Saga Africa : ambiance de la brousse

Animations culturelles, Animaux, Cinéma, Collection, Gastronomie, Grands événements au lycée, Langues, Pays, Pédagogie, Personnages, Santé, Société, Sport 3 commentaires

    Eh oui, le titre de ce billet vous fera penser à la chanson de Yannick Noah, cependant je ne vais pas vous parler du Cameroun où est né son père mais de l’Afrique du Sud. Le terme « saga » convient pourtant pleinement car il s’agira bien de vous raconter l’histoire de l’Afrique du Sud à travers le récit qu’en a fait Daleen à nos élèves, le lundi 4 octobre 2010.

Pour faciliter le questionnement des élèves de la Classe Européenne qui étaient les premiers à recevoir Daleen, un décor de circonstance a été mis en place : drapeaux sud-africains et revues en français et en anglais parlant de l’Afrique du Sud. Cette ambiance a transporté chacun de la salle de l’hôtel d’application du lycée Jean Monnet à Bloemfontein d’où venait notre invitée.

Et alors très vite les langues se sont déliées et une conversation, en anglais, s’est engagée.  Tout d’abord il s’agissait de savoir d’où était exactement originaire l’intervenante. Et la réponse a été très poétique puisque Daleen a expliqué que « Bloemfontein » signifiait textuellement « fleur-fontaine ».  Puis les élèves ont voulu connaître le nombre d’habitants qui peuplent l’Afrique Du Sud et quel temps il faisait actuellement là-bas. Leur professeur d’hébergement  guidait pour la prise de notes et bientôt le tableau blanc a été rempli.

 

                                                       

                              

                         

                                                                        

   Les questions des élèves ont d’abord porté sur le sport en Afrique du Sud car chacun avait encore en tête la Coupe du Monde 2010.  Nous disons « football » mais le terme local est « soccer ». Daleen a bien sûr mentionné les « Bafana Bafana » dont le nom signifie textuellement « Garçon, Garçon ».  Ils sont célèbres avec leurs maillots aux dominantes jaunes et vertes. Le second sport national est le rugby. L’équipe se nomme « Les Springboks ». Ce terme veut dire « antilopes ».  Il y a un célèbre stade de rugby à Bloemfontein.

                                                             

                                                             

                                                            

                 Le sport a joué un grand rôle dans la fin de l’apartheid. Cette ségrégation raciale reposait sur la suprématie de l’homme blanc. Les premiers colons sont en effet des Européens et plus particulièrement des Néerlandais. Les influences européennes se notent  encore au niveau de la gastronomie. C’est ainsi que le petit déjeuner sud-africain est en fait un « breakfast » à la manière anglaise, les fromages sont surtout hollandais tels le Gouda et l‘Edam, la bière est très appréciée et rappelle l’Allemagne (la plus bue est la « Castle lager »).

                                                            

                                                            

                                                              
       Mais on note aussi une influence indienne avec de nombreuses sauces à base de curry. Le plat traditionnel est le « sosatie » qui consiste en des brochettes de porc et d’agneau marinées dans un sauce au curry. En raison du climat la cuisson au barbecue (braaivleis) est très utilisée.

           L’influence malaisienne  se note aussi. Le « bobotie »est en fait originaire de Java. Il s’agit d’un mélange de viande hachée, d’oeufs, de lait, de curry, de curcima, oignons, de laurier, d’ail, de chutney de fruits , de jus de citron et de pain de mie.  Le civet de koudou ( sorte d’antilope), le steak d’autruche ou encore le snoek (poisson blanc de taille moyenne que l’on pêche au large du Cap) sont souvent proposés aux menus des restaurants locaux.

                              

                    Les liens avec la France se retrouve aussi au niveau des boissons. En effet beaucoup de huguenots français sont venus s’installer en Afrique du Sud en 1688, fuyant ainsi la religion d’Etat catholique.  A Franschhoek, village d’Afrique du Sud situé à une cinquantantaine de kilomètres de la ville du Cap  et dont le nom, en afrikaans, signifie littéralement « le coin des Français », on trouve le quartier français et certains panneaux gardent la trace de la présence française.

