Rameaux de laurier, d’olivier et autres

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  Les classes de CAP  de notre lycée  ont écrit quelques textes à partir des aquarelles du peintre Jean-Claude Papeix dont voici le site : http://papeix.free.fr .  Madame Martine Voisin, leur professeur de mathématiques, est à l’initiative du projet. Leur professeur de français, Madame Doris Parneix, a fait le récit du vernissage des toiles de l’artiste limousin dans  http://www.weblettres.net/blogs/?w=capdebonneesper .  Ces élèves ont été récompensés par les représentants du Rotary-Club de la Haute-Vienne au cours d’une cérémonie  de remise des Prix des Métiers. Ils ont reçu des mains de chaque président de club un diplôme et un chèque . Sur la photo ci-dessous, vous pouvez  voir Madame Vergnaud, notre proviseur, ainsi que la délégation d’élèves de CAP.

                                                    

      Les élèves des classes de CAP ont donc été les lauréats d’une sorte de défi qui consistait à être capables d’être inspirés par des aquarelles et, à partir de là, improviser une brillante rédaction. Que signifie le mot « lauréat » ? Textuellement, c’est celui qui est couronné d’un laurier et, de façon plus générale, celui qui a réussi un examen, a remporté un prix dans un concours .

      Mais quel lien avec la plante aromatique me direz-vous ? Le laurier est un arbuste de la région méditerranéenne à fleurs blanchâtres dont les feuilles persistantes et coriaces sont utilisées comme condiment.

                                                                

       Il faut faire quelques rappels mythologiques pour bien comprendre la relation avec l’idée de triomphe. Dans Les métamorphoses, Ovide conte comment, alors qu’elle était poursuivie par Apollon et qu’elle souhaitait lui échapper, la déesse Daphné se changea en laurier. Cet arbre est donc lié à l’idée de triomphe, de victoire. Cette référence mythologique explique que parfois, au lieu de dire simplement « laurier », on préfère utiliser l’expression « laurier d’Apollon ». Un peintre, Giambattista Tiepolo, a choisi ce thème pour l’un de ses tableaux.

                                                               

     En grec, « Daphné » s’écrit Δάφνη et ce mot veut dire « laurier ». D’ailleurs « daphné » est devenu un nom commun masculin pour désigner des arbrisseaux du genre thyméléacées, dont les feuilles sont caduques ou persistantes, et dont plusieurs espèces sont cultivées pour l’ornement. On appelle parfois ces arbres : « bois joli », « bois gentil », ou même « daphné garou« . « Daphné » est aussi devenu un prénom féminin.

                                                                       

    Avoir « une tête laurée » signifie avoir sur la tête une couronne de lauriers. C’est ainsi que sont, par exemple, représentés Jules César, Pierre de Ronsard, Napoléon Bonaparte. Plusieurs expressions confirment l’idée de succès associée au mot « laurier » :

      -Cueillir ou moissonner des lauriers : remporter des victoires

       – Etre chargé de lauriers : avoir acquis beaucoup de gloire

       – Flétrir ses lauriers : déshonorer sa victoire

       – S’endormir sur ses lauriers : ne pas poursuivre une carrière glorieusement commençée

      – Se reposer sur ses lauriers : jouïr d’un repos mérité par des succès antérieurs (mais souvent l’expression est ironique et veut dire en fait que la personne se laisse vivre)

         Plus étonnant encore, le mot « baccalauréat » est un dérivé du mot « laurier » puisque ce terme vient d’un mot latin signifiant « baie de laurier » : une couronne ou un rameau de lauriers ceignait, à l’origine, les génies et les sages. Un « rameau » est une petite branche d’arbre ou la ramification de la tige d’un végétal.

          Le mot « rameau » est très souvent associé au mot « olivier« . Il s’agit d’un arbre méditerranéen qui donne des olives que l’on consomme natures ou bien dont on tire de l’huile. Comme le laurier, l’olivier est donc associé à la gastronomie. De la même façon qu’il existe le prénom « Laurent » qui dérive de « laurier », il y a le prénom « Olivier » qui vient justement de « olivier ».

