31 octobre, 2008
Goncourt des Lycéens
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Le capitaine Belalcazar et son équipe, composée de personnages tous plus loufoques les uns que les autres, entreprend un long voyage en quête d’une mystérieuse cité inca : Païtiti. Là-bas dit-on, l’or coule à flots, ce qui ne manque pas de donner du courage à l’équipe qui traversera des paysages très divers, semés de multiples surprises, et affrontera pour notre plus grand plaisir de nombreuses embûches absolument improbables.
En nous faisant croire pendant les soixante-dix premières pages à un roman d’exploration quelque peu absurde mais réaliste, Patrice Pluyette s’amuse à nous surprendre en introduisant subitement un bateau fantôme, un pirate géant surgi de nulle part, ou encore en faisant disparaître mystérieusement une femme à bord, Malebosse, dont nous n’entendrons plus parler avant la dernière phrase du livre. Le récit bascule dans la science fiction tout en conservant un cadre réel. Cette combinaison de genres subtilement mesurée invite volontiers le lecteur à suivre le périple pour le moins singulier de personnages atypiques et sympathiques aux personnalités presque aussi désarçonnantes que leurs noms, tels qu’Hug-Gluq, Petit Pénis, Inyoudgito, ou tout simplement… Jean-Philippe !
S’inscrivant dans un univers proche du conte, La traversée du Mozambique fait également écho à Candide de Voltaire par sa structure déconstruite.
Ayant l’audace de décrire un détail moindre avec la plus grande intention, Pluyette se plaît tout autant à emporter le lecteur dans un délicieux voyage bien improbable, passant des glaces de la banquise à la chaleur humide de la jungle en quelques lignes seulement. Cette alternance incessante de la digression et de l’ellipse offre un rythme rebondissant, imprévisible, dynamique, appuyé sur une narration au présent délicatement parsemée de clins d’œil au lecteur, «sachant que la circonférence de ce nuage avoisine les deux cent mètres, vous calculerez approximativement la hauteur de la montagne», nous interpelle-t-il par exemple. Même si le suspense est parfois clairement aboli volontairement («Hug-Gluq disparaîtra dans une chute d’eau vertigineuse au chapitre 49 de ce livre», nous signale très naturellement l’écrivain), le lecteur n’est jamais au bout de ses surprises : l’équipage, toujours piégé dans des situations abracadabrantes dont on n’imagine pas l’issue possible, est finalement tiré d’affaire par une trappe secrète au beau milieu de l’Antarctique, ou encore par le retour à la vie inattendu d’un Jean-Philippe mort dix-neuf chapitres plus tôt. Le ton ironique de Patrice Pluyette ajoute une couleur alléchante à l’histoire ; impossible de s’ennuyer !
La plume légère de l’auteur glisse délicatement sur toutes les pages du roman, offrant un rythme mélodique à la lecture. «Escaladant l’ubac, bivouac au sommet, désescaladant l’adret, non sans adresse» en est une preuve magnifique, et résonnent ainsi les mots du jeune écrivain, choisis avec une attention particulière.
Sous cette épatante exploration du monde pas si calme que cela après tout, se cache une réelle réflexion sur le bonheur : on parvient à cueillir une belle morale à l’extrémité de ce bouquet multicolore.
Maëlle Teutsch
16 octobre, 2008
Goncourt des Lycéens, Non classé
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hello everybody..!
Il est maintenant 10h50 et nous sommes le jeudi 16/10/2008 comme vous avez pu le remarquer ci-dessus.
Ca y est les photos tant attendues sont enfin arrivées dans le carnet de bord…
…ouvrez-le donc pour les admirer, ne serait-ce que par curiosité…
Aussi, les phrases du jour sont… A jour ! Enfin ! [
] Et un compte rendu de nos derniers déplacements complete celui present sur le site…
Sur ce, auf wiedersehen!
Fanny, Orane, Aurore et Charline!
16 octobre, 2008
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Un brillant avenir
Catherine Cusset
J’ai beaucoup aimé.
