Franchement, je donne ma langue au chat !

Animations culturelles, Economie, Langues, Pays, Pédagogie, Personnages, Société, Théâtre 4 commentaires

    Le billet précédant dévéloppait la notion de « patrimoine »  et faisait surtout référence aux biens nationaux tels que des musées, des églises, etc. Il sous-entendait que la gastronomie pouvait se rattacher à l’ identité d’une région ou d’un pays. Il en est de même de la langue car elle est la « caractéristique » d’une zone géographique et permet la communication entre les différents habitants. La langue joue le rôle de « ciment » et assure la cohésion d’un peuple . Dans l’impossibilté de  faire dialoguer ses habitants un pays perd son prestige et cela affecte son économie.

    François Ier (1494- 1547)

   En 1539, François 1er (né en 1494, mort en 1547 mais ayant régné à partir de 1515), par l’ordonnance de Villers-Côtterets , impose le français comme langue nationale de façon à mieux administrer la France. Il confére une unité au pays, diminue l’impact du latin et des dialectes locaux

 La Renaissance se caractérise par « les grandes découvertes » comme on a coutume de le dire et dans « découverte » on doit aussi admettre la conquête de nouveaux territoires.

                                          "Les grandes découvertes"

    C’est l’exploration de l’Amérique du Nord. Il y a la « découverte » de l’Amérique par Christophe Colomb en 1492  . Je mets le mot « découverte » entre guillemets parce qu’en fait l’expression me semble ambigüe en raison des relations que vont avoir les conquérants et les autochtones.

Christophe Colomb (1451-1506)

    Jean Cabot  « découvre »l Terre Neuve en 1497. En  1949 Terre Neuve est devenue la dixième province du Canada.

Jean Cabot (1450-1500)

     Samuel de Champlain, à la fin du XVIème siècle, tissera un lien entre le lieu « découvert » , Québec, et la France.

                                                                     Samuel de Champlain

       A la fin du XVII ème siècle, René Robert Cavelier de La Salle et Louis XIV ème  assureront l’influence française en Amérique du Nord avec la création de la Louisiane.

         Les conquêtes de l’Afrique ainsi que celles de l’Asie ont aussi « exporté » la langue française et c’est ainsi que s’est développée la francophonie.  Malgré cet héritage souvent obtenu dans le sang et par la force, la francophilie jouit d’un grand prestige. Limoges aime à permettre à des artistes francophones et francophiles venant de nombreux pays à se retrouver dans cette ville durant un festival. Du 24 septembre au 3 octobre, « Les francophonies en Limousin  » offriront de multiples spectacles dont les créateurs viennent de Madagascar, de Belgique, du Burkina Faso, de l’ Ile Maurice, de l’Ile de la Réunion, du Québec, de la Suisse, de la Syrie, de l’Algérie, du Congo, etc. Pour plus de détails, regardez le programme : http://www.lesfrancophonies.com/index.html Cette manifestation prend place tandis qu’aujourd’hui même correspond à la journée européenne des langues : http://edl.ecml.at/

Tags : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Noël au balcon : à Madagascar avec Florence

Gastronomie, Grands événements au lycée, Langues, musique, Pays, Pédagogie, Société 5 commentaires

     Rien de spécifiquement malgache . Car  nous avons, dans le temps, eu droit à l’évangélisation des missionnaires aussi bien catholiques que protestants. Avant leurs venues dans l’île, la population s’adonnait surtout à l’idôlatrie. Sous l’égide des « mpimasy  » « mpanandro  » et toute une clique de sorciers! Les missionnaires, importateurs des différentes religions, ont , par la même occasion, transmis les traditions occidentales.  Il n’y a pas de guirlandes de fleurs dans les rues , seulement quelques maigres et timides guirlandes illuminées , efforts de la commune urbaine ! 

     Cependant, nous avons des principes :

– même la famille la plus démunie se permet le luxe d’une dinde ou d’une oie ou encore d’un poulet pour le 25 décembre . Mais on aime bien aussi les plats à base de crevettes, langoustes et aussi les achards.

 

  

 

– Il n’y pas de veillées de Noël, mais la messe de minuit à laquelle se rend la famille entière .

– Chaque ménage se trouve un sapin,  naturel ou artificiel , orné et garni avec des guirlandes  et toutes les garnitures

– On raconte aux enfants qui y croient le passage du père Noël avec des jouets et les marchands de jouets locaux font de bonnes recettes durant cette période !

   Malgré le climat tropical , presque toutes les maisons ont une cheminée où jamais aucun ramoneur n’est passé . Mais je fais volontiers du feu dans la mienne quand on a 6° et ça tient chaud !

 

« Mon beau sapin « ,  du moins , les quatre premieres lignes et l’air sont bien connus de tous les petits Malgaches , mais ils les ressortent aussi à n’importe quel réunion familiale de l’année .

La bûche de Noël aussi est dans presque tous les ménages et on l’apprécie sans en trop connaître le sens !

