Enlève tes charentaises, et va voir les thèses en chars !

Animations culturelles, Animaux, Collection, Ecologie, Langues, Littérature, musique, Pays, Pédagogie, Société, Sport 12 commentaires

       Est-ce que vous êtes pantouflard ? Vous ne pouvez pas répondre parce que vous ne savez pas ce que ça veut dire, c’est cela ? Eh bien, être « pantouflard », c’est se sentir tellement confortable dans ses pantoufles que l’on se plaît à ne pas quitter son chez-soi, bref, c’est être casanier.

      Je vis à Limoges et cette ville était autrefois très connue, non seulement pour sa porcelaine (c’est encore le cas, heureusement !) mais aussi pour la fabrication de chaussures. Il y avait, dans mon enfance, à l’emplacement actuel du centre commercial appelé « Centre Saint Martial« , une grande usine de chaussures : l’entreprise Heyraud. Vous lirez l’histoire de cette entreprise dans cet article : http://www.heyraud.fr/historique . Il eut parfois des conflits  sociaux au sein de cette fabrique comme le montre la photo ci-dessous

                                                               

       Beaucoup de Limougeauds étaient cordonniers c’est-à-dire réparateurs de chaussures. Il y avait peu de temps que les gens de la campagnes ne portaient plus en permanence leurs sabots et alternaient souliers et charentaises. Ces pantoufles, créées à partir de rebuts de feutres, doivent leur nom au fait d’être sorties d’une usine installée en Charente.

                                                                   

        L’expression « Etre dans ses petits souliers » signifie être embarrassé. Vous le n’êtes pas ! Vous voulez même, peut-être, « trouver chaussure à votre pied » , c’est-à-dire avoir sous la main la personne ou la chose qui vous convient exactement. Eh bien, je vous propose de ne pas du tout être pantouflard et de partir avec moi au Luxembourg pour assister à un défilé de chars pas ordinaire.

                                                           

                                                           

               Il y a trois langues officielles dans ce duché : le luxembourgeois, le français et l’allemand.  La capitale est Luxembourg. Aujourd’hui, nous nous intéresserons à Esch-sur-Alzette qui est la seconde ville du pays avec 27 244 habitants.

                                                             

                Hier, dimanche, donc le 15 mars, il y avait la cavalcade à Esch mais n’imaginez surtout pas que je vais encore vous parler de « grosses têtes », de sa majesté Carnaval, des reines, etc. Il y avait bien la fête mais elle avait un esprit particulier : elle était porteuse de messages, je dirais presque de thèses ! Bien sûr, les confetti, les traditionnelles majorettes et  la bière très appréciée dans les pays du Nord étaient de la partie.

                                                             

                                                                            

                                                            

                                                           

        Mais, ce qui se dégageait de tout cela, c’était plutôt une certaine philosophie, celle qui consiste à faire cohabiter l’esprit festif et une prise de conscience citoyenne.  Qu’est-ce que cela signifie ? Eh bien, par exemple,  même dans le cadre d’un divertissement, on peut aborder le thème de l‘écologie, du développement durable, du tri sélectif. Jugez -vous-même ! Pas de mise en scène à la manière du « showbiz », pas de surenchère pour épater la galerie. Les chars sont « faits maison » avec des moyens très réduits. Il suffit d’un peu d’ingéniosité et non seulement  celui qui défile  est original mais il attire aussi l’attention du public sur des problèmes sociaux d’actualité.

                                                        

                                                       

            

                                                      

                                                      

   La calvalcade est aussi un prêtexte pour rappeler les grandes causes nationales : ligue contre le cancer, société protectrice des animaux, etc. Dans l’assistance, on notait la présence de nombreux handicapés moteurs ou cérébraux.  Il y avait beaucoup de personnes en fauteuil roulant et ils étaient le centre de toutes les attentions pour leur offrir des bonbons, des stylos, des paquets de popcorn, des casquettes, etc.

                                              

     Chacun fraternise. Le « cow-boy » n’est plus l’ennemi de l’Indien. Dans la rue défile un monde idéal où chacun se sent bien et communique avec les autres. Les paysans luxembourgeois ont accepté bien volontiers de prêter leurs tracteurs dont ils se servaient pour leurs cultures pour que, bien nettoyés et « bichonnés », ces engins tirent les chars. C’est cela la solidarité !

                                         

                                        

                                       

          Puisqu’il faut être modeste et en même temps valoriser ce que l’on posséde, inutile d’inviter des personnalités sportives pour animer le spectacle.  Le club local de gymnastique et de trampoline s’est chargé des animations. Regardez-plutôt ces acrobaties !

                                        

                                       

                                        

        Puisque j’ai commencé cet article avec des jeux de mots basés sur des sonorités proches, je le terminerai de la même manière en disant qu’au Luxembourg, la bourrade ( petit coup brusque donné comme marque d’amitié) n’est pas un luxe mais une tradition et que les Luxembourgeois ne sont ni des bourgeois ni des amateurs de luxe !

      J’ai rédigé ce billet sur la base d’un reportage-photo de la cavalcade d’Esch que m’a adressé Marie-Annick, l’enseignante qui était déjà à l’orgine du texte sur les lampions. Je la remercie beaucoup.

 

Tags : , , , , , , , , , , , , , , ,

Carnaval en France : la majesté des chars

Animations culturelles, Gastronomie, musique, Pays, Pédagogie, Peinture, Personnages, Société, Théâtre 9 commentaires

    Etymologiquement « Carnaval » signifie « viande interdite » puisque ce mot est un dérivé de « carne » (la chair, la viande). Eh oui, le carnaval s’inscrit dans le cadre d’une privation, celle qu’il faudra suivre à la lettre durant la période de Carême. Alors, paradoxalement, pour être sûr de pouvoir respecter cette diète à venir et cette vie bien trop réglée, chacun commence par manger plus que normalement et à se livrer à la débauche et à la contestation. Le peintre flamand Pieter Bruegel l’Ancien a très bien su marquer l’opposition de ces deux périodes de l’année dans son tableau « Le combat de Carnaval et Carême » peint en 1559

    Donc, de l’idée d’austérité initiale, le Carnaval est maintenant associé à la chienlit ou au charivari. Ces mots vous semblent complexes, aussi vais-je un peu les expliquer. « Chienlit » veut précisement dire « masque de carnaval » au sens étymologique, puis « mascarade, déguisement » et enfin, de façon très littéraire, « désordre, confusion, pagaille ». Quant à charivari, il vient d’un mot grec signifiant « mal de tête ». Mais pourquoi auriez-vous des céphalées ?  Eh bien, à cause du vacarme provoqué à l’aide d’instruments à percussion et divers ustensiles pendant le carnaval à l’occasion du remariage des veufs. Pour en avoir une illustration, peut-être est-il abusif de dire que les tambours motevidéens font du « bruit » car il s’agit de musique, mais leur passage dans les rues représente beaucoup de décibels. Les débordements sont aussi alimentaires avec une sorte d’orgie au niveau des viandes, vins, sel et épices avant de s’astreindre au régime quadragésimal (c’est-à-dire « qui appartient au carême »). Ils sont aussi sexuels car il faut savoir qu’avec les saturnales et les lupercales, au temps des Romains, on assistait à l’inversion des sexes c’est-à-dire que les hommes se déguisaient en femmes et inversement. Avez-vous d’ailleurs remarqué le double sens du mot « travesti » ?  D’un côté il signifie « vêtement qui permet de se déguiser », mais de l’autre « homosexuel voulant se faire passer pour une femme ». Il faut aussi savoir que le carnaval est souvent accompagnés de chants incitant à la débauche ou à la misogynie : http://fr.wikipedia.org/wiki/Si_tu_ne_veux_pas_qu%27ta_femme . Il y a aussi des propos scatolologiques, des allusions à des pots de chambre, etc.La remise en cause du fondement social se notait aussi dans l’inversion des rôles puisque l’esclave devenait le maître pour une journée et vice-versa. Souvenez-vous alors de l’expression du Général de Gaulle « C’est la chienlit » pour désigner l’agitation  populaire française en 1968. Faites-aussi un rapprochement avec la satire sociale des « murgas » d’Uruguay. Il est possible de faire un rapprochement avec le « fou du Roi » ou bien le « bouffon » parce que ces personnes, sous couvert que leur état mental est un peu aliéné, sont autorisées à tenir des propos subversifs. Peut-être est-il intéressant aussi de mettre en relation avec cet esprit frondeur la marionnette Guignol car initialement ce personnage, sous des couverts de plaisanteries, exposait les injustices sociales. Son créateur,  Laurent Mourguet, était un ancien canut lyonnais et savait parfaitement combien les conditions de travail étaient dures. Bien entendu, par la suite, Guignol a surtout était associé à un divertissement exclusivement pour les enfants avec une multitude de gags engendrant un effet comique. Mais, il y a tout de même encore en germe l’esprit de contestation puisque « Les guignols de l’info » est une émission satirique de la chaîne de télévision appelée Canal plus : http://www.canalplus.fr/c-humour/pid1784-c-les-guignols.html . Les « personnages » sont des marionnettes ayant le « physique » caricatural des hommes politiques ou personnalités.

