produce wine.

    Daleen is a teacher at the university and she teaches communication. In South Africa, there are 50 pupils per class. The summer holidays are in December and January and they last 6 weeks. Daleen has already visited Austria, England, Germany, Italy, Belgium the Netherlands and Denmark. She often comes to Europe to pay a visit to her friend: Mrs Visconti, our librarian.

    Daleen and South-Africans love Nelson Mandela a lot. When he died, there will be several months’ national mourning. He has completely changed the country. Today, Blacks and Whites are equal even if there are more poor blacks. But everybody can now vote. South Africa is a democracy.

Racial segregation no longer exists. The country is developing. There are still a few tribes who coexist with the rest of the population. The football world Cup has brought a lot of money to the country and the stadiums which were built for the football world cup will be used for the rugby tournament and they are already used for different sports and rock concerts. It was an interesting visit.Thank you Daleen.  « 

                                                                                                   

 

                                                              

   Vous n’êtes peut-être pas de brillants anglophones, aussi je vais vous traduire ce texte :

« La visite de Daleen

     Lundi 4 octobre 2010, nous avons reçu une personne d’Afrique du Sud. Nous lui avons posé quelques questions. Elle s’appelle Daleen. Ses ancêtres sont d’origine hollandaise. Son ex-mari était d’origine allemande . Elle est née à Bloemfontein. Onze langues sont parlées en Afrique du Sud. Elle sait en parler deux : l’afrikaans et l’anglais.

        Il lui a fallu onze heures pour venir de Johannesburg à Paris en avion. Elle est partie de Johannesburg à sept heures du soir et elle est arrivée à Paris à six heures du matin. C’est un voyage fatigant. En ce moment, il fait très chaud en Afrique du Sud : 31°c. C’est le printemps. Il y a une différence de six mois entre nos saisons.

      Le matin, Daleen prend un petit-déjeuner anglais avec du bacon, des œufs, des tomates, des saucisses, du muesli et du café. Les Sud-Africains apprécient la cuisine Malay avec des épices douces et du pudding en dessert. Ils boivent beaucoup de bière même s’ils produisent du vin. Daleen est professeur à l’université et enseigne la communication. En Afrique du Sud, il y a 50 élèves par classe. Les grandes vacances sont en décembre et janvier et elles durent 6 semaines. Daleen a déjà visité l’Autriche, l’Angleterre, l’  Allemagne, l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark. Elle vient souvent en Europe rendre visite à son amie : Mme Visconti, notre documentaliste.

      Daleen et les Africains du Sud aiment beaucoup Nelson Mandela. Quand il mourra, il y aura des mois de deuil national. Il a complètement changé le pays. Aujourd’hui, les Noirs et les Blancs sont égaux même s’il y a plus de Noirs pauvres. Mais tout le monde peut maintenant voter. L’Afrique du Sud est une démocratie.

     La ségrégation raciale n’existe plus. Le pays se développe. Il y a encore quelques tribus qui coexistent avec le reste de la population. La Coupe du Monde de football a apporté beaucoup d’argent au pays et les stades qui ont été construits pour la coupe du monde de football vont servir pour le tournoi de rugby, et ils sont déjà réutilisés pour les différents sports et pour des concerts rock. Ce fut une intéressante visite. Merci Daleen ! « 

        

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Se sucrer le bec au Québec

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   Au Canada, et plus précisément dans notre province de Québec, pendant le mois de mars, la belle neige blanche commence à fondre sous les rayons du soleil qui reprend des forces, et réchauffe notre terre nordique.

    C’est signe que le printemps s’en vient, les corneilles arrivent et le sève monte aux arbres qui bourgeonnent bientôt. Cette nouvelle saison qui s’annonce nous donne le goût de sortir, respirer ces odeurs de la nature, fermer les yeux et rêver aux plaisirs de l’été.

   Ce climat qui passe du chaud au froid et du froid au chaud au gré des saisons, nous fait bénéficier d’une richesse naturelle : une eau sucrée provenant de nos érables qui subissent ces changements climatiques. Au Québec, comme en Amérique du Nord, il y a beaucoup d’érables, et certains produisent une eau sucrée qui, grâce à l’imagination de l’homme est transformée en sirop et autres produits dérivés. Quarante litres d’eau font un litre de sirop d’érable, donc, pour produire ce sirop, on doit posséder une érablière et une cabane à sucre qu’on appelle aussi au Québec « la sucrerie« 

                                                         

                                                        

                                                          

 

                                                          

           L’érable a une grande place au Canada car sa feuille est au centre du drapeau canadien. C’est un bel hommage qu’on lui rend, elle est la reine de notre drapeau.

                                              

        Mais, avant tout, comme le dit cette citation « il faut rendre à César ce qui appartient à César » car ce sont les Amérindiens qui sont les découvreurs de l’eau coulant des érables, ce sont eux qui ont été les premiers à l’extraire de ces arbres, à la goûter, à l’utiliser pour cuire leur viande et leurs fruits.

