C’était le temps des fleurs …

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     Nous sommes encore au printemps même si l’été approche. La nature est en pleine évolution et toutes les transformations sont bien visibles dans les jardins. C’est l’époque de la floraison. Au Japon, les plantes font l’objet de beaucoup d’attention. L’extraordinaire diversité de la flore qui caractérise le Japon s’explique par son extension en latitude, son climat contrasté qui va du subarctique au subtropical. Ce sont les bougainvillées, les poinsettias et les hibiscus qui dominent. Le mot « poinsettia » vient du botaniste Joel Roberts Poinsett.

                                                                  

                                                                              

                                                                            

          Le camélia, les chrysanthèmes, les pivoines, le liseron (appelé aussi « la belle-de-jour« ), le rhododendron (appelé aussi « azalée« ) sont souvent l’objet d’expositions florales dans les temples.   L’amour des Japonais pour les fleurs et les plantes est bien connu.    

                                                                                                                          

 

                                                          

                                                          

    La fleur de cerisier est la fleur nationale du pays car elle rappelle les samouraïs du Japon féodal qui faisaient un parallèle entre la précarité de leur vie de guerriers, en permanence menacée par les combats, et la brève beauté de cette fragile fleur.

                                                           

                                                                      

     L’époque de la floraison des cerisiers est l’un des évenements les plus importants du calendrier japonais. Le pays est tenu informé par la presse de l’évolution. On appelle cela le « hanami » qui signifie littéralement « regarder les fleurs ». On profite de la belle saison pour pique-niquer et chanter sous les cerisiers en fleurs. Toute cette attitude participe au « sakurazensen »  qui veut dire « ligne de floraison des cerisiers ».

                                                                             

                                                                        

        Le château de  Himeji-jô          nous a déjà été présenté par notre amie Mariko dans http://www.weblettres.net/blogs/article.php?w=capdebonneesper&e_id=7968 mais ces jours-derniers elle a visité le temple Chichibu. Voici quelques images de la flore que l’on y trouve en abondance  mais aussi des magnifiques décorations du temple.

                                                                         

                                                                        

                                                                        

                                                                      

                                                                    

Regardez aussi cette vidéo sur la flore du temple Chichibu : http://www.youtube.com/watch?v=9HlMC615RDw

     Dans un prochain article il sera question de l' »ikebana » c’est-à-dire de l’art floral japonais. Je peux déjà vous expliquer que « ikebana » signifie littéralement « fleurs vivantes » car il est formé de « ikeru » qui signifie « faire vivre » et de « hana » qui veut dire « fleurs ».

         Je remercie Mariko de m’avoir suggéré ce billet et de m’avoir fourni quelques photos. Le titre de cet article se référe à  cette chanson dont on peut entendre un extrait à http://chansons.ina.fr/index.php?vue=notice&id_notice=I07187460  et  lire les paroles à http://fr.lyrics-copy.com/dalida/le-temps-des-fleurs.htm

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N’en ayez-pas le sifflet coupé et ne gobez pas tout !

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     Le matin du lundi de Pâques, même s’il fait froid, en marchant dans les rues du vieux Luxembourg, près du Palais Grand Ducal, vous pourrez entendre des chants de rossignols et de coucous. La Pétrusse passe à Luxembourg et porte loin ces sons. Vous serez également très intrigués car les rues sont interdites à la circulation.

                                

                                                   

                                                     

          Ce jour là, c’est Émaishen, diminutif d’Emmaüs. En effet, « Emmaüs »est le nom du bourg de Palestine, près de Jérusalem où, d’après l’Evangile de Jean, Jésus apparut à deux disciples après sa résurrection le lundi de Pâques.  » Émaishen’, au Luxembourg, a un sens supplémentaire puisqu’il est synonyme de « marché des Peckvillercher ». Autrement dit , c’est la fête des sifflets de terre cuite !

