Critique : « Un brillant avenir »

23:15 Non classé

Un brillant avenir

de

Catherine Cusset

♥♥♥♥

Catherine Cusset évoque le destin d’une Roumaine exilée aux Etats-Unis, à la fois attachante et troublante…

Elle s’appelle Elena. C’est une orpheline adoptée par son oncle et sa tante. Elle grandit en Roumanie communiste. Un jour, elle tombe éperdument amoureuse de Jacob, unjeune homme juif. Et malgré l’opposition de ses parents, elle l’épouse et parvient à fuir avec lui en Israël. Puis ils immigreront aux Etats-Unis avc leur fils Alexandru. A partir de ce moment, Elena n’existe que sous le nom d’Helen et promet à son fils un « brillant avenir »à Harvard. Mais devenu grand, celui-ci s’éprend d’une jeune Française appelée Marie. Il finit par l’épouser, contre l’avis de ses parents. Cette « peste » et « arrogante » belle-fille, Helen ne l’aime pas et craint que cette étrangère ne manipule son fils en l’emmenant de l’autre côté de l’Atlantique, loin de ses parents… Sans s’en rendre compte, elle reproduit le même schéma que ses parents qui lui interdisaient d’épouser Jacob de crainte de les voir s’installer en Israël.

 

Catherine Cusset retrouve le thème de la famille, qui lui est apparemment cher, car après avoir parlé de la relaon mère-fille dans La haine de la famille, elle met en scène une rivalité entre une mère et sa belle-fille. Tout oppose ces deux femmes : leur origine, leurs valeurs, leur façon de penser, tout, sauf l’amour qu’elles ont pour Alexandru qui va les réunir. En effet, quelque chose va naître entre ces deux femmes, quelque chose qui ressemble à de l’amour.

L’auteure, née à Paris en 1963, construit son livre en basculant du passé au présent, avec des aller-retour entre 1941 et 2006 sans que le lecteur se perde pour autant. Elle dévoile ainsi deux identités d’une femme  : Elena, l’orpheline roumaine et la jeune physicienne et Helen l’Américaine épanouie, la mère possessive mais vieillissante.

Le résultat ? Une histoire bouleversante et palpitante autour de personnages attachants et portée par une écriture sobre et touchante. Rien de plus brillant !

 Constance Erbstein

Un commentaire

  1. deashelle :

    Ce qui m’attirait dans ce livre : la problématique des relations belle-mère-belle-fille. Ce que j’ai trouvé : une saga familiale de 5 femmes fortes, dont une héroïne, Helena qui passe sa vie à construire et reconstruire encore. Elle sacrifie tout au bonheur de son fils et à sa réussite, sauvagement, viscéralement. Celui-ci, pressenti pour un avenir brillant… n’est finalement qu’un personnage fort falot, in capable d’établir la communication entre les deux familles. Le salut est dans la fuite. Décevant. Au passage on ouvre les yeux sur des morceaux ce fresque historiques : la fuite de pauvres gens chassés de Bessarabie, la vie précaire en Roumanie, la dictature de Ceausescu, l’antisémitisme, Paris en 68, Israël qui tente d’exister, L’Amérique et le rêve américain et… désastreusement des clichés éculés sur la France et les Français. On aurait pu s’en passer ! Du coup, le personnage de Marie, la belle-fille paraît moins crédible. Mais surtout le thème annoncé se dilue dans le flot de flashbacks et bonds en avant des quatre périodes de la vie d’Héléna. Cela donne le tournis, même si les indications temporelles sont bien précisées. Le style de l’auteur est sans style…. Car la langue est sans saveur. Pourtant le livre est écrit en toute liberté ! « c’est la liberté qui donne sa saveur à la vie ! ». Dommage pour le parler de cinéma et les cigarettes fumées à chaque page ! Oui, Héléna retombe dans les travers de ses propres parents en refusant à son fils la fille qu’il a choisie, mais ce thème n’est qu’effleuré. Oui, elle est la fille de la dureté mais vu son parcours, c’est justement cette dureté qui les a fait tous survivre… Oui, elle et peut-être même antisémite… malgré son amour pour Jacob. Ce qui la sauve, c’est sa petite fille, Camille, six ans, qui deux ans après la mort de son adorable grand-père, le dessine soudain en complet marron flottant dans le ciel familial. Un passage très touchant. Marie est aussi dure, mais sans autre raison que son égoïsme forcené, il lui faut le suicide de Jacob, pour enfin lui montrer quelque balise vers la compassion… Se parler n’est pas s’aimer, c’est juste se supporter !

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