     Leur méthode était rudimentaire : avec leur tomahawk, les Amérindiens faisaient une entaille en V dans le tronc de l’érable, et avec l’écorce et une petite branche de roseau piquée dans cette entaille, la sève de l’érable s’égouttait dans un récipient en écorce de bouleau. L’eau sucrée était source d’énergie pour les Amérindiens, le sirop qu’ils en tiraient complétait leur besoin en sucre. Ils transportaient l’eau en raquettes d’arbre en arbre, plusieurs fois par jour, s’ enfonçant parfois dans la neige mouillante qui cédait sous leurs pas. Ce site permet de découvrir de nombreuses légendes indiennes et de connaître la façon dont ils vivaient et se servaient du sirop d’érable : http://www.erabliere-lac-beauport.qc.ca/indiens.htm

                                            

    De nos jours, l’entaille faite par le tomahawk a été remplacée par le chalumeau installé par un vilebrequin, et le récipient d’écorce de bouleau est devenu une chaudière (seau). L’acériculture est un métier car l’acériculteur ou l’acéricultrice gère une érablière et fabrique différents produits à partir de la sève. L’acériculteur entretient et entaille les arbres, aménage des sentiers, s’occupe de la cueillette de l’eau, sa transformation, la mise en marché et la vente. C’est assurément un beau métier qui se transmet souvent de père en fils, comme une tradition familiale. Ils ont grandi dans le milieu de la production d’eau d’érable et ont suivi l’évolution de la transformation de ces produits. Ils savent reconnaître le bon sirop de poteau (sirop synthétique). Ils ont le goût développé pour évaluer la pureté du sirop et reconnaissent le sirop d’érable sur les tablettes de nos marchés tout au long de l’année.

                                         

                                          

    Les acériculteurs qui produisent pour leur famille et pour leur plaisir recueillent l’eau des chaudières en raquettes ou en traîneau tiré par des chevaux. D’autres acériculteurs qui en ont fait un commerce utilisent un système de tubulure pour recueillir l’eau d’arbre en arbre.

                                        

       La première étape de transformation est de faire bouillir l’eau d’érable dans de gros chaudrons ou contenants dans une cabane aménagée à cet effet, dans les bois. C’est la cabane à sucre.

                                     

                                      

                                     

                                      

                                  

                                   

     Par la suite, l’eau devient sirop, le sirop devient de la tire, du sucre d’érable, des bonbons à l’érable, du beurre d’érable, etc. Sur cette vidéo, prise au Carnaval de Québec, vous pouvez voir comment se passe la tire : http://www.youtube.com/watch?v=s64opH4amDY Sur cette autre, vous avez plus de détails sur la façon dont le sirop est entouré sur le bâton : http://www.youtube.com/watch?v=GnZu1p2tokk . Les Européens apprécient beaucoup notre « tire » : http://www.youtube.com/watch?v=xrxBuwf_BxI . Cette dernière vidéo a été prise Place Dufferin à Québec durant le Carnaval.

            Il y a toute une production autour. Je vais vous donner quelques exemples. Le sirop d’érable est un jus coloré et très odorant. Il est utilisé pour les cuissons, l’aromatisation des préparations culinaires et pour accompagner les « pancakes« , c’est-à-dire des sortes de crêpes épaisses. La gelée d’érable est un sirop épaissi avec des gélifiants ou des pectines naturelles que l’on utilise à la place de la confiture ou du miel. La crème ou le beurre d’érable est un produit qui provient de l’évaporation naturelle de l’eau d’érable. C’est un pâte épaisse et d’un jaune soutenu. Malgré le nom de « beurre », il n’y a aucune matière grasse. Elle se consomme sur des toasts au petit déjeuner ou au souper. Le sucre d’érable n’est jamais raffiné et sa teinte varie du blond ambré au brun. Il se présente sous la forme de semoule, de cristaux ou encore en barre. Les produits de l’érable sont une des fiertés des Canadiens et leur cuisine sait la mettre en valeur. Regardez cette vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=hmY2vgzXx_U

   Au Québec, on a presque tous un parent ou un ami, ou l’ami d’un parent, ou l’ami d’un ami qui posséde une cabane à sucre. C’est l’endroit pour fraterniser, c’est un lieu de réjouissance. On y mange et, pour les plus grandes, on y danse et on fait la fête. A la cabane à sucre, on mange, on prend des kilos, on oublie tout l’exercice qu’il faudra pour éliminer ces calories si délicieuses . C’est si bon ! Ecoutez nos chansons très gaies à propos des cabanes : http://www.youtube.com/watch?v=Oa04leoKajM , http://www.youtube.com/watch?v=5d4RRfMtsvg

                                                         

                                                           

  Voici le menu offert à la cabane à sucre :   soupe aux pois, pain de ménage, fèves au lard,  crêtons, betteraves et concombres marinés, omelette, oeufs pochés cuits dans le sirop bouillant, jambon, grillades de lard (connues sous le nom de « oreilles de crisse »), pouding au chômeur, tarte au sucre d’érable, crêpes, café, thé, lait, bière, caribou (alcool populaire d’hiver)

 

 

   C’est bizarre comme nom « oreille de crisse », mais j’ai cherché la source de ce nom bizarre des grillardes au lard. Serait-ce un juron québécois ? J’ai trouvé deux réponses et voici ma préférée : ce sont des croustilles qui ont quelque peu la forme recourbée de l’oreille et qui craquent sous la dent, ou plutôt qui crissent sous la dent. Elles faisaient parties du guide alimentaire de nos pionniers ou coureurs des bois québécois. L’autre réponse, je vous la laisse chercher … Mais je vous donne la recette de ces « oreilles » :

Ingrédients : Il faut du lard salé avec la couenne et de l’eau.