Je suis dans une phase où je me suis bien identifiée à la belle-mère
dans sa relation avec l’aimée de l’aimé !
Description de deux femmes que tout oppose, mais que l’amour d’un homme réunit.
Et puis la reproduction des incompréhensions inter-générationnelles :
Eléna avec ses parents,
Marie avec Helen
J’ai bien aimé aussi le passage Est-Ouest
et la bascule des époques,
le va-et-vient entre hier et aujourd’hui.
Elisabeth de l’intendance de Poincaré
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Prix Goncourt
16 octobre, 2008
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Salim Bachi, jeune auteur du Silence de Mahomet, faisait partie des sept auteurs sélectionnés pour le Goncourt que nous avons rencontrés lundi 13 octobre. Plutôt franc, Bachi a dès la première question affirmé que « rien ne le fascinait chez Mahomet »… Son objectif était d’écrire un roman accessible à tout le monde, non susceptible de mettre à l’écart le public sur un thème polémique comme celui de la religion. L’écrivain a assuré avoir longtemps recherché des informations concernant le personnage de Mahomet, pour constituer un témoignage véritable, exempt de toute fausse idée. Ainsi, un « portrait multiple » de Mahomet à travers quatre points de vue différents est retracé, et l’auteur tient à souligner sa volonté d’ouvrir et de fermer le livre sur le témoignage de femmes. La force de son livre tient peut-être de sa conception particulière de la littérature qu’il nous a livrée : « Le livre n’est pas un crime gratuit, c’est un crime prémédité ».
Nina Agénor, Orane Ernewein, Maëlle Teutsch
14 octobre, 2008
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Mouark ! Salutations !!!
→8h55 précises, et déja la classe s’active à ses tâches !
* Quelques nouvelles du carnet de bord : Les photos sont en cours de développement et apparaîtront bientôt dans notre carnet !
* En ce qui concerne la suite de nos débats, un article a déjà été posté préalablement !
* Hier après-midi, nous nous sommes rendus à l’ hôtel de ville de NANCY pour notre deuxième rencontre littéraire. Comme précisé ci-avant, nous avons eu la chance de rencontrer, entre autres, Valentine GOBY, Patrice PLUYETTE, ou encore Atiq RAHIMI. Ce fut une après-midi enrichissante à tout point de vue : littéraire, humain, et médiatique !
Malgrés la difficulté pour certains à poser les questions désirées, l’ avis général reste très positif, les auteurs parlant de leur oeuvre ont remotivé nos troupes ! Un grand merci leur est d’ ailleurs adressé pour leur gentillesse, leur générosité et leur disponibilité ! Quelques livres ont ainsi pu être dédicacés, dans une ambiance chaleureuse et conviviale !
Nous avons pu partager cette expérience avec les classes de Reims, Troyes, et Hayange, mais pour vous qui n’ étiez pas présents, chers lecteurs, la vidéo de la retransmission de FRANCE 3 http://info.francetelevisions.fr/player-video/index-fr.php?id-video=870F6419FE7348A39EFCCF204D4E7B8E_cafe_lca_131020082005_F3 sera bientôt en ligne, ainsi que d’ autres vidéos amateurs filmé entre autre par Oriane !
Pour les détails, je laisse place à toutes les personnes présentes hier pour vous communiquer leurs impressions au travers des commentaires ou éventuellement du carnet de bord disponible au CDI.
[ Que ne ferions-nous pas pour vous !
]
* Pour ce qui est des phrases du jour, nous avons eû du mal a suivre l’ opération ces derniers temps, les phrases sont bien affichées dans le lycée, mais nous ne sommes pas pour le moment en mesure de les publier sur notre site.
‹ Mille excuses. ›
Aurore, Fanny, Charline et Orane.
11 octobre, 2008
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Le lundi 13 octobre
de 13h45 à 16h45
A l’Hôtel de ville de Nancy,
la classe de 1ère L C du lycée, ainsi que les classes des lycées de Reims, Hayange et Troyes auront l’honneur de rencontrer les auteurs dont les noms suivent :
Salim Bachi
Jean-Louis Fournier
Valentine Goby
Alain Jaubert
Patrice Pluyette
Atiq Rahimi
Karine Tuil
A bientôt pour le compte-rendu !