                                                                     

          Les cépages du Cap donnent des vins blancs comme des vins rouges. On trouve donc le Sauvignon, du Riesling et le Merlot. La légende dit même que Napoléon 1er buvait chaque jour une bouteille de Muscat issu, depuis le XVIIIème siècle, du vignoble de Constantia , près du Cap. Il y a même du « vin effervescent » qui est localement appelé « Champagne Cap Classic« . La liqueur la plus célèbre d’Afrique du Sud  est « Amurala » ou « crème de marula« . Elle est obtenue à partir des fruits verts  du marula qui appartient à la famille des anacardiacées au même titre que le manguier ou le pistachier. Mais la boisson la plus populaire est « le thé rouge » que l’on nomme en fait « Rooibos Bush« 

                                                                  

                                                                  

                      On peut noter que les propriétés de ce « Rooibos Bush » sont aussi utilisées en cosmétique avec la fabrication de savon et de crèmes hydratantes et adoucissantes.

                                            

              Cette diversité d’influence explique que l’on compte environ onze langues parlées dans le pays : zoulou, sotho, venda, tswana, xhosa, afrikaans, anglais, etc.  Il faut rappeler que les émeutes de Soweto en 1976 avaient pour origine que l’enseignement ne se faisait qu’en afrikaans dans un pays. C’est surtout avec les classes de 2BH et de  CAP APR et SH que Daleen a rencontrées ce même jour (en plus donc des 1BPF qui ont fait leur propre compte-rendu dans le billet précédent) que l’aspect social de l’Afrique du Sud a été développé.  Avec les 2BH, la conversation s’est prolongée en anglais et en français pour l’autre classe. Eh oui, il faut noter que notre invitée maîtrise bien notre langue.

                                    

                           

                      

                          

                      

        

 

                                                             

                                                            

                 Durant les questionnements, les élèves ont appris que la monnaie d’Afrique du Sud est le « rand » et que les prix-indexés sur le niveau de vie sud-africain-sont généralement inférieurs de 30% à ceux pratiqués en Europe.  Un euro vaut environ 11 rands. Les richesses du sol en or, platine et diamants   ont attiré les convoitises des colonisateurs européens. L’économie sud-africaine se développe et est même la plus puissante du continent africain. Ceci explique le développement assez rapide  de l’infrastructure surtout dans la perspective d’accueillir la Coupe du Monde de Football en 2010. Cependant, malgré la disparition de l’apartheid grâce aux implications de Frederik de Klerk, Nelson Mandela et Desmond Mpilo Tutu  et malgré les années qui passent quelques difficultés persistent dans la mise en place d’une société  égalitaire. Cependant une nation arc-en ciel a succédé à la domination des Blancs et le pays s’est dirigé vers la démocratie. « La discrimination positive » essaie de pallier les abus commis à l’époque de l’apartheid. Ces notions ont fortement intéressé les élèves de CAP APR et SH dont le programme scolaire prévoit la création d’un dossier sur « les inégalités sociales dans le monde et même plus précisément à l’intérieur d’un pays« . En plus un certain nombre d’élèves de ces deux classes sont elles-mêmes originaires d’Afrique et elles ont bien sûr mis très vite ceci en relation avec des propositions actuelles, en France, de rédiger un curriculum vitae quasi anonyme pour éviter un recrutement seulement en fonction de l’apparence ou bien de la consonnance du nom de famille.

                                                                            

                     Pour conclure son intervention, Daleen a fréquenté le restaurant d’intiation du lycée. A sa table étaient conviés, à l’initiative de Madame Vergnaud, notre proviseur, les professeurs impliqués dans ces animations ainsi que Fred, notre nouvel assistant d’anglais, qui vient en fait des Etats-Unis. Le rapprochement avec « l’apartheid » qui a aussi sévi là-bas ainsi que l’élection de Barack Obama, premier président américain métis étant quasi inévitable.

                           

Parmi les petits cadeaux que j’ai reçus de mon amie Daleen, j’aimerais vous montrer, par le biais de quelques photos, deux présents originaux : une petite cuillère de collection dont le blason montre le drapeau sud-africain et une serviette de bains aux motifs africains.

                                                    

     Merci de tout coeur Daleen d’avoir largement participé à ces animations pédagogiques qui ont éveillé l’intérêt  des élèves pour l’Afrique du Sud, pour avoir démontré que l’on peut apprendre sans s’ennuyer et sans ennuyer les autres. A travers les deux billets de ce blog qui sont consacrés à ta venue au lycée Monnet le lundi 4 octobre 2010 nous voudrions te témoigner notre grande reconnaissance.

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Se sucrer le bec au Québec

Gastronomie, musique, Pays, Pédagogie, Santé, Société, Sport 9 commentaires

   Au Canada, et plus précisément dans notre province de Québec, pendant le mois de mars, la belle neige blanche commence à fondre sous les rayons du soleil qui reprend des forces, et réchauffe notre terre nordique.