    On coupe le lard salé en tranche d’environ 1,5 cm par 8 cm. On le fait blanchir dans l’eau pendant 5 minutes. On l’égoutte. On met les tranches dans une poële et on fait cuire au four à 180 ° C jusqu’à ce que les tranches soient croustillantes. Pendant la cuisson, on les retourne régulièrement pour qu’elles cuisent uniformément. Quand elles sont dorées, on les égoutte sur un papier absorbant . Et on les grignote.

     A la sucrerie, on peut se promener, faire un tour de traîneau tiré par des chevaux. Les enfants courent et jouent. A la fin du repas, c’est la dégustation de la tire sur la neige. Cela fait partie des traditions !  Quand le cuisinier arrive avec son sirop d’érable bouillant, on se regroupe autour d’une table en bois sur laquelle est étendue une neige propre. Le cuisinier y verse une traînée de sirop chaud, qui, au contact de cette neige, durcit et devient de la tire d’érable. Avec un bâtonnet, on pique ce délicieux bonbon qui se forme, et on l’enroule autour du bâtonnet. C’est un gros suçon couleur ambrée de tire glacée. Délicieux pour la langue, le goût, mais dangereux pour les dents, car c’est très sucré.

                                                           

                                                           

       Pour terminer j’aimerais vous montrer un sketche des « Têtes à claques » à propos des cabanes à sucre : http://www.youtube.com/watch?v=X557hikUcpk . Vous verrez, c’est très amusant ! Ces marionnettes ont été créees par Michel Beaudet. Vous avez une explication de ce phénomène comique canadien à http://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%AAtes_%C3%A0_claques   et leur créateur présente ces marionnettes à http://www.dailymotion.com/video/x2bgem_tetes-a-claques-interview-du-create 

          Ce texte a été écrit à partir d’un texte, de photos, de références de vidéo envoyés par notre amie Jocelyne du Québec. Je la remercie pour son dévouement. Merci beaucoup à sa fille Ariane car la plupart des photos de ce billet ont été faites par « cette gentille photographe ».

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Enlève tes charentaises, et va voir les thèses en chars !

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       Est-ce que vous êtes pantouflard ? Vous ne pouvez pas répondre parce que vous ne savez pas ce que ça veut dire, c’est cela ? Eh bien, être « pantouflard », c’est se sentir tellement confortable dans ses pantoufles que l’on se plaît à ne pas quitter son chez-soi, bref, c’est être casanier.

      Je vis à Limoges et cette ville était autrefois très connue, non seulement pour sa porcelaine (c’est encore le cas, heureusement !) mais aussi pour la fabrication de chaussures. Il y avait, dans mon enfance, à l’emplacement actuel du centre commercial appelé « Centre Saint Martial« , une grande usine de chaussures : l’entreprise Heyraud. Vous lirez l’histoire de cette entreprise dans cet article : http://www.heyraud.fr/historique . Il eut parfois des conflits  sociaux au sein de cette fabrique comme le montre la photo ci-dessous

                                                               

       Beaucoup de Limougeauds étaient cordonniers c’est-à-dire réparateurs de chaussures. Il y avait peu de temps que les gens de la campagnes ne portaient plus en permanence leurs sabots et alternaient souliers et charentaises. Ces pantoufles, créées à partir de rebuts de feutres, doivent leur nom au fait d’être sorties d’une usine installée en Charente.

                                                                   

        L’expression « Etre dans ses petits souliers » signifie être embarrassé. Vous le n’êtes pas ! Vous voulez même, peut-être, « trouver chaussure à votre pied » , c’est-à-dire avoir sous la main la personne ou la chose qui vous convient exactement. Eh bien, je vous propose de ne pas du tout être pantouflard et de partir avec moi au Luxembourg pour assister à un défilé de chars pas ordinaire.

                                                           

                                                           

               Il y a trois langues officielles dans ce duché : le luxembourgeois, le français et l’allemand.  La capitale est Luxembourg. Aujourd’hui, nous nous intéresserons à Esch-sur-Alzette qui est la seconde ville du pays avec 27 244 habitants.

                                                             

                Hier, dimanche, donc le 15 mars, il y avait la cavalcade à Esch mais n’imaginez surtout pas que je vais encore vous parler de « grosses têtes », de sa majesté Carnaval, des reines, etc. Il y avait bien la fête mais elle avait un esprit particulier : elle était porteuse de messages, je dirais presque de thèses ! Bien sûr, les confetti, les traditionnelles majorettes et  la bière très appréciée dans les pays du Nord étaient de la partie.

                                                             

                                                                            

                                                            

                                                           

        Mais, ce qui se dégageait de tout cela, c’était plutôt une certaine philosophie, celle qui consiste à faire cohabiter l’esprit festif et une prise de conscience citoyenne.  Qu’est-ce que cela signifie ? Eh bien, par exemple,  même dans le cadre d’un divertissement, on peut aborder le thème de l‘écologie, du développement durable, du tri sélectif. Jugez -vous-même ! Pas de mise en scène à la manière du « showbiz », pas de surenchère pour épater la galerie. Les chars sont « faits maison » avec des moyens très réduits. Il suffit d’un peu d’ingéniosité et non seulement  celui qui défile  est original mais il attire aussi l’attention du public sur des problèmes sociaux d’actualité.