10 octobre, 2008
Goncourt des Lycéens
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Un Tableau de l’Apocalypse
LE REVE DE MACHIAVEL – Christophe Bataille
Ancré dans le XVIème siècle, lors de l’épidémie de peste, le roman de Christophe Bataille s’avère être un véritable tableau de l’Apocalypse. Machiavel, ruiné et solitaire, arrive dans la ville de Sienne, où sévissent la maladie et les pires folies. En effet, l’histoire « agonisante » décrit la descente aux Enfers de ces êtres humains qui, gagnés par la folie et la peur, sombrent dans une cruauté et une barbarie sans limites. Aucune lueur d’espoir ne transparaît à travers le récit et les personnages. Ceux-ci s’accrochent au moindre sursaut de vie, au moindre indice pouvant les rassurer sur leur état. Machiavel s’inspecte tous les matins et enduit son corps de vinaigre. La mort et la maladie repoussent et terrifient le village.
Cependant, à cette peur permanente s’oppose une fascination, notamment par l’écriture, à l’égard des pestiférés. Le rêve de Machiavel décrit les tortures infligées à ceux qui sont atteints : femmes et jeunes filles considérées comme des « sorcières », mises au bûcher, écartelées, brulées, amputées… Malgré la répulsion qu’elle inspire, la mort, ou sa marque, est martyrisée par le reste de la population. Les facettes cruelles et perverses de la foule se dévoilent et se déchaînent.
Au milieu de cette furie, Machiavel tente de reconstituer son passé, de se reconstituer parmi cette ambiance morbide. Car c’est aussi le récit d’un combat, d’une lutte contre les signes de la mort qui courent les rues, d’un vivant parmi les morts. L’un des moyens d’en réchapper est l’amour, les femmes auxquelles se raccrochent Machiavel, mais aussi le rêve. Cependant, même ces deux échappatoires sont gagnés par la peste, la folie, la violence. La frontière entre rêve et réalité, entre inconscience et conscience se brouille de plus en plus, rendant le cheminement du personnage plus complexe et difficile à suivre. Mis à part les quelques personnages féminins et masculins, il reste difficile de s’accrocher à un élément « vivant », réel, palpitant d’énergie. Le roman est noyé dans la morbidité, la noirceur, la confusion. Cette errance perpétuelle dans le découpage déstabilise le lecteur, peut l’agacer ou le mettre mal à l’aise.
Oriane
9 octobre, 2008
Goncourt des personnels
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Une nuit à Pompéi, d’Alain Jaubert.
Gallimard, 304 p.
Sujet : un parcours culturel, affectif et érotique autour de la Campanie, Naples, le Vésuve et Pompéi.
Mode de narration : un récit premier à la première personne situé en l’an 2000 à l’occasion de l’ouverture du cabinet des secrets du Musée archéologique de Naples, entrecoupé par des récits rétrospectifs sur les diverses aventures du narrateur en Campanie depuis sa jeunesse sur le mode du parcours d’apprentissage ; puis à peu près aux 2/3 du roman, la narration se stabilise autour d’une nuit à Pompéi, mêlant scènes érotiques et mini-récits enchâssés sur le mode de Shéhérazade.
Structure narrative : les choix narratifs sont variés ; d’une proportion relativement agréable à suivre ; pas de transition, les ellipses et changements de cadre spatio-temporel sont scandés et assurés par les chapitres. La structure temporelle des récits rétrospectifs est non linéaire, ce qui donne à l’ensemble un montage quelque peu kaléidoscopique pas désagréable. L’ensemble est uni pas le cadre spatial, la région de Naples et ses lieux cultes. Le tempo narratif du récit premier est d’abord celui de la scène avec quelques ellipses, puis le cadre temporel est dilaté quand du séjour à Naples on passe à la nuit dans le site archéologique de Pompéi, nuit qui devient le fil conducteur du récit. Cela crée un déséquilibre dans le roman ; pourquoi pas ! cela nous conduit à la justification du titre, cette nuit à Pompéi devient finalement la clé de l’art de vivre du narrateur, art de l’instant, du plaisir et de l’amour de l’art !