                                                     

                                

        Autre point commun avec le laurier : en Grèce, lors des Panathénées, une couronne d’olivier et des jarres d’huile d’olive étaient offertes aux vainqueurs pour symboliser leur victoire et leur force ! Enfin, il faut aussi faire référence à la mythologie  pour comprendre cette symbolique. Athéna, déesse de la Sagesse, et Poséidon, dieu de la Mer souhaitaient tous les deux diriger l’Attique, région où se trouve actuellement Athènes. Pour les départager, Zeus proposa que ce lieu reviendrait à celui qui offrirait aux hommes le cadeau le plus utile. Poséidon fit apparaître un magnifique cheval fougueux capable de faire gagner des batailles. Mais Athéna fit jaïllir de terre un arbre immortel capable de nourrir et de soigner les hommes. Zeus estima qu’Athéna avait triomphé de l’épreuve : elle obtint l’Attique et Athènes s’appelle ainsi en souvenir d’Athéna.

      Le rameau d’olivier se trouve sur le drapeau de l’ONU en signe de force pour imposer la paix. On appelle souvent les Académiciens les « Immortels » parce qu’ils portent un habit vert brodé de rameaux d’olivier et cela fait référence à leur désir de perpétuer la langue française.

                                                     

      « Rameau » a donné naissance à « Rameaux » qui est une fête religieuse renvoyant au dimanche qui précède Pâques. Cette célèbration est parfois appelée  » Pâques fleuries« . Il s’agit de commémorer l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. La foule l’a accueilli en agitant des branchages et c’est donc pour cela que l’on parle de « rameaux ».

    C’est bien sûr une fête religieuse, mais, en Limousin, cela se traduit, au niveau gastronomique, par le fait de manger une « cornue« . Il s’agit d’une brioche qui possède une forme très particulière puisqu’il s’agit de celle d’un phallus ! Des documents du Moyen-Age attestent de cette longue tradition. En 1780, l’évêque de Limoges, Monseigneur du Coetlosquet, fut très choqué  et demanda de « rectifier » un peu la forme pour qu’elle rappelle plus un « Y » qu’un sexe masculin car cet érotisme ne lui plaisait pas du tout ! Il n’empêche qu’il s’agit d’une tradition du terroir limousin et que c’est une excellente brioche !

                                             

       Pour parler à nouveau de « rameau », car tel était mon propos, j’aimerais encore donner deux autres significations de ce mot.  Le neveu de Rameau est le titre d’un livre écrit par Denis Diderot, célèbre philosophe français du Siècle des Lumières. Il faut comprendre que « l’oncle » est Jean-Philippe Rameau (1683- 1764), musicien français. Si vous allez sur http://www.linternaute.com/musique/albums/artiste/jean-philippe-rameau/15252/discographie/ , vous pourrez écouter des extraits musicaux.

                                        

                                       

        Enfin, et cela me ramène au domaine de la documentation, « rameau » signifie  » Répertoire d’Autorité-Matière Encyclopédique et Alphabétique Unifié », c’est-à-dire qu’il y a une constitution d’une « liste-vedette » qui permet de s’entendre sur les mots qui seront retenus pour pouvoir  cataloguer des documents. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter : http://rameau.bnf.fr/informations/convention.htm

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Carnaval en Louisiane : fais dodo avec les Cajuns

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     La Louisiane est située au sud-est des Etats-Unis. Ces principales villes sont La Nouvelle-Orléans, Lafayette, Lake Charles, Baton Rouge. C’est un lieu de brassage de culture française, hispanique, afro-américaine, créole et indienne. D’abord peuplé par les seuls Amérindiens, ce territoire a été exploité en 1682 par Cavalier de la Salle qui l’a appelé « Louisiane » en l’honneur du roi de France Louis XIV. La ville « Nouvelle-Orléans » est fondée en 1718, le nom a été choisi pour honorer le régent Philippe d’Orléans. C’est dire combien cet Etat a d’attaches avec la France.