   Je ne vois pas l’originalité d’un Noël malgache ni du Nouvel an,  sauf que, à la fin de l’année, on se félicite d’arriver à la fin de cette année : « traty ny farany ! » qui veut dire  » félicitations d’être là jusqu’à la fin! « Ce qui n’empêche d’ailleurs pas que beaucoup de décés figurent à la rubrique « Nécrologie » du 31décembre !!! 

   Notre Père Noél est « Dadabe Noely  » ! parce qu’il a une barbe blanche et les cheveux blancs, donc, il est grand-père ! Joyeux Noël  se dit : « mirary Krismasy sambatra » encore : » tratry ny krismasy ê!  » c’est -à -dire : « félicitations d’être vivant encore pour ce Noël ! » « Taona vaovao tonga lafatra ho anao !  » veut dire textuellement « je te souhaite une excellente nouvelle année! » Couramment , c’est surtout : «  tratry ny taona ê!  » ou  » félicitations d’entamer l’année ! » Parce que « tratry  » signifie « attrapé » ou « atteint Une petite parenthèse, comme la vie est très dure et le pouvoir d’achat continuellement bas pour le Malgache, de plus en plus, une formule qui se veut être ironique est actuellement employée . C’est « tratry ny Krizmafy ê! « . « Krizy » signifie « crise » et « mafy » « dure », ce qui donne crise dure au lieu de Krismasy

                       

         Et qu’aussi , les jeunes et les moins jeunes se font un devoir de rendre visite aux ancêtres et leur offrent le » solom-body – akoho « . Le solilès de la poule passait du temps de nos aïeux pour le meilleur morceau et était destiné uniquement destiné aux aïeux ! Malheur aux jeunes qui osaient y toucher ! Aujourd’hui , les familles ne sont plus réunis pour un repas de fête , et on offre donc aux plus âgés le « solom-body-akoho » , c’est à dire une certaine somme,  au lieu du fameux solilès! Et la grande question est qu’on mange bien à Noél et Nouvel an, mais le prix de la dinde devient exhorbitant ainsi que l’oie, le poulet aussi commence à être inaccessible ! Je sais que la majorité des familles malgaches paient très cher les dépenses des fêtes de la fin d’année et que les mois de janvier et de février sont très éprouvants pour beaucoup de ménage ! Certaines personnes font des pique-niques et vont à la plage pour Noël, mais pas moi.  Il y a même des barbecues avec filet de ébu et coktails de fruits de mer, accompagnés de liqueurs. Nous buvons aussi des cockails à base de litchis. Il y a une bière malgache qui est très connue. Elle s’appelle « Three horses beer » et on dit « THB » en abégé

                                  

 

  

 

      Mon mari étant le dernier de sa famille, nous allons, avec nos enfants rendre visite et offrir « lhistoir  » à ses aînés et aux miens et, comme j’ai encore deux soeurs cadettes, les enfants de l’une (décédée) viennent nous saluer et ma soeur encore vivante avec sa famille aussi ! Du côté de mon mari, comme ils sont très nombreux, les neveux et nièces viennent par groupes et une grande fête a lieu tous les ans dans une grande salle de fête où la musique, les danses et les repas malgaches abondent !  Il n’y a pas beaucoup d’argent pour les jouets des enfants : c’est clair !  Par contre , advienne que pourra , mais les Malgaches, hommes et femmes, tiennent aux beaux vêtements, même en temps ordinaire, à plus forte raison pour Pâques et Noël.

            Merci Florence pour cet article et surtout ces magnifiques photos de plats. Quelle bonne cuisinière !  Les photos sont de Florence sauf celles des anciennes étiquettes de bière THB, de soda et de limonade « pick » qui sont de ma propre documentation. Merci pour savoir ainsi captiver le lecteur. Que l’année 2009 nous réserve encore, grâce à toi, d’aussi intéressants articles !

Tags : , , ,

L’île aux mille reflets

Animaux, Ecologie, Langues, Pédagogie, Société 20 commentaires

      Je m’appelle Florence. Je suis une enseignante FLE de Madagascar. J’ai lu l’article sur  » le Safari du Kenya « , d’où mon envie de vous parler de mon île .
     Dénommée aussi La Grande Ile ou encore l’Ile Rouge à cause de sa terre de latérite rouge,  elle se situe dans l’Océan Indien, à l’Est de l’Afrique, dont elle est séparée par le Canal de Mozambique. Sa capitale est Antananarivo ou La Ville des Mille. Certains la qualifient de Sanctuaire de la Nature ! Juste vision si l’on s’en réfère à l’ originalité et à la diversité de ses sites, de sa faune et de sa flore, de son climat, mais aussi de sa population .

        L’île ne conserve plus qu’une partie de sa forêt primaire , mais elle est classée parmi les plus riches sur le plan biodiversité avec ses nombreuses espèces d’animaux et de plantes, uniques au monde, car à 80% endémiques. Cette biodiversité, dûe à son isolement,  fait que la Grande Ile abrite 100% des lémuriens de la planète et la moitié des caméléons. La  flore malgache est d’une richesse extraordinaire avec 12 000 espèces  de plantes dont 70 à 80% endémiques.