                                                        

                                                       

            

                                                      

                                                      

   La calvalcade est aussi un prêtexte pour rappeler les grandes causes nationales : ligue contre le cancer, société protectrice des animaux, etc. Dans l’assistance, on notait la présence de nombreux handicapés moteurs ou cérébraux.  Il y avait beaucoup de personnes en fauteuil roulant et ils étaient le centre de toutes les attentions pour leur offrir des bonbons, des stylos, des paquets de popcorn, des casquettes, etc.

                                              

     Chacun fraternise. Le « cow-boy » n’est plus l’ennemi de l’Indien. Dans la rue défile un monde idéal où chacun se sent bien et communique avec les autres. Les paysans luxembourgeois ont accepté bien volontiers de prêter leurs tracteurs dont ils se servaient pour leurs cultures pour que, bien nettoyés et « bichonnés », ces engins tirent les chars. C’est cela la solidarité !

                                         

                                        

                                       

          Puisqu’il faut être modeste et en même temps valoriser ce que l’on posséde, inutile d’inviter des personnalités sportives pour animer le spectacle.  Le club local de gymnastique et de trampoline s’est chargé des animations. Regardez-plutôt ces acrobaties !

                                        

                                       

                                        

        Puisque j’ai commencé cet article avec des jeux de mots basés sur des sonorités proches, je le terminerai de la même manière en disant qu’au Luxembourg, la bourrade ( petit coup brusque donné comme marque d’amitié) n’est pas un luxe mais une tradition et que les Luxembourgeois ne sont ni des bourgeois ni des amateurs de luxe !

      J’ai rédigé ce billet sur la base d’un reportage-photo de la cavalcade d’Esch que m’a adressé Marie-Annick, l’enseignante qui était déjà à l’orgine du texte sur les lampions. Je la remercie beaucoup.

 

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A Uppsala, sur les bancs de l’école avec Gunnel

Grands événements au lycée, Langues, Métier, Pédagogie, Société, Sport 3 commentaires

     

 

 

Je m’appelle Gunnel, je suis professeur de Français Langue Etrangère en Suède. Je vis à Uppsala qui se trouve dans la province de Uppland . Je vais contribuer à présenter le système scolaire de mon pays.

  Le système scolaire suédois  offre un tronc commun à tous les élèves jusqu’à l’âge de 16 ans et une spécialisation assez poussée à partir du secondaire. A leur entrée au « Gymnasium », les élèves choisissent une filière parmi  23 propositions qui n’ont pas de hiérarchie entre elles. La religion est une matière qui est obligatoire pour tout le monde dans tous les collèges. Quand j’étais enfant, on appelait les cours de religion « christianisme » mais maintenant on dit « religion » à cause des immigrés. Le nombre d’écoles privées est en augmentation ces dernières années mais elles enseignent les mêmes matières que les écoles communales.

   A la sortie du « Gymnasium ». Les élèves obtiennent un diplôme, sur la base du travail effectué pendant les deux dernières années de scolarité. Les élèves ne sont pas notés avant le semestre de printemps de la huitième année de l’école de base c’est-à-dire 14 ans. A partir de 15 ans, ils n’obtiennent de notes dans une matière qu’après avoir suivi un minimum de 60 heures de cours dans cette matière. En fait, les élèves suivent des cours pendant trois années et si un cours se termine après quatre mois on saura la note tout de suite mais elle sera écrite sur le diplôme après les trois années d’études. Le dernier examen  véritable date de 1968 et, en ce qui me concerne, j’ai passé le bac en 1967. En suédois, on peut traduire « bac » par   »studentexamen « 

    L’année est divisée en deux semestres. « Höstermin » (semestre d’automne) et « Vartermin » (semestre de printemps). Les cours ont lieu du lundi au vendredi. Ils débutent à 8H40 et s’achèvent vers 16H00. Les emplois du temps sont très variables. Ils dépendent de la filière et des matières choisies.  Par exemple, les leçons de Sävjaskolan commencent à 8H30 et se terminent à 15H sauf le vendredi quand on termine à 14h30. A Stavby Skola , on commence à 8h (à cause des cars de ramassage scolaire). Au « Gymnasium », une structure de base est tout de même proposée à la grande majorité des élèves (suédois, maths, anglais, histoire, instruction civique, théologie). En théorie, tous les élèves d’origine étrangère (enfants d’immigrés) doivent avoir la possibilité d’étudier leur langue d’origine. Il existe une école spéciale qui s’appelle   » Komvux » (« vuxen « signifie « adulte »). Chaque adulte (c’est-à-dire de plus de 19 ans) qui n’a pas réussi à obtenir une note lui permettant d’être admis dans une matière telle que le suédois, l’anglais ou les mathématiques, peut continuer ses études .

 

       Un professeur suédois peut voir dans un journal quotidien ou un magazine spécial pour les enseignants s’il y a un emploi qui l’intéresse. Il envoie un CV (curriculum vitae) et après c’est le directeur de l’école qui décide si on est intéressant ou pas (c’est-à-dire quand il y a plusieurs personnes qui ont travaillé le même nombre d’années). Le plein temps d’un enseignant est 17 heures de travail par semaine. Mais, en plus, il faut rester à l’école pour être accessible si les élèves ont besoin d’aide, pour un remplacement si un collègue est malade, ou pour préparer les leçons  et cela représente  environ 19 heures. C’est le directeur de l’établissement  qui  décide d’ augmenter le salaire (s’il y a de l’argent…). Les professeurs de lycées gagnent plus et les maîtresses moins  et   je trouve cela injuste.