 

 

Au milieu du XVIIIème siècle, les Acadiens ont été chassés d‘Acadie, territoire canadien, par les Anglais. On a appelé cet épisode historique « Le grand dérangement« . Les Acadiens sont alors venus s’installer en Louisiane et ont peuplé les bayous. Au XIXème siècle, par le biais d’une déformation linguistique, les « Acadiens » sont devenus les « Cadiens » puis les « Cajuns« . Aujourd’hui, les Cajuns constituent la minorité francophone de la Louisiane. En 1803, Bonaparte a vendu aux Etats-Unis la Louisiane. Le 30 avril 1812, la Louisiane est devenue le 18ème Etat américain. Cet historique permet de faire comprendre la situation particulière de cet Etat et peut-être la raison pour laquelle son carnaval est si célèbre.

    Le Mardi Gras à New Orleans est devenu une période de célébrations très importante pour la Louisiane aux États-Unis.  Mardi Gras à la Nouvelle-Orléans a incorporé des traditions de la culture africaine ainsi que celle des Îles Caraïbes et de la France.
   La saison du Mardi Gras, en Louisiane, commence le 6 janvier, jour de l’Épiphanie, fêtée avec une galette des rois comme en France,  et finit toujours à minuit le mercredi du Carême.

 

 

Tout est organisé par des confréries (en anglais, les « Krewes »). Rien qu’à la Nouvelle-Orléans, il y a plus de 50 confréries qui construisent les chars et organisent les défilés et les bals parfois très élaborés. Chaque confrérie a son propre défilé, qui consistent des chars et de la musique, et aussi bien que son propre bal.

 

            
  

 

 

Pendant le XVIIIème siècle, le festival était marqué par des processions et des bals. Des calèches et des gens déguisés en masques apparaissaient dans les années 1830. Le symbole du boeuf gras, qui représentait la saison de l’abondance au carnaval de Nice, devient un symbole important du défilé de la confrérie Rex en 1870 . Cette tradition existe encore. Les Louisianais organisent aussi des bals, on danse des « fais dodos » c’est-à-dire des danses cajuns. Les « fais-dodos » sont des bals qui durent toute la nuit car les enfants peuvent « faire dodo » (dormir) tandis que les adultes s’amusent et dansent.

 

  Les premiers « throws » ou « lancers », des babioles qu’on jette des chars, apparaissent en 1871. En 1872, le roi du festival, qui s’appelle Rex, est créé et les couleurs du festival sont fixées : le violet (pour la justice), le vert (pour la foi), et l’or (pour le pouvoir). En 1873, tous les chars étaient construits à la Nouvelle-Orléans au lieu d’en France. La tradition des Indiens du Mardi Gras est fascinante. Les Indiens sont des hommes afro-américains qui font partie des confréries ou des bandes établies aussi tôt que les années 1870, au début des esclaves ou des hommes de couleur libres. Leurs activités, y compris l’heure et le lieu de leurs défilés, sont secrètes. Le grand chef porte un costume énorme et très élaboré, qui peut peser entre 45 et 70 kilos, fait à la main avec des perles et des plumes. Le grand chef et ses proches fabriquent son costume pendant toute l’année. On croit que les Indiens du Mardi Gras étaient inspirés par les Amérindiens à la fin du 19ième siècle, en raison de leur lutte commun pour les droits civils.
Les Indiens défilent à pied, en dansant et en chantant. Quand les bandes se rencontrent en chemin, ils se saluent et les grands chefs admirent les costumes et le travail des autres. Toutes les bandes se réunissent pour un grand défilé la fête du Saint Josèphe le 19 mars, et puis aussi le dimanche suivant, appelé « Super    Sunday ».
    Le festival de Mardi Gras à la Nouvelle Orléans et une célébration pour toute la famille.  On peut se déguiser et apporter un grand sac pour ramasser tout le « throws » qui est lancé des chars : les colliers de « perles », des animaux en peluche, et des « doublons » qui sont gravés avec les emblèmes des confréries. Comme on dit à la Nouvelle-Orléans, « Laissez les bons temps rouler ! » Visionnez la vidéo du carnaval louisianais de 1941 http://video.google.fr/videosearch?hl=fr&rlz=1W1SUNA_fr&q=%20danse%20cajun&um=1&ie=UTF-8&sa=N&tab=wv#q=New+Orleans+carnival&hl=fr&emb=0  et  celle du même carnaval mais en 2008: http://video.google.fr/videosearch?hl=fr&rlz=1W1SUNA_fr&q=%20danse%20cajun&um=1&ie=UTF-8&sa=N&tab=wv#q=New+Orleans+carnival&hl=fr&emb=0