                                          

                                         

  Dès potron-minet, des fabricants et vendeurs de sifflets de céramique viennent de toute l’Europe,  installent leurs étalages pour vendre les « Peckvillercher » aux enfants. Parfois on peut même y voir la famille ducale en fin de matinée ! Pour en savoir un peu plus sur l’organisation politique du Luxembourg, vous pouvez consulter : http://www.monarchie.lu/fr/index.html

       On pense que cette tradition vient de  rites anciens où le son des sifflets célébrait le retour du printemps. Le chant du coucou rappelle ce symbole. Autrefois, Le lundi de Pâques correspondait à la célébration d’une la fête  organisée par des potiers à l’église Saint Michel  mais, peu à peu, cela devient un marché de bric à brac où les ventes se font dans le bruit et les rires d’enfants.

 

                           

 

                                                                        

     Ce marché d’Emmaüs existe au moins depuis 1827 puisque l »inspecteur de police Jhemp Müllendorf en parle  dans une lettre  adressée au conseil municipal. En fait, ces sifflets font l’objet de collections et vous pouvez voir quelques modèles de France à : http://www.sifflets-en-terre-cuite.org/Html/France/SartheMalicGres.html

 

                                         

                                         

                                         

  

     La forme d’un de ces oiseaux est devenue le symbole du peckvillchen . Ils sont  fabriqués avec de la terre à pipe à Andenne en Belgique et portent souvent le tampon « Made in Luxembourg « Depuis 1957, cette fête est aussi célébrée à Nospelt. Tous les sifflets qui y sont vendus portent le tampon Nospelt et l’année de fabrication.

 

                                    

 

                                 

 

 

 

                                

                                 

                                

                 Cet article a été rédigé à partir d’un texte et de photos envoyés par Marie-Annick, l’enseignante qui vit au Luxembourg. Je la remercie vivement pour sa contribution à l’enrichissement de ce blog de CDI. A noter que le titre de cet article repose sur un jeu de mots puisque « Couper le sifflet à quelqu’un » signifie le mettre hors d’état de répondre.

 

                 Par ailleurs, je remercie Urzula de Pologne et Maria-Letizia d’Italie pour l’envoi de très jolies cartes postales de Pâques, assez caractéristiques de leur pays. Je vous les montre.

 

                                

  La forme particulière de la carte postale envoyée par Urzula m’amène à vous rappeler certaines expressions comprenant le mot « oeufs » :
     –oeuf au plat (appelé « oeuf miroir » au Québec) : oeuf cuit sans le brouiller dans une poële . Vous pouvez regarder cette vidéo pour avoir une idée de préparation : http://loftv.com/index.php3?affich=detail&idemission=1018080
     – oeufs au lait : dessert dont on peut voir la recette en vidéo sur http://www.dailymotion.com/video/x6ikuw_recette-1-les-oeufs-au-lait-les-pti_lifestyle
    – oeuf poché : voir la vidéo suivante pour comprendre l’expression http://www.dailymotion.com/video/x4el6f_oeuf-poche_family  
 
 –Va te faire cuire un oeuf : débrouille-toi tout seul, va au diable  
Mettre tous les oeufs dans le même panier : placer tous ses espoirs dans une même affaire  
 – Quel oeuf ! : quel imbécile
 – Ne pas faire d’omelette sans casser des oeufs : accepter de prendre des risques pour parvenir à ses fins.
 – l’oeuf de Christophe Colomb : un oeuf qui arrive à tenir en équilibre parce qu’une partie a été écrasée.
 – Marcher sur des oeufs : parler ou agir de façon difficile, avec grande prudence
   –Avoir un oeuf à peler avec quelqu’un (utilisé en Belgique) : avoir un compte à régler avec quelqu’un

   – Gober un oeuf : avaler en aspirant et sans mâcher  (à noter que « gober » signifie aussi rêvasser dans l’expression « gober les mouches » ou bien être crédule dans l’expression « tout gober« )

 

 

 

 

 

 

 

 

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Poisson d’avril !