    C’est signe que le printemps s’en vient, les corneilles arrivent et le sève monte aux arbres qui bourgeonnent bientôt. Cette nouvelle saison qui s’annonce nous donne le goût de sortir, respirer ces odeurs de la nature, fermer les yeux et rêver aux plaisirs de l’été.

   Ce climat qui passe du chaud au froid et du froid au chaud au gré des saisons, nous fait bénéficier d’une richesse naturelle : une eau sucrée provenant de nos érables qui subissent ces changements climatiques. Au Québec, comme en Amérique du Nord, il y a beaucoup d’érables, et certains produisent une eau sucrée qui, grâce à l’imagination de l’homme est transformée en sirop et autres produits dérivés. Quarante litres d’eau font un litre de sirop d’érable, donc, pour produire ce sirop, on doit posséder une érablière et une cabane à sucre qu’on appelle aussi au Québec « la sucrerie« 

                                                         

                                                        

                                                          

 

                                                          

           L’érable a une grande place au Canada car sa feuille est au centre du drapeau canadien. C’est un bel hommage qu’on lui rend, elle est la reine de notre drapeau.

                                              

        Mais, avant tout, comme le dit cette citation « il faut rendre à César ce qui appartient à César » car ce sont les Amérindiens qui sont les découvreurs de l’eau coulant des érables, ce sont eux qui ont été les premiers à l’extraire de ces arbres, à la goûter, à l’utiliser pour cuire leur viande et leurs fruits.

     Leur méthode était rudimentaire : avec leur tomahawk, les Amérindiens faisaient une entaille en V dans le tronc de l’érable, et avec l’écorce et une petite branche de roseau piquée dans cette entaille, la sève de l’érable s’égouttait dans un récipient en écorce de bouleau. L’eau sucrée était source d’énergie pour les Amérindiens, le sirop qu’ils en tiraient complétait leur besoin en sucre. Ils transportaient l’eau en raquettes d’arbre en arbre, plusieurs fois par jour, s’ enfonçant parfois dans la neige mouillante qui cédait sous leurs pas. Ce site permet de découvrir de nombreuses légendes indiennes et de connaître la façon dont ils vivaient et se servaient du sirop d’érable : http://www.erabliere-lac-beauport.qc.ca/indiens.htm

                                            

    De nos jours, l’entaille faite par le tomahawk a été remplacée par le chalumeau installé par un vilebrequin, et le récipient d’écorce de bouleau est devenu une chaudière (seau). L’acériculture est un métier car l’acériculteur ou l’acéricultrice gère une érablière et fabrique différents produits à partir de la sève. L’acériculteur entretient et entaille les arbres, aménage des sentiers, s’occupe de la cueillette de l’eau, sa transformation, la mise en marché et la vente. C’est assurément un beau métier qui se transmet souvent de père en fils, comme une tradition familiale. Ils ont grandi dans le milieu de la production d’eau d’érable et ont suivi l’évolution de la transformation de ces produits. Ils savent reconnaître le bon sirop de poteau (sirop synthétique). Ils ont le goût développé pour évaluer la pureté du sirop et reconnaissent le sirop d’érable sur les tablettes de nos marchés tout au long de l’année.

                                         

                                          

    Les acériculteurs qui produisent pour leur famille et pour leur plaisir recueillent l’eau des chaudières en raquettes ou en traîneau tiré par des chevaux. D’autres acériculteurs qui en ont fait un commerce utilisent un système de tubulure pour recueillir l’eau d’arbre en arbre.

                                        

       La première étape de transformation est de faire bouillir l’eau d’érable dans de gros chaudrons ou contenants dans une cabane aménagée à cet effet, dans les bois. C’est la cabane à sucre.

                                     

                                      

                                     

                                      

                                  

                                   

     Par la suite, l’eau devient sirop, le sirop devient de la tire, du sucre d’érable, des bonbons à l’érable, du beurre d’érable, etc. Sur cette vidéo, prise au Carnaval de Québec, vous pouvez voir comment se passe la tire : http://www.youtube.com/watch?v=s64opH4amDY Sur cette autre, vous avez plus de détails sur la façon dont le sirop est entouré sur le bâton : http://www.youtube.com/watch?v=GnZu1p2tokk . Les Européens apprécient beaucoup notre « tire » : http://www.youtube.com/watch?v=xrxBuwf_BxI . Cette dernière vidéo a été prise Place Dufferin à Québec durant le Carnaval.

