Trois livres que j’ai aimé… un peu, beaucoup, pas du tout…
14 novembre 2008 15:20 Non classé« La domination » de Karine Tuil
Un livre troublant où une femme écrivain accepte, après la mort de son père, d’écrire un livre sur la vie de celui-ci… Un livre où elle apparaît sous les traits du fils qu’il aurait aimé avoir… Un livre « commandé » par son éditeur dont elle découvre petit à petit que lui et son père ont été très amis… L’écrivain et l’éditeur deviennent amants et l’on ne sait plus qui cherche quoi et qui domine qui… Le père, même mort est omniprésent et tous deux sont à sa recherche. La narratrice, directement ou par l’intermédiaire d’Adam, son double masculin dans le roman qu’elle écrit ; l’éditeur, éconduit il y a longtemps déjà et qui cherche dans leur liaison à retrouver le père… Elle jouera le jeu jusqu’au bout, et, s’habillant avec le costume du père pour leur dernière rencontre, permettra à l’éditeur de réaliser son fantasme… Etrange et pénétrant mais on ne sait pas quelle est la part du rêve !
« Un avenir brillant » de Catherine Cusset
L’un de mes préférés… Un livre porté par la personnalité d’Elena, tour à tour victime puis coupable d’une éducation trop rigide et de principes intangibles mais petit bout de femme qui traverse l’existence avec détermination et entraîne avec elle ses hommes, Jacob et Alexandru… Puis Marie débarque dans la vie du fils bien-aimé. Et Elena, devenue Helen, ne lui fera aucun cadeau allant même jusqu’à imposer à son fils de choisir entre les « deux femmes de sa vie »… Marie va résister mais aura bien du mal à gagner l’estime de sa belle-mère… L’organisation quasi-hypertexte du livre, faite d’allers-retours historiques et géographiques devrait nous perdre mais rend le livre encore plus intéressant et attise la curiosité du lecteur afin de trouver les pièces manquantes du puzzle… Un livre fort, sincère et humain…
« Une education libertine » de Jean-Baptiste Del Amo
Autant le dire de suite, je n’ai pas aimé… Ni le style, ni l’histoire, ni les allers-retours Paris-Quimper… Cette relation au corps, ce mélange d’amour et de mort, ce côté morbide omniprésent, cette volonté de tout décrire par le menu et dans les moindres détails m’ont profondément dérangé et souvent donné la nausée… Au-delà du roman, y a-t-il une volonté ? Celle de choquer ? Celle d’approcher la réalité de l’époque ? Celle d’entraîner la réflexion sur la finalité de l’existence humaine ? Peut-être rien de tout cela mais alors quoi ? Y a-t-il au moins une morale à cette ascension fulgurante qui conduira Gaspard, le héros du roman, à rejeter ceux-là mêmes qui lui ont tendu la main lorsqu’il était dans la misère la plus totale… Il finit par haïr les miséreux qui lui rappellent sa condition d’origine, les nobles dont il se sert pour parvenir à ses fins et lui-même, enfin son corps puisque tout dans ce roman passe par le corps… enfin, ce qu’il en reste !
L. Walin
Compteur
15 novembre 2008 à 12:30
Au contraire, j’admire ces choix d’histoire, de description, d’écriture! Je trouve très intéressant cette décadence du héros, qui l’amène à être dégoûté de ce qu’il a pu être auparavant…