   Le défilé carnavalesque est très souvent associé au lancer de confetti. Oui, ce mot est italien, mais, au départ il ne renvoyait pas à la petite rondelle colorée  de la fête ! Des « confetti » étaient des petites dragées rondes qui étaient lancées au cours des carnavals, au début du XIXème siècle, à Rome et à Nice. Au cours d’un corso de 1830, des notables niçois jetèrent à la foule : des fleurs, des cigares et des « confetti » en sucre candi. Mais, comme cela revenait trop cher de jeter des bonbons, ces personnes prirent ensuite l’habitude de jeter des formes de dragées, mais en plâtre ! Finalement, en 1892, un « confetti » de papier fut imaginé.

Outre ce lancer de dragées , pour le carnaval, on utilisait parfois des seringues remplies d’eau parfumée appelées « tubes borsani« .  Dans le Nord de la France, il y a une fête qui rappelle un peu cette tradition : à Solesmes il y a « la fête des Seringueux » Lors du défilé carnavalesque il s’agit d’arroser les passants. Au départ, les seringues étaient remplies de …purin mais maintenant il n’y a que de l’eau.  Le « seringues » utilisées sont d’authentiques clystères à usage vétérinaire et contiennent deux litres d’eau ! Mais j’ai lu qu’en Pologne, du côté de Cracovie, pour les fêtes de printemps, on s’arrose aussi d’eau à l’aide de seaux ou de seringues.

   Il était donc indispensable de bien s’équiper pour participer au corso pour éviter les projections de dragées, d’eau parfumée, de farine, de plâtre, etc. Le mot « corso » est d’ailleurs d’origine italienne et signifiait au départ une « promenade publique »  puis « un défilé de chars fleuris ». La « protection » consistait en une sorte de masque d’escrimeur sur le visage et un « cache-poussière » (peignoir en satin mis par dessus ses vêtements habituels) appelé parfois « domino« . Toujours pour se protéger des projectiles, les participants s’équipaient d’une ombrelle.

   Dans la seconde moitié du XIXème siècle, Nice devint le lieu de résidence  hivernal de riches étrangers. Ils aimaient bien fréquenter les casinos et assister au carnaval car, dès 1830, un premier cortège d’une trentaine de voitures est organisé en l’honneur du roi Charles-Félix et de la reine Marie-Christine, souverains du Pièmont et de Sardaigne. Le défilé passe par la place Massena. Les troubles français liés à la « Commune de Paris » de 1870  firent prendre peur « des rouges »  (sous entendu « de révolutionnaires ») aux riches touristes et cette cossue clientèle préféra rester sur la riviera italienne causant ainsi une certaine perte au niveau du tourisme. Alors le Niçois Andriot Saëtone créa un comité de fête pour redonner de l’intérêt au Carnaval. Les pêcheurs participent aux festivités en faisant sauter une grosse poupée en étoffe bourrée de son : lou paillassou. En 1875, il y eu un incident au sujet du char de la « ratapignata » (la chauve-souris) parce que la fête s’était cindée en deux parties : d’un côté il y avait eu une fête populaire avec des batailles de confetti et de l’amusement et de l’autre des défilés de voitures fleuries auquels ont pris part les élites riches.

     L’anecdote est racontée dans http://www.nicerendezvous.com/car/une-histoire-longue-et-complexe.html et on met l’accent sur l’aquarelliste Alexis Mossa qui a peint la scène. Après cet événement, le carnaval de Nice devint plus festif. A  partir de 1882, il y eu un char spécial pour « Sa Majesté Carnaval« . Puis il y eu un char pour « Madame Carnaval » et Alexis Mossa en créa un autre pour leur fils « Carnavalon » dans les années 1930. Gustave-Adolphe Mossa, fils d’Alexis Mossa, est le plus grand imagier du Carnaval de Nice, c’est-à-dire qu’il dessina les maquettes des chars officiels. Le carnaval s’achève après environ dix-huit jours de fête et  environ  3 000 acteurs participants, avec la lente combustion, sur la grève, du mannequin représentant « Sa Majesté Carnaval ». Il faut imaginer quelque chose de grandiose car un char peut peser jusqu’à 7 tonnes  et il y a, en tout, plus de 10 tonnes de fleurs de serres! Il est vrai que c’est pour faire l’éloge de la qualité et de la variété de l’horticulture azuréenne. On compte aussi environ 600 grosses têtes et une vingtaine de charsQuinze tonnes de confetti jonchent le sol. Mettez vous dans l’ambiance de 2009 avec : http://www.nicecarnaval.com/carnaval4.html et les quatre vidéos du carnaval dont la première est à http://www.dailymotion.com/video/x8dxke_carnaval-de-nice-2009-1ere-partie-s_travel?from=rss

         

 

          Mais si le carnaval de Nice est peut-être le plus connu, il ne faut pas oublier ceux de Douai ( http://www.ville-douai.fr/ ) et de Dunkerque ( http://www.ville-dunkerque.fr/)  ainsi que de Bailleul   http://www.ville-bailleul.fr/ ). Le carnaval dunkerquois dure plus de dix semaines mais les trois jours gras  (lundi, mardi et mercredi des cendres) appelés ici « les trois joyeuses » sont les événements dominants. Il s’agit d’un carnaval très populaire, il n’y a pas de séparations acteurs et spectateurs.  Son origine vient dans le fait que les marins-pêcheurs allaient partir 6 mois en Islande pour la pêche au hareng et que leur absence, longue, serait peut-être sans retour à cause des dangers encourus  : alors, autant faire la fête avant cette séparation provisoire ou définitive.  L’hymne de Jean Bart, ancien corsaire dunkerquois, est entonné : http://fr.wikipedia.org/wiki/Cantate_%C3%A0_Jean_Bart . Il se mêle à des chansons paillardes. Le parapluie est devenu l’emblême de ce carnaval, non seulement à cause du temps assez instable dans le Nord de la France mais aussi parce que, du balcon de l’Hôtel de Ville, le Maire et ses adjoints lancent dans la foule des harengs (emballés tout de même sous cellophane). Mais ce parapluie est aussi un signe de ralliement pour se faire remarquer par un ami  dans la foule. Il y a en effet une tradition à respecter : celle de « tenir chapelle« .  Les « chapelles » sont en réalités les nombreux cafés dans lesques les « carnavaleux » vont boire de la bière et manger une soupe à l’oignon. Cela veut dire qu’il faut payer à boire et à manger aux amis et aux connaissances. 

 Un tambour-major, en uniforme de grenadier de l’Empire, mène la band qui suit. Il y a « Marie-Papate » qui est en fait un homme qui s’est travesti en femme au niveau des habits, s’est coiffé d’une perruque et à recouvert son visage d’un maquillage outré. Ce personnage est parfois appelé « Marie-Patate« . Il y a aussi les célèbres géants de Dunkerque que sont Reuze-Papa et sa femme Reuzine. Il s’agit d’un personnage en carton géant qui mesure 6,25 mètres, d’ailleurs, en flamand « reuze » signifie « géant ».  Cette sorte de mannequin gigantesque a été créé en 1827 par Ambroise Bafcop. Reuze-Maman  (ou Reuzine) est plus petite (5,85m). Elle est apparue en 1860.  On rattache ces géants à la ville de Cassel (autre ville du Nord de la France) mais ils défilent aussi à Dunquerke. Reuze-Papa est vêtu en légionnaire romain et Reuze-Maman, très élégante, a un diadème sur la tête et une cape de grande dame sur les épaules. Ils sont entourés par  les musiciens de l’harmonie municipale. Les masques et les travestis ferment le cortège.