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       J’ai déjà eu l’occasion de vous le dire, c’est le 1er avril 1565 que le mécontentement de gens qui refusaient le changement de calendrier instituant le 1er janvier comme premier jour de l’année donna naissance à ce qui devint la tradition « des blagues » de ce jour. Pour se moquer des réfractaires, on se mit à leur offrir de faux cadeaux comme si c’était la période des étrennes. Peu à peu est venu l’usage d’accrocher discrètement des petits poissons de papier dans le dos des gens, sans qu’ils s’en doutent. En effet, en avril, il est interdit de pêcher parce que c’est la période de reproduction piscicole et,  en accrochant un poisson, même en papier, dans le dos de quelqu’un, on fait peser des soupçons sur lui dans le sens où l’on suggére que cette personne n’aurait pas respecté la législation et ainsi on participe à le ridiculiser. Le collectionneur de poissons d’avril s’appelle l’avrilopiscicophiliste

                                                          

 On retrouve le mot « poisson »dans les expressions suivantes :

   – avaler la mer et les petits poissons : être crédule ou bien avoir très soif

   – engueuler quelqu’un comme du poisson pourri : injurier très fort quelqu’un

  – finir en queue de poisson : finir de façon pas très nette

 – être un gros poisson : être une personnalité

  – être comme un poisson dans l’eau : être dans son élément, être bien dans sa peau

 –  noyer le poisson : cacher une partie des éléments pour brouiller la compréhension

  D’autres expressions utilisent un poisson en particulier :

 – être muet comme une carpe : ne pas dire un mot

  – bâiller comme une carpe : bâiller très fort

c’est le mariage de la carpe et du lapin : mauvais assortiment

être serrés comme des sardines : être très serrés dans un espace restreint

avoir des yeux de merlans frits : avoir un regard inexpressif

rire comme une baleine :  rire en ouvrant la bouche

être un maquereau : être un proxénète, un souteneur

être un requin de la finance : être un homme d’affaires impitoyable et sans scrupule

      Enfin, il est intéressant de signaler que le mot « friture » désigne à la fois de petits poissons que l’on est en train de frire et un grésillement intermittent lors d’une transmission radio ou téléphonique.

     Au fur à à mesure des années, cette tradition  de faire des plaisanteries s’est généralisée au point de ne pas être seulement d’individu à individu, mais d’être comme une sorte de phénomène social. C’est ainsi qu’au niveau de la presse parlée et  écrite, de la télévision et d’Internet, pour le premier avril, on ne compte plus les canulars. Voici un exemple avec les différentes « pages » de 1er avril d’un site : http://www.linternaute.com/insolite/poisson_d_avril/poisson_d_avril.shtml ou d’autres exemples de désinformations : http://rumeursdunet.com/  . Cependant le 1er avril 1983, on a annoncé que l’âge légal de la retraité était abaissé à 60 ans en France et c’était vrai !

    Si le canular est d’origine informatique, on parle de  » fausse rumeur » ou bien on emploie carrément le mot anglais « hoax« . Le côté « humoristique » est parfois douteux parce qu’il s’agit souvent de « pourriel » comme disent les Canadiens c’est-à-dire de messages indésirables envoyés en masse et faisant croire aux novices que leur ordinateur est menacé de virus ou qu’ils doivent impérativement envoyer en chaîne le message reçu. Lisez à ce sujet, l’article de Christelle Membrey : http://cicla71.typepad.com/cicla71/2009/01/gagnez-45-euros-pour-f%C3%AAter-les-10-ans-de-google-.html . Il y a tellement de gags dans ce genre de « nouvelles », que, franchement, je me demande où les « plaisantins » vont pêcher tout cela !

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En Février : des baisers et des bugnes

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     La semaine dernière, nous avons évité de nous crêper le chignon en mangeant nos galetous. Cela aurait été d’autant plus dommage que le 14 février, c’est la Saint Valentin et il vaut mieux échanger des baisers ! Si c’est le coup de foudre réciproque, une ère nouvelle s’ouvre faite de serments, de caresses et de mots doux. A noter qu’au Japon, comme notre amie Mariko nous l’avait signalé l’an passé, la « Saint Valentin » ne concerne que les femmes car elles doivent offrir une boîte de chocolat ou de biscuits aux hommes. Oui, c’est à tous les hommes et en particulier à leurs collègues de travail. Mais les nipponnes sont rusées : si elles éprouvent de l’affection pour celui à qui ira le cadeau, elles lui offriront  du « honmei choco » (traduire « du chocolat véritable »), sinon ce sera  du  « giri choco » (chocolat obligatoire et de moins bonne qualité). Si ces derniers apprécient ce geste, ils devront,  pour le 14 mars, c’est-à-dire un mois plus tard, offrir à leur tour quelque chose : chocolat, fleur, etc. Le 14 mars s’appelle « le jour blanc » en référence au fabricant de marshmallow  (souvent de couleur blanche) qui a inventé cette tradition pour faire vendre ses sucreries.

