Visage de la neige

13 03 2008
Au creux de mes bras
        ton petit corps
        de trois fois rien
      guère plus lourd
            qu’un flocon
         à peine moins
    qu’une montagne

                                                                 Thierry Cazals, Visage de neige, prix Poésyvelines 2005




L’Enfant et l’Etoile

12 03 2008

Un astre luit au ciel et dans l’eau se reflète.

Un homme qui passait dit à l’enfant-poète:
« Toi qui rêves avec des roses dans les mains
Et qui chantes, docile au hasard des chemins,
Tes vains bonheurs et ta chimérique souffrance,
Dis, entre nous et toi, quelle est la différence?

- Voici, répond l’enfant. Levez la tête un peu;
Voyez-vous cette étoile, au lointain du soir bleu?

- Sans doute!
- Fermez l’oeil. La voyez-vous, l’étoile?
- Non, certes. »

Alors l’enfant pour qui tout se dévoile
Dit en baissant son front doucement soucieux:
« Moi, je la vois encore quand j’ai fermé les yeux. »

Catulle Mendès, Intermède, 1876-1882




Le Printemps

8 03 2008
Le Temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s’est vêtu de broderie
De soleil luisant, clair et beau.
Il n’ y a ni bête ni oiseau
Qu’en son jargon ne chante ou crie:
« Le Temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie! »
Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie
Gouttes d’argent d’orfèvrerie;
Chacun s’habille de nouveau :
Le Temps a laissé son manteau.
                                    Charles d'Orléans (1394-1465), père du roi Louis XII 



Le printemps des poètes

7 03 2008

Et oui, les poètes aussi ont leur saison!

A vrai dire, il serait bon qu’on pense à eux tous les jours – et qu’on les lise, surtout!

Mais pour célébrer cette semaine de la poésie… ça vous dit, un petit – ou grand – poème, chaque jour ?

Alors à vous ! « Le coin des poètes » vous est ouvert: enrichissez-le des textes que vous aimez particulièrment – pour les images, les sonorités, l’éclat, le mystère des mots… que sais-je… pour rien, tout simplement, parce que c’est beau, un point c’est tout, et que ça rend la vie… vivante!




Les Enfants de la Terre

7 03 2008
« S’il vous plaît, disait l’étoile,
Laissez-moi briller encore,
Il n’y a que mille siècles
Que j’ai bondi dans un rêve.
Laissez-moi bien regarder
Cette planète aux cieux bleus,
Ces beaux enfants de la Terre
Qui ne veulent pas dormir.
Lorsque je me sens trop seule
Dans le noir désert des astres,
J’aime errer sur leur sourire
Et m’apaiser dans leurs yeux. »
                                 rard Bocholier (1947)



Le Chat

27 02 2008

Un petit animal

qui miaulait, miaulait,

un jour décida

de partir là-bas,

dans la maison où une petite fille rêvait

d’avoir un petit chat.

Mais sa mère n’en voulait pas…

Qu’elle était triste! Qu’elle était triste!

Un jour elle trouva,

dans la cabane du papa,

elle y trouva un petit chat

tacheté de noir et de blanc.

Il s’était réfugié là,

dans la boîte à outils du papa.

La petite demanda

à son généreux papa

si elle pouvait garder le chat.

Emerveillé par son regard,

le père décida…

                                     quoi?                                Fayçal, 6e2

à votre avis?




Petits poèmes

4 02 2008

Ecriture

Le crissement du crayon sur une feuille de papier

C’est l’imagination qui se laisse emprisonner…

Charlotte 6°3

Mes pensées

En été mes pensées sont gaies,

en automne elles sont monotones,

en hiver elles sont sévères ,

et au printemps je pense tout le temps!

Charlotte 6°3




« Clair-obscur »

30 01 2008

Quand le ciel se baissera pour ramasser le sable

quand les chameaux feront des discours au seuil du paradis

les femmes sans épines

pousseront dans des rosiers

les hommes iront nus à la conquête de la pluie

        extrait du recueil Les Pierres du temps (éd. Points), de Tahar Ben Jelloun, écrivain marocain de langue française, né en 1944




Espérance

21 01 2008

Espérance


Ô divin chantage

Petit enfantillage

D’une fée

Avide de soleil

Tu espères ce passage

Aux couleurs rêvées

Vers ce pays de miel

Iras-tu? Si tu es sage

Mais peux-tu vraiment aimer

Le vain bonheur

Poésie de mes mots

Ô divine mélancolie

Petite poussière d’ennui

Dans un champ de beauté

Acculée elle était dans un désert de foudre

Elle sera liberté

Dans un champ de beauté



Ô quelle triste déconvenue

Rattrapées froides neiges d’hiver

Par ce feu sacré tourné en vers

Temps qui s’avance parmi les nues


Tu n’attends personne sur ce monde

Ni moi qui te supplie de mes larmes

Ni lui qui se languit de mon âme

Ensemble nous voyagions sur l’onde


Oh! Le hurlement funeste! Vieillir

Quoi de pire que se mourir

Cette beauté qui me fut ravie

Maintenant dois-je en payer le prix

Mon coeur en balade s’est blessé

Et n’attend plus que toi mon aimé



Alienor




Le lac

12 12 2007

Un matin je me réveille

Je me lève j’ouvre les volets

Et je vois le beau lac de Pékin.

Soudain des gens

Le lac devient une poubelle

Jérémy, 6e2