 

  En fait, le département du Nord compte à lui seul environ 130 géants et tous les ans il s’en ajoute d’autres. On peut avoir une idée de tous ces « personnages » sur ces excellents sites spécialisés  : http://terre-de-geants.fr/Trombinoscope/Trombinoscope.html  ou http://mincoin.free.fr/region/geant/geant.html ou encore http://www.geants-carnaval.org/francais/d1/base1.htm . Les Douaisiens aiment tant les leurs qu’à l’entrée de la ville on peut lire « Douai, cité des géants » et tous les habitants se surnomment « enfants d’Gayants » . Le Père Gayant (8,50 m et 370 kg) porte un casque et une cuirasse, est armé d’une lance, d’un bouclier et d’une épée de chevalier de la Renaissance. Son épouse, Marie Cagenon (6,25m et 250 kg) est en costume de châtelaine de l’époque des Valois. Le couple a trois enfants. Jacquot est habillé comme un jeune chevalier tandis que sa soeur Fillion porte une robe bleue et une toque en plume. Le bébé Bimbin (on trouve parfois écrit « Binbin ») , qui souffre de strabisme, les accompagne. Ce sont des géants qui mesurent environ 3 m et pèse de 45 à 80 kg. La famille Gayant est suivie de  nombreux chars dont « La Roue de la Fortune » (qui évoque la déesse Fortune ) et « Le sot des canonniers » (qui est à mettre en relation avec la folie).

 On trouve aussi des « géants » dans le défilé carnavalesque de Bailleul. Ce sont en particulier Gargantua, ce bâfreur légendaire. Il trône sur un char avec un tonneau entre les jambes , un gigot dans une main et un gobelet dans l’autre.  Il y aussi l’ineffable Docteur Piccolissimo. La proximité de la Belgique fait que parfois le cortège comprend aussi des « Gilles » avec leurs chapeaux à plumes, leurs dentelles et leur costume décoré de lions héraldiques.

   Cette présentation de carnavals en France ne se veut qu’un aperçu des différentes manifestations existantes. Vous pourrez éventuellement compléter par le petit documentaire que vous trouverez à  http://www.linternaute.com/sortir/evenement/carnaval-france/

 

 

Tags : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Carnaval à Gualeguaychú (Argentine) : un spectacle théâtral en plein air

Animations culturelles, Métier, musique, Pays, Pédagogie, Société, Théâtre Aucun commentaire

     En Argentine, on célèbre de moins en moins le carnaval. Cependant, surtout dans les villages, il y a des clubs qui organisent encore des corsos et/ou des bals populaires. Le plus important carnaval  qui réunit une foule de touristes est celui qui a lieu à Gualeguaychú . Il s’agit d’un spectacle estival en plein air qui a lieu pendant les mois de janvier, février et mars et qui s’inspire beaucoup du théâtre.

    Cette ville se trouve dans la province de Entre Rios qui veut dire textuellement « Entre fleuves ». En effet, les limites géographiques sont déterminées par des cours d’eaux : à l’ouest et au sud le « Rio Paraná« , à l’est le « Rio Uruguay », au nord les rivières « Río Guayquiraró » et « Río Mocoretá » . Gualeguaychú est la ville la plus importante de cette province.

    C’est une tradition qui date du dix-neuvième siècle. Les spectateurs regardaient défiler, installés dans des tribunes qui recouvairent les trottoirs, les différents chars qui empruntaient en particulier la « Calle 25 de Mayo« . Cette manifestation culturelle se déroulait l’après-midi en raison de l’absence d’illumination électrique.  Mais il y avait énormément de serpentins et de confetti sur tout le trajet et les chars avaient du mal à avancer et c’était particulièrement génant parce qu’avec le temps leur nombre devenait de plus en plus grand. Aussi, vers 1930, sous l’impulsion d’Abelardo Devoto, un passionné de musique et de thèmes classiques, on fit construire une énorme passerelle en bois que l’on a appelé le « corsodrome«   et qui délimite bien le passage à utiliser pour cette manifestation. Pour parler de l’aspect théâtral, il y avait un char représentant l’empereur romain Néron avec des guerriers et quelques deux cents participants ainsi que des chevaux blancs. Il est connu sous l’appellation « Comparsa de Nerón « 

        C’est une fête de couleurs, de joie, d’amusement et de danses. Il y a souvent environ 800 figurants que nous appellons ici « comparsas« . C’est un mot qui appartient au domaine du théâtre et signifie « troupe de gens masqués » ou « mascarade ». Cette année 2009, il y a trois grands groupes qui essaient d’obtenir la meilleure place. Ce sont :   »Papelitos« , « Marí-Marí » et « Kamarr » Le premier s’adresse avec nostalgie à ceux qui aimaient le carnaval et qui sont partis, à ceux qui ne peuvent plus danser et encore à ceux qui ont fait grandir le carnaval. Voici un extrait par le biais d’une vidéo : http://video.google.fr/videosearch?q=gualeguaychu&hl=fr&source=vgc&um=1&ie=UTF-8&sa=N&tab=wv# Mari Mari s’est placé dans une perspective historique concernant le présent et le futur des peuples américains. Vous pouvez les admirer en train de danser : http://video.google.fr/videosearch?q=gualeguaychu&hl=fr&source=vgc&um=1&ie=UTF-8&sa=N&tab=wv#q=gualeguaychu+mari+mari&hl=fr&emb=0 Quant à Kamar, il a repris le mythe de l’existence d’une ville lumière où tous les mots peuvent se guérir : http://video.google.fr/videosearch?q=gualeguaychu&hl=fr&source=vgc&um=1&ie=UTF-8&sa=N&tab=wv#q=gualeguaychu+kamarr&hl=fr&emb=0 . J’ai sélectionné seulement quelques séquences pour vous donner une idée de l’expression de la joie collective et de toutes les teintes chatoyantes des costumes et des chars.  Je vous ajoute  quelques liens pour une documentation complémentaire :

 http://www.temas.cl/enero/viajes/18.html , http://www.gualeguaychuturismo.com/principal_carnaval_infogral.htm , http://www.carnavaldelpais2009.com.ar/carnaval_historia.htm

http://kamarr.com/2009/ (sur le groupe d’inspiration orientale Kamarr, avec de magnifiques photos)

                                                             

    Ce texte a été écrit en collaboration avec notre amie argentine Graciela qui se prépare à débuter une nouvelle année scolaire le 4 mars et qui compte bien poursuivre les échanges avec nous. Je la remercie beaucoup .

Tags : , , , , ,

Carnaval à Montevideo (Uruguay) : un mois de festivités

Animations culturelles, Langues, Littérature, Métier, musique, Pays, Pédagogie, Santé, Société, Théâtre 4 commentaires

      Je m’appelle Nelly Cecilio. Je suis professeur FLE dans le cadre de la Formation Sommelier de l’université de Montevideo en Uruguay, en Hôtellerie et Gastronomie et j’assure aussi des cours de conversation et sur objectifs  spécifiques dans le milieu artistique (comédiens et écrivains). J’ai remarqué ce blog scolaire qui faisait une présentation des différents carnavals dans le monde. Je ne voulais absolument pas manquer cette occasion pour faire connaître une manifestation culturelle qui est très intéressante comme le sont  celles de l’Equateur, du Brésil ou du Canada où j’ai eu le plaisir de séjourner il y a quelques années.

 

L’Uruguay est un pays sud-américain situé entre l’Argentine et le Brésil, bordé à l’est par l’Océan Atlantique et au sud par le Rio de la Plata.  Montevideo est la capitale de cet Etat .J’estime que 1% de sa population d’environ 3 000 000 d’habitants participe en tant que protagoniste direct d’une manière ou d’une autre aux diverses manifestations liées aux festivités du carnaval lequel a une durée d’un mois. Il va sans dire que des milliers de personnes assistent aux nombreuses manifestations carnavalesques qui  attirent de plus en plus d’étrangers qui trouvent chez nous une manifestation authentique, moins commercialisée et plus spontanée qu’ailleurs. Voici un avant-goût avec : http://www.carnaval.com/uruguay/  et http://www.youtube.com/watch?v=q9e4J_jU2c4&feature=related ou encore http://www.enlacesuruguayos.com/Carnaval.htm

Montevideo vient d’être nommée « la capitale du Carnaval latino-américain 2009 et 2010 ».