 

 

   Mais, Février, c’est aussi  « Mardi -Gras » .  Cette date est connue pour les « bugnes« .  Non, je ne veux pas faire référence au sens un peu familier de « bugne », celui qu’on lui donne du côté de Lyon, à savoir un « coup ». Oh non, après les tendresses des amoureux, il y aurait déjà des femmes battues ! Je plaisante bien sûr ! « Bugne » est aussi la manière de désigner un beignet dont il est de tradition de manger pour le mardi-gras. Comme pour Chandeleur, à l’origine, il s’agissait de confectionner un mets comportant le plus possible d’ingrédients ensuite interdits durant la période de carême : beurre, huile et oeufs. Suivant la région, le beignet change d’appellation : bottereau dans la région nantaise, merveilles dans le Bordelais, oreillettes en Provence, tourtisseaux dans le Poitou, etc. Les beignets du Mardi-Gras s’appellent « roscos » en Espagne. En Espagne, il y a également les « churros » que nous surnommons « chichis » en français. En Argentine ainsi qu’au Pérou, les « churros » sont fourrés au lait concentré sucré.

                             

        Mais les beignets ne sont pas obligatoirement associés au Mardi-Gras. Ainsi, à l’île de la Réunion, on peut trouver tout au long de l’année des « bonbons piments » . Vous pouvez avoir un idée de leur apparence à http://flickr.com/photos/bezombes/2627608738   Au Japon, le tempura  est une sorte de beignet. Il s’agit d’une pâte à frire fluide que l’on sert avec du riz, de la viande ou du poisson ainsi que des légumes.  Au Canada et aux Etats-Unis, ce sont les beignes ou « donuts » qui ont un grand succès surtout dans les firmes de restaurations rapides. En Israël, le soufganiya est un beignet consommé surtout pour Hanoucca ou « fête des lumières » qui a lieu en novembre.

 

                                                            

Vous pouvez avoir quelques recettes de savoureux beignets  à : http://www2.ac-toulouse.fr/col-jmoulin-toulouse/club/1998/recett03.htm

                             

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Sur l’air des lampions au Luxembourg

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  Je m’appelle Marie-Annick  et je suis enseignante. Je suis Française mais j’habite au Luxembourg . Quand j’ai vu, sur ce blog, l’article sur la Chandeleur, j’ai eu envie de réagir et de vous dire comment cela se passe ici.

 Le 2 février, les enfants célèbrent la journée du « Liichtmëss » (la Chandeleur ou « fête de la lumière naissante »). Cette fête tient son nom de la bénédiction des bougies qui se pratique ce jour-là dans les églises catholiques. Le soir, les enfants, armés d’un « Liichtebengelchen » (un bâton de lumière), font la ronde des maisons de leur quartier et chantent à la porte des maisons une chanson traditionnelle qui souhaite bonheur et santé aux habitants.

 

 

En retour, ils reçoivent des sucreries ou parfois des oeufs afin qu’ils puissent ensuite préparer des crêpes. 

 

 Autrefois, le « Liichtebengelchen »  était un bâtonnet autour duquel était enroulé en spirale une mèche trempée dans de la cire. De nos jours, les enfants se servent généralement d’un lampion coloré. Ces lampions sont faits par les enfants. Ils ont nécessité plusieurs heures de préparation. Les bâtons sont électriques, c’est-à-dire à pile, pour raison de sécurité.

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Eclairez donc ma lanterne !