 

Nous vous conseillons aussi de regarder ces sites pour compléter vos informations sur notre carnaval de Louisiane et plus particulièrement de Nouvelle-Orléans : 

http://www.mardigrasneworleans.com/ programme du carnaval 2009

http://appl003.lsu.edu/artsci/frenchweb.nsf/$Content/Cajun+French+by+Themes?OpenDocument Le parler cajun

http://www.louisianatravel.com/ (liens avec la France)

http://www.kreweofcork.com/ et http://www.neworleanscvb.com/static/index.cfm?contentID=706 (détails du programme de la parade)

http://www.cochonrestaurant.com/ et http://www.michauls.com/ (deux restaurants)

http://radiolouisiane.com/cadien/schedule.html (musique cajun)

       Cet article a été rédigé à partir d’un texte et de photos envoyés par Kelly Duval et ses élèves du Massachusetts. Je les remercie beaucoup pour leur contribution.

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Un jour à marquer avec une pastille

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       Vous n’êtes peut-être pas des férus d’Histoire, cependant vous n’êtes pas sans ignorer la période du Second Empire. A la tête du pouvoir se trouve Napoléon III. Il est le neveu de Napoléon I. Les bouleversements économiques et sociaux qu’il opére dans la société française sont spectaculaires et beaucoup nous ont été rapportés par Emile Zola. Ainsi, souvenez-nous de La curée, roman dans lequel Aristide Saccard tente de faire fortune grâce aux aménagements urbains de Paris faits par le Baron Haussmann : ouverture de grands boulevards dans la capitale, mise en place d’égouts, constructions d’immeubles, etc. C’est aussi l’époque de l’apparition du chemin de fer, pensez à Jacques Lantier à bord de sa locomotive dans La bête humaine. Les grands magasins se développent et c’est Au bonheur des dames. Emile Zola et Victor Hugo déplorent ces bouleversements qui favorisent la paupérisation.  Cependant, outre la « modernisation » de Paris, une ville provinciale est très marquée par le régime bonapartiste : Vichy.

      Madame de Sévigné avait déjà assuré la renommée de cette station thermale en disant qu’à la suite d’une cure en 1676, alors qu’elle avait les mains touchées par la paralysie, elle avait à nouveau réussi à écrire sans difficulté à sa fille. Mais la famille Bonaparte et en particulier Napoléon III ont contribué au rayonnement de Vichy. Aussi, le 18 mai prochain, jour du bicentenaire de la naissance de l’empereur, y aura-t-il dans cette ville, une animation culturelle en son honneur : http://www.napoleontrois.fr/site/  . Une large place sera faite à la mode au Second Empire. Pour avoir une idée  de la vie à cette époque historique, je vous invite à consulter :  http://www.paris-pittoresque.com/costumes/5-6.htm . Quelle élégance, tout au moins pour ceux qui en avaient les moyens !

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