Comment commencent les festivités ?

 Le défilé est ouvert par les reines élues dans les différentes catégories : la reine du Carnaval, celle de las « llamadas » et cette année celle de la samba. Des confetti et des serpentins sont lancés. Puis il y a un grand défilé dans la plus importante avenue de Montevideo, en plein centre où alternent les différents groupes qui animent ces fêtes : comparsas lubolas, murgas, parodistas, humoristas, revistas et des « cabezudos » (masques démesurés que les enfants bravent et qu’en français on appelle « grosses têtes » ou « géants » ) et des chars allégoriques. 

Chaque groupe appelé  »comparsa lubola » est composé d’au minimum 70 tambours parmi lesquels on doit distinguer selon leur leur taille et la manière de les accorder : le « chico« , le « repique » et le « piano » qui vont du son le plus aigu au plus grave marquant le rythme qui varie suivant les quartiers.  Pour entendre le son de ces instruments, vous pouvez aller à cette page :   http://www.candombe.com/french.html  L’ensemble de ces trois tambours créé le « candombe« . La page d’accueil du site, http://www.candombe.com/index.html  vous permet d’avoir accès à une multitude de renseignements sur ces groupes et leurs racines africaines. Ces groupes ont parfois pour noms des pays africains comme « Sénégal » évoquant ainsi les origines des esclaves africains débarqués ici. Il y a aussi trois personnages typiques de ces communautés noires qui précèdent les tambours appelés « cuerda de tambores ». Ce sont :

  – le « escobero » qui tenait le rôle de juge accompagnant le roi, dirigeant et animant le groupe (le nom vient de « escoba » qui signifie « balai » car il montre son adresse en manipulant une sorte de bâton, genre la baguette du chef d’orchestre

- le « gramillero » qui était un guérisseur car « gramilla » signifie « herbe »

- la « mama vieja » qui représentait la nourrice ou la gouvernante du maître . C’est textuellement « la grand-mère ».

 En plus, dans les années 1930 probablement, est apparue la figure de ce qu’on appelle « la vedette« , certainement sous l’influence européenne du cabaret, qui est flanquée de danseurs et de danseuses de manière que le nombre total des membres d’une « comparsa lubola » est d’environ 200 personnes. Le défilé s’étend sur 2 jours  (jeudi et vendredi) regroupant plus de 40 groupes. Quelques-un se produiront par la suite aussi sur scène où ils devont non seulement jouer de la musique et danser mais en plus représenter soit une situation liée à l’esclavage jadis, soit la vie d’un personnage célèbre noir de notre pays.

La « murga » est un genre théâtral-musical satirique dont l’origine remonterait aux groupes qui sont venus au début du XXème siècle de Cadiz (Espagne) mais qui a trouvé chez nous son propre chemin. C’est un groupe composé d’environ 15 ou 20 personnes et dont le plus important est l’aspect choral et ce que l’on appelle le « cuplé« , sorte de sketch satirique dans lequel on critique surtout les hommes politiques ou la situation politique que ce soit nationale ou internationale et la « retirada » où ils prennent congé du public, ce qui symbolise l’ »enterrement » du carnaval. Il faut préciser que la « murga » d’Uruguay ne ressemble pas du tout à la « murga » de l’Argentine même si elles utilisent quelques-uns des instruments de ce genre de musique, mais le concept est tout à fait différent.

 Vous pouvez visionner des « murgas » en actions avec : http://www.youtube.com/watch?v=UGpGe6Pzn44&feature=related et http://www.youtube.com/watch?v=1gh4Ewes2GA

 Il  faut noter que deux « murgas » se sont produites en France  et vous pouvez visiter leurs sites à : http://www.faltayresto.net/  et http://www.agarratecatalina.com.uy/ . Il y a aussi des renseignements sur les « murgas » à http://www.lasmurgas.com/ . Sur le site http://www.totomendez.com.uy/ , vous pouvez visonner un clip en utilisant la rubrique en français « galerie », « multimedia », 5ème vidéo appelée « Murga madre ».

 Les « parodistas », comme le nom l’indique est un groupe d’environ 20 personnes qui doivent jouer 2 parodies. C’est un genre plutôt théâtral même s’ils doivent avoir une bonne choréagraphie et bien chanter aussi. Les parodies sont empruntées plusieurs fois aux grands classiques et aux événements historiques remarquables tant au plan national qu’international.

Les « humoristas » est un groupe genre théâtral ausi mais qui fait essentiellement de l’humour à partir de n’importe quelle situation choisie.

 Une semaine plus tard a un lieu le défilé nommé « llamadas » (appels) dans les rues étroites et pavées des deux quartiers emblématiques des Noirs uruguayens : Sur et Palermo, situés près du Rio de la Plata. C’est très pittoresque car il y a e plus en plus de gens qui louent leurs balcons ou leurs terrasses avec un service traiteur, même pour les spectateurs qui y assistent pendant les 5/6 heures que dure le défilé. Voici un aperçu : http://www.youtube.com/watch?v=dHTqQhKC6PE&hl=fr

 A l’issue de chacun de ces deux défilés, il y a un classement où on déclare les champions et championnes dans les différentes rubriques, par exemple : meilleur groupe de tambours, meilleure vedette, meilleure communication avec le public, meilleur directeur de « murga », etc. Une fois commencée l’ouverture officielle du carnaval, les différentes catégories se produisent sur la scène d’un théâtre ouvert où il y a aussi un concours pour nommer les champions. Ces groupes jouent aussi dans des des locaux appelés « tablados » (en plein air ou couverts) dans les différents quartiers de la ville de manière que tout le monde puisse y accéder. En province, il y a aussi des défilés et on doit souligner une manifestation carnavalesque dans un département à la frontière du Brésil où l’influence des « escolas do samba » l’emporte sur notre identité culturelle proprement dite.

Au départ, le carnaval uruguayen était plutôt l’affaire des amateurs qui cessaient leurs activités rémunérées le temps des festivités, il est devenu aujourd’hui un espace où les professionnels en tous genres s’épanouissent  et trouvent d’autres débouchés soit chez nous, soit à l’étranger car surtout les « comparsas lubolas » et les « murgas » font des tournées partout dans le monde. Une petite anecdote qui illustre la portée de notre carnaval qui touche toutes les couches sociales : l’actuel Ministre de l’Economie a été le parolier de plusieurs murgas.

Il existe un musée du Carnaval qui est situé dans le Vieux-Montevideo et on vient de lui décerner le prix Reina Sofia d’Espagne.

J’espère vous accueillir nombreux à notre prochain carnaval

 

 

 

  Je remercie beaucoup Nelly Cecilio pour tous les renseignements apportés sur la façon dont se déroule le  carnaval de Montevideo. Mon rôle s’est quasi limité à la mise en page de son article et à l’ajout de photos.
 

 

 

 

 

 

 

 Les « parodistas », comme le nom l’indique est un groupe d’environ 20 personnes qui doivent jouer 2 parodies. C’est un genre plutôt théâtral même s’ils doivent avoir une bonne choréagraphie et bien chanter aussi. Les parodies sont empruntées plusieurs fois aux grands classiques et aux événements historiques remarquables tant au plan national qu’international.

Les « humoristas » est un groupe genre théâtral ausi mais qui fait essentiellement de l’humour à partir de n’importe quelle situation choisie.