 

                  

 

                  

 

                             

                    

                 

        Mais pourquoi à Madagascar, les habitants incendient-ils les forêts ?  Ce fait est dramatique comme la réponse. Parce que cette pratique est typique aux pays les plus pauvres de la Terre! Les paysans, ne disposant que d’un petit lopin de terre pour nourrir leur famille, brûlent la forêt et cultivent  le riz sur l’espace ainsi  obtenue car le riz est l’aliment de base du Malgache

  Il y a aussi la coupe des arbres, dont le bois sert à la construction des meubles mais aussi comme matériaux de construction. Les Malgaches coupent également le bois pour la production du charbon de bois, obtenu en brûlant le bois selon un procédé spécial . Pour ce combustible dont l’usage est courant dans 85% des ménages malgaches, les charbonniers s’attaquent surtout aux forêts d’eucalyptus et de mimosas! C’est une conception erronée car la déforestation est source de disette, de misère et provoque le déséquilibre climatique .

 

            

      

          

      On invoque la grande augmentation de la population comme  une des causes principales de ce déboisement. En effet, la population de Madagascar se monte actuellement à 20 042 551 habitants, alors qu’elle était à 16 000 000 habitants en 2004. Le  taux de natalité étant de 38,35% mais l’espérance de vie est de 62 ans.Voila quelques chiffres qui  permettent d’expliquer la pauvreté du pays.

 

          Mais ces statistiques varient aussi selon les ethnies. Madagasar est un mosaïque composée de 18 ethnies ayant chacune son dialecte, ses us et coutumes, ses folklores, ses origines, ses moeurs, sa religion. Voici leurs noms

 -les Antaifasy dans la province de Fianarantsoa

 -les Antehimoro plus au sud

-les Antesaka,  ceux qui viennent des Sakalava

-les Antekarana, région d’ Antisaranan, au nord de l’île

-les Antambahoahka,  du côté de Mananjary

-les Antandroy, la région sud , la plus sèche et la plus pauvre  Antakarana  à l’extrême nord,  d’Ambilobe au cap d’Ambre

-les Antanosy, dans la région de la ville de Tolagnaro ( Fort-Dauphin )

-les Bara, au-delà de la porte du sud, dans les régions désertiques

 – les Betsileo,  allant d’Ambositra au delà de Fianarantsoa (avec une sous-ethnie appelée « zafimaniry » (enfants de ceux qui désirent)

-les Betsimisaraka, de Moramanga à Tamatave et ses environs

-les Bezanozano ( aux petites tresses )

-les Mahafaly vers le sud épineux et désertique

-les Merina, sur le Haut-Plateau central

-les Sakalava dans la règion de l’Ouest

-les Sihanaka,  de la région du lac Alaotra

-les Tanala, ceux de la forêt

-les Tsimihety, les non coupés

-les Vezo, les professionnels de la pêche

         Toutefois, la langue malgache reste la langue officielle et  les traditions des différentes ethnies sont toutes basées sur le culte des ancêtres et des morts. Les historiens affirment  que le peuplement de l’Ile est une véritable énigme, car le mystère persiste quant à l’origine de ce peuplement.

     La  population devrait pouvoir assurer  elle-même la protection de la nature de son pays mais elle est accaparée par la précarité de ses conditions de vie et par les difficultés de sa survie, aussi doit -elle recourir à des organismes locaux et étrangers  pour assurer cette protection . Ainsi travaillent en collaboration  la CBSG (Conservation Beeding Specialist Group ) et l’ANGAP , l’autorité malgache pour les parcs. Le but de ces organismes est de proposer et de faire appliquer des mesures de protection .

      Pour que Madagascar puisse s’orienter vers un développement raide et concret, la population jeune  malgache s’implique en offrant une main d’oeuvre à bas prix mais reconnue pour sa forte capacité d’apprentissage et d’assimilation. Les jeunes Malgaches sont aussi avides de se former sur place ou à l’étranger et s’escriment à obtenir  les diplômes pour former la majorité du personnel de cadre des entreprises .

                                               

      Malgré tous les obstacles et difficultés rencontrés, Madagascar continue toujours son avancée  sous son soleil radieux, dans la joie et l’espoir et avec une belle promesse d’accueil chaleureux à ses éventuels visiteurs .

 

      Je remercie Florence de l’envoi de ce témoignage fort intéressant. Tous les crédits photographiques lui sont dus sauf en ce qui concerne les deux derniers dont je suis l’auteur. Je voudrais aussi remercier Esther, une autre amie malgache et qui est aussi enseignante FLE à Madagascar, pour m’avoir offert, parmi sa multitude de cadeaux donnés en gage d’amitié, ce très beau lamba qui décore ma salle à manger et me fait chaque jour penser à elle et à son pays.

    Je voudrais dire aussi que ce billet a été rédigé parce que le lycée Jean Monnet accueille souvent des élèves malgaches qui viennent suivre une formation dans le domaine de la restauration et repartent diplômés.

Tags : , , , , , , , , , ,