Visage de la neige
13 03 2008Thierry Cazals, Visage de neige, prix Poésyvelines 2005
nolhac
Catégories : Actualités, Le coin des poètes
Thierry Cazals, Visage de neige, prix Poésyvelines 2005
Un astre luit au ciel et dans l’eau se reflète.
Un homme qui passait dit à l’enfant-poète:
« Toi qui rêves avec des roses dans les mains
Et qui chantes, docile au hasard des chemins,
Tes vains bonheurs et ta chimérique souffrance,
Dis, entre nous et toi, quelle est la différence?
- Voici, répond l’enfant. Levez la tête un peu;
Voyez-vous cette étoile, au lointain du soir bleu?
- Sans doute!
- Fermez l’oeil. La voyez-vous, l’étoile?
- Non, certes. »
Alors l’enfant pour qui tout se dévoile
Dit en baissant son front doucement soucieux:
« Moi, je la vois encore quand j’ai fermé les yeux. »
Catulle Mendès, Intermède, 1876-1882
Charles d'Orléans (1394-1465), père du roi Louis XII
Et oui, les poètes aussi ont leur saison!
A vrai dire, il serait bon qu’on pense à eux tous les jours – et qu’on les lise, surtout!
Mais pour célébrer cette semaine de la poésie… ça vous dit, un petit – ou grand – poème, chaque jour ?
Alors à vous ! « Le coin des poètes » vous est ouvert: enrichissez-le des textes que vous aimez particulièrment – pour les images, les sonorités, l’éclat, le mystère des mots… que sais-je… pour rien, tout simplement, parce que c’est beau, un point c’est tout, et que ça rend la vie… vivante!
Gérard Bocholier (1947)
Un petit animal
qui miaulait, miaulait,
un jour décida
de partir là-bas,
dans la maison où une petite fille rêvait
d’avoir un petit chat.
Mais sa mère n’en voulait pas…
Qu’elle était triste! Qu’elle était triste!
Un jour elle trouva,
dans la cabane du papa,
elle y trouva un petit chat
tacheté de noir et de blanc.
Il s’était réfugié là,
dans la boîte à outils du papa.
La petite demanda
à son généreux papa
si elle pouvait garder le chat.
Emerveillé par son regard,
le père décida…
quoi? Fayçal, 6e2
à votre avis?
Ecriture
Le crissement du crayon sur une feuille de papier
C’est l’imagination qui se laisse emprisonner…
Charlotte 6°3
Mes pensées
En été mes pensées sont gaies,
en automne elles sont monotones,
en hiver elles sont sévères ,
et au printemps je pense tout le temps!
Charlotte 6°3
Quand le ciel se baissera pour ramasser le sable
quand les chameaux feront des discours au seuil du paradis
les femmes sans épines
pousseront dans des rosiers
les hommes iront nus à la conquête de la pluie
extrait du recueil Les Pierres du temps (éd. Points), de Tahar Ben Jelloun, écrivain marocain de langue française, né en 1944
Espérance
Ô divin chantage
Petit enfantillage
D’une fée
Avide de soleil
Tu espères ce passage
Aux couleurs rêvées
Vers ce pays de miel
Iras-tu? Si tu es sage
Mais peux-tu vraiment aimer
Le vain bonheur
Poésie de mes mots
Ô divine mélancolie
Petite poussière d’ennui
Dans un champ de beauté
Acculée elle était dans un désert de foudre
Elle sera liberté
Dans un champ de beauté
Ô quelle triste déconvenue
Rattrapées froides neiges d’hiver
Par ce feu sacré tourné en vers
Temps qui s’avance parmi les nues
Tu n’attends personne sur ce monde
Ni moi qui te supplie de mes larmes
Ni lui qui se languit de mon âme
Ensemble nous voyagions sur l’onde
Oh! Le hurlement funeste! Vieillir
Quoi de pire que se mourir
Cette beauté qui me fut ravie
Maintenant dois-je en payer le prix
Mon coeur en balade s’est blessé
Et n’attend plus que toi mon aimé
Alienor
Un matin je me réveille
Je me lève j’ouvre les volets
Et je vois le beau lac de Pékin.
Soudain des gens
Le lac devient une poubelle
Jérémy, 6e2
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