 Une semaine plus tard a un lieu le défilé nommé « llamadas » (appels) dans les rues étroites et pavées des deux quartiers emblématiques des Noirs uruguayens : Sur et Palermo, situés près du Rio de la Plata. C’est très pittoresque car il y a e plus en plus de gens qui louent leurs balcons ou leurs terrasses avec un service traiteur, même pour les spectateurs qui y assistent pendant les 5/6 heures que dure le défilé. Voici un aperçu : http://www.youtube.com/watch?v=dHTqQhKC6PE&hl=fr

 A l’issue de chacun de ces deux défilés, il y a un classement où on déclare les champions et championnes dans les différentes rubriques, par exemple : meilleur groupe de tambours, meilleure vedette, meilleure communication avec le public, meilleur directeur de « murga », etc. Une fois commencée l’ouverture officielle du carnaval, les différentes catégories se produisent sur la scène d’un théâtre ouvert où il y a aussi un concours pour nommer les champions. Ces groupes jouent aussi dans des des locaux appelés « tablados » (en plein air ou couverts) dans les différents quartiers de la ville de manière que tout le monde puisse y accéder. En province, il y a aussi des défilés et on doit souligner une manifestation carnavalesque dans un département à la frontière du Brésil où l’influence des « escolas do samba » l’emporte sur notre identité culturelle proprement dite.

Au départ, le carnaval uruguayen était plutôt l’affaire des amateurs qui cessaient leurs activités rémunérées le temps des festivités, il est devenu aujourd’hui un espace où les professionnels en tous genres s’épanouissent  et trouvent d’autres débouchés soit chez nous, soit à l’étranger car surtout les « comparsas lubolas » et les « murgas » font des tournées partout dans le monde. Une petite anecdote qui illustre la portée de notre carnaval qui touche toutes les couches sociales : l’actuel Ministre de l’Economie a été le parolier de plusieurs murgas.

Il existe un musée du Carnaval qui est situé dans le Vieux-Montevideo et on vient de lui décerner le prix Reina Sofia d’Espagne.

J’espère vous accueillir nombreux à notre prochain carnaval

 

 

 

  Je remercie beaucoup Nelly Cecilio pour tous les renseignements apportés sur la façon dont se déroule le  carnaval de Montevideo. Mon rôle s’est quasi limité à la mise en page de son article et à l’ajout de photos.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tags : , , , , , , , , ,

Carnaval de fruits et de fleurs à Ambato ( Equateur)

Animations culturelles, Langues, musique, Pays, Pédagogie, Société 9 commentaires

                 

 

 

  Je m’appelle  Viviana Serrano Aguirre . Je suis étudiante en gestion d’entreprise internationale et j’étudie  la langue française à l’université catholique de Santiago de Guayaquil de la ville de Guayaquil qui est un port de l’Equateur. Notre professeur de français langue étrangère a remarqué ce blog et m’a demandé de rédiger un petit article sur notre carnaval d’Ambato car il est typique de notre pays et pouvait très bien illustrer une autre façon de vivre cette animation après les présentations de carnavals d’autres pays.

  Imaginez-vous un défilé orné des couleurs des plus belles fleurs embellissant de grandes voitures allégoriques et des fruits utilisés pour former des figures pittoresques. Des touristes et des habitants d’un seul pays se réunissent pour rendre hommage  à la richesse naturelle  et faire une grande fête.

  Ambato, c’est une ville située dans la Province de Tungurahua appartenant à la région  montagneuse de l’ Equateur qu’on connaît comme  « Les Andes ». La manifestation la plus connue de cette ville et  même en Equateur, c’est  « La Fiesta de las Flores y las Frutas » ou « La Fête des  Fleurs et  des Fruits« .

                               

 

     On y trouve des exhibitions, des  feux pyrotechniques,  des concerts,  des bataille de taureaux, l’élection de la reine, des danses folkloriques et bien sûr l’environnement amical que les Equateurs offrent à leurs visiteurs. En Equateur, il y a toujours le climat adéquat pour les fruits, mais, au mois de février, les fruits à Ambato sont très abondants. La délicieuse prune Reine Claude, des poires, des pommes, des pêches, des fraises ,  des mûres, et aussi des fruits de la région côtière comme la banane,  la maracuja, la  papaye, l’orange, le melon, la grenade, etc.    

  

Puisque la reine est élue, elle devient le centre du défilé qui dure toute  la journée. Les indigènes de l’Equateur sont les protagonistes des actes et des danses et présentent leur culture. En plus, la fête est surtout religieuse car les fleurs, les fruits sont bénis dans la cathédrale un samedi avant le carnaval. Les habitants remercient  notre Dieu pour leur avoir donné des produits qui ont sauvé la vie de cette ville après un tremblement de terre le 5 août 1949  qui a détruit  la ville complètement. Grâce à ses terres riches en plantes, ils ont pu se remettre de cette catastrophe. L’agriculture a joué un grand rôle.

                                                     

Il est important de savoir aussi que c’est près d’Ambato  que se trouve le volcan Tungurahua, un des volcans de l’Equateur déclaré actif. Par un jour clair, sans  nuages, on apprécie un beau paysage du volcan.

                       

    L’Equateur vous ouvre ses portes,  visitez-le , et le carnaval à Ambato c’est une bonne opportunité pour  vivre de nouvelles expériences dans un  pays comme le nôtre.  Regardez la belle affiche http://www.fiestasdeambato.com/  et les renseignements sur la ville d’Ambato  avec http://www.ambato.gov.ec/   Et voici le programme officiel de la fête : http://www.fiestasdeambato.com/portal/index.php?option=com_content&task=view&id=58&Itemid=22

 Merci beaucoup Viviana pour cet exposé remarquable pour lequel je me suis contentée d’ajouter quelques photos « géographiques »  aux deux que tu m’avais fournies qui provenaient de ton Papa et d’un ami. L’Equateur est très loin de la France et il fallait bien aider les lecteurs à se localiser. Bravo Viviana et félicitations à ton professeur de FLE, Norma,  pour t’avoir aussi bien enseigné le français.

Tags : , , , , , , , , , ,

Carnaval aux Canaries : exhibitions et enterrement

Animations culturelles, musique, Pays, Pédagogie, Peinture, Société 16 commentaires

       La plupart des enseignants canariens  n’apprécient pas la fête d’Halloween importée des pays anglophones où on se déguise la veille du premier novembre. La raison de cette aversion se trouve dans la forte tradition carnavalesque qu’il  existe  aux Îles Canaries. On dit que le Carnaval de nos îles est l’un des plus réputés du monde, après  celui de Rio de Janeiro au Brésil.  On ne peut pas nier qu’une de nos grandes industries c’est le tourisme, et le carnaval est souvent présenté et vanté comme une fête touristique. Dès le plus jeune âge, chacun vit de façon très intense ce moment de l’année.

    On dit que l’origine du carnaval aux Canaries  est due aux conquistadors espagnols qui sont y arrivés  à la fin du XVème siècle et  cette fête a été si  populaire que même pendant  une période d’interdiction après la Guerre Civile,  gagnée par les militaires, avec Francisco Franco à la tête, la population canarienne a trouvé la manière de la fêter clandestinement sous le  nom de « fête d’hiver ».

    Toutes les îles ont leurs propres célébrations et les plus connues sont celles des capitales de Gran Canaria (Las Palmas de Gran Canaria)  et de Ténériffe (Santa Cruz de Tenerife). A Las Palmas de G.C.,  cette année, le carnaval a commencé le 2 février et finira le 28 février (tout un mois de fête),  mais il y a aussi le carnaval du reste de villes ou villages  des îles qui normalement commence un peu plus tard, comme à Santa Lucía de Tirajana, où se trouve le lycée où j’enseigne le français IES El Doctoral, où le carnaval aura lieu en mars. Notre climat nous permet de fêter, en plein hiver, une célébration où les gens, dans quelques cas, défilent presque nus. Vous pouvez avoir quelques idées sur les fêtes avec :  http://ma-tvideo.france2.fr/video/iLyROoaft78e.html  (une vidéo sur le carnaval de Ténérife) , http://www.turismodecanarias.com/fr/destacados/%3Cb%3Ecarnaval-en-las-islas-canarias%3C/b%3E (une présentation des carnavals des Canaries), http://www.santacruzmas.com/ et http://www.senioractu.com/iles-Canaries-c-est-le-Carnaval-du-16-au-25-fevrier-2007_a6468.html?start_liste=5&paa=2 (pour avoir un aperçu de ce que fut le carnaval de février 2007)

       Chaque année on choisit un thème pour les galas et les défilés et, des mois en avance, on fait un concours pour choisir  l’affiche de la fête : cette année à Las Palmas de Gran Canaria le carnaval est dédié aux pirates, et curieusement un des premiers « conquistadors » des îles a été un explorateur français appelé Jean de Béthencourt, en 1402. À Telde, la ville où j’habite, le sujet du carnaval est Jules Verne, le romancier français. Voyez comme nos liens avec vous sont proches !