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    Il y a des expressions qui sont à prendre au sens figuré mais qui, dans certaines circonstances, prennent une tournure particulière. Ainsi « éclairez donc ma lanterne » veut dire, au sens figuré, « informez-moi« , « expliquez-moi« . Cependant cette façon de s’exprimer n’est pas anodine en ce lundi 2 février : c’est la « chandeleur » ! Etymologiquement, il s’agit de « la fête des chandelles » car on allumait des bougies en signe de purification, quarante jours après la Noël et il y avait une procession aux chandelles en l’honneur de la présentation de Jésus au temple et de la Sainte Vierge. Certains y voient aussi une allusion au fait qu’au début de février la clarté naturelle du jour a tellement progressé que justement l’usage des candelabres pour éclairer les intérieurs de maison se raréfie. Mais les chandeliers sont aussi associés à l’idée de fête, souvenez-vous de l’expression « un dîner aux chandelles » pour évoquer une soirée qui sorte de l’ordinaire et souvent dans le cadre d’un repas qui se veut intime et en même temps somptueux. Il y a de nombreuses  expressions qui contiennent les mots « chandelle »  ou « chandelier » :

– « Faire des économies de bouts de chandelle » pour dire qu’en fait les restrictions qui sont faites ne sont pas vraiment utiles

-« Brûler la chandelle par les deux bouts » pour dire, au contraire, être très dépensier et aussi trop fêtard

-« Devoir une fière chandelle à quelqu’un » pour dire lui être reconnaissant (l’expression renvoit étymologiquement au fait qu’en signe de remerciement la personne aidée allait faire brûler un cierge)

-« En voir trente-six chandelles » pour dire être abasourdi après un coup violent

– « Le jeu n’en vaut pas la chandelle » pour dire que ça ne sert à rien

– « Monter en chandelle » pour dire que l’on fait des progrès de façon très rapide

– « C’est une chandelle qui s’éteint » pour dire qu’une personne très âgée vient de mourir

– » Souffler sa chandelle » pour dire qu’une personne meure

– « La chandelle brûle » pour dire que le temps presse

– « Tenir la chandelle » pour dire qu’une personne est compromise dans une affaire de galanterie

– « Etre placé sur le chandelier » pour dire qu’une personne occupe un poste important

– « Mettre la lumière sur le chandelier » pour dire que toute la vérité sera dite, rien ne sera caché

– « Il faut voir cela à la chandelle » pour dire il faut attendre avant de se prononcer

– « Il n’y a si petit saint qui ne veuille sa chandelle » pour dire que chacun s’attend à une certaine reconnaissance pour ce qu’il a fait.

– « Moucher la chandelle » pour parler d’un coït interrompu

– « Venir se brûler à la chandelle » pour dire sortir d’un endroit sûr pour s’exposer à des dangers

– « Porter une chandelle à Saint Michel et l’autre à son serpent » pour dire que l’on ménage les méchants en honorant les bons

– « Porter sa chandelle à un autre saint » pour dire qu’on ne peut rendre le service demandé et qu’il faut voir avec quelqu’un d’autre

« Etre réduit à la chandelle bénite » pour dire qu’on est à la dernière extrémité

-« Brûler une chandelle d’un liard à chercher une épingle dont le quarteron ne coûte qu’un denier  » se dit pour dépenser beaucoup d’énergie pour avoir une babiole

– « Brûler une chandelle en plein midi » pour dire faire une dépense inutile

-« La chandelle qui va devant éclaire mieux que celle qui va derrière » pour dire, au sens propre, que le porteur de lumière doit être placé devant pour éclairer le cortège. Au sens figuré, l’expression a plus ou moins le même sens que « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras »

–  » La chandelle se brûle » pour dire il faut hâter le pas si on veut arriver avant la nuit

– « Cacher la chandelle sous le boisseau » pour dire cacher ou supprimer un talent qui se fait jour

– « Moucher des chandelles avec les doigts » pour dire être très téméraire

 

          A la Chandeleur, selon la tradition, il s’agissait de terminer au plus vite toutes les provisions qui ne pourraint être consommées pendant la Carême et donc, forcément, il fallait manger des plats riches avant cette période de jeûne. En effet, à l’origine, ce sont les quarante jours qui précédent Pâques. A partir du « Mercredi des Cendres« , il fallait presque s’en tenir à la xérophagie (absorption limitée au pain et aux fruits secs). Le « Mardi gras »  ou le « Jeudi gras » (en Pologne et en Allemagne) portent bien leur nom car  ce sont des jours où l’on fait bombance et grande ripaille. Cette année, le mardi gras sera le 24 février et le « mercredi des cendres » le lendemain.

