Moelleusement

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Comme il est doux de se savoir à l’abri et derrière les carreaux de la fenêtre de sa maison quand dehors il neige et que les températures sont vraiment très basses. On apprécie le confort moelleux d’un lit douillet qui empêche justement d’être glacé jusqu’à la moelle. On peut même se payer le luxe de siroter un vin moelleux tout en regardant le manteau blanc s’étendre sur le sol. Le mot « moelle » désigne initialement la substance molle contenue dans différents os. Les chutes entraînant des os cassés ne sont pas rares durant l’hiver, j’ai donc pensé qu’un article permettant l’usage des mots « os » ou « moelle » serait un bon clin d’oeil tout enrichissant le vocabulaire de nos élèves. J’espère ne pas être tombée sur un os et pouvoir vous passionner en  apportant la connaissance de « la substantifique moelle » dont parle Rabelais

François Rabelais (1494 -1553)

En effet, dans son oeuvre  l’écrivain, qui  ne fit tout de même  pas de vieux os pour être mort à l’âge de 59 ans, explique que chacun doit chercher l’essentiel dans un ouvrage. Il ne s’agit pas de l’avoir dans l’os en n’arrivant pas à assimiler les notions indispensables, personne ne doit avoir l’impression d’avoir eu un os à ronger en ne récoltant que peu de miettes d’une grosse affaire. A force de faire des efforts pour apprendre, il est possible que vous soyez sur les rotules.  Vous aurez peut-être aussi l’impression d’être entre l’enclume et le marteau puisque d’un côté vous augmentez votre potentiel intellectuel mais, de l’autre, vous vous fatiguez beaucoup. Mais alors là, pourquoi ne pas prendre des infusions d’astralgale dont les propriétés sont connues pour remettre sur pied les personnes affaiblies ?

Vous estimez ce billet loufoque et je peux vous dire que c’est normal puisque je l’ai rédigé en ayant à l’esprit l’humour de l’os-à-moelle, journal humoristique fondé par Pierre Dac en 1938. Pour vous donnez une idée de la teneur de ses réflexions, je concluerai avec l’une de ses maximes :  » Il est démocratiquement impensable qu’en république il y ait encore trop de gens qui se foutent royalement de tout » .

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Enlève tes charentaises, et va voir les thèses en chars !

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       Est-ce que vous êtes pantouflard ? Vous ne pouvez pas répondre parce que vous ne savez pas ce que ça veut dire, c’est cela ? Eh bien, être « pantouflard », c’est se sentir tellement confortable dans ses pantoufles que l’on se plaît à ne pas quitter son chez-soi, bref, c’est être casanier.

      Je vis à Limoges et cette ville était autrefois très connue, non seulement pour sa porcelaine (c’est encore le cas, heureusement !) mais aussi pour la fabrication de chaussures. Il y avait, dans mon enfance, à l’emplacement actuel du centre commercial appelé « Centre Saint Martial« , une grande usine de chaussures : l’entreprise Heyraud. Vous lirez l’histoire de cette entreprise dans cet article : http://www.heyraud.fr/historique . Il eut parfois des conflits  sociaux au sein de cette fabrique comme le montre la photo ci-dessous

                                                               

       Beaucoup de Limougeauds étaient cordonniers c’est-à-dire réparateurs de chaussures. Il y avait peu de temps que les gens de la campagnes ne portaient plus en permanence leurs sabots et alternaient souliers et charentaises. Ces pantoufles, créées à partir de rebuts de feutres, doivent leur nom au fait d’être sorties d’une usine installée en Charente.

                                                                   

        L’expression « Etre dans ses petits souliers » signifie être embarrassé. Vous le n’êtes pas ! Vous voulez même, peut-être, « trouver chaussure à votre pied » , c’est-à-dire avoir sous la main la personne ou la chose qui vous convient exactement. Eh bien, je vous propose de ne pas du tout être pantouflard et de partir avec moi au Luxembourg pour assister à un défilé de chars pas ordinaire.

                                                           

                                                           

               Il y a trois langues officielles dans ce duché : le luxembourgeois, le français et l’allemand.  La capitale est Luxembourg. Aujourd’hui, nous nous intéresserons à Esch-sur-Alzette qui est la seconde ville du pays avec 27 244 habitants.

                                                             

                Hier, dimanche, donc le 15 mars, il y avait la cavalcade à Esch mais n’imaginez surtout pas que je vais encore vous parler de « grosses têtes », de sa majesté Carnaval, des reines, etc. Il y avait bien la fête mais elle avait un esprit particulier : elle était porteuse de messages, je dirais presque de thèses ! Bien sûr, les confetti, les traditionnelles majorettes et  la bière très appréciée dans les pays du Nord étaient de la partie.

                                                             

                                                                            

                                                            

                                                           

        Mais, ce qui se dégageait de tout cela, c’était plutôt une certaine philosophie, celle qui consiste à faire cohabiter l’esprit festif et une prise de conscience citoyenne.  Qu’est-ce que cela signifie ? Eh bien, par exemple,  même dans le cadre d’un divertissement, on peut aborder le thème de l‘écologie, du développement durable, du tri sélectif. Jugez -vous-même ! Pas de mise en scène à la manière du « showbiz », pas de surenchère pour épater la galerie. Les chars sont « faits maison » avec des moyens très réduits. Il suffit d’un peu d’ingéniosité et non seulement  celui qui défile  est original mais il attire aussi l’attention du public sur des problèmes sociaux d’actualité.

                                                        

                                                       

            

                                                      

                                                      

   La calvalcade est aussi un prêtexte pour rappeler les grandes causes nationales : ligue contre le cancer, société protectrice des animaux, etc. Dans l’assistance, on notait la présence de nombreux handicapés moteurs ou cérébraux.  Il y avait beaucoup de personnes en fauteuil roulant et ils étaient le centre de toutes les attentions pour leur offrir des bonbons, des stylos, des paquets de popcorn, des casquettes, etc.

                                              

     Chacun fraternise. Le « cow-boy » n’est plus l’ennemi de l’Indien. Dans la rue défile un monde idéal où chacun se sent bien et communique avec les autres. Les paysans luxembourgeois ont accepté bien volontiers de prêter leurs tracteurs dont ils se servaient pour leurs cultures pour que, bien nettoyés et « bichonnés », ces engins tirent les chars. C’est cela la solidarité !

                                         

                                        

                                       

          Puisqu’il faut être modeste et en même temps valoriser ce que l’on posséde, inutile d’inviter des personnalités sportives pour animer le spectacle.  Le club local de gymnastique et de trampoline s’est chargé des animations. Regardez-plutôt ces acrobaties !

                                        

                                       

                                        

        Puisque j’ai commencé cet article avec des jeux de mots basés sur des sonorités proches, je le terminerai de la même manière en disant qu’au Luxembourg, la bourrade ( petit coup brusque donné comme marque d’amitié) n’est pas un luxe mais une tradition et que les Luxembourgeois ne sont ni des bourgeois ni des amateurs de luxe !

      J’ai rédigé ce billet sur la base d’un reportage-photo de la cavalcade d’Esch que m’a adressé Marie-Annick, l’enseignante qui était déjà à l’orgine du texte sur les lampions. Je la remercie beaucoup.

 

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