                        

 

        La fête commence avec les concours des « murgas » et « comparsas ». Les premières sont des groupes de chanteurs qui composent des chansons avec des paroles critiques sur la politique, le sport, la société, la télévision… et les deuxièmes sont des groupes de danseurs, habillés avec des costumes très colorés et  séduisants qui réalisent des chorégraphies pour les défilés et les galas d’élection des reines. Oui, parce qu’il y a plus d’une reine, même si la plus importante c’est la reine des demoiselles, il y a aussi la reine du  troisième âge, des enfants et, depuis d’une dizaine d’années, la reine des « drag queens ». Le carnaval de Las Palmas a créé  cette reine pour le carnaval de la capitale avec un grand succès où participent des concurrentes venues de partout. Ce gala est devenu le plus populaire et la plus sollicité par le public pour y assister.

 

Une fois la reine élue, la grande « cabalgata » (cavalcade), appelée « coso » à Ténériffe, a lieu une semaine  après son élection. Le carnet de la fête se complète avec des bals dans la rue appelés  « mogollón » (un mot qui veut dire « beaucoup de ») et il y aussi des nuits thématiques : la nuit du drap (où les participants utilisent des draps blancs pour faire leur costumes), la nuit de la « salsa », « la nuit drag », etc. On peut voir un reportage sur la reine et sur le carnaval avec : http://video.aol.com/video-detail/yraya-viera-reinal-carnaval-las-palmas-2008/288230383387132595/?icid=VIDURVTRV04

                                            

 

                                                         

 

                                                        

Dans les écoles, surtout en primaire, les enfants s’amusent à se déguiser en leurs personnages favoris pendant toute une journée et en plus ils ont  une semaine de vacances de carnaval.

         

 

Pour finir la fête on brûle une sardine . On appelle cela  » l’enterrement de la sardine« . Cette page vous montre l’état d’esprit des participants : http://www.tossainfo.eu/fr/sardine-tossa.html  et cette vidéo aussi : http://videos.mensup.fr/view/669/tenerife-l-enterrement-de-la-sardine/  Comme vous le lirez, il y a plusieurs significations à cette expression. Il y a d’abord la référence à la nourriture puisque Carême qui suit Mardi-Gras est une période de privation durant laquelle il faudra cesser de manger de la viande, du poisson et tant d’autres bonnes choses. Ensuite, il y a une allusion au peintre espagnol Francisco Goya y Lucientes (1746-1828) qui a justement peint un tableau intitulé « L’enterrement de la sardine ». Enfin, certains, après la mort de Franco en 1975, ont vu dans le retour de l’autorisation de « l’enterrement de la sardine », une manifestation de la « movida », c’est-à-dire une marque de renouveau et d’évolution vers plus de démocratie.

  L’enterrement de la sardine met fin aux festivités et marque le début de la période de  carême. Mais le lendemain, on  commence la préparation du suivant carnaval ! Regardez http://www.lpacarnaval.com/ et vous comprendrez pourquoi !

 

    Ce billet a été rédigé à partir d’un texte et de photos envoyés par Antonia et ses élèves des îles Canaries. Je les remercie vivement de leur contribution à la vie du blog du CDI et surtout pour leur apport en connaissances de tout ce qui entoure les traditions de leur pays.

 

Tags : , , , , , , , , , , , ,

Carnaval de Québec : » attache ta tuque avec de la broche »

Animations culturelles, Gastronomie, Langues, musique, Pédagogie, Société 2 commentaires

  

 Comme le chantait si bien notre poète québécois Gilles Vigneault : « Mon pays ce n’est pas un pays c’est l’hiver ! Ecoutez et regardez le chanter : http://www.youtube.com/watch?v=CH_R6D7mU7M Et pour lui donner raison, le Carnaval des Québécois se passe en hiver dans la ville de Québec dans la province de Québec au Canada : c’est le Carnaval de Québec.

 

      Pour employer les bons termes du carnaval, et enrichir notre vocabulaire, voici ce que j’ai trouvé à l’Office de la Langue française du Québec :« Carnavaleux / Carnavaleuse :  Personne qui participe à un carnaval. »

 

    Même si les mots « carnavaleux » et « carnavaleuse » sont absents des dictionnaires courants, ils sont implantés dans l’usage du français, non seulement au Québec, mais aussi en Europe où le terme « carnavaliste » est aussi parfois utilisé dans le même sens. 

 L’an passé, près d’un million de « carnavaleux » ont visité Québec en participant au Carnaval de Québec.  Ce carnaval est le plus grand carnaval d’hiver au monde, et tous les québécois de souche ou d’adoption en sont très fiers.  Pour faire cette grande fête amicale et familiale, qui dure environ 17 jours, imaginez une cinquantaine de personnes dans des postes de menuisiers, soudeurs, électriciens, mécaniciens, couturiers et artistes, et plus de 1000 bénévoles qui donnent leur temps chaque jour, pour le plaisir de vivre cet événement et rencontrer des visiteurs venus de partout dans le monde. Le Carnaval a des retombées économiques de près de 50 millions de dollars canadiens, c’est le fruit de cette grande équipe.

 Le Carnaval de Québec c’est un monde de neige, de glace, c’est féerique, et tous les visiteurs veulent en profiter, car on sait bien que cette belle neige disparaîtra, et que la glace fondra sous un chaud soleil de printemps.  C’est un plaisir trop éphémère le temps d’un hiver.

 

Selon mes recherches, la naissance d’une première fête d’hiver organisée à Québec fut en 1894, et prit le nom de Carnaval, et c’était l’occasion de fêter juste avant le carême.   Malheureusement, la Première Guerre mondiale a éteint ces festivités hivernales qui reprirent vie après la Seconde Guerre mondiale.En 1954, la tradition renaît et notre Bonhomme Carnaval vit le jour le 1er janvier 1955. Il est le porte-parole du Carnaval et à l’ouverture des festivités le maire d Québec lui remet symboliqueuement les clés  de la ville.

 

 

 

 

 

 

    Ce beau bonhomme de neige tout blanc, tout souriant, avec sa tuque rouge et sa ceinture fléchée est l’ambassadeur du Carnaval de Québec, et il renaît chaque année le temps d’un carnaval.  Une « tuque » est mot québécois qui désigne le bonnet de laine que l’on porte en hiver. Il y a même l’expression  » Attache ta tuque » qui signifie « tiens-toi bien ça va secouer ». Et si l’on dit « Attache ta tuque avec de la broche », ça veut dire que ça va vraiment secouer et vous verrez que ça va vraiment « déménager » durant ce carnaval.

La ceinture fléchée que porte Bonhomme Carnaval fait partie de notre patrimoine. Elle était autrefois portée par nos habitants aux siècles derniers qui poursuivaient une tradition hivernale d’origine amérindienne.  Elle redevient populaire le temps d’un carnaval.   Même si Bonhomme Carnaval représente la froide neige, on veut tous le serrer dans nos bras !  Tout le monde le connaît. Bien entendu, Bonhomme Carnaval ne peut se loger, dans nos maisons québécoises, près d’un bon feu de foyer, il fondrait !  Il habite donc, pendant la fête, dans un Palais de glace construit expressément pour lui.   L’an dernier, 270 tonnes de glace ont été utilisées pour construire ce château de dimensions impressionnantes.   Les carnavaleux peuvent visiter ce palais et il est le centre de ralliement pour de nombreuses activités carnavalesques.