    Il n’y a pas l’équivalent d’un Centre de Documentation et d’Information en Suède. Je travaille dans deux écoles : 1) « Sävjaskolan » qui est un collège avec 17 classes et environ 400 élèves. Il est situé à 7 kilomètres du centre d’Uppsala. Nous avons une salle avec 30 ordinateurs et il y a aussi une bibliothèque dans une partie du collège. Cette bibliothèque est ouverte  du lundi au vendredi entre 9h-12h pour les élèves et les professeurs et les après-midi pour tout le monde.
          2) L’autre petit collège « Stavby skola » ,dans la campagne, à 25 kilomètres de la ville, a sept classes et seulement cinq ordinateurs dans une salle de classe et pas de bibliothèque

 

      Si vous voulez vous documenter plus sur notre système scolaire, vous pouvez consulter :

  http://www.skolverket.se/sb/d/376;jsessionid=95834F4F572DDDA6B82B4E95755824D7

http://societesnordiques.wordpress.com/2008/01/06/generalites-sur-le-systeme-scolaire-suedois/

http://www.onisep.fr/onisep-portail/portal/media-type/html/group/gp/page/interieur.espace.listeDocs/js_peid/InitInterieurEspaceListeDocs/js_peid/ListeDocs

http://www.sweden.gov.se/sb/d/2098 (en anglais)

 

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Allez, à table, la soupe est servie !

Animations culturelles, Gastronomie, Humour, Pays, Pédagogie, Société, Sport 6 commentaires

      Etes-vous des « fidèles » de l’ancien « Dakar » qui maintenant traverse l’Argentine et le Chili ? Je ne m’intéresse pas outre-mesure aux courses de motos, surtout lorsqu’elles traversent ce qui est normalement « un désert » mais que « la civilisation » juge utile « d’exploiter » pour des raisons à la fois techniques et commerciales. Nos amis argentins, étant en vacances d’été, n’ont pas pu donner leurs sentiments sur ce choix. Peut-être le feront-ils à leur reprise de cours. La randonnée s’est terminée le samedi 18 janvier après un parcours en boucle dont la carte ci-dessous indique le parcours.

        La semaine dernière, un terme employé par le journaliste pour commenter cette course a attiré mon attention : « poireau« . Dans le jargon de ce sport, cela veut dire « un motard qui n’est pas sûr de lui, assez novice ». Ah, c’est certain, ce « poireau » n’est pas une « grosse légume » et il va se faire carotter sa place et faire chou blanc au niveau des résultats. Ce motard va être responsable du navet que va devenir le reportage sportif.

        Alors, amis lecteurs, vous l’aurez compris, avec tout ce vocabulaire, on finit par ne plus parler de « la course » mais « des courses« , celles que vous faîtes au supermarché ! J’espère qu’avec tout cela, vous n’en aurez pas soupé des informations sur « le Dakar ». Voici d’ailleurs le site officiel : http://www.dakar.com  Que dire de plus sinon « Bons vents  » (surtout à « Buenos Aires »)  aux pilotes !

      Quant à la soupe, que vous ferez après avoir fait vos courses, avec ce poireau, cette carotte, ce chou et les autres légumes, je vous invite à la déguster tout en regardant cette petite vidéo :  http://www.tv5.org/TV5Site/lf/merci_professeur.php?id=2699&id_cat= . Vous y apprendez toutes sortes d’expressions contenant le mot « soupe » et j’espère que cela renforcera votre soif de savoir, surtout en buvant le bouillon (l’expression est à prendre au propre car je ne vous souhaite ni d’avaler de l’eau en nageant ni d’essuyer un échec financier en ces temps de crises boursières). Je vous conseille toutefois d’éviter 11 heures pour vous désaltérer avec ce potage car, à ce moment précis, il pourrait être mortel.

 

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Noël aux tisons : au Québec avec Jocelyne

Animations culturelles, Gastronomie, Grands événements au lycée, Langues, Métier, Pays, Pédagogie, Société, Sport 6 commentaires

      Je demeure au Canada, plus précisément dans la province de Québec.  Cette province est située à l’est du Canada.  Le Québec occupe un vaste territoire dans mon pays le Canada, et il occupe le deuxième rang en population dans ce pays. La majorité des Québécois sont de langue maternelle française, cependant les habitants des autres provinces du Canada  sont majoritairement de langue anglaise.

        Depuis le mois de novembre, chacun à sa façon,  nous nous préparons pour le temps des Fêtes : Noël ou le Jour de l’An. Lequel est le plus fêté ?  Je ne saurais vous dire.   Mais nous sommes excités et fébriles, car pendant cette période de l’année, c’est congé, relâche, repos et aussi réjouissances et dépenses.  Les étudiants seront en vacances quelques jours avant Noël et reprendront les classes vers le 7 janvier. 