            Il y a toute une production autour. Je vais vous donner quelques exemples. Le sirop d’érable est un jus coloré et très odorant. Il est utilisé pour les cuissons, l’aromatisation des préparations culinaires et pour accompagner les « pancakes« , c’est-à-dire des sortes de crêpes épaisses. La gelée d’érable est un sirop épaissi avec des gélifiants ou des pectines naturelles que l’on utilise à la place de la confiture ou du miel. La crème ou le beurre d’érable est un produit qui provient de l’évaporation naturelle de l’eau d’érable. C’est un pâte épaisse et d’un jaune soutenu. Malgré le nom de « beurre », il n’y a aucune matière grasse. Elle se consomme sur des toasts au petit déjeuner ou au souper. Le sucre d’érable n’est jamais raffiné et sa teinte varie du blond ambré au brun. Il se présente sous la forme de semoule, de cristaux ou encore en barre. Les produits de l’érable sont une des fiertés des Canadiens et leur cuisine sait la mettre en valeur. Regardez cette vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=hmY2vgzXx_U

   Au Québec, on a presque tous un parent ou un ami, ou l’ami d’un parent, ou l’ami d’un ami qui posséde une cabane à sucre. C’est l’endroit pour fraterniser, c’est un lieu de réjouissance. On y mange et, pour les plus grandes, on y danse et on fait la fête. A la cabane à sucre, on mange, on prend des kilos, on oublie tout l’exercice qu’il faudra pour éliminer ces calories si délicieuses . C’est si bon ! Ecoutez nos chansons très gaies à propos des cabanes : http://www.youtube.com/watch?v=Oa04leoKajM , http://www.youtube.com/watch?v=5d4RRfMtsvg

                                                         

                                                           

  Voici le menu offert à la cabane à sucre :   soupe aux pois, pain de ménage, fèves au lard,  crêtons, betteraves et concombres marinés, omelette, oeufs pochés cuits dans le sirop bouillant, jambon, grillades de lard (connues sous le nom de « oreilles de crisse »), pouding au chômeur, tarte au sucre d’érable, crêpes, café, thé, lait, bière, caribou (alcool populaire d’hiver)

 

 

   C’est bizarre comme nom « oreille de crisse », mais j’ai cherché la source de ce nom bizarre des grillardes au lard. Serait-ce un juron québécois ? J’ai trouvé deux réponses et voici ma préférée : ce sont des croustilles qui ont quelque peu la forme recourbée de l’oreille et qui craquent sous la dent, ou plutôt qui crissent sous la dent. Elles faisaient parties du guide alimentaire de nos pionniers ou coureurs des bois québécois. L’autre réponse, je vous la laisse chercher … Mais je vous donne la recette de ces « oreilles » :

Ingrédients : Il faut du lard salé avec la couenne et de l’eau.

    On coupe le lard salé en tranche d’environ 1,5 cm par 8 cm. On le fait blanchir dans l’eau pendant 5 minutes. On l’égoutte. On met les tranches dans une poële et on fait cuire au four à 180 ° C jusqu’à ce que les tranches soient croustillantes. Pendant la cuisson, on les retourne régulièrement pour qu’elles cuisent uniformément. Quand elles sont dorées, on les égoutte sur un papier absorbant . Et on les grignote.

     A la sucrerie, on peut se promener, faire un tour de traîneau tiré par des chevaux. Les enfants courent et jouent. A la fin du repas, c’est la dégustation de la tire sur la neige. Cela fait partie des traditions !  Quand le cuisinier arrive avec son sirop d’érable bouillant, on se regroupe autour d’une table en bois sur laquelle est étendue une neige propre. Le cuisinier y verse une traînée de sirop chaud, qui, au contact de cette neige, durcit et devient de la tire d’érable. Avec un bâtonnet, on pique ce délicieux bonbon qui se forme, et on l’enroule autour du bâtonnet. C’est un gros suçon couleur ambrée de tire glacée. Délicieux pour la langue, le goût, mais dangereux pour les dents, car c’est très sucré.

                                                           

                                                           

       Pour terminer j’aimerais vous montrer un sketche des « Têtes à claques » à propos des cabanes à sucre : http://www.youtube.com/watch?v=X557hikUcpk . Vous verrez, c’est très amusant ! Ces marionnettes ont été créees par Michel Beaudet. Vous avez une explication de ce phénomène comique canadien à http://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%AAtes_%C3%A0_claques   et leur créateur présente ces marionnettes à http://www.dailymotion.com/video/x2bgem_tetes-a-claques-interview-du-create 

          Ce texte a été écrit à partir d’un texte, de photos, de références de vidéo envoyés par notre amie Jocelyne du Québec. Je la remercie pour son dévouement. Merci beaucoup à sa fille Ariane car la plupart des photos de ce billet ont été faites par « cette gentille photographe ».

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