 

 

 

 

Pour vous donner le goût du Québec, voici quelques activités de notre carnaval hivernal :

 

Les défilés de nuit : Ils sont très populaires et courus, et le thème de cette année est la Mascarade.  Voir toutes ces lumières et couleurs, ces masques démesurés, ces clowns et personnages costumés qui entraînent la foule, c’est féerique !    Bien vêtus de leur  plus chaud manteau, leur tuque et leurs mitaines, sans oublier une bonne paire de bottes d’hiver, les carnavaleux et carnavaleuses se collent les uns aux autres pour regarder le défilé de chars allégoriques.  C’est la fête, on se colle les uns aux autres, c’est plus chaud !  Les enfants ont les yeux grands ouverts, bien emmitouflés, grimpés sur les épaules des plus grands pour tout voir.  On rit, on applaudit, on souffle dans la flûte du carnaval, c’est la cacophonie, mais ce sera un beau souvenir jusqu’au prochain défilé…

 

Les sculptures sur neige : des sculpteurs venus de partout dans le monde se réunissent et sculptent d’énormes blocs de neige, des objets de tous les jours, des animaux, des scènes de la vie quotidienne prennent forme sous leurs mains, je devrais plutôt écrire sous leurs mitaines, car ils doivent s’habiller chaudement. Nous y découvrons de merveilleux talents.  Avez-vous déjà sculpté avec une pelle ?

 

 

 

 

 

La course en canot :  c’est une course pour les courageux, car le fleuve est glacé.  Cette course est un sport de compétition extrême, pourtant dans l’histoire des québécois, les ancêtres traversaient le fleuve St-Laurent en canot, car c’était le seul moyen de transport en hiver.  Les canotiers qui participent à cette compétition, traversent le fleuve en côtoyant parfois des blocs de glace, ils doivent être très agiles, c’est une compétition d’endurance et de risque.

 

Le bain de neige : quoi de mieux pour montrer à nos amis qu’on n’est pas frileux que de prendre un bain en maillot de bain (parfois sous les -20 degrés celsius !). Vous grelottez juste d’y penser ! Cette activité est pourtant populaire et qu’après le bain c’est le sauna. C’est une expérience inoubliable qui donne de l’énergie.

 

La grande virée : c’est une course d’attelages de chiens de traîneau dans les rues du Vieux-Québec enneigées pour l’occasion.   Après avoir vu cette compétition, les spectateurs se promettent de profiter eux aussi d’une ballade avec les chiens de traîneau dans nos forêts québécoises, pour admirer les paysages blancs de neige et respirer l’air vif de notre climat, le corps bien au chaud sous une couverture de laine du pays comme au bon vieux temps.

 

Il  a plusieurs autres activités, spectacles en chanson, en danse, promenades en carriole au son des grelots, et d’un hiver à l’autre, de nouvelles activités s’ajoutent, comme la course de raquettes, le spectacle de bûcherons acrobates, la tyrolienne qui traverse le ciel des Plaines d’Abraham.   Pour ceux et celles qui veulent en voir davantage, je vous invite à visiter le site du Carnaval de Québec à l’adresse suivante :   http://www.carnaval.qc.ca/ . Vous pouvez aussi compléter avec : http://www.linternaute.com/voyager/carnaval/quebec/quebec.shtml   

 Il y a aussi cette vidéo très intéressante avec une chanson entraînante : http://video.google.fr/videoplay?docid=-1421155355143452181&ei=CgWXSYKQCISQ2wLi8ci7Cw&q=Carnaval+de+Qu%C3%A9bec&hl=fr

                               

 

Le Carnaval de Québec est le plus gros, mais plusieurs autres petits carnavals se font dans nos villes et villages en province, et plusieurs écoles organisent en collaboration avec les étudiants, un Carnaval à leur façon, où tous peuvent profiter des jeux d’hiver ou des activités sportives reliées à notre climat : patinage, glissade, ski, courses de raquettes, batailles de boules de neige. Toutes ces activités font oublier les rigueurs de l’hiver, et mettent en valeur les avantages de notre climat.

 

Avant de terminer, pour vous sucrer le bec, voici des petites gourmandises délicieuses et populaires au Carnaval :

 

Queue de castor, c’est une pâtisserie frite qui ressemble à la gaufre, elle est étirée pour prendre la forme de la queue du castor, et elle est recouverte de chocolat ou saupoudrés de sucre et de cannelle. On peut visionner cette vidéo : http://www.tqs.ca/videos/recettes/2008/02/didier-girol-et-sa-recette-de-queue-de-castor-24127.php et la recette détaillée peut être prise ici : http://chefcuisto.com/recette/2008/02/29/biscuits-queues-de-castor/

 

Tire sur la neige : on fait cuire le sirop d’érable jusqu’à un certain degré, ensuite on rempli une auge avec de la neige propre, et on verse sur la neige la tire d’érable encore chaude.  Ensuite on enroule la tir sur un petit bâtonnet, elle refroidit et durcit.  Délicieux et très sucré !  En visitant ce site, on peut voir les étapes pour faire de la tir sur la neige :

http://www.maplebymail.ca/tire.htm

 

Comme on le dit au Québec : « attachez vos tuques avec d’la broche ! » et venez vivre le Carnaval de Québec !

 

Cet article a été réalisé à partir du texte rédigé par Jocelyne que je remercie de sa contribution. Au niveau du crédit des photos, je voudrais exprimer ma reconnaissance à Madame Andrée-Anne Stewart, adjointe aux communications de « Carnaval de Québec » pour son autorisation de parution en ligne de l’image représentant l’ouverture des feux du Carnaval. Les autres photos proviennent d’amis de Jocelyne ayant personnellement assisté à cette manifestation ou bien ce sont des images libres de droit provenant de « wikipedia ».

Tags : , , , , , , , ,

Carnaval au Brésil : c’est la fête avec le roi Momo

Animations culturelles, musique, Pays, Pédagogie, Société 6 commentaires

              

 

 

 

 

 Le carnaval au Brésil est une fête nationale qui dure 4 jours dont les formes varient selon les régions. Quand on parle de cette manifestation populaire, on pense immédiatement à la ville de Rio de Janeiro, pourtant dans toutes les villes, grandes et petites, il y a une manifestation « carnavalesques ». A la fin du XIX ème siècle, les « cordons » font leurs apparitions. Il s’agit de petits groupes qui jouent de la musique et dansent dans les rues. Ces groupes sont à l’origine des fameuses écoles de samba.  Les plus célèbres sont Beija Flor, Vila Isabel, Imperio Serrano. Les carnavals les plus fameux sont ceux de Recife, Salvador de Bahia, Sao Paulo et évidemment Rio.  La figure symbolique du roi du carnaval date de 1932 : c’est un personnage en carton que l’on a appelé « le Roi Momo« . Ensuite, il a été décidé que « Momo » serait quelqu’un en chair et en os et donc on a choisi un homme au physique assez imposant et à l’aspect sympathique. Pour l’année 2009, « Momo » sera un banquier de 29 ans appelé Milton Rodrigues da Silva Junior. Vous pouvez voir sa photo à : http://www.lightstalkers.org/images/show/690914 

 

 

 

 

 

 

 

                                           À Rio, le carnaval commence dans les rues de la ville avec les bals précarnavalesques, les défilés des bandas et des blocos. Il s’agit de groupes de percussionistes qui défilent accompagnés de personnes déguisées. D’origine française, les masques ont été introduits au Brésil vers 1835. Le déguisement, grâce à des masques a été completé par des costumes, ce qui a rendu le carnaval encore plus coloré. Généralement, un bloco est organisé par les habitants d’un quartier et défile dans les rues de ce quartier. Ces défilés commencent bien avant le carnaval, les premiers se tenant plus de trois semaines avant le début officiel des festivités.

                                                             

 

       Le Défilé des écoles de samba est sans aucun doute le spectacle le plus important du carnaval. À cette occasion, les différents groupes des écoles de samba défilent. Les écoles des deux meilleurs groupes (groupe A et groupe spécial) défilent dans le sambodrome.  Le « sambodrome » est l’avenue Marquês de Sapucai à Rio.  Elle mesure 800 mètres de long. Les autres groupes (B à E) défilent dans les rues de la ville. À l’issue de ces défilés il y a um classement et la première école du groupe spécial est déclarée championne, la seconde vice-championne.