      L’hiver au Canada, c’est le froid, la glace, la neige, et de magnifiques paysages blancs.  Les Canadiens pendant cette saison se réunissent avec la famille et les amis pour pratiquer leurs sports préférés : le ski, le patinage à la patinoire du quartier ou sur la rivière gelée, les glissades en luge avec la famille, ou s’organiser une joute de hockey sur la patinoire du quartier.  Bien sûr, les plus frileux s’envolent vers les pays chauds, pour fuir ce froid qui nous colle les narines ensemble, et se remonter le moral, car pour certains Québécois et Canadiens, l’hiver signifie désagréments et déprime.

     Ce matin, les étudiants espéraient un petit congé imprévu, car une première tempête de neige nous est tombée dessus.  Alors, ce matin on guettait le message qui nous indiquerait que l’école était fermée, que les routes étaient enneigées et impraticables et que les autobus scolaires ne circulaient pas.  Et non ! déception pour l’étudiant, le message n’est pas arrivé, donc :   Québécois, à vos pelles ! les écoles sont ouvertes….  Et oui, si on veut sortir notre véhicule automobile de la cour, il faut dégager la voie.

      Depuis novembre et jusqu’aux premières semaines de janvier, plusieurs maisons, boutiques, et bâtisses commerciales, sont décorées et illuminées, à l’intérieur et à l’extérieur. C’est si agréable de se promener dans les rues et d’admirer toutes ces lumières multicolores. Les gens aiment décorer leur maison et les illuminer pour le temps des fêtes.  Certaines décorations sont assez sobres, les gens installent une série de lumières au balcon, ou garnissent les arbres dans la cour avec rubans et lumières multicolores, on retrouve aussi des couronnes de Noël accrochées aux portes, des étoiles ou chandelles aux fenêtres, des silhouettes du Père Noël, du Petit renne au nez rouge, ou tout ce qui nous rappelle ce « Joyeux Temps des Fêtes ».  Il y a des gens qui ne prennent que quelques heures pour faire leur décoration, mais pour d’autres c’est un travail et un plaisir qui durent plusieurs jours.  Voici des photos prises à Wickham, municipalité située à quelques minutes de Drummondville, sur la rue principale qui traverse ce village.  D’année en année, les propriétaires en ajoutent, et les passants s’arrêtent pour admirer tout ce jeu de lumières et prendre des photos. 

     

 Il existe, au Trait  Carré  de Charlesbourg, une animation particulière pour la période de Noël : des expositions extérieures de crèches, des concerts de Noël au presbytère, ainsi que des marches dans la nuit. Vous pourrez en savoir plus grâce à http://www.noelautraitcarre.org/programmation.aspx .

      A Drummondville où j’habite, nous avons le village québécois d’antan qui est ouvert aux visiteurs et tout illuminé pendant la période des fêtes. L’un des beaux endroits à visiter à Drummondville est le Village Québécois d’Antan, situé en bordure de la rivière St-François.  Ce village incluant une ferme d’époque, reconstitue la vie de nos ancêtres québécois du XIXe siècle, avec son magasin général, son bureau de poste, l’école du canton, l’église, la boutique de l’apothicaire et bien d’autres.  Pendant l’été, les coutumes de nos ancêtres y revivent et tout le village s’anime, car des participants, en costumes d’époque, s’y installent et présentent les métiers traditionnels du XIXe siècle au Québec, avec le parler et l’accent de nos ancêtres. Ces habitants accueillent les visiteurs dans leurs maisons, pour leur montrer la fabrication du pain, du fromage, le filage de la laine, le tricotage, la fabrication des chandelles ou du savon du pays, avec des outils du temps de nos ancêtres.  Ils y pratiquent toutes les anciennes techniques qu’utilisaient le forgeron, le boulanger, le menuisier, le cordonnier, et autres métiers de ce temps. Il y a même le maire du village en campagne électorale, le notaire qui offre de rédiger notre contrat de mariage ou le curé qui veut nous confesse, et l’on peut y déguster un menu typique de l’ancêtre québécois. Pendant l’hiver, dans la période de Noël et du Jour de l’An, le village revit, et toutes les maisons y sont décorées de lumières multicolores, c’est très joli.  Un menu traditionnel du Noël d’Antan y est servi : caribou, cretons grands-mères, dinde en sauce, et la bûche de Noël.  Pour bien digérer le tout, une musique de Noël et une marche en famille dans les sentiers de ce village pour admirer le charme de cette époque.  Tout ce beau décor et cette ambiance nous transportent dans un autre siècle.

 

            Et il y a les marchés de Noël, en particulier celui au Vieux-Port où décorations et musiques natales mettent l’ambiance. Et il y a des animations dans les bibliothèques de Québec, avec des contes, des expositions de crèches de plusieurs pays et faites de matériaux divers. Imaginez, certaines sont faites en peaux de bananes ! Voici un petit aperçu du programme proposé par nos bibliothèques : http://www.bibliothequesdequebec.qc.ca/accueil/dep_noel08.pdf  Pour encore plus nous faire rêver le Palais Montcalm proposera, le 21 décembre, un spectacle sur différents noëls en Europe : http://palaismontcalm.ca/programmation/strada-332

      La fête de Noël est une occasion pour les familles de se regrouper et le Jour de l’An on se réunit avec des amis pour festoyer et accueillir cette Nouvelle Année.  Ce sont des fêtes de gourmandise, car c’est l’occasion pour cuisiner les mets traditionnels du Québec ou pour les plus raisonnables, offrir à leurs invités un menu faible en calories et déroger à cette tradition d’abondance. Donc, si on a fait des abus de tables et pris des kilos en trop, la résolution du Nouvel An sera :  la diète et l’exercice physique pour les prochains mois, car c’est coutume de prendre des bonnes résolutions en cette première journée de l’Année.  À partir du Jour de l’An, les Québécois se visitent pour s’échanger des vœux de « Bonne santé tout au long de l’année », « Succès dans tes études » ou bien pour les jeunes couples «Un mariage ou un bébé avant la fin de l’année. ».