       L’abstinence alimentaire durant cette période de carême consistait (maintenant, même chez les chrétiens les plus stricts ces pratiques se sont amoindries) donc à refuser de consommer de la viande, des œufs et des laitages. Alors, bien sûr, on comprendra la confection des crêpes faites à partir d’oeufs et de lait et qui peuvent être mangées nature ou bien garnies de sucré ou de salé.   Certains voient dans la forme circulaire et la couleur de la pâte  une allusion au soleil qui, lui-aussi, est associé à l’idée de lumière. En suivant ce lien vous aurez quelques suggestions de savoureuses  recettes de crêpes fourrées avec divers ingrédients  : http://www.linternaute.com/femmes/cuisine/magazine/dossier/crepes/recettes/1.shtml . La plus célèbre des crêpes sucrée est bien entendu la crêpe Suzette inventée par Auguste Escoffier  A noter que, grâce à la patience  et à la compétence pédagogique de leurs  deux professeurs de biotechnologie, les élèves de CAP APR sont devenus des experts de l’art de faire des galettes (autre nom des crêpes, surtout lorsque le contenu est salé). Venez donc le lundi et le mardi manger au « Monnet Express » ! .

         

 

    La tradition de la Chandeleur veut l’on lance la crêpe en l’air en tenant d’une main la poêle et, dans l’autre main que l’on serre très fort un louis d’or (ou une autre pièce) tout en formulant un voeu de richesse. On dit aussi que la première crêpe faite doit être jetée si haut qu’elle doit atterrir en haut d’un placard où elle devra rester jusqu’au 2 février de l’année suivante !  Ce serait un gage de prospérité et de bonheur ! Ah, les superstitions ! Mais sans doute faut-il y voir un lien avec les expressions « retourner quelqu’un comme une crêpe » qui veut dire lui faire changer facilement d’opinion et « laisser tomber comme une crêpe » qui veut dire abandonner très vite quelqu’un.

        Il est à noter que tout au long de l’année, en Limousin, nous consommons des « galetous » appelés aussi « tourtous« . Ce sont des galettes à base de farine de sarrasin ou de « blé noir ». Elles remplacent plus ou moins le pain, peuvent être mangées nature, tout au long du repas en accompagnement aussi bien de l’entrée que du plat de résistance que du dessert, ou même encore fourrées avec de la charcuterie ou bien du fromage blanc ou encore de la confiture. En Corrèze, il y a aussi les « pompes« , crêpes de blé noir et de froment.

     A l’étranger, il existe d’autres traditions pour la Chandeleur. Ainsi, au Canada, dans la province de Saguenay, on propose des « cretons de la Chandeleur »  dont on peut voir la recette à http://www.saveursdumonde.net/recettes/cretons-de-la-chandeleur/ . En tout cas, bon appêtit à tous et surtout, autour de ces crêpes, n’allons pas …nous crêper le chignon ! Cette expression veut dire « se disputer », « se battre ».

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Le mois du blanc

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       Les cours ont repris le lundi 5 janvier et la grosse « surprise » (malgré l’annonce faite par la météo) a été l’arrivée de l’or blanc dès le lendemain. Un blanc manteau a recouvert le sol. A sa vue, certains sont devenus blancs comme un linge à la perspective de faire une chute mais d’autres ne se sont pas du tout fait de cheveux blancs, mais, au contraire, en ont profité pour avoir carte blanche dans la glissade.

