Une nuit à Pompéi
9 octobre, 2008 Goncourt des personnels Aucun commentaire
Une nuit à Pompéi, d’Alain Jaubert.
Gallimard, 304 p.
Sujet : un parcours culturel, affectif et érotique autour de la Campanie, Naples, le Vésuve et Pompéi.
Mode de narration : un récit premier à la première personne situé en l’an 2000 à l’occasion de l’ouverture du cabinet des secrets du Musée archéologique de Naples, entrecoupé par des récits rétrospectifs sur les diverses aventures du narrateur en Campanie depuis sa jeunesse sur le mode du parcours d’apprentissage ; puis à peu près aux 2/3 du roman, la narration se stabilise autour d’une nuit à Pompéi, mêlant scènes érotiques et mini-récits enchâssés sur le mode de Shéhérazade.
Structure narrative : les choix narratifs sont variés ; d’une proportion relativement agréable à suivre ; pas de transition, les ellipses et changements de cadre spatio-temporel sont scandés et assurés par les chapitres. La structure temporelle des récits rétrospectifs est non linéaire, ce qui donne à l’ensemble un montage quelque peu kaléidoscopique pas désagréable. L’ensemble est uni pas le cadre spatial, la région de Naples et ses lieux cultes. Le tempo narratif du récit premier est d’abord celui de la scène avec quelques ellipses, puis le cadre temporel est dilaté quand du séjour à Naples on passe à la nuit dans le site archéologique de Pompéi, nuit qui devient le fil conducteur du récit. Cela crée un déséquilibre dans le roman ; pourquoi pas ! cela nous conduit à la justification du titre, cette nuit à Pompéi devient finalement la clé de l’art de vivre du narrateur, art de l’instant, du plaisir et de l’amour de l’art !
Voix narrative : un narrateur cultivé, mais direct dans ses récits érotiques ; un double à peine voilé de l’auteur ; pas de style marqué, ni en bien, ni en mal.
Personnages : Le narrateur se veut très proche de l’auteur, par son prénom, sa profession. Le texte se donne quand même comme un roman. Ce narrateur apparaît comme un hédoniste dont la maturité est tempérée par les récits rétrospectifs qui lui donnent l’allure d’un personnage de roman d’apprentissage, ce qui n’est pas déplaisant. Deux personnages féminins , ensuite, viennent sur le devant de la scène quand commence la séquence de la nuit à Pompéi. Femmes réelles ou femmes rêvées , elles réunissent à l’évidence, à elles deux, toutes les qualités de l’idéal féminin de l’auteur, semble-t-il. Elles ne sont pas très fouillées psychologiquement, toutes campées pour susciter le désir du narrateur. D’autres silhouettes féminines apparaissent : une prostituée napolitaine, l’adolescente américaine, une Lolita finalement effarouchée, la belle naïade- mariée- mère- inconnue, assez pittoresques ; cela contribue à décorer cette galerie de femmes qui parcourent le roman au gré du désir du narrateur. Pour le reste, pas grand chose.
Thèmes : l’amour physique ; le désir ; les corps féminins ; l’amour à Rome ; l’amour de l’art ; l’art comme mode de vie ; un hymne à Naples, Pompéi ; un récit de voyage en fait, accompagné de descriptions d’objet d’art. On sent l’amateur de femmes et d’art.
Ecriture : rien à signaler ; c’est simple et correct, mais par là même assez terne et invisible. Mais il vaut mieux ça qu’un style raté et artificiel.
Bilan général assez positif ; lecture agréable ;ce qui m’a surtout plu c’est Naples, le Vésuve, Virgile, le latin, Pompéi et ses fresques, bref des choses qui me sont familières et que j’aime beaucoup. C’est une façon plaisante de revisiter cette culture napolitaine , si riche. Quand à la dynamique romanesque, elle m’a amusée ; ce gaillard de 60 ans si plein de désir pour les femmes comme pour l’art est finalement une espèce d’hymne à la vie. Pourquoi pas ?
Note : 12/20
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