Voix narrative : un narrateur cultivé, mais direct dans ses récits érotiques ; un double à peine voilé de l’auteur ; pas de style marqué, ni en bien, ni en mal.
Personnages : Le narrateur se veut très proche de l’auteur, par son prénom, sa profession. Le texte se donne quand même comme un roman. Ce narrateur apparaît comme un hédoniste dont la maturité est tempérée par les récits rétrospectifs qui lui donnent l’allure d’un personnage de roman d’apprentissage, ce qui n’est pas déplaisant. Deux personnages féminins , ensuite, viennent sur le devant de la scène quand commence la séquence de la nuit à Pompéi. Femmes réelles ou femmes rêvées , elles réunissent à l’évidence, à elles deux, toutes les qualités de l’idéal féminin de l’auteur, semble-t-il. Elles ne sont pas très fouillées psychologiquement, toutes campées pour susciter le désir du narrateur. D’autres silhouettes féminines apparaissent : une prostituée napolitaine, l’adolescente américaine, une Lolita finalement effarouchée, la belle naïade- mariée- mère- inconnue, assez pittoresques ; cela contribue à décorer cette galerie de femmes qui parcourent le roman au gré du désir du narrateur. Pour le reste, pas grand chose.
Thèmes : l’amour physique ; le désir ; les corps féminins ; l’amour à Rome ; l’amour de l’art ; l’art comme mode de vie ; un hymne à Naples, Pompéi ; un récit de voyage en fait, accompagné de descriptions d’objet d’art. On sent l’amateur de femmes et d’art.
Ecriture : rien à signaler ; c’est simple et correct, mais par là même assez terne et invisible. Mais il vaut mieux ça qu’un style raté et artificiel.
Bilan général assez positif ; lecture agréable ;ce qui m’a surtout plu c’est Naples, le Vésuve, Virgile, le latin, Pompéi et ses fresques, bref des choses qui me sont familières et que j’aime beaucoup. C’est une façon plaisante de revisiter cette culture napolitaine , si riche. Quand à la dynamique romanesque, elle m’a amusée ; ce gaillard de 60 ans si plein de désir pour les femmes comme pour l’art est finalement une espèce d’hymne à la vie. Pourquoi pas ?
Note : 12/20
9 octobre, 2008
Goncourt des personnels
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Peu habitué à la lecture de romans en pleine année scolaire, je n’ai pas non plus l’habitude de prendre des notes ou de concocter des fiches de lecture sur ce type de livres… Je ne m’en sens pas non plus la compétence ! Je me contenterai donc de poster des impressions sur tel ou tel livre, en commençant par celui de Jean-Louis Fournier : » Où on va, papa? »… Roman court, très court, qui m’a parfaitement convenu pour commencer.
Contrairement à d’autres, je n’ai pas versé de larmes en le lisant… Je n’en tirerai pas pour autant de conclusions abusives sur la différence entre le regard masculin et le regard féminin sur ce sujet difficile. En fait, ce roman m’a d’abord choqué : comment peut-on faire de l’enfant handicapé – même lorsqu’il s’agit du ou des sien(s) – un sujet de sarcasmes ? Comment peut-on faire de l’humour, même noir, sur un sujet aussi délicat qui ne fait rire personne ?
Et puis, peu à peu, je me suis pris au « jeu » de l’auteur… Au fur et à mesure de l’avancement de ma lecture, je me suis identifié de plus en plus à ce « papa », comprenant petit à petit ses intentions. Je suis passé du « choc » à l’émotion puis de l’émotion à l’ouverture à une réalité que j’ignorais… Et finalement je dois bien reconnaître qu’il m’a fait l’effet d’un couteau enfoncé dans le cœur de ma normalité…
Laurent Walin
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