     Le mercredi 7 janvier, pour ne pas faire chou blanc dans le domaine des soldes  qui débutaient car il faut vraiment en profiter tellement, dans les autres circonstances, le contribuable est saigné à blanc, certains d’entre nous  sont allés faire un tour dans les boutiques. Peut-être ont-ils cousue de fil blanc une histoire leur permettant d’avoir une ristourne encore plus importante, mais je ne les crois tout de même pas capables d’utiliser une arme blanche pour imposer quelque chose au vendeur. Il me semble tout de même nécessaire de montrer patte blanche au moment de payer et ce n’est pas le moment de vouloir essayer de blanchir son argent. Certains blancs-becs pensent qu’il suffit d’un peu de charme et que la vendeuse sera séduite et que, quite à faire un mariage blanc, elle baissera le prix du blanc. Qu’ils blanchissent sous le harnais et ils verront bien que souvent ces filles ne sont pas des oies blanches et savent se méfier !

              C’est bonnet blanc et blanc bonnet mais, malgré la disparition de la publicité  nocturne sur les chaînes de télévisions publiques françaises depuis le 5 janvier, les consommateurs se ruent toujours sur les magasins, aussi bien à la recherche de blanc de poulet que de sauce blanche toute conditionnée ou encore des blancs-mangers. Certains passent une nuit blanche devant la boutique et guettent son ouverture pour être les premiers à acheter. Très fatigués mais heureux, en tendant l’objet convoité à la caissière, ils s’entendent répondre d’une voix blanche : « Le guichet est fermé ». Parfois, cette phrase leur paraît si dure pour eux que, discrètement, ils boivent une gorgée de vin blanc avant de changer de file et se diriger vers une caisse ouverte. Ils restent tout de même très perturbés et signent en blanc sur un chèque quand arrive leur tour de payer. Parfois le chiffre imprimé ensuite n’est pas correct mais ils n’y voient que du bleu.

        Chers lecteurs, cette page n’est pas restée blanche grâce aux expressions liées à cette couleur. J’en ai rassemblé beaucoup dans ce petit texte pour en faire comme un examen blanc avant de vérifier vos connaissances. Vous serez candidat à des épreuves car sachez qu’à l’origine les personnes participant à un examen devaient être habillées en blanc. Enfin,  janvier est le mois du blanc et pas seulement en France car apprenez par exemple, qu’au Brésil;  il est de bon ton d’être vêtu de blanc pour le réveillon de la Saint Sylvestre. Cette élégance fait penser au terme très littéraire « blandices » qui renvoie au charme et à la séduction.

 

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Noël au balcon : à Madagascar avec Florence

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     Rien de spécifiquement malgache . Car  nous avons, dans le temps, eu droit à l’évangélisation des missionnaires aussi bien catholiques que protestants. Avant leurs venues dans l’île, la population s’adonnait surtout à l’idôlatrie. Sous l’égide des « mpimasy  » « mpanandro  » et toute une clique de sorciers! Les missionnaires, importateurs des différentes religions, ont , par la même occasion, transmis les traditions occidentales.  Il n’y a pas de guirlandes de fleurs dans les rues , seulement quelques maigres et timides guirlandes illuminées , efforts de la commune urbaine ! 

     Cependant, nous avons des principes :

– même la famille la plus démunie se permet le luxe d’une dinde ou d’une oie ou encore d’un poulet pour le 25 décembre . Mais on aime bien aussi les plats à base de crevettes, langoustes et aussi les achards.

 

  

 

– Il n’y pas de veillées de Noël, mais la messe de minuit à laquelle se rend la famille entière .

– Chaque ménage se trouve un sapin,  naturel ou artificiel , orné et garni avec des guirlandes  et toutes les garnitures

– On raconte aux enfants qui y croient le passage du père Noël avec des jouets et les marchands de jouets locaux font de bonnes recettes durant cette période !

   Malgré le climat tropical , presque toutes les maisons ont une cheminée où jamais aucun ramoneur n’est passé . Mais je fais volontiers du feu dans la mienne quand on a 6° et ça tient chaud !