     Le traditionnel sapin de Noël trône toujours dans nos salons.  Certains vont le choisir chez des  marchands ambulants qui s’installent à certains endroits de la ville pour vendre leurs sapins, d’autres vont le couper directement dans les bois, et d’autres préfèrent un sapin artificiel.  Le sapin sera garni de boules brillantes, de petits ornements, de lumières et de guirlandes, et toute sa préparation et sa décoration réunissent les membres de la famille, du petit au plus grand.  On peut admirer, à Montréal, dans la maison où vécut l’historien François-Xavier Garneau, un magnifique sapin de Noël décoré à la manière du 18 ème siècle.

     La coutume d’envoyer des cartes de Noël a cessé d’année en année. Il y a 20 ans, parents et amis s’envoyaient des cartes de Noël.  On pouvait décorer la maison en suspendant toutes ces belles cartes.  Aujourd’hui, on les envoie à nos parents et amis lointains.

     Depuis une dizaine d’années, Noël a perdu son esprit religieux, les gens sont moins pratiquants, les églises ne se remplissent plus autant.  Pour certains, cette messe de minuit, sera leur messe annuelle, car ils n’y vont qu’une fois par année et ils sont choyés pour cette messe, car ils ont droit aux chants traditionnels de la chorale paroissiale accompagnée de l’orgue de l’église.  Après la messe de minuit, c’est le Réveillon, alors on se rassemble tous chez un ou chez l’autre pour échanger des cadeaux, et déguster ce Menu de Noël.  Il est certain que la tourtière est au menu, la dinde également, et pour dessert une belle bûche au chocolat.   Les mamans ont fait du sucre à la crème, du fudge, des beignets, des tartes.  Miam miam … c’est délicieux et très sucré.

Pour ceux qui aiment les expériences culinaires, il y a le site http://www.recettes.qc.ca/ et je vous conseille en particulier d’essayer la tourtière de porc. C’est celle que je vais faire. Laissez-vous aussi tenter par les beignes de Noël, le sapin en pains d’épice et le punch de Noël au Chablis.

 

 

          

    Les Canadiens aiment fêter, mais sont prudents, car chez nous, il existe l’Opération Nez Rouge.  Cette opération revient annuellement pendant la période des Fêtes, elle nécessite plusieurs bénévoles qui sont formés pour faire de la prévention en visitant les restaurants, bars et salles de réception.  Un numéro de téléphone est distribué partout dans la ville, et une équipe de 3 bénévoles Nez rouge rejoindra le conducteur qui a consommé de l’alcool.  Cette équipe raccompagne gratuitement le demandeur à l’endroit de son choix, à bord de son véhicule, ainsi le citoyen n’a aucune raison de conduire en état d’ébriété.  C’est une bonne façon de sauver sa vie et celle des autres.

Je vous souhaite de Joyeuses Fêtes !

Jocelyne

           Merci  Jocelyne pour cet article plein d’humour . Il y a aussi quasiment un an que Jocelyne contribue à l’animation des blogs de notre lycée. Merci pour ces belles photos et toutes ces précisions sur Drummondville et sur toutes les animations dans « La Belle Province » en ces jours de fêtes. Que 2009 conserve notre sincère amitié et permette la rédaction d’autres articles sur le Québec.

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Qui sont-elles ?

Gastronomie, Grands événements au lycée, Littérature, Métier, Pays, Pédagogie, Sport 13 commentaires

     Il y a déjà plusieurs mois que je vous parle de nos contacts aux Etats-Unis. Vous lisez régulièrement des commentaires d’élèves de l’Ohio, de la Géorgie et du Massachussetts laissés sous les articles de ce blog. Peut-être même allez-vous sur les espaces virtuels de Debra Watzman, Mary-Lou Wiesendanger ou bien visitez-vous la page d’accueil du lycée dans lequel travaille Kelly Duval . Il n’empêche que, sans dévoiler leurs « secrets », vous aimeriez bien en savoir un peu plus sur ces trois enseignantes américaines. Elles ont accepté de me donner quelques éléments biographiques et ont donné leur accord de publication.