 

                                                                 

 

Chaque école choisi un thème pour son défilé ( l’enredo). Les thèmes abordés sont très divers, on parle parfois de la situation politique du pays ou de  son histoire…Parfois on rend hommage à une personnalité qui a fait son époque. Des acteurs et actrices fameux , des chanteurs ou bien des gens connus et qui jouent un rôle important dans la société sont invités à défiler sur les chars allégoriques. Regardez quelques images à cette adresse : http://www.carnaval-rio.org/photos_voyage.php

 

Mais il n’y a pas que le carnaval de Rio…Ceux de Recife, de Salvador, de São Paulo et même de Porto Alegre, capitale du Rio Grande do Sul (extrême sud du Brésil) rassemblent toutes les personnes ayant une seule envie: danser, s’amuser, se défouler aux rythmes les plus divers. Ecoutez un peu la musique : http://www.carnaval-rio.org/musique_carnaval_2007.php Les styles chorégraphiques dominants du carnaval sont la samba, le frevo et le maracatu. Le frevo est typique de l’Etat de Pernambuco, le maracuta vient de Recife. Ce sont des danses qui ont des origines africaines?

 

Il faut évidémment, pour finir, parler du carnaval de Brasília, ville toujours oubliée quand on parle de cette fête. Ici, le carnaval existe sous la forme de blocos…Le Bloco Pacotão est connu pour satiriser la situation politique du pays; il y en a d’autres tels que O Galinho de Brasília (le petit coq de Brasília), O Suvaco da Asa , Nós Que nos Amamos Tanto

                                      

 

Il ne faut pas oublier les concours…On peut les appeler le Carnaval des concours: concours de beauté de “musas”, de mulatas, concours de créateurs de costumes ( les “Concurso de Fantasias”). La télévision est toujours  présente à tous ces événements, pour informer le grand public et le faire participer activement en l’appelant à voter pour ses candidats ou candidates préférées.

 

Sans risque de se tromper, on peut dire que c’est le carnaval qui marque le début des activités dans notre pays. Cette année la rentrée scolaire a été le 9 février, mais on doit attendre la fin du carnaval pour avoir tous les élèves présents dans nos cours…Le 21, 22, 23 et 24 février la majorité des personnes oublieront leurs problèmes pour faire la fête. Visionnez  http://www.carnaval-rio.org/carnaval.php et http://www.rio-carnival.net/rio_carnival/rio_carnival_programs.php

 Cet article a été rédigé à partir d’un texte adressé par Marieta du Brésil que je tiens particulièrement à remercier.

Tags : , , , , , , , , , ,

Noël au balcon : en Afrique du Sud avec Daleen

Gastronomie, Langues, Pays, Pédagogie, Santé, Société 11 commentaires

Les décorations de Noël :

    On voit déjà les décorations de Noël dans les magasins dès la deuxième moitié de novembre. Surtout dans les centres commerciaux il y a des guirlandes de papier et des guirlandes électriques, mais on orne la maison qu’au début de décembre, ou un peu plus tard. Dans certaines des rues, il y a également des guirlandes électriques, illuminées tous les soirs de décembre. Et dans les centres commerciaux on n’entend que de la musique de Noël, bien sûr pour améliorer les ventes !

     Dans les maisons, traditionnellement on a un sapin orné des guirlandes électriques et des boules luisantes, ou parfois orné de petits cadeaux, ou de petits gâteaux. Cela te semble très pas très original , n’est-ce pas ? Oui, c’est parce que l’on partage une histoire européenne. Mais il y a aussi (souvent !) une tournure (« twist ») africaine. On sélectionne un arbre indigène et on l’orne d’ articles africains, même dans le jardin, car il fera chaud ce temps-là. Maintenant c’est à la mode de prendre comme sapin une structure fabriquée en fil de fer et de l’orner de guirlandes électriques.

                                                     

     Il y a souvent une crèche dans un coin des centres commerciaux, ou un « Père Noël » (en costume traditionnel) qui se promène partout dans les allées du magasin pour « écouter les vœux des petits ». Nous n’avons pas de St. Nicolas ou de calendrier de l’avent. Pourtant, la communauté allemande et les gens de l’église luthérienne conservent le calendrier de l’avent. Pour avoir une idée de nos décorations, je joins la photo d’une guirlande accrochée à la porte d’entrée. Elle est fabriquée  avec du foin, des rubans en coton et de petites fleurs sauvages.

 L’organisation sociale

         Chez nous le Noël se passe en été et oui, les écoles, les universités et beaucoup d’ entreprises ont leurs vacances annuelles à cette époque de l’année.  Ainsi la reprise scolaire se fera-t-elle fin janvier, début février. Ce sont « nos grandes vacances d’été » et une nouvelle année scolaire débutera au retour, avec de nouveaux élèves. Souvent les entreprises  ferment le 24 décembre et n’ouvrent que le 3 ou 4 janvier ou plus tard. Les centres commerciaux ne sont pas fréquentés. Donc, beaucoup de personnes partent pour le bord de la mer. Les uns qui ont de la chance d’être propriétaire d’une maison secondaire passent souvent leur fête la bas. Mais en tout cas, c’est une fête familiale. On voyage pour assister à ces grandes fêtes. Moi, je vais aller  rendre visite à ma mère qui vit dans une maison de retraite et nous allons y déjeuner ensemble.

 

 L’importance de la religion

      Pour l’église catholique la messe est importante. Je suis protestante, donc nous n’avons pas de messe de Noël. A l’église protestante il y a bien un office tôt le matin. Mais je ne sais pas pour les juifs, les autres communautés et les religions africaines. Chez nous « Douce nuit » est nommée « Silent night » ou en afrikaans : « Stille nag ». Il y a beaucoup de chants bien connus, mais presque tous sont hérités de la tradition européenne. Je me souviens, quand je travaillais à FARMOVS,  une entreprise pharmaceutique, nous avons eu une soirée de chants aux alentours de Noël et tout le monde a chanté « Silent night » dans son propre langue. On ne pouvait pas arriver à comprendre les mots, mais la mélodie était la même. Nous avons surtout les mélodies des chants qui viennent de l’Europe, mais les paroles  diffèrent d’une langue à une autre. Il y a aussi des chants de Noël qui sont nés ici, par exemple, « Somer Kersfees » (« Noël d’été », librement traduit). La tradition anglaise de la musique de Noël est encore forte dans ce pays, parce que nous étions une colonie anglaise auparavant. Pour dire « Joyeux Noël » en afrikaans, on dit : « Geseënde Kersfees ». Cette expression contient aussi un peu la tradition chrétienne parce que « Geseënde » veut dire : « béni » Nous n’avons pas de chants d’enfants qui parlent de Noël.

 

 Le menu typique

      Bien qu’il fasse très chaud, il y a encore des gens qui mangent un traditionnel repas chaud : du jambon, de la dinde. Ces dernier temps, il est de plus en plus courant  de préfèrer un repas froid : des viandes froides et des salades et pour le dessert de la glace. Et si on fête le Noël au bord de la mer, le repas est souvent moins cérémonieux. Mais en tout cas, les repas (et les réunions) sont organisés méticuleusement ! Souvent toute la famille se réunit autour de la table pour un grand repas traditionnel, ou parfois autour le feu d’un barbecue. La fête au dehors, en plein air est souvent privilégiée. Il y a aussi très peu de restaurants ouverts le Noël pour servir un repas assez traditionnel.

Nous n’avons pas 13 desserts et quel dommage ! Normalement nous avons du « trifle » comme dessert (Vous pouvez vous documenter sur ce gâteau venu d’Angleterre à  http://fr.wikipedia.org/wiki/Trifle ) .Cela contient du gâteau, de la gelée, de la chantilly etc. – encore  un témoignage de notre héritage anglais. Quand j’étais encore mariée, j’ai travaillé tout le 24 décembre pour préparer une vraie fête de Noël, c’est-à-dire un repas chaud. Mais maintenant je suis seule et je vais déjeuner chez ma mère. Nous ne sommes que les deux. Pourtant je vous souhaite à tous un « joyeux Noël » et après le repas de Noël une bonne sieste !

Merci beaucoup à Daleen pour l’envoi de cet article accompagné des photos. Il y a maintenant quasiment un an que notre amie d’Afrique du Sud collabore à la rédaction des blogs scolaires du lycée. Mon voeu pour 2009 sera donc la poursuite de cette étroite alliance dans la découverte de nos pays recpectifs.

Tags : , , , , , , , , ,