 

« Mon beau sapin « ,  du moins , les quatre premieres lignes et l’air sont bien connus de tous les petits Malgaches , mais ils les ressortent aussi à n’importe quel réunion familiale de l’année .

La bûche de Noël aussi est dans presque tous les ménages et on l’apprécie sans en trop connaître le sens !

   Je ne vois pas l’originalité d’un Noël malgache ni du Nouvel an,  sauf que, à la fin de l’année, on se félicite d’arriver à la fin de cette année : « traty ny farany ! » qui veut dire  » félicitations d’être là jusqu’à la fin! « Ce qui n’empêche d’ailleurs pas que beaucoup de décés figurent à la rubrique « Nécrologie » du 31décembre !!! 

   Notre Père Noél est « Dadabe Noely  » ! parce qu’il a une barbe blanche et les cheveux blancs, donc, il est grand-père ! Joyeux Noël  se dit : « mirary Krismasy sambatra » encore : » tratry ny krismasy ê!  » c’est -à -dire : « félicitations d’être vivant encore pour ce Noël ! » « Taona vaovao tonga lafatra ho anao !  » veut dire textuellement « je te souhaite une excellente nouvelle année! » Couramment , c’est surtout : «  tratry ny taona ê!  » ou  » félicitations d’entamer l’année ! » Parce que « tratry  » signifie « attrapé » ou « atteint Une petite parenthèse, comme la vie est très dure et le pouvoir d’achat continuellement bas pour le Malgache, de plus en plus, une formule qui se veut être ironique est actuellement employée . C’est « tratry ny Krizmafy ê! « . « Krizy » signifie « crise » et « mafy » « dure », ce qui donne crise dure au lieu de Krismasy

                       

         Et qu’aussi , les jeunes et les moins jeunes se font un devoir de rendre visite aux ancêtres et leur offrent le » solom-body – akoho « . Le solilès de la poule passait du temps de nos aïeux pour le meilleur morceau et était destiné uniquement destiné aux aïeux ! Malheur aux jeunes qui osaient y toucher ! Aujourd’hui , les familles ne sont plus réunis pour un repas de fête , et on offre donc aux plus âgés le « solom-body-akoho » , c’est à dire une certaine somme,  au lieu du fameux solilès! Et la grande question est qu’on mange bien à Noél et Nouvel an, mais le prix de la dinde devient exhorbitant ainsi que l’oie, le poulet aussi commence à être inaccessible ! Je sais que la majorité des familles malgaches paient très cher les dépenses des fêtes de la fin d’année et que les mois de janvier et de février sont très éprouvants pour beaucoup de ménage ! Certaines personnes font des pique-niques et vont à la plage pour Noël, mais pas moi.  Il y a même des barbecues avec filet de ébu et coktails de fruits de mer, accompagnés de liqueurs. Nous buvons aussi des cockails à base de litchis. Il y a une bière malgache qui est très connue. Elle s’appelle « Three horses beer » et on dit « THB » en abégé

                                  

 

  

 

      Mon mari étant le dernier de sa famille, nous allons, avec nos enfants rendre visite et offrir « lhistoir  » à ses aînés et aux miens et, comme j’ai encore deux soeurs cadettes, les enfants de l’une (décédée) viennent nous saluer et ma soeur encore vivante avec sa famille aussi ! Du côté de mon mari, comme ils sont très nombreux, les neveux et nièces viennent par groupes et une grande fête a lieu tous les ans dans une grande salle de fête où la musique, les danses et les repas malgaches abondent !  Il n’y a pas beaucoup d’argent pour les jouets des enfants : c’est clair !  Par contre , advienne que pourra , mais les Malgaches, hommes et femmes, tiennent aux beaux vêtements, même en temps ordinaire, à plus forte raison pour Pâques et Noël.

            Merci Florence pour cet article et surtout ces magnifiques photos de plats. Quelle bonne cuisinière !  Les photos sont de Florence sauf celles des anciennes étiquettes de bière THB, de soda et de limonade « pick » qui sont de ma propre documentation. Merci pour savoir ainsi captiver le lecteur. Que l’année 2009 nous réserve encore, grâce à toi, d’aussi intéressants articles !

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