   Commençons par Debra Watzman qui m’a rendu visite l’été dernier . Vous savez, c’est elle qui gère http://lewebpedagogique.com/notreprof/ . Elle est née à South Bend en Indiana, mais, comme la plupart des Américains, elle a beaucoup déménagé habitant tour à tour le Michigan, le Texas, la Virginie. Maintenant elle vit à Canton, en Ohio.  Ses études se sont malgré déroulées en Indiana. Vers l’âge de 10 ans, elle a pris  conscience du fait qu’elle était très attirée par l’étude des langues étrangères. Peut-être faut-il y voir l’influence de son grand-père qui s’exprimait en allemand car il avait fui la Prusse de Bismarck pour trouver refuge aux Etats-Unis. A l’étude de la langue de Goethe, Debra ajoute le russe, l’hébreu et bien entendu le français. A l’âge de 16 ans, elle participe à un échange scolaire qui lui permet de découvrir la Bretagne. Elle étudie aussi la comptabilité et la pédagogie

                         

             Cependant elle n’est pas devenue directement enseignante, elle a d’abord été traductrice dans une usine qui fabriquait des kits électroniques, des stéréos, des radios, des oscilloscopes, des téléviseurs, etc . Son travail consistait à traduire les fiches de montage de l’anglais au français car ces kits étaient vendus dans le monde entier y compris les pays francophones.  Elle a également était comptable à mi-temps tandis que ses fils étaient petits. Il y a maintenant 14 ans qu’elle enseigne le Français Langue Etrangère.

       Debra adore voyager. Elle a parcouru tous les Etats-Unis, visité le Québec plusieurs fois et fait des croisières qui lui ont fait découvrir les Caraïbes et le Mexique.  Elle connait l’Europe : Angleterre, Pays-Bas, Allemagne, Autriche, Suisse et Italie. Durant l’été 2008 elle a assisté à un congrès de professeurs de FLE en Belgique. Mais c’est la France qui lui tient le plus à coeur.

      Ces autres passions sont la lecture, les photos et les relations humaines.

       Laissons maintenant la parole à l’animatrice de http://lewebpedagogique.com/wiesendanger/ : 

 » Je m’appelle Mary-Lou Wiesendanger et je suis une des professeurs de français à  Centennial High School.  J’enseigne le français depuis 12 ans.  Avant d’enseigner le français j’ai fait mes études dans l’hôtellerie à une école hôtelière suisse et j’ai travaillé dans la restauration pendant douze ans.   J’ai appris le français en Belgique donc mes élèves apprennent « septante » et « nonante » non « soixante-dix » et « quatre-vingt-dix ».  Je ne suis pas belge mais américaine du côté de ma mère et suisse du côté de mon père.  Et, je suis née au Japon.  J’ai beaucoup voyagé ! J’ai voyagé à travers l’Europe particulièrement en Suisse.  Maintenant que j’habite aux Etats-Unis je fais de la plongée aux Caraïbes alors j’ai visité Bonaire, Bermuda, Barbade, les îles Turques- et -Caïques, et le Belize.  Je ne sais pas pourquoi mais j’atterris toujours dans des pays dont le nom commencent par un « B » !  L’année passé, j’ai visité et fait de la plongée aux îles Fiji et aux Iles Salomon. Bien que j’aime le français ma passion est la plongée.  Je le fais le plus souvent possible. « 

 

 

     Il y a une troisième intervante sur nos blogs. Kelly Duval n’en a pas elle-même par faute de temps mais elle a tout de suite été séduite par l’utilisation pédagogique de ce moyen de communication. Ses élèves consultent attentivement tous les blogs qui ont créé un partenariat et choisissent dans chacun un article en particulier pour y indiquer leurs opinions sur le sujet. Mais, laissons Kelly s’exprimer elle-même :

     »  Je suis née et j’ai grandi à Pittsfield, Massachusetts (dans les « Berkshires »). Ensuite, j’ai étudié le français à l’université à Siena College près d’Albany, New York. J’ai passé ma troisième année d’études universitaires à Montpellier, où j’ai suivi des cours à l’Université Paul Valéry. J’y suis restée après être tombée amoureuse de la France. Au niveau du style de vie, je n’avais jamais été si heureuse. Je suis enfin retournée à Siena pour finir mon diplôme. Après, j’ai travaillé pendant six ans comme assistante d’avocat à Pittsfield (un poste que j’ai obtenu à cause de mon français!). Puis une ancienne prof de mon ancien lycée – Taconic High School – m’a demandé d’enseigner le français là-bas. J’y suis toujours, douze ans plus tard. Entre temps j’ai obtenu ma maîtrise en éducation de Massachusetts College of Liberal Arts. J’enseigne tous les niveaux de français à Taconic, et aussi un cours de débutants au collège. Malheureusement, je n’ai pas beaucoup voyagé ailleurs. Seulement un peu à Montréal, au Porto Rico (je parle un tout petit peu d’espagnol), et aux États-Unis   en Nouvelle Angleterre, en New York, dans l’Etat de Washington, à Disney World, et à San Diego. Quand je ne travaille pas, j’aime lire des romans, regarder des films, bien manger, et surtout passer du temps avec ma famille.  Je suis ravie de faire partie de ce réseau de blogs scolaires. « 

 

        

     Nos trois amies se sont présentées, non seulement pour mieux les connaître mais aussi pour qu’éventuellement les élèves qui liront cet article fassent une réflexion sur leur orientation scolaire et professionnelle, qu’ils en mesurent l’importance. Une Conseillère d’Orientation Psychologue peut les recevoir, sur rendez-vous, le jeudi. Elle peut les aider à définir leurs goûts et voir avec eux les métiers qui les attirent, définir les critères de réussite, etc. Le CDI est également équipé d’un kiosque ONISEP dont les documents sont consultables et les ordinateurs ont le logiciel appelé L’atlas des formations.

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